Publié par : gperra | 21 juillet 2017

Au dessus de Santiago du Chili

 

 

 

20170721_123023

Publié par : gperra | 12 juillet 2017

Songe du Ciel

J’avais franchi le ruisseau qui me séparait de la colline surplombant le village au milieu du désert, bordés de volcans. Les pierres du gué étaient glissantes.

J’allais revoir le firmament, comme on retrouve un ami perdu de vue depuis son enfance. Un peu gênées, mes pensées hésitaient à commencer une discussion avec cette immensité silencieuse qui me laissait l’initiative du premier pas. Je me demandais comment aborder le Ciel après une si longue séparation sans être envers lui d’une maladresse insondable, lui adressant des prières sans avoir eu la politesse de faire auparavant sa connaissance, ou bien détaillant les coutures de ses vêtements sans prendre la peine de le regarder dans les yeux ?

Irrévérencieusement, mes yeux le regardaient de tous côtés. Je me disais que si le Ciel était la demeure de Dieu, la divinité laissait alors sa chambre dans un fouillis surprenant que sa mère n’aurait probablement pas tolérée, éparpillant ses étoiles dans un désordre qui ne pouvait rien imposer à personne, recallée d’office à toute carrière militaire en raison de son indiscipline, refusant la pompe cerémonielle qui lui aurait pourtant assurée pour toujours cette vénération qu’on lui voue alors qu’elle n’a visiblement rien demandé. Et si l’Univers était seulement cette vertigineuse invitation au voyage que l’on saisit dès lors que s’évanouit l’illusion d’optique de l’équidistance des astres, je me demandais où nous mèneraient ces traversées pour lesquelles nos corps n’avaient pas été préparés ?

Pour l’heure, je me tenais sous sa voie lactée, magnifiquement dessinée d’un bord à l’autre. Devais-je confronter mon esprit au Ciel comme le firent les premiers hommes, scrutant dans la nuit cet éparpillement incongru pour y déceler des figures et des lois cachées, refusant férocement cette anarchie provocatrice de points scintillants jetés aux quatre vents ? Ou bien devais-je ouvrir les portes de mon cœur à une volonté qui ruisellerait de ces lumières venues de si haut pour se blottir dans mes yeux et guider ma vie ?

Je n’avais pas les réponses à ces énigmes. Je demeurais embarassé sous la voûte étoilée, comme l’invité par erreur d’un hôtel de luxe où les serveurs poussent avec déférence les chaises sous les fessiers des convives lorsqu’ils s’assoient. Pourtant, je pouvais également sentir la fierté de mon existence dans un monde qui depuis ses origines assume sa complexité, comme par respect pour nos esprits que la simplicité ne peut qu’avilir, puisque nous sommes faits pour aller de questions en questions.

Je ne connais pas le nom du Ciel. Peut-être personne ne lui en a-t-il d’ailleurs jamais donné. Ou bien ce nom ne peut-il être prononcé qu’après la mort, pour n’être entendu de personne d’autre que de soi-même et en aucun cas répété, échappant ainsi aux conversations mondaines des ambassades et des synodes branchés. Mais je reviendrai à sa rencontre, à chaque ville en bordure du désert sur ma route de voyageur émerveillé, car j’ai plaisir à sa conversation qui n’élude pas ce qui me dépasse et pourtant me concerne.

Publié par : gperra | 10 juillet 2017

Songe de la Lune

Les horizons s’étaient frangés de jaune à l’approche de l’aube. Mais du côté où la Lune se couchait, le ciel se drapait de mauve certi dans le bleu sombre, comme un évêque dont la procession était terminé.

L’astre nocturne était plein comme un ventre de femme enceinte, qui n’avait cependant aucune intention d’accoucher. Car sa lumière blanche et mystérieuse éclairait le vaste désert de sel d’Uyuni, qui fût autrefois la mer agitée sur laquelle s’étendait son règne sans partage. Elle n’aura pas d’autre enfant que cette immensité stérile. Après elle s’arrêtera sa lignée !

