Publié par : gperra | 7 janvier 2017

Mon recueil de citations de René Char en 2017

2017

« L’esprit même du château fort

C’est le pont-levis. »

René Char, Le Marteau sans maître, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 9

2017

« A présent je sais vivre. »

René Char, Le Marteau sans maître, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 45

2017

« Commence à croire que la nuit t’attend toujours. »

René Char, Le Marteau sans maître, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 72

2017

« Fais cortège à tes sources, hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance. Effectivement, tu es en retard sur la vie. »

René Char, Le Marteau sans maître, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 80

2017

« Tu as été créé pour des moments peu commun. Modifie-toi. »

René Char, Le Marteau sans maître, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 81

2017

« Veilleur éphémère du monde

A la lisière de la peur

Lance ta révolte valide. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 97

2017

« Ne nous avouons pas vaincu quand, dans l’homme debout, le mal surnage et le bien coule à pic. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 105

2017

« Traverse-nous brûlant

Aquilin breuvage de liberté. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 106

2017

« Toujours restons les obligés de l’inquiétude. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 115

2017

« Qui n’entend que son pas n’admire que sa vue dans l’eau morte de son ombre. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 122

2017

« J’ai lié les unes aux autres mes convictions et agrandi ta Présence. J’ai octroyé un cours nouveau à mes jours en les adossant à cette force spacieuse. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 133

2017

« J’ai congédié la violence qui limitait mon ascendant. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 133

2017

« L’oracle ne me vassalise plus. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 133

2017

« Je t’aime, répète le vent à tout ce qu’il fait vivre. Je t’aime et tu vis en moi. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 137

2017

« Il y a un homme à présent debout, un homme dans un champs de seigle, un champs pareil à un chœur mitraillé, un champs sauvé. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 142

2017

« Malgré la soif de disparaître, je fus prodigue dans l’attente, la foi vaillante. Sans renoncer. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 142

2017

« Chaque plaie met à la fenêtre ses yeux de phénix éveillé. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 145

2017

« Vers ta frontière, ô vie humiliée, je marche maintenant au pas des certitudes, averti que la vérité ne précède pas obligatoirement l’action. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 147

2017

« La rigueur de vivre se rode sans cesse à convoiter l’exil. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 149

2017

« Prends, ma Pensée, la fleur de ma main pénétrable,

Sens s’éveiller l’obscure plantation. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 152

2017

« Voici le sable mort, voici le corps sauvé :

La Femme respire, l’Homme se tient debout. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 153

2017

« Sous l’autorité harmonieuse d’un prodige commun à tous, la destinée particulière s’accomplit jusqu’à la solitude, jusqu’à l’oracle. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 157

2017

« Un mystère nouveau chante dans vos os. Développez votre étrangeté légitime. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 160

2017

« Certaines époques de la condition de l’homme subissent l’assaut glacé d’un mal qui prend appui sur les points les plus déshonorés de la nature humaine. Au centre de cet ouragan, le poète complétera par le refus de soi le sens de son message, puis se joindra au parti de ceux qui, ayant ôté à la souffrance son masque de légitimité, assurent le retour éternel de l’entêté portefaix, passeur de justice. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 168

2017

« L’évasion dans son semblable, avec d’immenses perspectives de poésie, sera peut-être un jour possible. »

René Char, Fureur et mystère, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 169

2017

« Ne t’attarde pas à l’ornière des résultats. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 175

2017

« Toute l’autorité, la tactique et l’ingéniosité ne remplacent pas une parcelle de conviction au service de la vérité. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 177

2017

« L’intelligence avec l’ange, notre primordial souci. Ange, ce qui, à l’intérieur de l’homme, tient à l’écart du compromis religieux, la parole du plus haut silence, la signification qui ne s’évalue pas. Accordeur de poumons qui dore les grappes vitaminées de l’impossible. Connaît le sang, ignore le céleste. Ange : la bougie qui se penche au nord du cœur. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 179

2017

« Épouse et n’épouse pas ta maison. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 183

2017

« L’acte est vierge, même répété. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 186

2017

« Je n’ai pas peur. J’ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l’ennemi et moi. L’affronter horizontalement. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 186

2017

« On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 188

2017

« Agir en primitif et prévoir en stratège. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 192

2017

« L’heure est propice aux métamorphoses. Mettez-la à profit ou allez-vous en. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 193

2017

« Additionnez, ne divisez pas. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 196

2017

« Tu ne peux pas te relire mais tu peux signer. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 198

2017

« On ne taille pas dans sa vie sans se couper. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 202

2017

« Mettre en route l’intelligence sans le secours des cartes d’état-major. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 204

