Originally posted on La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf:

Ou pourquoi les écoles Steiner-Waldorf ne sont en fait pas une pédagogie !

Sur le site de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, on trouve depuis plusieurs années un article faisant mention de l’existence en Grande-Bretagne de deux écoles Steiner-Waldorf entièrement subventionnées par les subsides du Gouvernement britannique. Le message est clair : les écoles Steiner-Waldorf réclament le droit à être subventionnées intégralement, comme le sont les établissements de l’Education Nationale, au nom de la liberté pédagogique en matière d’éducation. Selon cette argumentation, le fait de payer des impôts devrait ouvrir le droit aux parents d’inscrire leurs enfants dans une école pratiquant la pédagogie de leur choix. Mais, dans les faits, ces beaux principes s’avèrent très problématiques dès lors qu’ils s’appliquent aux écoles Steiner-Waldorf. En effet, pour que des établissements scolaires puissent prétendre à des subventions de la part d’une collectivité, il faut au minimum qu’il s’agisse bien d’un projet…

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Publié par : gperra | 20 août 2015

Songe de l’Ennui

Le goût de l’alcool dans la bouche,  ou le plaisir de l’acte sexuel irradiant encore le ventre, les fastes scintillants des grandes réceptions persistants dans les yeux, ou la sensation de l’or entre les doigts, l’Ennui peut s’inviter à tout moments dans les coeurs. Son effraction n’a pas la violence d’un cambriolage et nul objet n’a été par lui soustrait au quotidien. Et pourtant soudain tout semble vide !

C’est le lien à l’existence que l’Ennui parvient à distendre, sans toutefois le rompre. Ainsi pèse-t-elle et tire-t-elle désormais de tout son poids, comme une corde qui étrangle mais se refuse à donner la mort, cette existence qui auparavant supportait ma vie en silence.

Tant qu’on le confonds avec le désœuvrement, on méconnaît la puissance de l’Ennui. Lui ne disparaît pas avec l’arrivée de nouvelles découvertes. Il signifie que la découverte elle-même n’a plus d’intérêt ! C’est pourquoi, par peur de sa venue, l’on se construit une multitude de refuges : de paille, de briques ou de béton, de chairs de sa chair ou de pouvoirs qui électrisent le sang, de religions pour se maintenir dans l’éternité ou de guerres pour s’accrocher au présent. Mais tous ne peuvent pourtant que faire semblant de résister à son souffle.

Est-ce lui qui, depuis les origines, a convaincu l’humanité de partir à la conquête de la planète ? Car rien sinon le monde entier ne paraît venir à bout de l’Ennui ! Sa figure magique est la plénitude du cercle, en laquelle tout s’accomplit et tout perds sa raison d’être au terme de sa révolution. Le tour du monde arrivé à son terme est sa suprême cruauté.

Mais le vaincoeur de l’Ennui est un briseur de cercles ! Car la passion frappe les courbes et les redresse, surprenant celui-là même qu’elle anime ! Et voilà que la direction du voyage, contre toutes attentes, pointe maintenant en ligne droite vers l’infini, méprisant la sournoise et profonde tentation du retour, au-delà même de la question du sens. Car celui que la danse emporte, grisé de partager avec sa partenaire le même mouvement dans la vague d’une même musique, les yeux rivés aux siens l’instant d’un sourire et d’un pas-chassé, sait qu’il y a bien plus grand que le sens.

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Eugénio de AndradeFais une clef, même petite,
entre dans la maison.
Consens à la douceur, aie pitié
de la matière des songes et des oiseaux.

Invoque le feu, la clarté, la musique
des flancs.
Ne dis pas pierre, dis fenêtre.
Ne sois pas comme l’ombre.

Dis homme, enfant, étoile.
Répète les syllabes
où la lumière est heureuse et s’attarde.

Répète encore : homme, femme, enfant.
Là où plus jeune est la beauté.

*

Make a key, even a small one,
enter the house.
Give in to sweetness, pity
the substance of dreams and of birds.

Invoke the heat, the limpidness, the music
of loins.
Do not say stone, say window.
Do not become a shadow.

Say man, say child, say star.
Repeat those syllables
where light is happy and lingers.

Say once again: man, woman, child.
Where beauty is the freshest.