Plus personne ne se souvient de ces nuits terribles d’autrefois, où des vagues immenses étaient lancées dans la verticale pour défier les étoiles, tandis que mugissaient dans les profondeurs les monstres marins des temps anciens. De ces soulèvements indomptables ne restent plus aujourd’hui que ces blanches étendues mortes et nervées. Le sel immobile a remplacé les flots agités, comme une colère retombée que plus personne n’écoute. Sa conquête est sienne. Mais nul ne félicite la Lune de cette victoire où se reflète à l’infini sa propre image nacrée.

Ce matin-là, je me tenais au milieu du désert, entre le coucher de la Lune et le lever du Soleil. Jamais elle n’avait été plus souveraine. Et jamais elle ne le sera davantage. La Lune pouvait desormais disparaître derrière les montagnes avec la certitude d’un accomplissement parachevé.

Et pourtant, juste avant son majestueux effacement solennel, elle ne put s’empêcher de jeter un œil inquiet vers l’autre horizon, là où semblait se dessiner comme une petite couronne dorée. Car au moment même où son regard se troublait, elle crut voir jaillir une sorte d’eclaboussure d’or d’une intensité inégalée.

Le Soleil levant naîssait, sans empire ni héritage. Il s’affirmait sans avoir fait ses preuves, ni présenté ses titres de noblesse. Mais il disait au monde une parole que lui seul pouvait prononcer : Je suis la nouveauté !

Publié par : gperra | 28 juin 2017

Songe d’une Immersion

Entre les deux montagnes jaillissent les eaux volcaniques, chaudes et vaporeuses, couleurs de fleurs jaunes et orangées. Je suis ici un réfugié, loin du combat qui fait rage dans la vallée, sur un autre continent. Je n’ai pas déserté la bataille. Mais j’ai droit à cette halte loin de tout.

Peu à peu la nuit tombe. La chaleur de l’eau est mon manteau, tandis que la brise froide de la nuit s’étend, montant de la cascade en contrebas. L’eau m’a gardé des heures durant. J’y ai laissé mon cœur se parler à lui-même, à son propre rythme cadencé. Il sait que la grande offensive va venir, celle qui peut tout détruire par le feu des bouches des vieux dragons édentés.

Je me parle à moi-même, seul face à mes pensées, pesant ma propre destinée. Mais par delà ma solitude, un autre sentiment peu à peu s’est imposé : l’eau est là aussi qui écoute et recueille. Elle est l’oreille du monde, profondément bienveillante, emportant ce qu’elle entend vers des lieux inconnus, dans un ruissellement que nul ne peut épier.

Peu à peu, les premières étoiles ont paru au-dessus de moi, perçant les nuages. Les paroies des montagnes à l’entour ont perdu leurs vertes parures légères, pour le noir grave et immensément sérieux de leurs flancs verticaux tournés vers la nuit sacrée. Je laisse flotter mon corps dans l’obscurité, saturé d’existence et pourtant immergé dans l’au-delà, dérivant dans la barque qui passe paisiblement d’un monde à l’autre.

L’eau seule peut desormais me confesser ou me baptiser. Aucun prêtre en soutane noire et mitée ne posera plus jamais la main sur cette part de moi qui sait prier.

Publié par : gperra | 20 juin 2017

Songe d’une Mère

L’accouchement est peut-être ce moment où l’amour d’une mère pour son enfant comprends​ qu’il devra s’élever au dessus du temps, comme les yeux de la grenouille émergent au-dessus de la surface verdâtre du marais, tandis que son corps plonge tout entier dans son épaisseur trouble. Ou peut-être ce sentiment se dessine-t-il plus tard, comme l’évidence d’une équation résolue qu’il suffisait d’entourer ?

