Publié par : gperra | 13 mars 2021

Songe d’une Chanson

Ma vie m’a-t-elle été volée, comme le givre qui ploie les branches des arbres en hiver ? Ou ai-je été trop faible pour m’en emparer ? Voilà ce que je ne saurais jamais !

Ces années étaient pourtant encore si pleines des chansons des révoltés, des splendides vagabonds et des lionnes qui rugissaient contre la guerre ! Mais le mur qui m’entourait avait réduit au silence leurs cris glorieux et leurs accords de guitare, qui n’atteignirent pas mon enfance.

En ce temps-là, mes geoliers n’étaient qu’une poignée et se cachaient sur les routes peu fréquentées pour détrousser les égarés, confiant que leur heure viendrait.

Pauvre évadé aussitôt rattrapé, sur la plage où un feu crépitait, je n’eus que peu de temps pour entendre Hotel California sur la bouche vermeille de celle que j’aimais. Mais ce fût le plus beau des feux, bordé par la mer nocturne et la voix de la liberté !

Lorsque, trente ans plus tard, je perçais ce mur et faisait voler en éclats ma prison, il n’y avait plus que quelques cendres au sable mêlées sur la plage où j’étais retourné. Mon amante s’en était allée, confiant sa voix au vent, qui fidèlement me la murmurait.

Et je me tiens à présent seul, sachant que c’est mon tour après toi de parler, comme autrefois tu as chanté. Car ceux qui se souviennent des feux au bord de la grande mer doivent maintenant se lever, quand s’avancent triomphant et innombrables les voleurs de liberté.

Publié par : gperra | 29 janvier 2021

Mon recueil de citations d’Aragon en 2021

« Mon coeur est en jachères. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 5


« Je donne un nom meilleur aux merveilles du jour. J’invente à nouveau le vent tape-joue. Le monde à bas, je le bâtis plus beau. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 8


« Le chemin qui mène à la mer me conduit au fond de moi-même. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 14


« On ne marche pas sur le sol, une fois qu’on a pris son vol, à corps perdu. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 24


« Aura-t-il le gai courage,

De répondre trois fois non,

Quand tonnera le canon ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 34


« C’est le moment où jamais d’appeler les choses par leur nom. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 58


« Tu prends ton coeur pour un instrument de musique. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 108


« Qu’on ne m’attende jamais à mes rendez-vous illusoires ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 1


« Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs,

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 759


« Moi, du moins, je crierai cet amour que je dis,

Dans la nuit, on voit mieux les fleurs de l’incendie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 763

« Une chanson des temps passés,

Parle d’un chevalier blessé,

D’une rose sur la chaussée,

Et d’un corsage délacé,

Du château d’un duc insensé,

Et des cygnes dans les fossés,

De la prairie où vient danser,

Une éternelle fiancée. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 771

« Depuis qu’ayant quitté,

Les terres sans courage,

Plus oisif que l’oiseau,

J’ai choisi pour ouvrage,

De guetter le soleil sur le gaillard d’avant,

J’escompte vainement les escales du sort. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 773

« Terre !

Mais ce n’est pas la terre où tu naquis.

Quel calme !

On se croirait dans un pays conquis. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p.


« Les diamants naissent au fond des larmes.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 774

« Ah que ces eaux sont

boueuses et jaunes !

Comment pourrais-je y lire

mon destin ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 775


« Il est des fleurs qu’on appelle pensées,

J’en ai cueilli qui poussaient

dans mes songes,

J’en ai pour toi des couronnes tressées.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 775


« On aura beau rendre la nuit plus sombre,

Un prisonnier peut faire une chanson,

Une chanson pure comme l’eau fraîche,

Blanche à la façon du pain d’autrefois,

Sachant monter au-dessus de la crèche,

Si bien, si haut que les bergers la voient. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 781


« Quel que soit le nom

dont nous l’appelions,

La liberté comme un bruissement d’ailes,

Répond au chant de Richard

Coeur-de-Lion. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 781


« Les raisons d’aimer et de vivre,

Varient comme font les saisons.

Les mots bleus dont nous nous grisons,

Cessent un jour de nous rendre ivres,

La flûte se perd dans les cuivres. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 782


« Ah ! sourdra-t-il de la bataille une mélodie à la taille immense de nos horizons ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 782


« A travers le feu nous crions,

Notre chanson de salamandre,

Mais qui saura ce cri reprendre ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 782

« Il faut une langue à la terre,

Des lèvres aux murs, aux pavés,

Parlez, parlez vous qui savez,

Spécialistes du mystère,

Le sang refuse de se taire ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 783


« L’aigle fait rossignol

chante pour l’hirondelle

un long minuit de ver luisant.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 784


« Paris qui n’est Paris qu’arrachant ses pavés.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 788


« Les lauriers sont coupés, mais il est d’autres luttes. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 789


« Dans les feuilles,

J’entends le galop d’une course,

Arrête-toi fileuse !

Est-ce mon coeur trop plein ?

L’espoir parle à la nuit,

Le langage des sources. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 789

*

« On peut me harceler,

que suis-je, qu’ai-je été ?

