Publié par : gperra | 4 mai 2016

Un souvenir

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Publié par : gperra | 30 avril 2016

Songe du Vol

La première propriété est le corps, dont on s’enveloppe, que l’on apprend à habiter, que l’on façonne de jour en jour, de muscles en muscles. Dans sa chair, l’être vivant se déploie, ignorant tout de la complexité des tissus et des fluides qui l’animent. La bête qui le mange ne sait rien non plus de cette étrange sensation d’exister à laquelle elle vient de mettre fin. Car nul ne peut regarder en face l’habitant qu’il déloge quand il le tue, à moins d’être traversé par le sacré comme un éclair qui s’abat dans la nuit. Ainsi, le premier vol, celui de la viande, est-il accompli en toute innocence, les yeux rivés sur l’égoïsme souverain du ventre qui n’accomplit que sa fonction. La fierté du lion repu n’a rien de coupable.

La deuxième propriété est celle des lieux que nous occupons, ainsi que des objets que nous fabriquons ou possédons. La plage de roche ou se vautre l’otarie, l’ombre de l’arbre ou se couche chaque jour le léopard haletant, le nid fait de salive et de brindilles, la fourmilière, la place au fond de la classe ou au premier rang, la cabane de joncs près de la rivière… Là notre souffle se complaît, là nous nous sentons exister un peu plus tranquils, comme si le monde attenuait soudain par endroits sa cruelle inimitié. Celui qui prends de force ces territoires à leurs hôtes, celui qui chasse du nid leurs occupants pour s’y lover lui-même, celui qui dort dans le lit plus grand ou trop étroit d’autrui, imagine-t-il la déchirure qu’il provoque en renvoyant ses victimes vers une hostilité qu’elles croyaient  vaincue ? Perdre une maison où l’on avait grandis, voir des soldats tirer au sort la tunique qui porte encore l’odeur de son corps et la forme de ses épaules,  constater la disparition de la guitare sur laquelle on avait appris à jouer,  tels sont les facettes du seul vol qui fut condamné par Dieu, tandis que les autres bénéficiaient indûment de son indulgence.

La troisième propriété est celle des liens humains que nous tissons, cette autre chair dont notre être véritable se revêt, resplendissante comme la neige des sommets immaculés : familles, amis, cercles.

La plupart recevront tout cela comme de riches héritages auxquels ils n’auront rien à ajouter, sinon le devoir de les perpétrer. Nés dans une communauté de rites et de sang où leurs personnalités auront eu le loisir de se dissoudre, ils mourront également entourés d’un groupe qui recueillera leurs mémoires et leurs cendres. Leurs métiers seront ceux de leurs pères. Leurs tombes seront celles de leurs ancêtres. Leurs pensées se transmettront de notaires en notaires.

Mais d’autres ne recevront du ventre dont ils ont été jetés ni les familles, ni les amis, ni les cercles dont ils auraient du hériter. Comme, à l’aube des temps, l’être humain dépourvu d’outils se dressa nu parmi les animaux dotés de tous les instruments pour s’enfoncer aisément dans l’existence, aujourd’hui surgissent au milieu de leurs semblables certains hommes aussi pauvres que leurs ancêtres des plaines africaines. Comme si les dieux avaient à nouveau tout distribué avant la fin du grand partage, les voici dépourvus de tous les liens qui les placeraient au chaud parmi leur espèce. Toute leur vie, ils devront construire ce qui aux autres est donné. Par quel courage de titan affrontent-ils cette insolente injustice ?  Est-ce le désir de fuir l’hiver d’une mordante solitude, présente dès leurs origines ? Ou bien est-ce le feu d’un profond respect pour leur propre vie ? Comment pourraient ils le savoir !? Pourtant, ils voudront construire le nid du couple où la famille inattendue pourra éclore. Pourtant, ils creuseront le terrier de l’amitié où le froid n’entrera pas. Pourtant, ils exploreront la vallée perdue où leur vraie profession et leurs vrais collègues se cachent peut-être, loin de tous les sentiers. Au terme du voyage, seule leur propre pensée leur appartiendra peut-être. Et si nul choeur éploré ne viendra chanter à leurs funérailles, ni ne deposera de pièces d’or dans leurs bouches, ils emporteront cependant fièrement dans leurs tombes ce que leurs simples mains de bâtisseurs auront appris à façonner.

C’est pourquoi le troisième vol est celui de ceux qui ne savent rien bâtir, mais s’emparent de ce que d’autres ont construit. Comme le fauve saute à la gorge pour faire ruisseler les veines, comme le cambrioleur emporte les biens d’autrui dans son fourgon, certains volent les liens dans lesquels d’autres ont rayonnés. Ils s’emparent de tendres affections qu’ils ont manigancées, de passions qu’ils n’ont pas éprouvées, des victoires de combats qu’ils n’ont pas eux-mêmes livrés, d’amitiés qu’ils n’ont pas forgées, de chansons qu’ils n’ont pas composées, de clubs de danse où ils n’étaient qu’invités, de journaux qu’ils n’ont pas fondés, d’entreprises qu’ils n’ont pas montées, de festivals qu’ils n’ont pas créés, de pensées dont ils n’ont jamais accouchées. Jusqu’aux noms par lequels ils se font appeler ! Et dans cette chair volée demeure inchangée leur profonde infirmité.