2017

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 216

2017

« Entre le monde de la réalité et moi, il n’y a plus aujourd’hui d’épaisseur triste. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 220

2017

« Il faut beaucoup nous aimer, cette fois encore, respirer plus fort que le poumon du bourreau. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 221

2017

« Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 222

2017

« Le doute se trouve à l’origine de toute grandeur. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 224

2017

« Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 225

2017

« Ô vie, donne, s’il est temps encore, aux vivants un peu de ton bon sens subtil, sans la vanité qui abuse, et par-dessus tout, peut-être, donne leur la certitude que tu n’es pas aussi accidentelle et privée de remords qu’on le dit. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 228

2017

« Vie qui ne peut ni ne veut plier sa voile, vie que les vents ramènent fourbue à la glu du rivage, toujours prête cependant à s’élancer par-dessus l’hébétude, vie de moins en moins garnie, de moins en moins patiente, désigne-moi ma part justifiée dans le destin commun au centre duquel ma singularité fait tache mais retient l’amalgame. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 229

2017

« L’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 230

2017

« Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres,

Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,

Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu. »

René Char, Les loyaux adversaires, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 242

2017

« Dis ce que le feu hésite à dire

Soleil de l’air, clarté qui ose,

Et meurs de l’avoir dit pour tous. »

René Char, Les loyaux adversaires, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 243

2017

« Le chasseur de soi fuit sa maison fragile :

Son gibier le suit, n’ayant plus peur. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 250

2017

« Cet enfant sur ton épaule

Est ta chance et ton fardeau. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 250

2017

« Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 254

2017

« Qu’est-ce qui t’a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre ? Il n’y a pas de siège pur. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 254

2017

« Planté dans le flageolant petit jour, ma ceinture pleine de saisons, je vous attends, ô mes amis qui allez venir. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 255

2017

« Préfère te coucher sans fardeau : tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 254

2017

« Le bonheur est modifié. En aval sont les sources. Tout au-dessus chante la bouche des amants. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 254

2017

« L’homme est un étranger pour l’aurore. Cependant à la poursuite de la vie qui ne peut être encore imaginée, il y a des volontés qui frémissent, des murmures qui vont s’affronter et des enfants sains et saufs qui découvrent. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 258

2017

« Juxtapose à la fatalité la résistance à la fatalité. Tu connaîtras d’étranges hauteurs. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 258

2017

« La graduelle présence du soleil désaltère la tragédie. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 259

2017

« Ô Vous, arc-en-ciel de ce rivage polisseur, approchez le navire de son espérance. Faites que toute fin supposée soit une neuve innocence, un fiévreux en-avant pour ceux qui trébuchent dans la matinale lourdeur. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 259

2017

« Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison. Toutes les pensées de l’amour deviendront ses pensées. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 262

2017

« Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 263

2017

« Tu es dans ton essence constamment poète, constamment au zénith de ton amour, constamment avide de vérité et de justice. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 264

2017

« Pouvoir marcher, sans tromper l’oiseau, du cœur de l’arbre à l’extase du fruit. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 265

2017

« Ne te courbes que pour aimer. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 266

2017

« Ne t’étourdis pas de lendemains. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 268

2017

« Aime riveraine. Dépense ta vérité. L’herbe qui cache l’or de ton amour ne connaîtra jamais le gel. »

René Char, Le poème pulvérisé, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 270

2017

« Rivière au cœur jamais détruit dans ce monde fou de prison,

Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon. »

René Char, La fontaine narrative, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 274

2017

« Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme. »

René Char, La fontaine narrative, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 275

2017

« Adoptés par l’ouvert, poncés jusqu’à l’invisible, nous étions une victoire qui ne prendrais jamais fin. »

René Char, La fontaine narrative, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 275

2017

« L’alouette à peine éclairée scintille et crée le souhait qu’elle chante. »

René Char, Les Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 286

2017

« Qui, mieux qu’un lézard amoureux, peut dire les secrets terrestres ? »

René Char, Les Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 294

2017

« Je suis la première pierre de la volonté de Dieu, le rocher. »

René Char, Les Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 297

2017

« Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n’avoir pas de fruits. »

René Char, Les Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 305

2017

« En ce temps, je souriais au monde et le monde me souriait. »

René Char, Les Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 323

2017

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »

René Char, Rougeur des Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 329

2017

« Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. »

René Char, Rougeur des Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 331

2017

« Se tenir fermement sur terre, et, avec amour, donner le bras à un fruit non accepté de ceux qui vous appuient, édifier ce qu’on croit sa maison, sans le concours de la première pierre qui toujours inconcevablement fera faute. »

René Char, Rougeur des Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 333

2017

« Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des nœuds. »