Quelle est la cause de cette élection, qui fera de cet être de porcelaine un zénith orientant dans une seule direction une vie de jeune femme qui avait pourtant commencée ouverte à tous les vents du large ? Pourquoi cet indéfectible serment se prononce-t-il en son âme en cet instant où la mère doit soutenir la nuque de son enfant pour l’approcher de son propre visage, et lui dire son prénom dans le souffle d’un murmure chantant ? Pourquoi est-ce lui plutôt qu’un autre qui, parmi les milliards d’astres errants que contient l’Univers, deviendra ce centre de gravité d’où jaillit la douce lumière d’une étoile immobile ?

Car la fidélité à son enfant est bien plus que la pulsion de la femelle qui tourne son flanc vers ses petits pour leur tendre ses mamelles. Elle n’aura pour limites ni le sevrage ni la maturité ! La mère offrira cette part d’elle-même qui dispense le soin et la protection, même lorsque depuis bien longtemps ses seins ne contiendront plus de lait et que les dangers qui le menaceront seront devenus si différents de ce qu’ils étaient lorsque ce corps à peine séparé du sien pouvait encore être contenu dans le creux d’un bras replié.

Que signifie la trahison de cette fidélité, lorsqu’elle advient chez celles ou ceux qui renient cette part d’eux-mêmes qui a choisi d’être humble devant l’existence et sans fractures face à soi-même ? Que dit la voix de la conscience quand elle crie la culpabilité de l’abandon jusque dans les rêves d’un bagage oublié sur le quai d’une gare, cognant soudain violement contre la poitrine du voyageur assoupi dans son wagon aux rideaux tirés ?

La mère sait bien que cet attachement qui n’aura pas de fin ne peut être brisé sans fracasser les piliers du cosmos, puisque cette affectation pour son enfant relie la Terre et les Cieux bien plus efficacement que ne le ferait un Dieu en s’incarnant dans la chair à grand renfort de roulements de tambours et de coups de trompettes d’argent.

Toujours à côté de toi, dit le coeur d’une mère, j’assisterai à tes combats de titan et à tes travaux de mortel, pour me les raconter en secret avant même qu’ils ne soient un jour publiés à la face du monde entier. Car j’ai été avertie de ton renom à venir bien avant qu’un ange essoufflé n’atterrisse lourdement dans la cour de mon jardin pour m’ennuyer de ses déclarations fracassantes. Et personne ne pourra m’empêcher d’être au pied de ta croix lorsque tu saigneras, ou quand tu auras soif de ces pluies d’orages qui nettoient jusqu’au ciel lui-même, même si je suis depuis longtemps passée sur l’autre rive, puisqu’il n’existe aucune eau que je ne saurais traverser pour te rejoindre lorsque j’entends ta voix me réclamer.

Publié par : gperra | 18 juin 2017

À quoi pense un regard de chat ?

Publié par : gperra | 14 juin 2017

Le Nirvachat

Publié par : gperra | 25 mars 2017

Songe du Regard

Si j’avais pu vous regarder au fond des yeux lorsque pour la première fois je vous ai rencontré, sans doute aurais-je vu qui vous étiez. Mais il faut tant de temps pour apprendre à regarder des yeux jusqu’à leurs fonds !

Si j’avais pu poser tranquillement mon regard dans le votre avant de cheminer en votre compagnie, sans doute aurais-je perçu s’il vous était possible de vous tenir debout empli de joie dans l’attente du soleil levant, ou si l’obscurité des caves était depuis toujours votre demeure. Mais il faut tant de temps pour savoir déceler l’amour de la lumière ou repérer le goût des ténèbres !

Si j’avais appris à questionner en silence vos yeux, comme on demande aux inconnus de se présenter avant d’engager la conversation, sans doute aurais-je entendu votre vrai nom, que vous cachiez si bien derrière le paravent de votre sourire. Mais la langue des êtres véritables n’est jamais maternelle et doit s’apprendre lettre par lettre.