Publié par : gperra | 24 avril 2016

Songe de la Parenté

Nos frères et nos sœurs sont ceux auprès desquels nous nous construisons. Nos proches, parfois si différents ! Ils sont le grand cadeau que nous mettons parfois si longtemps à accepter. À leur contact se révèle peu à peu notre singularité, s’affirme notre vrai tempérament, s’esquisse furtivement notre propre destinée, se découvrent nos limites, dans le jeu, dans le conflit, dans l’éloignement ou dans l’entraide.

Les animaux sont comme les frères et les soeurs de toute l’humanité. Nous nous construisons depuis toujours au contact de ces compagnons si proches et pourtant si différents. Nous avons grandis ensembles, même si nous nous mangeons. Nous ne savons peut-être pas encore nous aimer comme nous le devrions, mais nous savons depuis longtemps déjà nous adopter les uns les autres. Enfants sauvages ou chats d’appartements, nous tétons goulument aux mamelles de la même grande louve nocturne. Nous partageons la même maladresse et commettons les mêmes balourdises. Nous rivalisons de la même intelligence, de la même cruauté et de la même noblesse. Et si l’animal se blottit à nos côtés les yeux dormants, tandis que les nôtres s’éveillent à la comparaison, cela ne signifie nullement qu’il ne sente pas, comme nous, cette étrange différence et cette profonde parenté, comme parfois, au sein du rêve, affleure le pressentiment d’importantes réalités. Eux et nous sommes de la même portée !

Nos grands-parents, les végétaux, vivent parmi nous, mais dans un autre temps que nous. Leurs corps lents et ridés nous étonnent, mais ils ne sont pas des étrangers ! Ils nous rendent visite, s’installent en bordure de nos demeures ou à la périphérie de nos villes, calmes et bienveillants, regardant notre croissance fougueuse à l’aune d’une époque qui fut la leur et dont ils ne veulent pas encombrer nos consciences trop jeunes. Aux repas de famille, ils nous apportent les présents sucrés dont nous nous régalons, sans rien attendre en retour, sans se joindre à des chamailleries qui ne regardent que nous et qui les épuiseraient. Ce monde est désormais le nôtre. Si nous le leur demandons, ils sont pourtant prêts à nous raconter leurs souvenirs et leurs périples, de continents en continents, tant qu’il en est encore temps, afin de nous édifier.

Nos aïeux sont les roches, les eaux, les nuées et les étoiles. Bien qu’ils constituent chaque particule de ce qui nous entoure, nous venons à eux si rarement, comme nous venons parfois sur les tombes, les jours de recueillement. De cette parenté éloignée n’est restée pour nous que des noms. De beaux noms gravés dans les veines de la terre, des inscriptions laissées dans un immense et radieux cimetière, des photos de mariages sédimentées, des médailles de guerre scintillantes retrouvées dans le grenier galactique… Ces noms de nos ancêtres venus des extrémités du cosmos et des lointains des temps, que nous déchiffrons peu à peu lorsque nous apprenons à lire le grand livre du monde, armés de notre intrépide curiosité.

Mais qui sont nos parents ? Qui sont ceux qui, chaque jour, nous élèvent, nous torchent, et s’efforcent de nous conduire au meilleur de nous-mêmes, sans trop s’exaspérer ? Sans doute ceux qui vivent dans l’attention aux valeurs et dans l’amour, puisque c’est dans les valeurs que nous nous grandissons.

L’amour, qui est précisément la mesure sans jugement de l’écart entre les valeurs et nous, la vision claire mais non désespérée du long chemin encore à parcourir, le roseau d’or avec lequel l’architecte conçoit les plans de la future ville en arpentant le sol rocailleux de l’existence présente.

Publié par : gperra | 9 avril 2016

Batman VS Superman : Rédemption et Résurrection

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Le film qui vient de sortir ces dernières semaines, juste avant Pâques, contient un certain nombre de thématiques et de symboles qui, entremêlés, donnent un message intéressant à mettre en lumière. Mais pour cela, utilisons notre méthode habituelle par étapes, à savoir l’observation successive :

– des personnages et du récit ;
– des thématiques philosophiques explicites ;
– des symboles et des images prégnantes ;
– du message issu de l’interpenétration des trois niveaux précédents.