*

Faz uma chave, mesmo pequena,
entra na casa.
Consente na…

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Publié par : gperra | 15 août 2015

Songe d’un peintre de paysages

Le voyage est un combat contre chaque lieu où l’on se pose. Car chacun d’eux est un petit tyran qui s’impose puissamment dans les âmes. Avec ses rues, ses pierres, sa topographie, son histoire, sa rivière, la texture de l’air qu’on y respire, le lieu veut me modeler. Il fera de moi ce qu’il a fait de chaque plante et de chaque pierre qui est arrivée ici : un membre de son corps de titan assoupi. S’il parvient à m’endormir en me berçant de son murmure, il avalera mon corps dans son tronc en m’etouffant. Il façonnera mon langage, et jusqu’à la forme des os de mes enfants, si j’accepte de m’établir. Et bientôt, moi qui suis citoyen du monde et enfant des étoiles, c’est par ce territoire que je me définirais moi-même. Son idole, parfois grotesque, nichée dans un creux du mur de la maison, exigera son culte journalier.

Mais avec l’être humain commence la lutte ! Inégale au départ, car l’enfant s’enracine aussitôt là où il vit. Son regard s’aggrippe à tout ce qu’il voit, sa peau boit l’air du lieu, sa bouche goûte chaque rayon, tandis que son coeur tombe amoureux de la terre sur laquelle il apprend à marcher, comme un puissant charme auquel il ne peut résister.

L’exploration sera la première riposte ! Car en s’engouffrant seul dans les chemins de traverses, en pénétrant dans les cabanes abandonnées, en partant à la découverte d’arbres que personne ne regarde ni n’escalade, le jeune homme commence à rompre l’enchantement. En l’étreignant de toutes ses forces, il opprime la poitrine de cet être incapable d’un amour aussi fort ni aussi grand.

Le grand vaincoeur est le peintre de paysages. Avec son chevalet de fortune et ses pinceaux ébouriffés, son acte va bien plus loin que de fixer sur la toile une partie du monde sur laquelle son regard s’est posé pour en garder la trace. Chacun de ses tableaux est un triomphe sur le lieu, observé avec tant d’attention qu’il en capte l’invisible vibration. En s’immergeant dans les couleurs des arbres, dans le mouvement de l’eau qui circule entre les pierres, dans le bruissement des feuilles, dans la courbe de la colline et dans le songe de cette vache allongée, jusqu’aux formes éphémères des nuages qui passent, au point de les recréer, le peintre de paysages affirme la liberté humaine jusque dans la sensibilité. En se liant au lieu, il s’en délie. En le peignant, il en devient le maître, car il reprend possession de lui-même.

La lutte est celle des gladiateurs et le combat est à la vie, à la mort. Et pourtant, nul ne sortira blessé ni amoindri de cet affrontement. Car dans le paysage couché sur la toile, le lieu peut enfin cesser de proférer son chant ensorcelant, pour prononcer des paroles de simple amitié. Et l’homme, ce vagabond de toujours, ce marcheur qui se souvient encore de la lumière des étoiles sur les rives des mers occidentales, peut reprendre son chemin.

Publié par : gperra | 14 août 2015

Songe de la Moralité

Tant que la Moralité n’est que l’observance des règles, elle n’est pas. Tant qu’elle reste la singerie de ceux qui veulent leur portrait sur le mur de la maison familiale ou dans le hall d’entrée de la Mairie de leur village, jamais les couleurs ne parviendront à se fixer sur la toile. Il faut que tout commence par ce retour à soi qui se fait sans bruit, pour écouter ce qui vient de l’intérieur. Mais qu’entend-t-on alors ?

Pas autre chose qu’un souffle d’air frais qui saisit la peau. Et qui me fait aussitôt penser autrement, réfléchir en fléchissant le genoux au sol.

Ce n’est pas le bruit de barres de métal qui s’entrechoquent en tombant par terre, dans le fracas de lois descendues du Ciel par une grue de chantier ! Et ce n’est pas non plus le brouhaha d’une foule vociférante obtenant pour un instant la semblance d’un unique cri ! C’est le souffle d’air frais qui traverse une grotte et ride un lac translucide enfoui loin de toutes surfaces. Et voilà que l’Autre se met à exister devant moi et dans mon coeur. Il a soudain la consistance d’un fait, visible et pourtant détaché du désir qui animait mon regard.

J’ai beau chercher la pierre pour y trouver des marques de mots, il n’y a pas de rochers en ce lieu, ni d’écritures, gravées ou dactylographiées par un prophète calligraphe. Car la Moralité ne peut pas sortir du flux sanguin de l’intelligence sans devenir ce caillau qui finit par boucher les artères.

Tout ce qu’elle demande est ma cohérence. Aussi bien coordonnée que celle des embranchements qui actionnaient les roues de ces trains à vapeur d’autrefois ! Aussi rigoureuse que la résolution d’une équation à plusieurs degrés ! Aussi esthétique que le corps d’un guépard, d’où tout ce qui n’a rien à faire avec la course a été retiré !