Je me souviens d’un ciel,

d’un seul, et d’une reine,

Et pauvre qu’elle soit, je porterai sa traîne,

Je n’ai pas d’autre azur que ma fidélité. »

*

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 791


« Sortir nu dans la pluie et craindre le beau temps. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 791


« Si je suis le plus fort, le plus faible paraître.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 791

« Il n’est plus d’île heureuse

au coeur des mers du Sud,

Voici l’aurore atroce et l’oiseau du matin,

Voici l’heure venue où nulle solitude,

Nul Harrar et nulle Bermude,

Ne sauront abriter l’homme ni son destin. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 794


« Notre amour, s’il inaugure un monde,

C’est un monde où l’on aime à parler simplement. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 798


« Que triomphe la voix humaine

Sur les cuivres,

Et donne une raison de vivre,

A ceux que tout semblait

Inviter au trépas. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 798-9

« Que ton poème soit dans les lieux sans amour,

Où l’on trime, où l’on saigne,

où l’on crève de froid,

Comme un air murmuré qui rend

les pieds moins lourds,

Un café noir au point du jour,

Un ami rencontré sur le chemin de croix. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 799


« Si toute passion puise dans sa défaite,

Sa grandeur, sa légende et l’immortalité,

Le jour de son martyre

est celui de sa fête. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 799

« Quelle valse inconnue,

Entraînante et magique,

M’emporte malgré moi,

Comme une folle idée,

Je sens fuir sous mes pieds,

Cette époque tragique. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 802


« Mon amour n’a qu’un nom,

C’est la jeune espérance,

J’en retrouve toujours,

La neuve symphonie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 803


« Mais le bel autrefois habite le présent,

Le chèvrefeuille naît

Au coeur des sépultures,

Et l’herbe se souvient, au soir,

Des vers luisants. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 836


« Que l’eau du ciel chasse l’angoisse,

Qui ronge de ses charançons,

Le grand coeur des blés. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 837

« Est-ce la nuit du Christ,

Est-ce la nuit d’Orphée ?

Qu’importe qu’on lui donne

un nom de préférence,

Celui qui ressuscite

est un enfant des fées ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 1, p. 840


« Ne tarde plus bel absolu, bel Absalon,

Il reste encore un peu de feu

sous les décombres,

Du fin fond de l’enfer, Soleil,

nous t’appelons. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 841


« Oui c’est cette nuit qu’on attendait,

C’est bien cette nuit des étoiles,

C’est cette nuit de feu,

Qui défait les défaites,

Dans sa chevelure de lueurs.

Justice, justice soit faite ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 847

« Ah ! que je vive assez

pour être ce chanteur,

Pour ce cri pur où crépite la délivrance !

Je ne demande rien que de vivre assez,

Pour voir la nuit fléchir

et le vent changer.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 847


« Impossible est un mot banni de notre terre,

Ce que vous redoutez est à votre merci. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 850

« La vie :

Elle aura pris des routes singulières,

On dirait une noce avec des mirlitons,

Mais le cocher se penche et demande :

Où va-t-on ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 883


« Nous nous sommes durcis

au feu de nos périls,

Nous avons désormais un idéal viril,

Et la loi de nos coeurs est la loi du comptant.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 890


« Rien ne peut altérer

la chanson que je chante,

Même si quelqu’un d’autre avait à la chanter,

Une plainte étranglée

en renaît plus touchante,

Quand l’écho la reprend avec fidélité. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 891


« Aux yeux de la raison le rêve est un bandit.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 891


« Encore un rêve des roseaux,

Qui s’évanouit sur les eaux,

Quand l’aube éveille les oiseaux.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 900


« Il faut bâtir un monument,

En qui survivent nos batailles,

Dans le marbre éternellement. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 902

« Il est contagieux

l’exemple du courage,

L’hiver prochain sera coupant comme un couteau. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 905

« Qui saura comme moi,

Puisque vous ne le faites,

Détourner le tonnerre,

Et jeter aux tempêtes,

Le cantique d’espoir

Qui répond aux sanglots ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 908


« Il faut bien qu’à la nuit succède le matin,

Il faut bien que l’aurore,

Entre ses mains de cuivre,

Consume ces rois d’ombres,

Et leurs chantres pourris,

Il faut bien que la terre ardente se délivre. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 943


« L’oiseau si vite bat des ailes,

Qu’on n’entend plus le pouls du temps.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 951


« Mais ce n’est qu’à douleur qu’on naît même à l’amour. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 960

« Lorsque vous reviendrez,

Car il faut revenir,

Il y aura des fleurs,

Tant que vous en voudrez.