Toi qui me regardes à présent, en ce court instant où tes yeux sont fixes face à mon être, comme un chevreuil pris la nuit dans les phares, me donnes-tu de bon cœur ce moment où se croisent nos âmes, ou bien dois-je le capturer ? Quand bien même m’accompagnes-tu et partages-tu parfois mes bivouacs, es-tu tiède, es-tu bon ou es-tu malfaisant ? Il n’y a pas d’autres questions ! Je me moque de connaître la couleur de tes iris, dont les reflets changeants te sont venus en héritage et ne font pas partie de ce qui n’appartient qu’à toi-seul. 

J’ai appris à regarder jusqu’au fond des yeux lorsque j’ai su enfin me regarder en face. Et j’ai pu commencer à entendre les vrais noms de ceux que je rencontrais lorsque j’ai su écouter la voix de ma pensée sans lui couper la parole.

Qui que tu sois qui croiseras désormais ma route, sombre ou lumineux, sinistre ou rieur, je n’ai pas la force de me tenir face à tes yeux plus que ces quelques secondes de vérité ! Car cette immobilité me coûte mon animalité. Mais peut-être rencontrais-je un jour des yeux infiniment graves et paisibles, dont le flamboiement pourrait contenir sans peine l’intense éternité d’un regard, comme un firmament d’amitié ?

Publié par : gperra | 23 janvier 2017

Le silence des représentations

Le film Le Silence raconte l’histoire de deux moines portugais venus évangéliser le Japon peu de temps après sa découverte par les occidentaux. Ils y font face à une Inquisition bouddhiste particulièrement cruelle envers les populations converties. Celles-ci doivent en effet renoncer à leur foi ou bien périr dans des souffrances aussi épouvantables que raffinées : noyades de plus de quatre jours, bûchers, saignements prolongés la tête en bas, etc.

Le rituel du renoncement à la foi chrétienne est des plus simples : il s’agit pour le croyant d’accepter de poser le pieds sur une image chrétienne quelconque. Cet acte signifie pour le Japonais qui l’accomplit qu’il méprise désormais (ou n’a jamais accordé d’importance) aux représentations de cette religion et qu’il n’est donc pas chrétien. L’Inquisition use de ce procédé pour repérer les convertis parmi les autochtones et les exterminer, considérant que le christianisme ne doit pas s’implanter dans la péninsule nippone, au nom d’une affinité préétablie selon eux entre ce territoire et la foi bouddhiste.

Mais en ce qui concerne les prêtres occidentaux, les objectifs de l’Inquisition sont plus délicats à atteindre, puisqu’il s’agit de les faire renoncer à leur foi sans les tuer afin de ne pas en faire des martyres. Pour cela, ils les torturent soit directement, soit psychologiquement en les rendant responsables des atroces souffrances ou des morts des membres japonais de leur communauté. C’est ainsi qu’ils finissent eux-aussi par marcher sur une image chrétienne sainte pour marquer leur renoncement à leur propre foi, qui était pourtant solidement implantée en eux.

Ensuite leur est offerte une situation de notable japonais, avec femmes et enfants. Leur travail de fonctionnaire impérial consistera désormais à examiner toutes les marchandises et les objets entrant au Japon par le biais du commerce avec les occidentaux afin d’y interdire l’entrée de toute représentation chrétienne : Croix, Vierge Marie, Colombe, Poisson, etc. 

Ce qui m’a intéressé dans ce film est précisément ce passage par lequel le monde des représentations de la foi chrétienne, à laquelle les prêtres appartenaient, devient soudain extérieur à eux-mêmes à partir de l’acte de renoncement consistant à fouler au pied une image de leur propre religion. Car cet acte, qui peut paraître comme une simple formalité, produit bien une sorte d’effet de distanciation vis-à-vis de sa religion, de renoncement à la foi, comme l’avait précisément escompté les autorités japonaises. On peut y voir un simple geste symbolique contraint. Mais on peut aussi y voir un autre symbole, ou plus exactement un acte effectif volontaire, par lequel l’Homme place au-dessous de lui-même les représentations qui étaient auparavant placées au-dessus de lui.