René Char, Rougeur des Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 333

2017

« Nous sommes des passants appliqués à passer, donc à jeter le trouble, à infliger notre chaleur, à dire notre exubérance. Voilà pourquoi nous intervenons ! Voilà pourquoi nous sommes intempestifs et insolites ! »

René Char, Rougeur des Matinaux, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 334

2017

« Il faut que craque ce qui enserre cette ville où tu te trouves retenue. Vent, vent, vent autour des troncs et sur les chaumes. »

René Char, La Parole en archipel, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 342

2017

« Ce n’est pas simple de resté hissé sur la vague du courage quand on suit du regard quelque oiseau volant au déclin du jour. »

René Char, La Parole en archipel, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 346

2017

« Cette part jamais fixée, en nous sommeillante, d’où jaillira demain le multiple. »

René Char, La Parole en archipel, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 352

2017

« Nous sommes déroutés et sans rêve. Mais il y a toujours une bougie qui danse dans notre main. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 359

2017

« Ne cherche pas les limites de la mer. Tu les détiens. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 360

2017

« Échapper à la honteuse contrainte du choix entre l’obéissance et la démence, esquiver l’abat de la hache sans cesse revenante du despote contre laquelle nous sommes sans moyens de protection, quoique étant aux prises sans trêve, voilà notre rôle, notre destination, et notre dandinement justifié. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 360

2017

« Tout l’embrasement est à réinventer. La vie bousillée est à ressaisir, avec tout le doré du couchant et la promesse de l’éveil, successivement. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 361

2017

« Prends garde, quand tu peux, aux mots que tu écris, malgré leur ferme distance. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 362

2017

« Il la défiait, s’avançait vers son cœur, comme un boxeur ourlé, ailé et puissant, bien au centre de la géométrie attaquante et défensive de ses jambes. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 363

2017

« Certains êtres ont une signification qui nous manque. Qui sont-ils ? Leur secret tient au plus profond du secret de la vie. Ils s’en approchent. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 363

2017

« Celui qui marche sur la terre des pluies n’a rien à redouter de l’épine, dans les lieux finis ou hostiles. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 364

2017

« Toi qui ameutes et qui passes entre l’épanouie et le voltigeur, sois celui pour qui le papillon touche les fleurs du chemin. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 369

2017

« Puisses-tu garder au vent de ta branche tes amis essentiels. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 369

2017

« Soudain l’amour, l’égal de la terreur, d’une main jamais vue arrête l’incendie, redresse le soleil, reconstruit l’Amie. Rien n’annonçait une existence si forte. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 372

2017

« Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – l’air se poudre de pluie, de soleil revenant – je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant. Je vendange le ciel novice. »

René Char, Poèmes des deux années, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 372

2017
« Il n’y a que mon semblable, la compagne ou le compagnon, qui puisse m’éveiller de ma torpeur, déclencher la poésie, me lancer contre les limites du vieux désert afin que j’en triomphe. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 378

2017

« La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tant risquer est heureuse. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 378

2017

« Où l’esprit ne déracine plus mais replante et soigne, je nais. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 381

2017

« Ma toute terre, comme un oiseau changé en fruit dans un arbre éternel, je suis à toi. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 383

2017

« Mon bras ne lance plus mon âme au loin. J’appartiens. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 385

2017

« Je ne suis pas seul parce que je suis abandonné. Je suis seul parce que je suis seul, amande entre les parois de sa closerie. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 386

2017

« Été, rivière, espaces, amants dissimulés, toute une lune d’eau, la fauvette répète : Libre, libre, libre, libre… »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 388

« Puisqu’il nous faut renoncer 2017

A ce qu’on ne peut retenir,

Qui devient autre chose

Contre ou avec le cœur,

L’oublier rondement,

Puis battre les buissons

Pour chercher sans trouver

Ce qui doit nous guérir

De nos maux inconnus

Que nous portons partout. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 391

2017

« Je m’emplirai d’une terre céleste. »

René Char, La bibliothèque est en feu, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 393

2017

« Je sens naître mon souffle nouveau et finir ma douleur. »

René Char, Au-dessus du vent, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 403

2017

« Qu’est-ce qu’un nageur qui ne saurait se glisser entièrement sous les eaux ? »

René Char, Quitter, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 414

2017

« Laissez le grand vent où je tremble

S ‘unir à la terre où je croîs.

Son souffle affile ma vigie. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 423

2017

« Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 446

2017

« Quelques êtres ne sont ni dans la société ni dans une rêverie. Ils appartiennent à un destin isolé, à une espérance inconnue. Leurs actes apparents semblent antérieurs à la première inculpation du temps et à l’insouciance des cieux. L’avenir fond devant leur regard. Ce sont les plus nobles et les plus inquiétants. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 451

2017

« Si l’on ne peut informer l’avenir à l’aide d’une grande bataille, il faut laisser des traces de combat. Les vraies victoires ne se remportent qu’à long terme et front contre la nuit. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 451

2017

« Ineffable rigueur

Qui maintint nos vergers

Dors mais éveille-moi.