Il y aura des fleurs,

Couleur de l’avenir,

Il y aura des fleurs,

Lorsque vous reviendrez. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 960

« Ce n’est plus le temps de se taire,

Quand le ciel change ou va changer,

Ne me parlez plus du danger ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 996


« L’air que je chante est un air de colère.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 997

« Trouver des mots,

A l’échelle du vent,

Trouver des mots,

Qui pratiquent des brèches,

Dans le sommeil,

Comme un soleil levant. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 999

« Trouver des mots,

Couleur de tous les jours,

Trouver des mots,

Que personne n’oublie,

Feux pour l’aveugle,

Et tonnerres au sourd. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 999

« Avec des mots,

A l’échelle du vent,

Avec des mots,

Où notre amour se fonde,

Avec des mots,

Comme un soleil levant,

Avec des mots,

Simples comme le monde. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1000

« Alouette,

Ici monde naissant qui balbutie,

Alouette, alouette. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1001


« Musique ! Chantez la force du Mai montant!

Le nouveau chevalier sourit,

Comme un soleil sur l’étang. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1001

« Qu’attends tu, héros ?

Qu’attends-tu, errant ?

Qu’attends-tu, rêveur d’aventures,

Pour délivrer la terre,

La grande princesse brune aux yeux bleus, tendrement battus ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1001


« Que de mendiants jettent leurs béquilles,

Quand tu passes droit sur ton palefroi,

Couleur de jonquille. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1002


« Rien n’est jamais acquis à l’Homme,

Ni sa force,

Ni sa faiblesse,

Ni son coeur. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1004

« Et s’il était à refaire,

Je referais ce chemin,

Une voix monte des fers,

Et parle des lendemains. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1007


« Et si c’était à refaire,

Referait-il ce chemin ?

La voix qui monte des fers dit :

Je le ferai demain ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1008


« Ne t’en va pas dans les nuées,

Mon bel aigle, ami des orages,

Je peux mourir de ton courage.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1013

« Que je respire,

Et je respire !

Ces étoiles dans ma gorge,

Y font une lueur de magie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1015

« Que peut un rossignol si ce n’est sa chanson? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1017


« Car tout être de chair jette indifféremment

Mêmes cris pour la mort et pour l’enfantement. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1018

« L’étalon Liberté,

Crevant l’écran de toile,

Dante sort de l’enfer et revoit les étoiles. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1019

« Il faut libérer

ce qu’on aime,

Soi-même, soi-même,

soi-même ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1028

« Le ciel tel que vos rêves l’enfantèrent,

Le ciel est ici couleur de vos pas,

Couleur des travaux, couleur des combats. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1075


« Le ciel est ici les pieds sur la terre,

Toujours aussi bleu,

Que l’eau le voudra,

Il est dans vos yeux,

Il est dans vos bras. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1075


« Je rend à la lumière

un tribut de justice,

Immobile au milieu

des malheurs de ce temps. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1081


« Fou qui trouve assez bleu l’azur,

A qui le ciel n’est pas prison,

Il faut aimer à démesure,

Ce n’est pas assez que raison ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1088


« Mais que peut l’hiver mon enfant aimée,

Si demeure en nous le divin murmure,

Si quand le feu meurt monte la fumée,

Et garde la nuit le goût noir

des mûres ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1090

« Il n’y a pas d’amour

qui ne soit notre amour,

La trace de tes pas

m’explique le chemin,

C’est toi, non le soleil,

qui fais pour moi le jour. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1091


« C’est déjà bien assez de pouvoir un moment,

Ebranler de l’épaule, à sa faible manière,

La roue énorme de l’histoire dans l’ornière,

Qu’elle retombe après toi plus pesamment,

Car rien plus désormais ne pourra jamais faire,

Qu’elle n’ait pas un peu cédé sous ta poussée.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1098


« A chacun sa part du ménage,

A chacun sa table et son lit,

Le soir tombant sur les gagnages,

Verra le labeur accompli. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1100


« Quand il faudra fermer le livre,

Ce sera sans regretter rien,

J’ai vu tant de gens si mal vivre,

Et tant de gens mourir si bien. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1100


« Avoue enfin la vie et l’homme à sa mesure,

Les enfants, le parfum des lavandes, l’été,

La musique des mots,

Que les amants murmurent,

Avoue enfin la force et le travail chanté,

Avoue enfin la rose, avoue enfin l’azur ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1003-4

« Voici venir les temps prédits de la bonté ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1104


« A jamais au-delà des clameurs de son corps,

L’avenir a vaincu dans ses yeux le néant. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1106

« La semence sommeille

aux firmaments en friche,

Qu’importe ce qui meurt

au prix de ce qui naît. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1106


« Mais tout le jour est mon combat ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1109

« L’hiver lutte avec le printemps,

On n’enfante que dans les larmes,

Pourtant,

Quand tout à coup le ciel désarme,

La pluie a l’air d’avoir vingt ans. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1123


« C’est l’étrange loi de jeunesse,

Rire, pleurer, tout à la fois,

Et l’avenir naît comme naissent,

Les violettes dans les bois. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1123


« L’amour et l’avenir sont un même combat,

Il ne faut à la nuit jamais tout à fait croire. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1126


« De la terre naît la rose,

Des ténèbres le matin,

Le soleil sort des nuages. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1128


« Ô douce raison,

Ma rose trémière. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1142


« Tout meurt et refleurit,

Tout se métamorphose,

Vois-les, vois-les grandir,

Ces enfants de tes mains. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1153


