Publié par : gperra | 19 janvier 2020

19 janvier 2020

Publié par : gperra | 18 janvier 2020

35ème festival du voyage a vélo

Publié par : gperra | 31 décembre 2019

Regards vers l’arrière : 2019

L’année commence avec la déclaration de guerre des semi-morts, postée juste avant les fêtes, par la main noire de leur maître d’oeuvre.

Et je relève le défi. Puisque la guerre totale est déclarée et qu’il faut la faire, je la ferais.

En pensant m’atteindre, ils se sont exposés. Les coups que je rends ébranlent jusqu’au fondement de leur existence, tandis qu’ils ne peuvent qu’effleurer ma determination.

Leurs mauvais calculs, dont ils n’ont qu’une vague conscience, précipitent leur échec et la mise à nue de leur ignominie. Ils ont levé leur armada pour écraser une fourmis qui les piquait au talon et se retrouvent face à un colosse qui peut désormais les détruire, sans s’apercevoir qu’ils ont eux-mêmes procédé à cette métamorphose. Leur équipe de bras cassés m’en tombe !

En janvier, je lève une collecte, rassemble mes documents, sollicicite des soutiens.

En février, je ne suis plus seul et les combattants me rejoignent.

En mars j’écris, avec la puissance d’une machine de guerre.

En juin, une ingénieurie qui tourne court, parce que ni l’argent ni les exigences ne s’imposent au désir.

En juillet, un beau combat dans les plaines de l’Est, à l’ombre du Mordor dont les murailles vont tomber.

Puis les voix vomissantes des petits lâches qui attaquent en meute, avec la folie qui leur barre le front, la bave leur coulant entre les crocs à force d’avoir trop tiré sur leur laisse dans l’attente du 12 juillet.

Et puis c’est le grand voyage, car moi je fais partie des vivants à présent : les longues marches dans Buenos Aires, la contemplation des chutes d’Iguazu, le théâtre de Montevideo, le musée de la mémoire d’Asunscion, le Morro de Salta, les gorges du diable de Tilcara, le jour de mon anniversaire, une patte de chèvre morte dans le désert de Villa Union, la traversée des Andes enneigée jusqu’à Santiago, le musée des sciences de Mendoza, les étudiants du parc de Cordoba, la sérénité d’Alta Gracia et une motocyclette toujours intacte.

En septembre, une journaleuse qui fait éclater la vérité.

Le 1er octobre au matin : je me réveille serein avant de connaitre le verdict, mon cœur et ma raison sachant la victoire avant son annonce.

Les interviews dans le froid de novembre.

Une résolution qui vient à moi depuis les textes du 4ème siècle.

En décembre, le coup fatal aux semi-morts, à la télévision nationale, qui suent maintenant à grosses gouttes, ravagés par la conscience d’un scandale qui ne fait que commencer et qui n’oubliera aucun de ceux qui se sont déshonorés cette année.

J’ai bien travaillé. Nul ne m’attaque impunément.

Publié par : gperra | 27 décembre 2019

Marseilles 2018

Publié par : gperra | 25 décembre 2019

Mon recueil de citations d’Épictète en 2020

« Tu peux être invincible, si tu n’engages jamais aucun combat où il ne dépende pas absolument de toi de vaincre. »

Epictète, Les Pensées

« Dans toute affaire, avant que de l’entreprendre, regarde bien ce qui la précède et ce qui la suit, et entreprends-la après cet examen. »

Epictète, Les Pensées

« Ne demande point que les choses arrivent comme tu les désires, mais désire qu’elles arrivent comme elles arrivent, et tu prospéreras toujours. »

Epictète, Les Pensées

« Qu’il te suffise donc, en tout et partout, d’être philosophe. »

Epictète, Les Pensées

« Mon ami, considère premièrement la nature de l’affaire que tu entreprends, et ensuite examine ta propre nature, pour voir si elle est assez forte pour porter ce fardeau. »

Epictète, Les Pensées

« Si l’action est mauvaise, ne la fais point ; si elle est bonne, pourquoi crains-tu ceux qui te condamneront sans raison et mal à propos ? »

Epictète, Les Pensées

« Si tu prends un rôle qui soit au-dessus de tes forces, non seulement tu le joues mal, mais tu abandonnes celui que tu pouvais remplir. »