Les vies sans cohérence n’ont pas ce sol où l’on s’appuie sur soi-même pour avancer. Et la parole donnée ne peut y être gardée par personne, si bien qu’elle n’est pas reconnue lorsqu’un jour elle revient à celui qui l’avait prononcée. Mais quand viendra le jour de rassembler toutes ces phrases laissées derrière soi pour en faire un récit, qui aura la patience d’écouter par delà la lourde confusion ?

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Depuis quelques semaines, la firme WELEDA s’est offerte une campagne de publicité accompagnant la diffusion des informations météorologiques sur France 2, sous la forme d’un spot publicitaire. Un court slogan déclare : « Pour être en harmonie avec la nature, suivez la météo sur France 2, avec WELEDA. » Une succession d’images nous montre une main cueillant une grenade, un  visage et un buste de femme se caressant la peau, etc.

Ce qui n’est pas dit dans cette annonce publicitaire, c’est que la firme WELEDA est une émanation de l’Anthroposophie. Cette firme à été créée par Rudolf Steiner, le fondateur de cette dérive sectaire également à l’origine des écoles Steiner-Waldorf. Sans doute les dirigeants du service publicitaire de France 2 auraient-ils du mieux se renseigner avant d’offrir une telle audience à ce qui est tout simplement une entreprise anthroposophique, car il est grave que ce soit le service public d’une nation qui…

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Publié par : gperra | 12 août 2015

L’interminable vénération du Ciel

Dans les églises catholiques, notamment celles d’Espagne, on trouve un grand nombre de sculptures de Saints, de Christ ou de Vierges Marie, recouvertes se peinture d’or, sous des dais impressionnants, avec autour d’eux des angelots, etc. Ces représentations ont suscité chez moi quelques réflexions que je couche par écrit, comme traces personnelles de mon voyage.
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Toutes ces figures représentées de cette manière produisent l’impression d’avoir affaire à des êtres célestes, divins, supérieurs, etc. On met le croyant en face de représentations d’êtres supraterrestres. Nous sommes donc là dans un registre identique à celui des autres religions qui, toutes, ont chercher à susciter la vénération pour des êtres de cette sorte, quels que soient les noms et les formes qu’elles leur ont donnés. Celle qui excelle dans ce domaine est la religion hindouiste, avec ces représentations de créatures sublimes transcendant les limites de l’espace et du temps, comme la Bagavad Gita nous en fait le récit lorsque Visnu en personne se manifeste à travers le cocher d’Arjuna, s’élargissant progressivement aux dimensions de l’Univers.

Cependant, dans la religion chretienne, si l’on est attentif, il n’est en principe pas question de tels êtres, mais d’êtres humains ordinaires. Même le Christ est en fait un homme tout simple, supplicié, et non une créature fantastique. Bien sur, dès après sa mort, il a fallu que ses disciples insistent sur son origine et sa nature divine, alors qu’il ne semble l’avoir fait lui-meme que très peu, voire pas du tout, puisque cela n’a jamais été ce qui comptait. Alors pourquoi l’a-t-on représenté, lui et les siens, avec des effets esthétiques similaires à ceux des autres religions ?

Dans la religion chretienne, ces effets esthétiques sont sensés avoir un tout autre sens. Ils veulent en effet représenter quelque chose de divin, mais pas au sens d’une créature céleste descendue sur la Terre. Il s’agit plutôt de l’inverse, c’est-à-dire de quelque chose de terrestre et d’humain qui se serait hissé jusqu’au divin. La sainteté est en effet conçue dans le christianisme comme une élévation de l’humain vers le divin, ne serait-ce que partielle, non une descente du divin dans le monde des hommes. L’or qui est figuré sur ces personnages n’est donc pas une manière de représenter une part du Ciel qui serait descendue sur la Terre, comme le font les autres religions, mais une part de la Terre s’élevant vers les Cieux.

Soit. Mais qui parmi les Chrétiens est au clair sur cette distinction fondamentale ? Probablement tres peu. Et au bout du compte, l’effet sur le croyant reste le même. Il lève les yeux vers le Ciel et ne regarde plus la réalité terrestre en face. Je ne vois dans ce sens là pas beaucoup de différence entre une Vierge Marie toute dorée et une représentation de Shiva.

Il semble qu’il y ait dans toute religion cette tendance à susciter un détournement de l’attention loin de la réalité. C’est bien pourquoi le christianisme n’aurait au fond pas du devenir une religion. Mais très vite on en a fait une religion, parce qu’on ne savait pas faire autre chose.