« Aux astres inventés d’un avenir humain,

Ton sauvage églantier va se couvrir de roses,

Une odeur d’innocence envahit

tes chemins. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1153


« – Va… Ne prends pas

garde à toi,

N’aies point pitié de toi,

Ne pleure pas, ne t’attendris pas sur toi-même. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1173


« Qu’au moins nos chagrins

et nos maux,

Deviennent source

de victoire. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1175


« Cette fidélité du coeur et des idées,

Ouvre exemplairement le chemin décidé. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade tome 1, p. 1176


« Le temps est devant vous comme un cheval échappé,

Qui le saisit à la crinière entre ses genoux,

qui le dompte,

N’entend désormais que le bruit des fers de la bête qu’il monte,

Trop à ce combat nouveau pour songer

au bout de l’équipée. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 123


« Le feuillage à chaque printemps revient nous cacher l’horizon. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 123


« Regarde bien vers toi venir amoureusement la journée. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 124

« Il faut bien accepter ce qui nous transfigure. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 165

« Tout orage a son temps, toute haine s’éteint.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 165


« Le ciel toujours

redevient pur,

Toute nuit fait place

au matin. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 165


« Un amour qui commence est le pays d’au-delà le miroir. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 176


« On a beau changer d’horizon,

Le coeur garde ses désaccords,

On a beau changer de prison,

On traîne son âme et son corps.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 189

« Je t’apporte mon coeur,

C’est un enfant prodigue,

Pardonne-lui d’avoir si longtemps tardé. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 194


« J’ai vécu le jour des merveilles,

Vous et moi, souvenez-vous-en !

Et j’ai franchi le mur des ans,

Des miracles plein les oreilles. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 208

« Allons du calme,

Il faut tout regarder en face,

De fond en comble, ensemble,

Il faut que l’on refasse,

Même l’enfer, même la nuit, patiemment,

Patiemment, ensemble, et du commencement.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 214


« Ces pas-ci vont vers d’autres demeures,

Je ne reprendrai pas les sentiers parcourus. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 215


« On se fait lentement

à cette paix profonde,

Elle avance vers vous

comme l’eau d’une crue,

Elle monte, elle monte en vous,

Elle féconde chaque minute. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 215


« Quand ce qui fut malheur ou bonheur se nomme hier,

Pourtant l’étoile brille encore et le coeur bat.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 216


« Le jour au plus profond de moi reprend naissance. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 216


« Et c’est comme à la guerre,

Il faut que je sois prêt,

D’aller où le défi de l’ennemi m’invite. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 219


« Je remets l’évidence elle-même

en chantier,

Je refuse midi quand il sonne à l’église,

Et si j’entends en lui ses paroles apprises,

Je déchire mon coeur de mes mains

sans pitié. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 219


« Tu m’as retiré de la chair le désespoir, comme une épine,

Tu m’as donné le goût nouveau d’un langage de plein midi. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 223

« Où tu vas, je te suis,

La vie est ton sillage,

Je te tiens contre moi,

Tout le reste est mirage. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 254

« Que serais-je sans toi,

Qui vins à ma rencontre,

Que cette heure arrêtée,

Au cadran de la montre,

Que serais-je sans toi,

Qu’un coeur au bois dormant,

Que serais-je sans toi,

Que ce balbutiement ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 255


« Et pourtant je vous dis,

Que le bonheur existe,

Ailleurs que dans les rêves,

Ailleurs que dans les nues,

Terre !

Terre, voici ses rades inconnues. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 256


« La rose naît du mal qu’à le rosier,

Mais elle est la rose ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 261


« Je sais maintenant pour quoi

je suis né au monde,

On racontera mon histoire un jour,

Et ses mille péripéties. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 281


« J’étais né pour ces mots que j’ai dits. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 282


« Peut-être es-tu dans un pays de chevaux sauvages ?

Peut-être es-tu toi-même une contrée, entre le bien et le mal ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 293

« Il me reste si peu de temps,

Pour aller au bout de moi-même,

Et pour crier-dieu que je t’aime,

Tant. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 299


« Et qu’est-ce que c’est que l’amour qui n’en est qu’au commencement ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 336


« Et le feu d’un coup me porte au-delà des limites de l’homme,

Au-dessus du bonheur et du malheur a fui le coeur-fusée,

Pour qui la terre a déjà cessé d’avoir l’air d’être une pomme. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 339


« La souffrance enfante les songes,

Comme une ruche ses abeilles,

L’homme crie où son fer le ronge,

Et sa plaie engendre un soleil,

Plus beau que les anciens mensonges. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 353

« Je ne sais ce qui me possède,

Et me pousse à dire à voix haute,

Ni pour la pitié ni pour l’aide,

Ni pour en avouer ses fautes,

Ce qui m’habites et qui m’obsède. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 355


« Et plus rien ne se borne à soi désormais,

Mais tout vocable porte au-delà de soi-même,

Une signification de chute,

Une force révélatrice,

Où ce que je ne dis pas perce

En ce que je dis.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 358


« L’homme enfantant son destin

selon sa pensée,

Modelant le monde à sa présence,

Et de son désir accompli faisant le marchepied d’un désir nouveau. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 375