Ineffable rigueur

Qui maintint nos vergers

Tour offrir c’est jaillir de toi. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 452

2017

« S’assurer de ses propres murmures et mener l’action jusqu’à son verbe en fleur. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 453

2017

« Ô cœur volontaire,

Coureur qui combats !

Sur le gel qui croît,

Tu es immortel ! »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 455

2017

« Ainsi atteindras-tu au pays lavé et désert de ton défi. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 458

2017

« Alors en toi s’excitera le désir de l’avenir, et chaque barreau de ton échelle inoccupée et tous les traits refoulés de ton essor te porteront, t’élèveront d’un même sentiment joyeux. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 458

2017

« Tu as la densité de la rose qui se fera. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 459

2017

« J’ai vécu dehors, exposé à toutes sortes d’intempéries. L’heure est venue pour moi de rentrer, ô rire d’ardoise ! »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 473

2017

« Ne pas donner à l’oiseau plus d’ailes qu’il n’en peut. »

René Char, Le Nu perdu, Œuvres complètes,

Bibliothèque de la Pléiade, p. 474

2017

« Aujourd’hui est un fauve. Demain verra son bond. »

René Char, Contre une maison sèche, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 479

2017

« N’émonde pas la flamme, n’écourte pas la braise en son printemps. »

René Char, Contre une maison sèche, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 481

2017

« Cœur luisant n’éclaire pas que sa propre nuit. »

René Char, Contre une maison sèche, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 482

2017

« La liberté naît, la nuit, n’importe où, dans un trou de mur, sur le passage des vents glacés. »

René Char, La nuit talismanique, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 490

2017

« Désir, voyageur à l’unique bagage et aux multiples trains. »

René Char, La nuit talismanique, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 494

2017

« Rester honnête même bafoué c’est vivre au plus profond de soi la liberté. »

René Char, La nuit talismanique, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 495

2017

« Signe ce que tu éclaires, non ce que tu assombris. »

René Char, La nuit talismanique, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 495

2017

« Éclats de notre jeunesse, éclats pareils à des lézards chatoyants tirés de leur sommeil anfractueux ; dès lors pressés d’atteindre le voyageur fondamental dont ils demeurent solidaires. »

René Char, La nuit talismanique, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 505

2017

« Art d’ouvrir les sillons et d’y glisser la graine, sous l’agression des vents opposés. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 539

2017

« Vous sentez-vous assez robuste et bien pourvu de souffle diagonal pour parcourir le trajet que la vie vous a assigné dans les steppes sans égales ?

Oui, je m’en sens capable, ayant été ailleurs suffisamment silencieux et combatif. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 540

2017

« Il reste à irriter l’étoile ophidienne où l’archimage dort enroulé. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 545

2017

« Lit le matin, affermit tes desseins. Lit le soir, cajole ton espoir, s’il fuit. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 551

2017

« Sitôt que montera la puissante nuit froide,

Où les yeux perdent tôt la clarté d’utopie,

Parole d’albatros, je l’ensauvagerai. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 558

2017

« Allons de toutes parts,

Le rire dans nos mains,

Jamais isolément. »

René Char, Chants de la Balandrane, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 565

2017

« Je ne suis pas séparé. Je suis parmi. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 587

2017

« Le feu est en toute chose. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 587

2017

« Si le monde est ce vide, eh bien ! Je suis ce plein. »

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 603

2017

« Il était celui-là même qui avait le don de purifier toute question par la teneur juste de sa réponse. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 642

2017

« Pour obtenir un résultat valable de quelque action que ce soit, il est nécessaire de la dépouiller de ses inquiètes apparences, des sortilèges et des légendes que l’imagination lui accorde déjà avant de l’avoir menée, de concert avec l’esprit et les circonstances, à bonne fin, de distinguer la vraie de la fausse ouverture par laquelle on va filer vers le futur. L’observer nue et la proue face au vent. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 645

2017

« La réalité est la moins saisissable des vérités. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 647

2017

« Aucun fardeau ne se soulève sans l’aide du cœur. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 649

2017

« Il ne saurait exister de poète sans appréhension, pas plus qu’il n’existe de poèmes sans provocation. Le poète est la partie de l’homme réfractaire aux projets calculés. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 653

2017

« Mais ce parcours qu’il nous faut suivre, de leurre en leurre, à la recherche de l’être, nous ne pouvons l’éviter d’aucune façon. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 656