Quatre personnages aux problématiques étranges

Le premier personnage de ce film est Batman, alias Bruce Wayne. Entrepreneur le jour et justicier masqué la nuit, Bruce Wayne a vu mourir ses parents devant ses yeux lorsqu’il était enfant. Adulte, il utilise son argent et ses capacités physiques pour terroriser les bandits en utilisant les mêmes méthodes qu’eux. Une problématique morale caractérise son destin : comment la confrontation au phénomène de  déchéance et de corruption progressive de l’être humain peut-il éviter de contaminer celui-là même qui veut le combattre, en raison du constat de l’impuissance de l’homme bon à éradiquer définitivement le Mal sur Terre ? Ainsi, pour Batman, nul homme ne reste bon. D’ailleurs, c’est ce constat qui le fait lui-même sombrer dans des méthodes douteuses pour combattre le crime, devenant pour cela lui-même un criminel. Ainsi, la corruption qu’il voulait combattre l’atteint également. Il le sait, car il est lucide par rapport à lui-même. C’est la connaissance de cette loi de l’existence qui lui fait prendre la décision de tenter d’eliminer Superman. Car si un être possédant de tels pouvoir est à son tour corrompu, il deviendra necessairement le pire des tyrans.

L’autre personnage de l’histoire animé d’une problématique existentielle est Alexandre Luthor.  Son père est un grand entrepreneur qui a connu la dictature en Allemagne de l’Est. Lui-même en a retenu l’indignité foncière de l’Homme à être soumis à une autorité dictatoriale. Sa problématique donc est prométhéenne : donner à l’humanité le pouvoir de n’être soumise à aucun joug, fusse-t-il divin. C’est pourquoi il perçoit l’arrivée de Superman, l’Homme-Dieu, comme une menace fondamentale, que celui-ci soit bon ou mauvais. Alexander Luthor, sous les traits d’un dangereux psychopate, représente d’une certaine façon l’athéisme des temps modernes (pour des yeux américains). On peut même préciser qu’il est une forme d’incarnation caricaturale de la pensée de Feuerbach ou de Nietzsche. Son projet est de susciter la haine de l’humanité envers les « Dieux » et les « méta-humains », quitte à déclencher artificiellement une guerre avec ces derniers.

Nous avons ensuite la problématique de Superman, l’Homme-Dieu. Celle-ci concerne son lien avec le monde. Est-il ou non du monde ? Doit-il ou non rendre compte de ses actions envers la communauté ? Et s’il n’est pas de ce monde, peut-il inscrire légitimement son action dans celui-ci ? Car, dans le monde, aucune action n’est simple : elle s’inscrit toujours une trame complexe où le caractère moral de ses effets est incertain. Son amour pour Loïs Lane le conduira, à la fin du film, à conclure : « C’est mon monde ! », juste avant de se sacrifier pour celui-ci.

Symboles et images marquantes du film

Les symboles sont nombreux dans ce film, mais faciles à repérer.

La symbolique du démon est bien évidement présente autour du personnage de Batman, avec son costume : masque noir et ses ailes de chauve-souris. Son lien aux ténèbres et aux souterrain renforce cette symbolique. Une symbolique connexe lui est également associée dès les premières secondes du film : celle de la Chute. Sa propre « chute » est celle qui l’a conduit hors de l’innocence de l’enfance lors du meurtre de ses parents et l’a confronté à l’existence du Mal, le conduisant littéralement parlant à tomber dans un trou (une grotte) proche du cimetière.  Il représente, en quelque sorte, l’humanité déchue, expulsée violemment du Paradis (de l’enfance), ne pouvant de ce fait que sombrer toujours plus bas sur le plan moral. Même sa conscience claire de ce processus n’est pas susceptible de le sauver.

Quant à Superman, il est associé à la figure christique. Percu comme le Sauveur, son royaume (son origine) n’est pas de ce monde (il vient de la planète Krypton), mais il finit par aimer le monde au point de se sacrifier pour lui. On notera d’ailleurs, au moment de sa mort, comment le réalisateur à su suggérer une magnifique descente de croix, alllant jusqu’à placer de façon subliminale, en arrière-fond, deux poteaux en forme de croix, signifiant une sorte de Golgotha des temps modernes. À la toute fin du film, sa Résurrection est quant à elle signifiée par les quelques parcelles de la poignée de terre jetées par Loïs Lane sur son cercueil, se mettant soudain à s’affranchir des lois de la pesanteur, une fraction de seconde avant le générique de fin.

A travers le monstre kryptonnien émergeant d’une chrysalide où ont été refondue les cellules du corps du général Zod, nous avons la mise en place de la symbolique du Jugement Dernier et de la Résurrection de la chair.

Enfin, lorsque Alexander Luthor verse son sang sur la créature auquel il donne naissance, nous avons l’image du pacte faustien.

Le message du film

Que veut nous dire ce film a travers cet entrecroisement complexe de thématiques et de symboles chrétiens, dans une intrigue qui est bien souvent difficile à suivre (il m’a fallu le voir trois fois pour être sur de bien l’avoir saisie) ?

À mon sens, il s’agit essentiellement de rejouer une thématique pascale, comme l’indique d’ailleurs la date de la sortie du film, une semaine avant la grande fête chretienne. (Tout comme Deadpool était un film spécialement conçu pour la Saint Valentin).