« Et qu’importe si personne n’entend,

Mais s’il est dit,

Puissance merveilleuse,

Puissance du son sur la lèvre,

Et rien ne fera jamais plus

Que cela n’ait été dit. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 377


« Bien sûr la vie est toujours

la plus forte,

Quand le soleil s’assied

devant la porte. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 377


« Laissez grandir en vous,

Comme une plante,

Ce doux bonheur, facilement brisé,

Laissez la force aboutir au baiser. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 378


« Laissez former le chant

Dans votre bouche,

La main frémir de la main qui la touche,

Et regardez dans vos miroirs troublés,

Lever en vous la jeunesse du blé. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 378


« Tourne vers moi ce visage qui tremble,

Verse ton vin dans mon verre,

Ô Printemps,

Rends-moi mon coeur, ma vie

Et mes vingt ans ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 378


« Mon coeur après vingt ans et plus est toujours une porte qui bat. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 389


« Dis qu’as-tu fais des jours enfuis,

De ta jeunesse et de toi-même,

De tes mains pleines de poèmes,

Qui tremblaient au bout de la nuit ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 415


« Ce coeur que l’homme

Avec lui porte,

Ne change pas avec le vent,

Nous mettrons demain comme avant,

Des cocquelicots à nos portes. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 416


« Plein feu sur la noirceur des songes,

Plein feu sur les arts du mensonge,

Flambe perpétuel été,

Flambe de notre flamme humaine,

Et que partout nos mains ramènent,

Le soleil de la vérité ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 419


« Tu es un chevalier armé

Pour un tournoi,

On va te regarder différemment,

Désormais que tu as pour moi,

Ce visage de roi de coeur de l’éternité.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 420

« Il ne s’agit pas de plaire mais de briller.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 427


« Il y a des lumières qui blessent,

Mais ce sont tout de même des lumières, mon ami. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 427


« C’est déjà la saison que toute parole soit pour moi la dernière. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 443


« Je suis celui qui met de l’ordre en la demeure énorme des hommes. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 445

« C’est l’heure,

Où l’on se lève et où l’on parle,

Aux siècles,

A l’histoire,

A l’univers. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 451


« Je sais souffrir et la souffrance est cela seul qui dure après nous,

Cela seul qui s’apaise et devient musique pour les autres. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 459


« La nuit des autres monte en moi comme une mer. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 459


« Malheur à qui rêve de lui-même,

A qui ne rêve rien que de lui-même ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 459


« Je n’en aurai jamais fini de cet enfantement de moi-même. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 460


« Au-dessus de moi tous les yeux des étoiles. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 460

« Et moi pour quelqu’un

peut-être aussi,

J’illumine de temps en temps

les sargasses,

Sans le savoir. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 461


« Sans le savoir, je gifle la nuit. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 461


« Je suis le phare obscur

qu’on appelle pensée,

J’ai fait de mon désir une force insensée,

Le mystère à mes pieds

terre à terre se couche. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 470


« Voilà, voilà pourquoi je suis né,

Ma victoire,

Rien, rien ne pourra plus faire qu’elle ne fût.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 471


« Songez qu’on n’arrête jamais de se battre et qu’avoir vaincu n’est trois fois rien. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 487


« Il faut regarder le néant en face pour savoir en triompher. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 487

« Le drame, il faut savoir y tenir sa partie,

Et même qu’une voix se taise,

Sachez-le, toujours le choeur profond reprend La phrase interrompue,

Du moment que jusqu’au bout de lui-même,

Le chanteur a fait ce qu’il a pu. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 488

« J’ai partagé le melon de ma vie,

Et comme au sourd le bruit et le silence,

Les deux moitiés en ont même semblance,

Prends la sagesse ou choisis la folie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 491


« Ô mon amour couleur du temps,

Tout ce qui tremble te ressemble,

Ton silence adorable entre en moi

Comme un cri. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 552

« Donnes-moi tes mains,

Que mon coeur s’y forme

S’y taise le monde,

Au moins un moment,

Donnes-moi tes mains,

Que mon âme y dorme,

Que mon âme y dorme,

Eternellement. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 554

« Aimer à perdre la raison,

Aimer à n’en savoir que dire,

A n’avoir que toi d’horizon,

Et ne connaître de saison,

Que par la douleur du partir,

Aimer à perdre la raison. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 556

« Mon amour ce qui fut sera,

Le ciel est sur nous comme un drap,

J’ai refermé sur toi mes bras,

Et tant je t’aime que j’en tremble,

Aussi longtemps que tu voudras,

Nous dormirons ensemble. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 562


« Immobile attendant après l’aube

ton aube,

Je tiens infiniment ton doux bras

dans ma main,

Tandis qu’en moi fleurit une chose indicible,

Sur ta lèvre déjà je vois pâlir demain. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 573


« Ton visage est le ciel étoilé

de ma vie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 573


« Je suis plein du silence assourdissant d’aimer. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 573


« Cette vie, elle s’achève,

Amour mon seul absolu,

Pour toi des soleils se lèvent. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 575