2017

« La réalité noble ne se dérobe pas à qui la rencontre pour l’estimer et non pour l’insulter ou la faire prisonnière. »

René Char, Recherche de la tête au sommet, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 665

2017

« Offre ta soumission,

Jamais tes armes. »

René Char, Moulin premier, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 55

2017

« Il faut trembler pour grandir. »

René Char, Placard pour un chemin des écoliers,

Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 69

2017

« A mon tour d’entrer en éruption. »

René Char, Dehors la nuit est gouvernée, Dépendance de l’adieu, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 73

2017

« Je trouve refuge dans une innocence où l’homme qui rêve ne peut vieillir. »

René Char, Envoûtement à la renardière, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 101

2017

« Identique sagesse, toi qui composes l’avenir sans croire au poids qui décourage, qu’il sente s’élancer dans son corps l’électricité du voyage. »

René Char, Médaillon, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 106

2017

« Le loriot entra dans la capitale de l’aube. L’épée de son chant ferma le lit triste. »

René Char, Le Loriot, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 109

2017

« Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 166

2017

« Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 166

2017

« Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 167

2017

« Contrariez les habitudes monotones. Inspirez celles que vous ne voulez pas trop tôt voir mourir. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 170

2017

« Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t’es promis à toi seul. Là est ton contrat. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 174

2017

« Comment vivre sans inconnu devant soi ? »

René Char, Le poème pulvérisé, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 201

2017

« Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains. »

René Char, Les Matinaux, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 264

2017

« Sois heureux, car je m’attache encore à tes préparatifs de traversée ! »

René Char, Les Matinaux, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 267

2017

« Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. »

René Char, Les Matinaux, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 304

2017

« C’est le vent qui décide si les feuilles seront à terre avant les nids. »

René Char, Les Matinaux, Poèmes en archipel,

Éditions Gallimard, p. 309

2017

« Il faut s’établir à l’extérieur de soi, au bord des larmes et dans l’orbite des famines, si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise, qui n’était que pour nous. »

René Char, Au-dessus du vent, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 324

2017

« De mon logis, pierre après pierre, j’endure la démolition. »

René Char, Le Nu perdu, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 336

2017

« C’est le peu qui est réellement tout. Le peu occupe une place immense. Il nous accepte indisponibles. »

René Char, La nuit talismanique, Poèmes en archipel, Éditions Gallimard, p. 349

Publié par : gperra | 31 décembre 2016

Regards vers l’arrière : 2016

Une année qui commence par une sage-femme qui ne sait pas accoucher de sa propre volonté, cela ne manque pas d’humour.

Le voyage était sans doute une nécessité, un pas à franchir, un moyen de grandir, de guérir des blessures récentes, au delà de ce qui aurait été réalisable dans les sentiers trop battus de ma ville et de mon pays.

Cela commence par un séjour de deux semaines à Yecla, en Espagne, où je suis accueilli avec prévenance et sens de la bienvenue. Merci à Marc et ses Mathématiques, Elena et ses Valeurs Éthiques !

Puis Valencia et sa Cité des Sciences, que je retrouve après plusieurs années, mais qui cette fois-ci m’est exclusivement offerte, sans intermédiaire.

Un voyage au Pérou que je prépare jour par jour, centimètres par centimètres, ville par ville, comme on prépare son évasion au sein de la cellule de sa prison.

Un séjour régénérateur près de Chartres, où je reprends pieds dans l’une des batailles de ma vie où je perdais du terrain.

Les stages syndicaux, où ma culture politique laissée en jachère de si nombreuses années est de nouveau un peu cultivée, sans nécessité toutefois de produire de fruits calibrés pour les supermarchés de l’engagement militant.

Et puis le grand voyage ! 

Les bus qui me portent et me balottent d’un bout à l’autre de ce pays lointain, comme on porte un enfant nouveau-né dans ses bras.

Le temple de Pachacamac, et le chemin que faisaient les sacrifiées pour aller jusqu’au temple du soleil, où la mort les attendait,

Huaraz et les montagnes enneigées, ruisselantes de poésie et d’un air qui modifie la substance des rêves en oxygénant le sang,

Trujillo et les vestiges des Chimus, où les sacrifices humains avaient lieu au clair de lune se refletant dans les eaux du lac du palais, 

Le Seigneur de Sipan, enterré prêt à renaître, les cuisses tournées vers le ciel, 

La ville de de Cajamarca où Atahualpa venait prendre ses bains, dans les eaux bouillonnantes jaillissantes du sol volcanique, où moi aussi je me baigne longtemps après lui,

Chachapoyas et les sarcophages à flancs de montagnes, pour que les morts continuent de veiller sur les vallées des vivants, 

Ayacucho et le site de la grande bataille libératrice qui donna naissance à l’Amérique latine, 