La confrontation de Batman (l’humanité déchue) avec Superman (le Christ), conduit le premier à retrouver la foi en l’humanité  : « Il y a encore du bon en l’homme », s’ecrit-il dans son costume de démon (suprême ironie du réalisateur, brouillant définitivement les repères moreaux après avoir joué avec eux ?). Quand à Superman, sa Résurrection, esquissée à la toute fin du film, evoque la parole de l’Évangile : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » 

Ce film recatualise donc avec des super-héros une ancienne thématique religieuse de la chrétienté : la rédemption de l’Homme pêcheur par le Sacrifice et la Résurrection du Christ.

Que faire de tout cela ?

Lorsque j’étais anthroposophe, repérer ce genre de symbolique christique était pour moi de la plus haute importance. J’y voyais une confirmation que ces symboles occultes et leur signification ésotérique devaient avoir de l’importance, puisqu’ils étaient réutilisés par l’industrie cinématographique contemporaine. J’y voyais également le signe que ces symboles étaient des clefs ouvrant la perception de pans mysterieux de la réalité où le mystère pascal devaient effectivement se rejouer chaque année, conformément à la doctrine anthroposophique.

Mais loin de constituer une confirmation, ces utilisations d’une symbolique ésotérique chrétienne dans les films de super-heros n’est-elle pas surtout le signe que l’on veut faire perdurer un mode de pensée qui a été celui de l’humanité durant des millénaires, et dans laquelle elle retombe volontiers si on l’y pousse un peu ?

Et quand bien même cette symbolique de l’opposition entre le Bien et le Mal, de la Chute et de la Rédemption, du Péché et de la Grâce, correspondrait effectivement à une problématique réelle dans les profondeurs de l’âme humaine, à quoi servent vraiment ces symboles, pour qui veut vivre sainement et librement sa vie ? Car s’ils permettaient, au meilleur des cas, d’identifier en soi des réalités enfouies loin sous la surface, force est de constater que ces symboles ont une fâcheuse tendance à ne plus désigner qu’eux-mêmes, accaparant et tirant à eux toute l’attention, là où ils auraient dû uniquement permettre, comme les mots, d’identifier des phénomènes. Aussi, vivre sans eux, et surtout refuser leur emprise fascinatoire, semble être ce qu’il y a de mieux à faire.

Publié par : gperra | 2 avril 2016

Oulipop rêvant

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Publié par : gperra | 31 mars 2016

Songe de la Vengeance

Son nid n’est pas le cœur, mais une crevasse du ventre. Son but n’est pas la dignité recouvrée pour soi-même, ni une leçon que la blessure pourrait imposer à l’autre. Car la vengeance n’a rien à faire comprendre à qui que ce soit, ni même de cri de douleur à propulser dans l’air vibrant afin qu’il soit entendu. Lovée dans son ulcère, elle reste muette au fond des entrailles. Son silence est celui des reptiles qui attendent leur éclosion. Son horizon nocturne est sans soleil levant, puisque la vengeance calcule ce qu’elle fait sans songer à équilibrer ses comptes.

Car la vengeance n’a rien d’un projet. Les souffrances qu’elle parvient parfois à infliger et dont elle se régale ne signifient aucuns aboutissements à ses yeux. Car les danses du Soleil et de la Lune n’atteignent pas le monde où elle est descendue.

Quels que soient les mets que lui sert la vie, la vengeance ne les digère pas. Les festins inattendus de ceux qui avaient faim et soif de justice lui sont inconnus. Allergique au gluten comme à la douceur de la pensée, ses sucs gastriques éclaboussent tout ce qui pénètre en elle. À quand remonte cette lésion sans beaume ni remède ? D’où vient ce qui ne peut pas même prétendre à la plaie et ne deviendra pas non plus un jour une cicatrice, puisqu’aucune peau digne de ce nom n’a jamais reçu ces entailles ?

J’ai vu une lionne blessée rugir désespérée face à l’injustice triomphante, tandis que le petit juge dans son hermine synthétique s’enfuyaient par un couloir dérobé pour échapper à la honte de son propre verdict. La vengeance jamais n’aura cette grandeur féline. Car elle obtient ce qu’elle veut au prix du mensonge et de la bassesse, non du combat loyal où s’illustrent les guerriers, même vaincus. C’est pourquoi ses victoires ne seront contées par personne : les cicatrices narrent des histoires interminables que l’on écoute passionnément à la veillée, mais on tait les herpès et on ne leur donne aucun noms !

De quoi veulent-ils au juste se venger, ceux qui ont fait depuis si longtemps de la vengeance le centre de leurs destinées et la structure de toutes leurs réactions ? Sans doute l’ont-ils eux-mêmes oublié, malgré les motifs qu’ils se donnent et dont ils se convainquent, encore et toujours. De quelle acidité faut-il avoir la gorge noyée pour ne point connaître le goût sucré du pardon, dont est pourtant gorgée chaque bouchée de l’existence ?