« Laissons passer l’orage

sur les toits,

Je veillerai,

J’aviverai les braises,

Je chasserai la nuit autour de toi. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 579

« Etreindre, étreindre

ce qu’on aime,

Tout le reste est jouer

aux dés. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 580


« Aimer, mourir ont même éclat,

Je veux voir

Le bout de moi-même,

Allumez les feux, me voilà,

J’aime ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 585

« Le jour et la nuit

sont mes draps,

J’ai pris la vie

entre mes bras. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 607

« L’homme est l’âme toujours offerte,

Celui qui soi-même

se vainc. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 645


« L’homme est un arbre

qui domine,

Son ombre, et qui voit

en avant. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 646


« Tout du monde ancien va changer,

D’abord la vie et puis la mort,

Et toutes choses partagées,

Le pain blanc, les baisers qui saignent,

On verra le couple et son règne,

Neiger comme les orangers. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 647

2021


« J’ouvre fenêtre au monde à naître

Où vont aller

L’homme et la femme, âme pour âme,

A deux connaître,

Le futur d’être et vivres ailés. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 676

« Toute flamme allumée exige un prix de cendres. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 676

« Je t’aime d’une amour sans nom,

Pour n’avoir aucune mesure,

Sur quoi l’univers transformé,

Prend son exemple et sa leçon,

Et sa musique est l’avenir,

Les mots en changent la chanson,

Je t’aime d’une amour sans fin,

Comme fin ne connaît l’azur. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 683

« Mon étoile vagabonde,

Mon étoile et mon tourment,

Mon étoile vainement,

Que je cherche

Au bout du monde. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 803

« Moi qui suis mon propre inconnu,

Ma lumière obscurément peinte,

Et le silence de ma plainte,

Où es-tu, moi-même, où es-tu ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 809


« Ce que j’ai de la vie appris, je le desapprends à vue d’oeil. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 887


« Je n’ai pas fini de m’étonner infiniment du silence,

Il n’y a pas de silence à craindre,

Avec ce qui me tient éveillé,

Le silence au bout du compte,

N’est que ce bruit mageur en moi,

De ce qui pense et bourdonne,

Alors plus haut que tout. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 888


« Et cette terre toujours après le feu même a refleuri. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 889

« Voici venir le temps de l’impossible,

Ô nouvelle Nativité !

Et déjà les révolutions de l’homme ont battu

La Terre et le Soleil,

Tu prends à revers les planètes,

Tu vas bientôt te faire une cravate

Avec la Voie Lactée ! »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 890


« Maintenant je suis à l’école de ce qui va venir. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 893


« Heureux celui qui meurt d’aimer,

D’aimer si fort, ses lèvres closes,

Qu’il n’ait besoin de nulle chose,

Hormis le souvenir des roses,

A jamais de toi parfumées. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 903


« Tout les sons de vivre,

Et les cris du vent,

Dans le nouveau cuivre,

Du soleil levant. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 956

« Je me croyais libre,

Sur un fil d’acier,

Quand tout équilibre,

Vient du balancier. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 961


« Quel labyrinthe où c’est moi sans cesse par moi poursuivi. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 965

« Comme un acteur qui ne sait

que les premiers mots de son drame,

Je suis venu vers toi dans la nuit

sans lumière que l’âme,

Sur cette scène où sans fin je crois recommencer ma vie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 965


« Mais l’enfant qu’est-il devenu ?

Je me regarde et je m’étonne,

De ce voyageur inconnu,

De son visage et ses pieds nus. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 983


« Je vais au bout du monde,

Seulement me prouver,

Que si la terre est ronde,

C’est de t’y retrouver. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 995


« Le souffrir d’aimer flamme perpétue,

En moi l’incendie étend ses ravages,

A rien n’a servi ni le temps ni l’âge,

Mon âme, mon âme,

Où m’entraînes-tu ? »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1000


« Je te tiens contre moi, ma vie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1002


« Je crois en toi comme au parfum,

Comme au chanter d’oiseaux

Dans les ténèbres,

Je crois en toi comme à la mer,

Je crois en toi comme à la rose

Ouverte à minuit. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1005


« Je brise le pain de toute chose,

Je romps toute chose au milieu de son jour,

Comme une bouche à la parole,

Et l’apparence ouverte avoue

Une secrète mie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1007


« Et c’est déjà beaucoup que le printemps des choses,

Et c’est déjà beaucoup d’avoir fait la moisson. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1032


« Sachons que la lumière même tirera son salut des larmes. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1033


« Tu le sais bien qu’au bout du compte un jour verra les calculs déjoués,

On ne peut arrêter ce qui vient et dont parfois nous eûmes,

L’ivresse et le pressentiment. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1034


« Tu es là comme une grande paix,

Blanche et joyeuse,

Pour toujours.