Cuzco et sa place d’armes où il est délicieux de voir se coucher l’astre d’or, 

La vallée sacrée, et les vestiges de la civilisation inca, aux agencements de pierres si judicieux, si respectueux des lignes, si uniforme pourtant déjà,

Et puis les brumes matinales enveloppant les montagnes du Machu-Pichu, la cité restée délibérément dans le ciel plutôt que d’avoir voulu descendre sur la terre,

Les eaux bleues du lac Titicaca, près de Puno, flamboyantes de couleur et de lumière, débordantes de l’énergie des rêves et des songes,

Le poste frontière d’un pays socialiste, puis la ville de La Paz et ses musées bohèmes, gorgés de créativité brouillonne et enthousiaste,

Arequipa et sa jeune momie restée témoin d’un périple où le sacrifice reçu avec grandeur fût donné par des meurtriers, dans la petitesse,

Nazca et ses lignes qui n’ont rien d’extra planétaires, mais tracent simplement le chemin, rectiligne ou courbe, du Soi jusqu’à l’Horizon,

Puis le retour à Lima, écrasée de brouillards et de fumées, comme sortie de la géographie des vivants, dans un rêve agité et lourd qui n’en finirait pas.

Le Pérou fut aussi l’expérience intime que ce monde est celui où rien ne demeure, où tout s’use et passe, même l’or, quels que soient nos immenses efforts pour garder nos corps, nos coutumes et nos civilisations.

Le bref retour à Paris puis l’arrivée en Espagne. 

Les luttes pour le logement, que je mène en chef de guerre tranquille et méthodique, moi qui ait si souvent perdues mes maisons dans la douleur, comme si le destin voulait tester le marbre de ma volonté dans ce genre d’épreuves si souvent affrontées et maintenant derrières moi,

La danse qui fait un bond dans ma vie : Lindy Hop, Blues, Balboa, Jazz Step ! Les soirées presque quotidiennes et les jolies danseuses ibériques qui me remercient.

Le running, qui entre régulièrement dans mes semaines.

Le Palais de Justice de Paris, pour une bonne nouvelle me remettant à flot.

Des amis dont les vies changent et qui retrouvent le sentier de leurs existences individuelles.

Les liens de voisinage, renforcés et chaleureux.

C’était 2016 !

Publié par : gperra | 20 décembre 2016

Quelques réflexions sur la Préhistoire…

Je procède par « aphorismes », suite à ma visite du Museo Archeologico Nacional de Madrid, pour coucher sur le papier quelques pensées.

1) L’invention du manche, une révolution intérieure

Cette petite invention n’a l’air de rien pour nous. Elle semble procéder d’une continuité logique dans le développement des outils. Quelle différence entre la pierre taillée que l’on brandit à une ou deux mains pour tailler les chairs ou les branches, et la pierre mise au bout d’un manche pour en faire une hache ? Un monde ! Ou plutôt un nouveau rapport au monde. Car il introduit entre l’objet et mon corps la distance de la pensée. Le mètre qui sépare la main de la pierre taillée qui œuvre directement au contact des choses du monde me sépare également de moi-même. Il me décolle des choses tout en augmentant ma puissance sur elles.

2) Le dessin préhistorique est une perfection

Plus je contemple ces dessins, ces gravures à même les os ou la pierre, plus je me dis qu’ils ne sont pas des esquisses, mais un art à son plus haut degré de perfection. Par une simple ligne, le peintre préhistorique donne à sentir tout les organes qui sont sous la peau de l’animal qu’il dessine, chacun des os, qui saillent ou ne saillent pas, jusqu’à la chaleur de son sang. Tout dire en une seule ligne, quel prodige ! Comme écrire un roman en une seule phrase. 

3) La majesté du crâne homo sapiens

Cette impression n’est pas nouvelle. Je l’ai eu pour la première fois il y a quelques années au Musée de la Préhistoire de la Région parisienne, après m’être plongé dans la contemplation de la série des crânes de notre Préhistoire, jusqu’à l’Homo Sapiens. Quel bond ! Cette rondeur d’oeuf m’epoustouffle ! Si la forme du crâne est une expression de la nature de la pensée qui se loge à l’intérieur (vestige de présupposé anthroposophique ? C’est bien possible, mais je ne vais pas m’arrêter de penser ni de ressentir pour autant), alors cette rondeur qui se clôt sur elle-même est une révolution de la substance pensante. Elle pourrait être le signe d’une pensée qui n’est plus simplement aux prises avec les choses immédiates du monde devant soi, mais qui peut revenir à elle-même, qui ne fait finalement que revenir à elle-même, suivant cette stupéfiante circularité.