La rancune rétracte l’âme hors du flot du temps qui guérit les blessures, condamnant à une identité de pierre, interdisant les multiples naissances dont un parcours d’homme se construit. Ainsi, c’est peut-être à lui-même qu’en veut finalement le plus celui qui est resté cramponné à sa vengeance jusqu’à son dernier souffle. Car la haine qu’il n’a jamais su quitter a pris en lui la place et la parole de celui qu’il aurait pu devenir.

Publié par : gperra | 25 février 2016

Valencia

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Publié par : gperra | 27 janvier 2016

Protégé : Photos de mon appartement en 2016

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Publié par : gperra | 16 janvier 2016

31eme Festival du Voyage à Vélo

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Publié par : gperra | 5 janvier 2016

Mon recueil de citations de Lévinas en 2016

Cette année, j’ai choisi l’oeuvre du philosophe Emmanuel Levinas, en particulier son livre majeur intitulé Totalité et Infini. Pourquoi ce choix ?

On connaît généralement Lévinas comme philosophe de l’éthique et du visage. En particulier sa thèse selon laquelle la singularité de chaque visage nous inspire un profond respect, ce qui expliquerait qu’il est parait-il si difficile de tuer quelqu’un en le regardant dans les yeux. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Lévinas est un grand penseur moderne du Moi. Lecteur attentif de Descartes, il avait saisit toute l’importance de ce moment où, après avoir acquis la certitude qu’il existe parce qu’il pense, le Moi découvre qu’il porte en lui une idée dont il ne peut être l’origine : la perfection. Et l’idée même de la perfection ne peut provenir que d’un esprit qui, contrairement à moi, est infini.

Ces considérations peuvent paraître abstraites ou métaphysiques. Et pourtant, c’est dans notre vie personnelle et sociale quotidienne que nous pouvons éprouver concrètement ce problème de la finitude et de son dépassement. Du moins pour ceux qui, un jour, ont pris cette décision irrévocable qu’ils ne passeraient pas leur vie à rester enfermés en eux-mêmes, ou dans un petit monde trop familier, qu’ils veulent évoluer, apprendre, changer en mieux, et son prêts pour cela à faire les efforts nécessaires sur eux-mêmes et dans leurs vies.

Levinas a ainsi réfléchi toute sa vie à un thème qui m’est cher : l’ouverture. La capacité de l’être humain à s’ouvrir à autre chose que lui-même, à « accueillir l’altérité » en lui. Cette altérité, il la nomme « l’Infini ». Nous autres, êtres limités, situés dans la « totalité », pouvons néanmoins nous ouvrir à l’Infini, à ce qui nous dépasse, nous transcende. 

Comment le Moi procède-t-il à cette ouverture ? Par le visage d’autrui, dit Lévinas, mais aussi par le langage, la bonté, la fécondité, la paternité, la justice, etc. Sans doute pourrions nous en ajouter d’autres. A travers toutes ces instances, c’est l’Autre infini qui fait son entrée en nous-même.

Le cœur de ce message philosophique est celui de l’ouverture du Moi, qui peut rester lui-même tout en s’ouvrant à l’autre, à l’Infini, me semblait adapter à cette  année 2016 qui s’avance vers nous, à l’heure même où tant d’événements et de forces œuvrent au contraire au repli sur soi, à la fermeture, nous incitent à fermer nos portes et nos fenêtres, nos cœurs ou nos frontières, quelles qu’elles soient, intérieures ou extérieures…

Ceux qui me connaissent se souviendront sans doute aussi du rôle primordial et libérateur qu’un texte de Lévinas intitulé Difficile Liberté a joué dans ma vie, me permettant de réaliser l’aliénation mentale et l’indignité foncière de l’Anthroposophie, grâce à cette distinction cruciale entre « relation » et « possession ».

Puisse donc l’esprit du propos d’Emmanuel Lévinas s’avérer inspirateur de cette affirmation de soi qui est en même temps dépassement de soi, de cette réalisation de soi-même dans l’ouverture à l’autre sans pourtant se perdre soi-même. 

2016
« Toutes les causes sont mûres pour être entendues. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

2016

« Ce n’est pas le jugement dernier qui importe, mais le jugement de tous les instants dans le temps où l’on juge les vivants. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

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« La paix se produit comme cette aptitude à la parole. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

k2016

« Vivre en commençant dans l’évidence. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

2016

« Toute guerre se sert déjà d’armes qui se retournent contre celui qui les tient. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

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« L’épreuve de force est l’épreuve du réel. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

2016

« La violence ne consiste pas tant à blesser et à anéantir, qu’à interrompre la continuité des personnes, qu’à leur faire jouer des rôles où elles ne se retrouvent plus, à leur faire trahir, non seulement des engagements, mais leur propre substance. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

2016

« Les êtres existent en relation certes, mais à partir de soi et non pas à partir de la totalité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 11