Quoiqu’il en soit, le prêtre de cette histoire est donc bel et bien placé dans cette situation particulière où toutes les représentations de son univers religieux – et donc mental – sont brusquement mises à distance de son intériorité. Il les connaît, mais il n’y crois plus. C’est pourquoi il peut devenir un expert en représentations chrétiennes pour le compte de l’autorité impériale nippone.

La fin de cette histoire raconte comment l’ancien prêtre restera cependant attaché secrètement à sa foi, au point que lorsqu’il mourra son épouse japonaise glissera subrepticement une petite croix dans l’urne funéraire du défunt avant sa crémation selon le rite bouddhiste.

Il y a pour moi à partir de cette fin deux types d’interprétation et sujets de réflexion. On peut en effet considérer que le prêtre en question n’a en réalité jamais vraiment renoncer à sa foi chrétienne, malgré les apparences, prenant seulement soin de la dissimuler avec une extrême prudence. Le film sera alors seulement celle de la persistance dans la foi malgré les persécutions, ce qui n’aura pas grand intérêt. Mais dans ce cas, il me semble que l’on ne saisit pas l’importance de l’une des dernières scènes du film, où on voit l’ancien prêtre portugais sur un port nippon se livrer avec zèle et méthode à la traque des représentations chrétiennes dans les marchandises qu’on lui demande d’examiner. Selon moi, cette scène montre qu’il y a bien eu une mise à distance radicale de son univers de représentations chrétiennes, au point qu’elles de représentent plus pour lui que de simples objets figuratifs, sans aucune dimension sacrée.

Dès lors la question – bien plus intéressante à mon sens – serait plutôt de savoir comment cet homme a-t-il pu demeurer chrétien tout en renonçant à l’ensemble des représentations du christianisme ? Ou encore comment a-t-il eu accès à un christianisme qui se situerait au-delà des représentations chrétiennes ? Car si le christianisme possédait une dimension à proprement parler universelle, c’est-à-dire située au delà des particularismes locaux et nationaux dans lesquelles les représentations s’enracinent toujours d’une manière ou d’une autre, celle-ci ne pourrait être atteinte qu’au-delà de l’ensemble des représentations contenues dans la Bible et qui constitue le christianisme que nous connaissons. Mais alors, le type de pensée qui serait demandé pour atteindre ce christianisme universel serait particulièrement mystérieux, puisqu’il aurait lui-même un caractère irrepresentable.

C’est cet acte intérieur qui m’intéresse dans l’histoire racontée par cette oeuvre cinématographique. Car la faculté humaine de s’élèver au-dessus de ses propres représentations, notamment religieuses, est sans doute l’une des plus importantes qui soit. Est-elle possible sans réduire à néant la croyance religieuse elle-même ? Y-a-t-il une religiosite possible par-delà les représentations religieuses ?

Publié par : gperra | 23 janvier 2017

Songe de la Mer

Le jour la mer chante le ciel. La lumière est sa voix primordiale, avant ses grondements sonnores d’orchestre marin.

La nuit quand disparaît la ligne de son horizon la mer se dresse verticalement jusqu’aux étoiles. Son noir profond s’estompe dans le noir lointain, abolissant l’espace que nous connaissons.

Sur la grève ses vagues font entendre sa respiration d’immense animal endormi jusqu’au seuil de la mort, traversé de rêves inquiets.

J’y viens chercher ma solitude sanctifiée, qui m’est offerte comme un repas de l’amitié partagé sur la plage près d’un feu improvisé. Et les étoiles d’Orion se logent en moi à la faveur de cette nourriture que les yeux du coeur dévorent.

Enfant, j’ai si souvent joué dans les vagues que la mer s’est emparé de mon corps. Elle m’a tant projeté contre son sable que j’ai aujourd’hui dans mes bras la puissance infatigable de ses roulis quand je manie l’épée. Elle a placé dans ma vie resserrée la présence tonitruante de l’illimité !

Je suis fidèle à la mer. Car mes poumons savent respirer la vie. Et si l’Afrique est ici au-delà de mon regard et de ma portée, j’y marcherais pourtant si la mer devait m’emporter.

Older Posts »

Catégories