4) La pointe de la flèche et l’idée 

J’ai une forte impression de parenté entre ces deux réalités. Et si l’invention de la flèche avait un rapport avec la capacité de concevoir des idées ? 

Publié par : gperra | 6 novembre 2016

Songe d’un Pays

Comment pouvons-nous tant aimer les terres où nous décidons de vivre, au point d’y fonder nos visages et d’y modeler nos langues ?

Est-ce  parce que nos corps chérissent ce qui les nourrit et ce qu’ils respirent au point de s’y confondre, non d’un amour qui serait simple possessivité du ventre et des poumons, mais celui de l’embryon qui croît dans l’existence, puisque l’air et la nourriture ouvrent aussi la porte du coeur ?

Car ceux qui s’établissent en un lieu font bien plus que l’habiter. Ils refondent avec lui le lien premier, reconstituent le cordon de chair qui les alimentait autrefois, et vénèrent cette mère dont ils sentent la présence à l’entour, mais dont le visage se dérobe à leurs regards tant qu’ils ne sont pas encore nés. 

Nous avons pu aimer et nous établir jusqu’à la banquise, jusqu’aux déserts qui nous brulaient, jusqu’aux lacs où l’humidité nous affaiblissait, jusqu’aux montagnes où la rareté de l’oxygène ralentissait le flux de notre sang, aux point de devenir les enfants de ces pays qui ne nous attendaient pas.

Mais pourrons-nous aimer un jour jusqu’aux terres arrides d’autres planètes, jusqu’à d’autres pesanteurs, jusqu’à d’autres diamètres du soleil et d’autres éclats de lune que celle que nous connaissons ? 

Si nos corps peuvent aller plus loin que ce ciel d’un doux bleu tranquille,  ferons-nous de ces lieux lointains sous d’autres étoiles nos demeures, les aimerons-nous comme nous avons pu aimer chaque lande de notre monde, y plongerons-nous le fer de nos âmes pour le mêler à ces métaux inconnus ?

Ouvrirons-nous dans l’espace et le vide des sentiers de vie unissant notre sol à ceux des autres mondes, comme ces chemins de randonnée qui circulent d’un village à l’autre, emplis de nos songes et de nos désirs ?

Pourrons-nous aimer plus loin que ces frontières de toujours et prier sous d’autres cieux, alors même que l’amour et la foi ont toujours épousé les limites de nos mondes ?

Pouvons-nous enfanter encore d’autres pays ?

Publié par : gperra | 3 novembre 2016

Songe de la Lumière

Au commencement, lorsque tous les êtres entrèrent à pas prudents dans le monde, seule la lumière y pénétra nue. Entièrement et parfaitement dénudée, toute sa peau tournée vers l’endroit, sans nul envers dissimulé, comme prête à faire l’amour avec l’Univers entier. Elle refusa le vêtement des corps et la protection de la chair, pour se donner sans aucune réserve ni replis cachés.

C’est pourquoi la lumière est demeurée ce nourrisson trop sensible qui frémit jusqu’au fond de son être à tout effleurement, fusse une aile transparente de libellule bleutée. Langée dans les teintes de l’arc-en-ciel, elle vagit comme elle le faisait au tout premier jour, naissant à chaque trouée de nuages.

                                          ***

Avec leurs chevalets de fortune, leurs palettes usées et leurs pâtes de couleurs difficilement achetées, ils n’étaient pas la lumière, mais des amis de la lumière. Car eux aussi avaient décidé d’être nus, dans leurs poitrines et dans leurs pensées. Ils avaient délaissés les vastes greniers européens où s’entassaient des millénaires de représentations chargées de poussière, les images sacrées aux pesantes dorures d’un métal dérobé sur un autre continent, et des cargaisons de concepts tellement vieillis qu’ils avaient pris un goût de vinaigre dans leurs amphores rescapées du naufrage des idées.

Ils ne chargeaient leurs poches d’aucune croix sanguinolante, d’aucune vierge bienséante parée de rouge et de bleu, ni d’aucun rois-voyageurs aux lourds manteaux brodés. Point n’étaient besoin de leur recommander de ne prendre qu’une seule chemise pour la route, car leur ressources ne leur permettait pas d’en acheter une deuxième.

Mais ils allaient le cœur nu et l’esprit joyeusement pauvre à la rencontre de la forêt, attentifs aux miroitements qui s’évanouissaient entre les feuilles, aux ombres qui glissaient sur les sentiers, aux flamboiements des surfaces sur les montagnes et aux creusements des reflets dans les eaux.

Dans leurs intelligences bien éveillées, ils recueillaient les pièces d’or éparpillées des impressions, non pour les entasser comme le ferait un vieux dragon sournois, mais pour les offrir aux nombreux invités de la fête, comme le ferait un sage magicien à l’anniversaire de son meilleur ami.