Tu as beaucoup appris, beaucoup compris,

Mais tu n’en fais pas beaucoup de foin,

Tu te contentes d’être dans le soleil

Et de briller.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1051


« Fou qui se plie au prétendu destin,

Et se fait tel qu’on lui donne peinture,

N’écoute pas ce que te dit certain,

Devineresse au plus vieille putain,

Fiéffés menteurs sont diseurs d’aventure. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1053

« A pied, à cheval,

que t’importe,

Le tout est de prendre la porte,

Sans te la claquer sur les doigts.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1056


« C’est un travail de patience

à l’inverse de l’araignée :

Il faut du temps pour détisser le lien de soi-même et du monde. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1061

« Tu as le feu pour élément,

Le feu c’est chez toi, c’est ta place. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1073


« Nous sommes les gens de la nuit qui portons le soleil en nous,

Il nous brûle au profond de l’être. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1075


« Et si j’ai quelque part repos,

C’est dans la noix même du feu,

En ce qui palpite et crépite,

Et puis voyage sans emploi. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1085

« La vie est pleine d’échardes,

Elle est pourtant la vie.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1131


« Nous ne sommes pas ceux qui portent la prière une fois pour toutes écrite,

Et le chant sans arrêt nous monte à tout moment réinventé. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1138

« Nous sommes les bergers,

je te dis, d’une étoile,

De si loin, si longtemps,

et malgré tout suivie,

Nous sommes les bergers,

de toute notre vie. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1139


« Heureux celui qui se jette au bout de lui-même. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1140


« La vie est perpétuellement éveil d’un rêve. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1144


« On porte en soi toujours l’enfant,

Confusément qu’on fut naguère,

Et le soldat de cette guerre,

Ce n’est pas l’homme qu’il défend.»

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1157

« Ce vent que l’on sent,

Dans le fond du ventre,

Ce vent qui nous fait,

Autre que nous fûmes,

Ce vent des navires,

A l’heure d’Aulide. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1180


« Ô princes du regard, voyageurs, capitaines,

Saluez celui-ci comme Alexandre Roi,

Il aura parcouru d’incroyables domaines,

Et partout s’est trouvé pour lui

Le monde étroit,

Les soleils à ses pieds tombaient. »

Aragon, Oeuvres poétiques complètes,

Ed. Bibliothèque de la Pléïade, tome 2, p. 1216

Publié par : gperra | 31 décembre 2020

Regards vers l’arrière : 2020

Mon destrier jaune sort de son antre où il avait dormi tant d’années, henissant dans l’année qui commence. Et me voici délivré des ventres collectifs des vers de fer qui sillonnent la terre de Paris. Promesse d’une future traversée des Andes ?

Et la danse, le cinéma, le sabre, les cours d’espagnol qui soudain s’arrêtent.

Ce silence incroyable, pendant les premières nuits.

Me voici qui court sur la coulée verte, bientôt plus rapide que Flash, tel un éclair dans la nuit, où sous les applaudissements de 20h qui ne me sont pas destinés, mais que je prends pour moi à la volée.

Ce midi d’avril où je me rend à l’hôpital de Vitry et le médecin masqué, les yeux si pleins de douceur et d’humanité, qui m’annonce que ma mère va mourir, sauf si… Cette après-midi où je reste en bas du bâtiment, ne pouvant monter la voir deux étages plus haut, mais restant là, au plus près, tandis que les rayons du soleil se teintent d’oranger, la joie étrange et incongrue d’être à ma place. Ce soir où, avec ma sœur, nous avons l’une des conversations les plus importantes de notre vie, et où nous prenons la bonne décision. Ce moment, comme un noeud au cœur, où nous lui disons adieu par écrans interposés, tandis qu’elle ouvre les bras comme un oiseau qui bat des ailes pour faire entrer l’air dans ses poumons. Cette nuit où je veille jusqu’à l’aurore, une petite flamme à mes côtés, une amie du bout de la France qui me soutient dans l’épreuve de sa voix chaude et pastelle, cuite par la fumée comme un pain brioché, bien au delà des frontières du sommeil.

Ce beau matin où j’entends la voix de ma mère vivante, pleine d’un souffle à faire plier les arbres.

Les longues conversations au téléphone, pour tout et ne rien se dire, tandis que tout autour la vie reste arrêtée. Les ballades dans les recoins inexplorés de mon quartier.

Les rochers de Fontainebleau que je retrouve, 20 ans après, pendant tout l’été. Ils ne m’ont pas oublié, eux qui avaient été témoins des commemcements de ma délivrance.

La philosophie de nouveau transmise et moi qui tient le choc de la nouveauté, bien protégé des hurlements des anthroposophes, qui croyaient pouvoir cerner ma demeure, ma vie et mon travail de leur complot de bouillasse pourtant si savammemt concocté durant plusieurs années.

Ces anthroposophes qui se révèlent cette année au monde, avec autant de bêtise qu’ils en contiennent dans leurs ventres, et qui s’enfoncent encore un peu plus profondément dans un puits de honte publique dont ils ne ressortiront plus désormais, révélant le danger qu’ils représentent pour la civilisation.

Le depart de Sarane, comme une envolée, après avoir tant lutté.

Une trahison. Encore une. Un masque qui tombe et non des moindres, dans les derniers jours de décembre. Mais qui tombe parce que je l’ai décidé, parce qu’il aura fini par se craqueler sous mon regard et révéler derrière un visage de manipulateur vicieux, furieux que je ne lui ai pas tout donné, refusant de rendre son butin de pirate (un homme dont le mal était dès l’origine inscrit dans son nom), protégeant sa bassesse par la violence, utilisée froidement comme un outil de tout les jours.