2016

« Un être séparé, fixé dans son identité, le Même, le Moi, contient cependant en soi ce qu’il ne peut ni contenir, ni recevoir par la seule vertu de son identité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 12

2016

« La vraie vie est ailleurs, dit-on. Mais nous sommes au monde ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 21

2016

« Le Désir est désir de l’absolument autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 23

2016

« La liberté consiste à savoir que la liberté est en péril. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 23

2016

« Le moi, ce n’est pas un être qui reste toujours le même, mais l’être dont l’existence consiste à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 25

2016

« L’absolument autre, c’est autrui. Il ne fait pas nombre avec moi. La collectivité où je dis « tu » ou « nous » n’est pas un pluriel de « je ». »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 28

2016

« Absence de patrie commune qui fait de l’autre l’Etranger. L’Etranger qui trouble le chez soi. Mais Etranger veut dire aussi : le libre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 29

2016

« On veut l’ici-bas ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 32

2016

« L’étrangeté d’autrui, son irréductibilité à moi, à mes pensées et à mes possessions, s’accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 33

2016

« Mon orientation vers autrui ne peut perdre l’avidité du regard qu’en se muant en générosité, incapable d’aborder l’autre les mains vides. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 42

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« Ce que je me permets d’exiger de moi-même ne se compare pas à ce que je suis en droit d’exiger d’autrui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 46

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« La séparation indique la possibilité, pour un être humain, de s’installer et d’avoir son destin à lui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 48

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« La vie entre la naissance et la mort n’est ni folie, ni absurdité, ni fuite, ni lâcheté. Elle s’écoule dans une dimension propre où elle a un sens et où peut avoir un sens un triomphe sur la mort. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 49

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« L’âme, la dimension du psychique, accomplissement de la séparation, est naturellement athée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 52

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« Dans l’égoïsme de la jouissance pointe l’ego, source de la volonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 52

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« Le Même ne peut rejoindre l’Autre que dans les aléas et les risques de la recherche de la vérité, au lieu de reposer sur lui en toute sécurité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 54

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« Chercher et obtenir la vérité, c’est être en rapport. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 55

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« Le Désir est une aspiration que le Désirable anime. Il naît à partir de son « objet », il est révélation. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 56

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« La vérité surgit là où un être séparé de l’autre ne s’abîme pas en lui, mais lui parle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 56

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« Le moi doué de vie personnelle se dépasse dans le Désir qui lui vient de la présence de l’autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 57

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« La relation avec autrui, notre maître, rend possible la vérité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 68

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« L’absolument étranger seul peut nous instruire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 68

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« Reconnaître autrui, c’est reconnaître une faim. Reconnaître autrui, c’est donner. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 73

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« La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« Dieu s’élève à sa suprême et ultime présence comme corrélatif de la justice rendue aux hommes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« Rien n’est plus direct que le face à face, lequel est la droiture même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« L’éthique est l’optique spirituelle. La métaphysique se joue dans les rapports éthiques. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« Il faut œuvre de justice pour que se produise la trouée qui mène à Dieu. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 77

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« Accueillir autrui, c’est mettre ma liberté en question. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 84

2016

« Parler suppose une possibilité de rompre et de commencer. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 87

2016

« L’essence de la raison ne consiste pas à assurer à l’homme un fondement et des pouvoirs, mais à le mettre en question et à l’inviter à la justice. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 88

2016

« Le miracle de la création consiste à créer un être moral. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 88

2016

« La relation ne relie pas des termes qui se complètent et qui, par conséquent, se manquent réciproquement, mais des termes qui se suffisent. Cette relation est Désir, vie d’êtres arrivés à la possession de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 106

2016

« La vie est amour de la vie, rapport avec des contenus qui ne sont pas mon être, mais plus chers que mon être. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 115

2016

« Ce qui permet à l’âme de s’élever à la vérité est nourri par la vérité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 117

2016

« Vivre, c’est jouir de la vie. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 118

2016

« Le bonheur est accomplissement : il est dans une âme satisfaite et non pas dans une âme ayant extirpé ses besoins, âme châtrée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 119

2016

« Le corps est la possession même de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 121

2016

« Le domicile, condition de toute propriété, rend la vie intérieure possible. Le moi est de la sorte chez soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 130

2016

« On peut transformer en sport la malédiction du travail. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 141

2016

« Vivre consiste à mordre à pleines dents aux nourritures du monde, à agréer le monde comme richesses, à faire éclater son essence élémentale. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 141

2016

« Dans l’attention, le moi se transcende. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 147

2016

« La véritable position du moi dans le temps consiste à l’interrompre en le scandant par des commencements. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 152

2016

« D’ores et déjà, la vie est aimée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 154