Aujourd’hui, nous conservons leurs toiles dans nos musées, leurs croquis démultipliés sur nos emballages de la nouvelle année, leurs couleurs sur les chocolats dont nous aimons nous gaver. Leur pauvreté est devenu la parure bon marché de notre siècle grassouillet.

Et pourtant, par delà toutes nos propriétés, nous demeurons troublés par leur geste inégalé, par leur chevaleresque authenticité, par leur dénuement de mendiants à la recherche de la clarté, qu’ils approchaient pour la penser.

Publié par : gperra | 21 octobre 2016

Petite vidéo sur le combat d’une vie

http://wp.me/p3JzIF-I8

Publié par : gperra | 17 octobre 2016

Face à face

Publié par : gperra | 1 octobre 2016

Songe du Néant

Quand l’Univers cessa à mes yeux d’être un oeuf surgi du désir d’un Dieu ovipare dans le but de faire éclore l’Humanité, et que les étoiles ne furent plus pour moi ces yeux flamboyants de bonté tournés vers nos existences errantes dans les vallées enténèbrées, le Néant vint se placer face à moi, dressé comme un colosse d’acier. De sa bouche sortait un puissant mugissement, assourdissant jusqu’aux derniers psaumes encore blottis dans ma mémoire.

Je compris alors pourquoi ils étaient si nombreux à le fuir, lui et ses questions qui gèlent le sang jusqu’à la volonté ! J’aurais pu moi-aussi me décider à courir, pour aller m’abriter dans les églises, les familles, les armées ou encore dans les plaisirs où sa puissante voix ne me serait plus parvenue qu’atténuée. Et cela m’aurait semblé raisonnable, puisque je savais que rien ne saurait en triompher, et que seuls les refuges de pailles, de briques ou de béton armé pouvaient encore différer quelques temps son avancée.

Pourtant, je décidais de rester. Et je ne maudissais pas la science, qui l’avait fait paraître, comme le font ces faux-prophètes des âges nouveaux dans leurs citadelles aux vitraux colorés. Car jamais je ne mordrai comme eux à pleines dents dans la faiblesse de la chair humaine, pour m’enivrer de répugnante satiété, quand bien même l’insoutenable pénurie de sens me jetterait à terre comme une bête affamée !

Bien au contraire, je le laissais venir à moi, ses pas ébranlant le sol et lézardant un à un les temples de mes pensées. Mais tandis que le Néant s’approchait et que son ombre me couvrait bientôt tout entier, je me disais que si tout devait s’écrouler, je me tiendrais toutefois debout devant lui sans trembler, sans la moindre haine à son égard, sachant reconnaître son visage familier, déjà présent autrefois, lorsque nous apprenions à tailler des pierres et à racler la graisse des peaux des animaux que nous avions tués. Non, je n’ajouterais pas mes propres années à tout ces millénaires passés à le toiser de biais pour ne pas rencontrer son regard !

Je me tenais donc face au Néant. Moi, je n’avais rien à lui répondre, si ce n’est quelques paroles à peine murmurées. Mais je savais que le voir est notre vaillance, notre magnifique et grandiose chevauchée, sans promesse de places attitrées au banquet des dieux guerriers, sans corps momifiés sensés renaître dans l’éternité, sans nirvana où nous pourrions nous prélasser, sans jardin des martyres aux dattes un peu trop sucrées, sans non plus de vierge germanique pour intercéder, mais juste le trésor de notre précieuse intégrité !

Publié par : gperra | 20 septembre 2016

Écoles Steiner-Waldorf : l’avis détaillé de la MIVILUDES

La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

Suite à une demande d’information adressé à la MIVILUDES par un particulier, celle-ci a rendu un avis détaillé sur les résultats de ses recherches concernant les écoles Steiner-Waldorf et la pédagogie qui la sous-tend, liée a l’Anthroposophie de Rudolf Steiner. Cet avis étant utile et nécessaire au débat public sur cette importante question sociale, nous le publions ici. Nous avons pris soin cependant, pour préserver toutes les personnes concernées, d’occulter tout élément permettant d’identifier le destinataire, tout comme l’expéditeur.



Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires



La secrétaire générale

Paris, le 1er juillet 2016 (…)

Monsieur,

Par courriel du 14/12/2015, vous avez appelé l’attention de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) sur la pédagogie Steiner-Waldorf ».

En réponse, je tiens tout d’abord à vous faire connaître que la MIVILUDES n’a pas vocation à définir ce qu’est une secte. Elle…

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Publié par : gperra | 25 août 2016

Le processus de sacralisation des représentations

http://wp.me/p7yAZk-eF

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