Epictète, Les Pensées

« Car il n’y a plus de bornes pour ce qui a une fois passé les bornes. »

Epictète, Les Pensées

« Chaque chose a deux anses : l’une, par où on peut la porter, l’autre, par où on ne le peut pas. »

Epictète, Entretiens

« Dans un festin, ne dis pas comment il faut manger, mais mange comme il faut. »

Epictète, Entretiens

« État et caractère de l’ignorant : Il n’attend jamais de lui-même son bien ou son mal, mais toujours des autres. État et caractère du philosophe : Il n’attend que de lui-même tout son bien et tout son mal. »

Epictète, Entretiens

« Dans la soif la plus ardente, prends de l’eau dans ta bouche, rejette-la, et ne le dis à personne. »

Epictète, Entretiens

« En un mot, le sage est toujours en garde contre lui-même comme contre un homme qui lui tend continuellement des pièges et qui est son plus dangereux ennemi. »

Epictète, Entretiens

« Et ne te mets nullement en peine de ce qu’on dira de toi, car cela n’est pas du nombre des choses qui sont en ton pouvoir. »

Epictète, Entretiens

« S’il se présente quelque chose de pénible ou d’agréable, de glorieux ou de honteux, souviens-toi que le jour de la lutte est venu, que les jeux olympiques sont ouverts, qu’il n’est plus temps de différer, et que, d’un moment et d’une seule action de courage ou de lâcheté, dépendent ton avancement ou ta perte. »

Epictète, Entretiens

« Nous n’avons à faire que ce qui dépend de nous, et à user de toutes les autres choses comme elles nous arrivent. »

Epictète, Entretiens

« Je ne me ferai jamais obstacle à moi-même. »

Epictète, Entretiens

« Rien n’est insupportable à l’homme raisonnable que ce qui est sans raison. »

Epictète, Entretiens

« Qui de nous bénit dans son cœur ceux qui ont trouvé la vérité, qui l’ont éclaircie, qui ont chassé de nos âmes les ténèbres de l’ignorance et de l’erreur ? »

Epictète, Entretiens

« As-tu l’âme élevée, libre, fidèle, pleine de pudeur ? Est-elle dans un tel état que rien ne puisse ni l’empêcher ni la troubler ? »

Epictète, Entretiens

« C’est par l’œuvre même que le progrès apparaît. »

Epictète, Entretiens

« La divinité t’a donné des armes pour résister à tous les événements les plus fâcheux. Elle t’a donné la grandeur d’âme, la force, la patience, la constance. Tu dois t’en servir. »

Epictète, Entretiens

« Ne vous viendra-t-il jamais dans l’esprit de penser enfin qui vous êtes, pourquoi vous êtes nés ? »

Epictète, Entretiens

« Vois, connais, loue, bénis. »

Epictète, Entretiens

« La liberté consiste à vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent. »

Epictète, Entretiens

« Maintenant, considère bien toutes les facultés que tu possèdes, et prépare-toi avec confiance à toutes les épreuves : tu es bien armé. »

Epictète, Entretiens

« Quel est l’homme dont rien ne vient à bout ? Celui qui est ferme dans ses desseins et qui ne se laisse ébranler par aucune des choses qui ne sont pas en son pouvoir. »

Epictète, Entretiens

« Si la raison, qui doit régler toutes choses, est déréglée, qui est-ce qui la réglera ? »

Epictète, Entretiens

« Rien de grand ne se fait tout d’un coup, pas même un raisin ni une figue. »

Epictète, Entretiens

« Je ne puis être troublé que par moi-même. »

Epictète, Entretiens

« Quand tu approches les princes et les grands, souviens-toi qu’il y a là-haut un plus grand prince encore, qui te voit, qui t’entend, et à qui tu dois plutôt plaire. »

Epictète, Entretiens

« Je n’ai plus de maître que moi-même.»