2016

« Le travail peut surmonter l’indigence qu’apporte à l’être non pas le besoin, mais l’incertitude de l’avenir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« L’homme tient entre ses mains le remède de ses maux. Et les remèdes préexistent aux maux. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« Le travail, grâce auquel je vis librement, m’assurant contre l’incertitude de la vie, n’apporte pas à la vie sa dernière signification. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« Il faut donc que, dans l’être séparé, la porte sur l’extérieur soit à la fois ouverte et fermée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 159

2016

« Le mouvement par lequel un être bâtit son chez soi, s’ouvre et s’assure l’intériorité, se constitue dans un mouvement par lequel l’être séparé se recueille. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 168

2016

« La naissance latente du monde se produit à partir de la demeure. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 168

2016

« Être libre, c’est construire un monde où l’on puisse être libre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« La force de la volonté ne se déroule pas comme une force plus puissante que l’obstacle. Elle consiste à aborder l’obstacle non pas en butant contre lui, mais en se donnant toujours une distance à son égard, en apercevant un intervalle entre soi et l’imminence de l’obstacle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« Vouloir, c’est prévenir le danger. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« Le tâtonnement n’est pas une action techniquement imparfaite, mais la condition de toute technique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 181

2016

« La relation avec autrui crève le plafond de la totalité. Elle est foncièrement pacifique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 186

2016

« Aucun visage ne saurait être abordé les mains vides et la maison fermée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 187

2016

« La possibilité pour la maison de s’ouvrir à autrui est aussi essentielle à l’essence de la maison que les portes et les fenêtres closes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 188

2016

« L’ouvrier ne tient pas en main tous les fils de sa propre action. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 191

2016

« Le Désir ne coïncide pas avec un besoin insatisfait, il se place au-delà de la satisfaction et de l’insatisfaction. Chacun peut le vivre dans l’étrange désir d’autrui, qu’aucune volupté ne vient ni couronner, ni clore, ni endormir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 195

2016

« L’idée de l’infini implique une âme capable de contenir plus qu’elle ne peut tirer de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 196

2016

« Être en soi, c’est s’exprimer, c’est-à-dire déjà servir autrui. Le fond de l’expression est la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 200

2016

« Il faut une lumière pour voir la lumière. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 208

2016

« Le monde qui m’envahit quand je m’engage en lui ne peut rien contre la libre pensée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 219

2016

« La présence de l’humanité dans les yeux qui me regardent : ce regard en appelle à ma responsabilité et consacre ma liberté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 228

2016

« La contemplation se mue en admiration, adoration et joie. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 232

2016

« Être nous, ce n’est pas se bousculer ou se côtoyer autour d’une tâche commune. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 233

2016

« Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 236

2016

« Si la volonté peut aspirer d’une façon ou d’une autre à la raison, elle est raison, raison qui se cherche ou qui se fait. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 238

2016

« L’individuel et le personnel sont nécessaires pour que l’Infini puisse se produire comme infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« Dans l’accueil du visage, la volonté s’ouvre à la raison. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« L’introduction du nouveau dans une pensée, voilà l’œuvre même de la raison. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« L’absolument nouveau, c’est autrui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 242

2016

« Seuls les êtres capables de guerre peuvent s’élever à la paix. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 244

2016

« Le guerrier court un risque. Aucune logistique ne garantit la victoire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 245

2016

« Dans la guerre, les adversaires se cherchent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 245

2016

« Pour réussir, le coup doit se porter là où l’adversaire s’est absenté. Pour être paré, il s’agit de se retirer du point où il me touche. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 247

2016

« Toute volonté se sépare de son œuvre. Le mouvement propre de l’acte consiste à aboutir dans l’inconnu, à ne pas pouvoir mesurer toutes ses conséquences. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 250

2016

« Tout l’être du vouloir ne se joue donc pas à l’intérieur de soi. Le vouloir échappe au vouloir. Je ne suis pas entièrement ce que je veux faire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 252

2016

« Quand la volonté triomphe de ses passions, elle ne se manifeste pas seulement comme la passion la plus forte, mais comme au-dessus de toute passion, se déterminant par elle-même, inviolable. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 263

2016

« Par la souffrance, l’être libre cesse d’être libre, mais, non-libre, est encore libre. Cette passivité ultime qui se mue cependant désespérément en acte et en espoir est la patience. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 265

2016

« Dans la patience, la volonté perce la croûte de son égoïsme et déplace le centre de sa gravité hors d’elle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 266

2016

« Les devoirs s’élargissent au fur et à mesure qu’ils s’accomplissent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 273

2016

« Le moi, le centre autour duquel son existence gravite, se confirme dans sa singularité en se vidant de cette gravitation. On appelle cela la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 274

2016

« La terre de la bonté s’étend infinie et inexplorée, nécessitant toutes les ressources d’une présence singulière. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 274

2016

« Proférer « je » signifie posséder une place privilégiée à l’égard des responsabilités pour lesquelles personne ne peut me remplacer et dont personne ne peut me délier. Ne pas pouvoir se dérober, voilà le moi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 275

2016

« La bonté consiste à se poser dans l’être de telle façon que autrui y compte plus que moi-même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 277