Mais au bout du compte, nous avons cette même attitude consistant à se tourner avec vénération vers un divin qui serait ailleurs, au-dessus de nous. La capacité à vivre entièrement sur Terre commence à peine. Et si jamais il y a du divin à percevoir dans et à travers – ou plutôt avec – le terrestre, je pense que l’attitude devrait être absolument toute autre que celle de la dévotion et de la vénération que le christianisme a exercer jusqu’à aujourd’hui.

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Depuis bien longtemps, la presse française fait preuve envers les écoles Steiner-Waldorf ou les autres émanations de l’Anthroposophie d’une complaisanse confondante. On peut penser, par exemple, à la manière dont, en 2000, des journaux comme Libération, Le Monde, ou d’autres, ont pris la défense de ces écoles au moment où les pouvoirs publics avaient failli prendre les responsabilités qui étaient les leurs à ce sujet. On peut aussi penser à la manière dont, encore dernièrement, Le Monde, Canal +, Rue 89, se sont commis dans des soi-disants reportages sur les écoles Steiner-Waldorf où le parti-pris de sympathie originel était tellement flagrant qu’il aurait dû faire honte à l’ensemble de la profession.

Comment expliquer un tel phénomène ? Certains pourraient soupçonner l’influence que des institutions financières anthroposophiques, comme WELEDA ou la NEF, seraient à même d’exercer. Pour ma part, je crois que l’explication est ailleurs.

En effet, dès la création de…

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Publié par : gperra | 7 août 2015

Songe de la Malignité

Pour débusquer sa proie, confectionner son nid, alerter ses proches, protéger ses petits, l’animal sait être malin. Pour conquérir son conjoint, gagner de l’argent, abattre ses adversaires, l’homme aussi. Portée et courbée par le désir, la Malignité épouse les formes multiples et changeantes de ceux qui courent, rampent ou glissent, jusque dans les esprits de ceux qui sont devenus peu a peu humains. Mais elle ne peut accepter le renoncement ! Car elle veut tout, sa proie étant la partie vide de son être. Sa ruse est une revanche sur le monde, qui l’a fait naître si creuse. Tuer lui permet de s’accomplir, puisque la viande que ses crocs déchirent et que ses mâchoires broient devient sa propre chair.

La Malignité construit des apparences, dresse des façades, trompe les yeux, cristallise les mirages, érige des chevaux creux qu’elle fait entrer dans les villes pour les prendre de l’intérieur. Combien d’unions tiennent sur des séductions qui ont perdurées ? Combien de carrières reposent sur des reflets brilliants ? Combien de religions se prolongent au delà de leur temps par la peinture d’or dont elles badigeonnent leurs reliques ?

On la confond avec l’Intelligence, que pourtant la Malignité n’est pas. Car l’Intelligence, au contraire, cogne contre toutes les paroies et écoute les sons qui lui en reviennent. Pour elle, tout mur de roche est une porte dont elle cherche la serrure à la lueur de la lune montante tandis que les loups s’approchent dans le lointain. Et tout visage de porcelaine devra, tôt ou tards, laisser voir les rouages qui actionnent son sourire !

Sa faim de comprendre n’est pas l’appétit d’une créature vide. Car ce que l’Intelligence fait devenir pensée en le prenant en elle-même ne perds rien de ce qu’il était, mais rayonne plus puissamment encore qu’il ne le faisait auparavant.

Quand la Malignité me perds dans sa conquête, l’Intelligence au contraire me ramène doucement à moi-même. Puisque les choses sont autrement que ce que je croyais, je dois, moi aussi, devenir autre que ce que j’étais. Car l’Intelligence redresse la pensée vers le soleil, projetant au sol l’ombre du penseur. Il la voit désormais, cette part de lui même qui n’est pourtant pas tout à fait lui, rampant sur le sol à ses côtés. Et qu’il va devoir affronter !

Publié par : gperra | 7 août 2015

Une sensation de vie

Je la sens jusque dans mes mains. Elle n’est pas éternelle, mais semble pourtant venue de si loin, traversant ma naissance comme une proposition issue d’un long raisonnement silencieux.

Son équation requiert la poursuite du développement. On pourrait la croire ouverte à tous les possibles. Mais il n’en est pas ainsi ! Elle a suivi son cours, guidée par les amours qui dormaient au fond de moi et se sont réveillés les uns après les autres.

Elle va, bordée par ceux qui étaient là dès le début, même quand ce fut bien après le commencement.

Que retiennent-ils de leur propre vie, ceux qui ne veulent plus rien savoir des êtres qu’ils ont aimés,  qui les ont forgés, qui les ont marqués ? Que reste-t-il finalement de ceux qui passent à autre chose comme si tout pouvait vraiment recommençer chaque fois qu’ils le décident ? Retrouveront-ils ces morceaux d’eux-mêmes qu’ils abandonnent peu à peu le long du chemin ?

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