Epictète, Entretiens

« Je suis obligé de m’embarquer ; que dois-je donc faire ? Bien choisir le vaisseau, le pilote, les matelots, la saison, le jour, le vent, voilà tout ce qui dépend de moi. »

Epictète, Entretiens

« N’ai-je pas au dedans de moi un devin sûr et infaillible, qui m’a appris la nature du bien et du mal, et qui m’a expliqué tous les signes auxquels je puis les reconnaître ? »

Epictète, Entretiens

« Pourquoi naissent les épis ? N’est-ce pas pour mûrir et pour être moissonnés ensuite, quand ils sont mûrs ? »

Epictète, Entretiens

« Si un tel s’est blessé lui-même en te faisant injustice, pourquoi veux-tu te blesser aussi toi-même en la lui rendant ? »

Epictète, Entretiens

« Les Dieux t’ont donné en garde à toi-même. »

Epictète, Entretiens

« Tu ne peux être ni un Hercule ni un Thésée, pour purger la terre de monstres, mais tu peux les imiter en te purgeant toi-même des monstres qui sont en toi. »

Epictète, Entretiens

« La chose la plus nécessaire c’est que les résolutions soient bonnes, c’est-à-dire, qu’elles soient prises avec prudence, vérité et raison. »

Epictète, Entretiens

« Il faut avoir peur de la peur. »

Epictète, Entretiens

« Tu as des vases d’or et d’argent, mais toutes tes pensées, tous tes désirs, toutes tes inclinations, toutes tes actions sont de terre. »

Epictète, Entretiens

« Souviens-toi des dieux, appelle-les à ton secours, et ils combattront pour toi. »

Epictète, Entretiens

« La bonté des dieux ne lasse jamais d’avertir les hommes. »

Epictète, Entretiens

« Tu désires beaucoup et tu ne peux l’obtenir ; désire moins, et tu l’auras. »

Epictète, Entretiens

« Les habitudes ne se surmontent que par les habitudes contraires. »

Epictète, Entretiens

« Entretiens-toi avec toi-même, tu as tant de choses à te dire et à te demander ! »

Epictète, Entretiens

« Le danger n’est donc point pour toi, il est tout entier pour tes juges, car tu ne peux mourir coupable, et ils peuvent faire mourir un innocent. »

Epictète, Entretiens

« Nous avons tant à bâtir en nous, tant à détruire ! »

Epictète, Entretiens

« Défaites-vous donc de vos dieux de boue, et, pour être libres, ouvrez les yeux à la vérité. »

Epictète, Entretiens

« Eh ! le monde entier est plein d’amis, car les dieux, qui sont tes amis et qui te protègent, le remplissent. Et il est plein d’hommes à qui la nature t’a uni. »

Epictète, Entretiens

« Digère d’abord, mon ami, et fais-nous voir ensuite une transformation dans ta partie maîtresse. »

Epictète, Entretiens

« Ne savais-tu pas que l’homme est un voyageur ? »

Epictète, Entretiens

« Quelle vie mènes-tu ? »

Epictète, Entretiens

« Qu’est-ce qu’un philosophe ? C’est un homme qui, si tu veux l’écouter, te rendra libre bien plus sûrement que tous les préteurs. »

Epictète, Entretiens

« Celui qui se soumet aux hommes s’est auparavant soumis aux choses. »

Epictète, Entretiens

« Les tentations et les épreuves sont des combats. Tu as été vaincu une fois, deux fois, plusieurs fois ; combats encore. »

Epictète, Entretiens

« Ne vois-tu pas que tes désirs et tes craintes sont la garnison que tes maîtres entretiennent dans ton cœur, comme dans une citadelle, pour t’assujettir ? Chasse cette garnison, remets-toi en possession de ton fort, et tu seras libre. »

Epictète, Entretiens

« Les seules victoires qui te rendent vraiment heureux, ce sont celles que tu remportes sur toi-même. »

Epictète, Entretiens

« Veillons donc. Ce que nous avons à conserver est plus précieux qu’un vaisseau chargé d’or. »

Epictète, Entretiens

« Viens, combats, montre ce que tu as appris, fais voir si tu es un athlète digne d’être couronné, ou si tu es de ces vils athlètes qui courent le monde, et qui sont vaincus partout. »

Epictète, Entretiens

« Commence donc aujourd’hui à bien vivre. »

Epictète, Entretiens

« Toi tu ne fais la cour à personne, tu ne flattes personne, tu cultives ton âme, tu travailles à acquérir de saines opinions. »

Epictète, Entretiens

« J’aime toujours mieux ce qui arrive ; car je suis persuadé que ce que les dieux veulent est meilleur pour moi que ce que je veux. »