2016

« Aimer, c’est craindre pour autrui, porter secours à sa faiblesse. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 286

2016

« Dans le charnel de la tendresse, le corps quitte le statut d’être isolé. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 289

2016

« Le fait que, existant pour autrui, j’existe autrement qu’en existant pour moi est la moralité elle-même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 293

2016

« Rien ne s’éloigne davantage de l’Eros que la possession. Dans la possession d’autrui, je possède autrui en tant qu’il me possède, à la fois esclave et maître. La volupté s’éteindrait dans la possession. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 298

2016

« Mon enfant est un étranger, mais qui n’est pas seulement à moi, car il est moi. C’est moi étranger à soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 299

2016

« L’être infini, c’est-à-dire l’être toujours recommençant et qui ne saurait se passer de subjectivité – car il ne saurait sans elle recommencer – se produit sous les espèces de la fécondité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 300

2016

« Les formes diverses que revêt Protée ne le libérèrent pas de son identité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 301

2016

« Le moi s’élance sans retour, se retrouve le soi d’un autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 304

2016

« Dans la paternité, le désir se maintenant comme désir inassouvissable, c’est-à-dire comme bonté, s’accomplit. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 305

2016

« S’accomplir, pour le Désir, équivaut à engendrer l’être bon, à être bonté de la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 305

2016

« Sous les espèces du Moi, l’être peut se produire comme infiniment recommençant, c’est­ à-dire comme, à proprement parler, infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 306

2016

« On peut certes se demander si la mort n’est pas la transcendance elle-même. Si, parmi les éléments de ce monde, simples avatars où le changement transforme seulement, la mort ne représente pas l’événement exceptionnel d’un devenir de transsubstantiation, qui, sans retourner au néant, assure sa continuité autrement que par la subsistance d’un terme identique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 306

2016

« La lumière, élément de la connaissance, rend nôtre tout ce que nous rencontrons. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 307

2016

« Dans le nouveau qui jaillit de lui, le sujet se reconnaît. Il s’y retrouve, il le maîtrise. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 308

2016

« Le fils n’est pas seulement mon œuvre, comme un poème ou un objet. Il n’est pas non plus ma propriété. Je n’ai pas mon enfant, je suis mon enfant. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 310

2016

« Le fils reprend l’unicité du père et cependant demeure extérieur au père : le fils est fils unique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 311

2016

« Tout amour doit s’approcher de l’amour paternel. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

2016

« Le moi engendré existe à la fois comme unique au monde et comme frère parmi frères. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

2016

« Le moi humain se pose dans la fraternité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

2016

« L’infinition se produit par l’être humain qui ne s’empêtre pas dans l’être, qui peut prendre ses distances à l’égard de l’être, tout en restant lié à l’être. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 313

2016

« La vraie temporalité, celle où le définitif n’est pas définitif, suppose donc la possibilité, non pas de ressaisir tout ce qu’on aurait pu être, mais de ne plus regretter les occasions perdues devant l’infini illimité de l’avenir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Il ne s’agit pas de se complaire dans un je ne sais quel romantisme des possibles, mais d’échapper à l’écrasante responsabilité de l’existence qui vire en destin, de se reprendre à l’aventure de l’existence pour être à l’infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Un être capable d’un autre destin que le sien est un être fécond. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Le souvenir surgi dans chaque instant nouveau ne donne-t-il pas déjà au passé un sens nouveau ? Dans ce sens, mieux que s’accoler au passé, ne le répare-t-il pas déjà ? »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 315

2016

« Actif dans un sens plus fort que l’oubli, lequel ne concerne pas la réalité de l’événement oublié, le pardon agit sur le passé, répète en quelque manière l’événement en le purifiant. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 315

2016

« L’oubli annule les relations avec le passé, alors que le pardon conserve le passé pardonné dans le présent purifié. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« L’être pardonné n’est pas l’être innocent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« Le temps ajoute du nouveau à l’être, de l’absolument nouveau. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« Il faut une rupture de la continuité et continuation à travers la rupture. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 317

2016

« Mort et résurrection constituent le temps. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 317

2016

« L’identité de l’individu ne consiste pas à être pareil à lui-même et à se laisser identifier du dehors par l’index qui le désigne, mais à être soi-même, à s’identifier de l’intérieur. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 321

2016

« Un être libre plonge ses racines dans l’infini d’un Dieu. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 326

2016

« Affirmer que l’Être se joue dans le rapport entre les Hommes ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 333

2016

« Le Désir, plutôt que le besoin, commande des actes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 333

2016

« Dans l’accueil d’autrui, j’accueille le Très Haut, auquel ma liberté se subordonne. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 335

2016

« La liberté ne se justifie pas dans la conscience de la certitude, mais dans une exigence infinie à 1’égard de soi, dans le dépassement de toute bonne conscience. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 440

2016

« Aventure absolue, dans une imprudence primordiale, la bonté est la transcendance même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 444

 

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