Une année où est venue dans ma vie ce petit plaisir tranquil d’un bavardage regulier, comme un charmant gazouillis que j’écoute distraitement, que je bois à petites gorgées comme un vin doux, moi qui parle en pesant chaque mot et reste toujours si sobre.

Une année où la victoire a ouvert ses ailes blanches au-dessus de mon existence et est venue se poser sur mon épaule dans le grand soleil flamboyant, pour y demeurer.

Publié par : gperra | 26 décembre 2020

So sweet, so cat…

Publié par : gperra | 24 décembre 2020

Songe de l’Aventure

Sur ses chemins ensoleillés, la vie t’a invité à  marcher :

Commences, ma fille, la longue route qui traverses vallons et bosquets, ton bagage à ton dos, plein de valeurs dorées et de gâteaux sucrés ! Ne crains pas l’aventure, car les rencontres viendront remplir tes poches vides de voyageuse fatiguée, chaque fois que les vivres te viendront à manquer !

Sur ses chemins de pluie, la vie t’a invité à danser :

Élances-toi, ma fille, sur la piste éclairée, la démarche chaloupée, les hanches qui swinguent et le corps endiablé ! Sous les projecteurs caressant de leurs feux ton  plus beau décolleté, dans la musique qui gronde une parole révoltée, fait claquer bruyamment tes pas sur le parquet !

Sur ses chemins balayés de grands vents, la vie t’a invité à aimer :

Marches maintenant, ma fille, à pas plus mesurés. Cet enfant dans tes bras, né de tes amours, qui dors sur ta poitrine en écoutant battre ton coeur et respirant ta peau parfumée, ton lait sur sa bouche vermeille, ne doit pas se réveiller !

Sur ses chemins qui traversent de sombres forêts, la vie te fera rencontrer ses chevaliers :

La tête posée contre leurs armures de fer, écoutes ma fille le chant de courage qui palpite dans leur sang quand ils affrontent les dragons et galopent seuls sur leurs destriers, chargeant des forteresses que nul n’osait affronter !

Sur ses chemins qui longent la mer, la vie t’a invité à regarder les vagues se former :

Assiés-toi à présent, ma fille, sur ce rocher. Plus grandes que toi, ces montagnes bleues qui jaillissent et disparaissent, le temps de frôler un court instant les étoiles, indiquent à ta main le geste de cueillir en toi-même les fruits oranges, amers et doux, de la pensée.

Publié par : gperra | 25 novembre 2020

Parution

https://www.laroutedelasoie-editions.com/notre-catalogue/m%C3%A9ta-de-choc/une-vie-en-anthroposophie/
Publié par : gperra | 22 novembre 2020

Songe d’un décès

A quelle profondeur de toi-même puisais tu pour être aussi sereine et partir en paix, à présent que tu savais ?

Etait-ce parce qu’il est insoutenable de se tourner vers soi-meme quand on sait que l’on va mourir ?

Ou bien était-ce que regarder la mort dans les yeux t’avait conduit à cette partie de toi-même qui te permettait de regarder nos vies comme un parent voit son enfant s’efforcer de se mettre debout pour apprendre à marcher ?

Moi qui ais mis tant de temps à aimer l’existence et à la prendre dans mes bras comme un chat qui ronronne, je lèverai des armées si l’on voulait maintenant m’en retirer !

Moi qui ais mis tant d’années à chérir la lumière, chaque jour différente, et à me réjouir des lacs bleutés au bout de mes voyages, je ne comprendrais pas que l’aventure puisse s’arrêter là !

Moi qui suis enfin reconnaissant pour l’immensité d’un monde dont une vie d’homme ne saurait faire le tour, je ne pourrais me résoudre à poser mes bagages avant d’avoir arpenté les plaines oranges de Mars !

Moi qui sait aujourd’hui affronter les tempêtes en chantant à tue-tête, l’alcool de la bravoure dans le sang, et qui n’ai plus d’ennemis qui puisse me faire renoncer à être celui que je suis, comment pourrais-je maintenant plier l’échine devant plus fort que moi ?

Moi qui peut sentir que tu fais partie de ma propre vie comme la colone d’un temple, comment pourrais-je accepter que tu en sois ôtée sans penser que tout va s’effondrer ?

Un jour viendra où, comme toi, je serais placé en face de cette immense injustice que pourtant tu as pu accepter sans colère. Je me souviendrais alors avec quelle dignité tu es sortie de la scène, sans la quitter des yeux, parce tu savais qu’il n’y a rien à voir dans les coulisses, et qu’il n’est rien de plus beau que ce spectacle où tu ne paraîtra plus, mais qui pourtant va continuer.

Publié par : gperra | 24 mai 2020

22 ans

Publié par : gperra | 19 janvier 2020

19 janvier 2020

Publié par : gperra | 18 janvier 2020

35ème festival du voyage a vélo

Older Posts »

Catégories