Epictète, Entretiens

« Les véritables jours de fête pour toi sont ceux où tu as surmonté une tentation. »

Epictète, Entretiens

« Ce ne sont pas les dignités qui rendent heureux, c’est de les bien remplir et d’en faire un bon usage. »

Epictète, Entretiens

« Commence, donne une petite partie de ton temps à ta raison. En un mot, choisi. »

Epictète, Entretiens

« Ne te décourage point, et imite les maîtres d’exercice, qui, dès qu’un jeune homme est terrassé, lui ordonnent de se relever et de combattre encore. Parle de même à ton âme. »

Epictète, Entretiens

« Reviens à toi, combats contre toi-même, reprends possession de ta pudeur, de ta dignité, de ta liberté ; en un mot, redeviens un homme. »

Epictète, Entretiens

« Il ne faut que rentrer en toi-même, te parler à toi-même. »

Epictète, Entretiens

« Il ne faut que vouloir, et tout est fait. »

Epictète, Entretiens

« Ta perte et ton salut sont en toi. »

Epictète, Entretiens

« Il est impossible que je ne commette pas des fautes, mais il est très possible que j’aie une attention continuelle pour m’empêcher d’en commettre. Et c’est toujours beaucoup que cette attention non interrompue en diminue le nombre, et nous en épargnent quelques-unes. »

Epictète, Entretiens

« Notre bien et notre mal ne sont que dans notre volonté. »

Epictète, Entretiens

« Commence aujourd’hui à te préparer pour demain, autrement tu remettras encore. »

Epictète, Entretiens

« Qu’est-ce qui est donc à toi ? L’usage de tes idées. »

Epictète, Manuel

« Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu désires ; mais désire que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux. »

Epictète, Manuel

« Commence donc par les petites choses. »

Epictète, Manuel

« Applique-toi donc à ce que tu peux. »

Epictète, Manuel

« Quel que soit l’événement, il dépend de moi d’en tirer profit. »

Epictète, Manuel

« Souviens-toi que si tu restes fidèle à tes principes, ceux qui se moquaient d’abord de toi t’admireront plus tard. »

Epictète, Manuel

« Quand quelqu’un te met en colère, sache que c’est ton jugement qui te met en colère. »

Epictète, Manuel

« Dans toute affaire, examine bien les antécédents et les conséquents, et alors entreprends. »

Epictète, Manuel

« Quand tu fais quelque chose, après avoir reconnu qu’il le faut faire, ne crains pas d’être vu le faisant, quelque défavorablement que le vulgaire en doive juger. »

Epictète, Manuel

« Quand tu as pris un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y as fait une pauvre figure, mais encore tu as laissé de côté celui que tu aurais pu remplir. »

Epictète, Manuel

« Il faut que tu sois un, ou vertueux ou vicieux. »

Epictète, Manuel

« Ce n’est pas en rendant leur herbe aux bergers, que les brebis leur montrent combien elles ont mangé ; mais quand elles ont bien digéré leur pâture au-dedans, elles produisent au-dehors de la laine et du lait. »

Epictète, Manuel

« Toute chose a deux anses, l’une, par où on peut la porter, l’autre, par où on ne le peut pas. »

Epictète, Manuel

« Une fois qu’on a dépassé la mesure, il n’y a plus de limite. »

Epictète, Manuel

« Observe tout ce qu’enseigne la philosophie comme des lois que tu ne peux violer sans impiété. »

Epictète, Manuel

« Tu as reçu les maximes envers lesquelles il fallait s’engager, et tu t’es engagé. »

Epictète, Manuel

« Quoi qu’on dise de toi, ne t’en inquiète pas ; cela ne dépend plus de toi. »

Epictète, Manuel

« Prends donc dès maintenant le parti de vivre en homme fait et qui est en progrès. »

Epictète, Manuel

« Que tout ce qui t’est démontré bon soit pour toi une loi inviolable. »

Epictète, Manuel

« Souviens-toi que le jour de la lutte est venu, que tu es maintenant dans l’arène d’Olympie et que tu ne peux plus différer. »

Epictète, Manuel

« Si Socrate est devenu ce qu’il a été, c’est qu’en toute rencontre il ne faisait attention qu’à la raison. Quant à toi, si tu n’es pas encore Socrate, tu dois vivre comme si tu voulais être Socrate. »

Epictète, Manuel

« Emmène-moi, Jupiter, et toi, Destinée, là où vous avez arrêté que je dois aller. Je vous suivrai sans hésiter. »

Epictète, Manuel

Publié par : gperra | 28 août 2019

Un condensé de mon identité profonde…

Publié par : gperra | 26 août 2019

Songe d’un petit parc de la montagne

Le petit parc est aujourd’hui pour moi seul, tandis que le vent de l’après-midi souffle ses questions.

Tranquillement, pareil au peintre de paysages, je pose face à lui ma palette de mots, de pensées et d’émotions. Mon beau voyage s’achève en cette dernière halte où me sourit l’Argentine.

Le révolutionnaire qui a parcouru autrefois ces collines à vélo avant d’aller mourir plus au nord revient-il ici parfois s’abreuver de paix, protégé par les piliers de ces grands arbres qui interdisent le passage à la malice et à l’obscurité, accueillant ceux qui ont donné leur vie pour ce qu’ils sentaient plus grand qu’eux-mêmes ?

Pourrais-je moi-aussi revenir parfois en ces quelques endroits du monde qui m’ont accueilli dans leur douceur pour me réconcilier avec moi-même et me dire de continuer d’avancer ?

Au plus fort de l’épreuve, quand jouiront les hyènes assemblées, et que j’aurais peut-être oublié que la vie offre à peu d’hommes la gloire des combats du temps présent, me souviendrais-je du murmure de la rivière en contrebas et de ce ciel vibrant de blancheur au-dessus de moi, dans le chant intrépide des oiseaux de ce continent de jeunesse et d’espérance ?

Ma chair ne pourra embrasser tout les paysages des Amériques et mes os pourront rompre sous les coups répétés. Mais mon coeur entendra encore la voix de la cascade où l’enfant d’Alta Gracia venait lui-aussi voir tomber le soir, la roue de sa bicyclette jetée à terre en riant tournant dans le vide à ses côtés, dans le bruissement de l’eau miroitante où la foi n’est pas nécessaire pour défier un empire.

Publié par : gperra | 21 août 2019

Guy Perra 1989

Publié par : gperra | 21 août 2019

Vieux cahier de dessins 1989

Publié par : gperra | 19 août 2019

Songe d’un Désert

La roche rouge s’élève en colones et en murs improbables tout autour de moi. Jamais le présent n’a autant eu de prise sur mon corps. Chaque pas accompli dans le canyon semble vierge de toutes attaches. Ni le passé ni le futur ne peuvent pénétrer cette enclave d’éboulements dont personne ne connaît la date.

Ici, l’eau ne porte plus mon cœur. Le soutien de l’océan m’est retiré et me voici ramené à mes seuls forces, à mon seul courage de vivre et à ma seule volonté de vaincre. Quelques fragments de quartz laiteux polis m’assurent encore pourtant de la douceur perdue du monde.

Comme le Puma, je dois désormais m’abreuver de l’eau contenu dans les viscères de mes proies. Et comme l’Homme, je ne dois plus rêver de cette justice qui pourrait jaillir soudain à flots de la roche couverte de sable, mais accomplir ce que je dois sans promesse de récompense dans l’un ou l’autre monde.

La soif que j’éprouve m’a pourtant conduit peu à peu à ce puits qui descend si profond en moi-même que j’ai le vertige en m’approchant de son bord. J’en remonte la force de me tenir debout sous le soleil et de ne pas me laisser faire lorsqu’on insulte avec arrogance la vérité.

En écoutant le murmure de son écoulement dans le sol, j’ai été conduit jusqu’au grand fleuve solitaire qui traverse contre toutes attentes ces vastes étendues de pierres sèches. Miroitant paisiblement contre la rive, il semblait attendre que je confère à ses eaux le pouvoir du commencement, où ceux qui désirent vivre au contact d’eux-mêmes peuvent venir librement se plonger.

À présent, j’attend ceux qui peuvent à toute heure du jour et de la nuit me saisir pour me jeter dans leurs geôles et de me trancher la tête en dansant avec impudeur devant les puissants de ce monde, mais qui ne pourront jamais traverser le désert de roches rouges où celui qui se parle à lui-même entend la voix du vent lui répondre.

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