Publié par : gperra | 27 janvier 2016

Protégé : Photos de mon appartement en 2016

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Publié par : gperra | 16 janvier 2016

31eme Festival du Voyage à Vélo

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Publié par : gperra | 5 janvier 2016

Mon recueil de citations de Lévinas en 2016

Cette année, j’ai choisi l’oeuvre du philosophe Emmanuel Levinas, en particulier son livre majeur intitulé Totalité et Infini. Pourquoi ce choix ?

On connaît généralement Lévinas comme philosophe de l’éthique et du visage. En particulier sa thèse selon laquelle la singularité de chaque visage nous inspire un profond respect, ce qui expliquerait qu’il est parait-il si difficile de tuer quelqu’un en le regardant dans les yeux. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Lévinas est un grand penseur moderne du Moi. Lecteur attentif de Descartes, il avait saisit toute l’importance de ce moment où, après avoir acquis la certitude qu’il existe parce qu’il pense, le Moi découvre qu’il porte en lui une idée dont il ne peut être l’origine : la perfection. Et l’idée même de la perfection ne peut provenir que d’un esprit qui, contrairement à moi, est infini.

Ces considérations peuvent paraître abstraites ou métaphysiques. Et pourtant, c’est dans notre vie personnelle et sociale quotidienne que nous pouvons éprouver concrètement ce problème de la finitude et de son dépassement. Du moins pour ceux qui, un jour, ont pris cette décision irrévocable qu’ils ne passeraient pas leur vie à rester enfermés en eux-mêmes, ou dans un petit monde trop familier, qu’ils veulent évoluer, apprendre, changer en mieux, et son prêts pour cela à faire les efforts nécessaires sur eux-mêmes et dans leurs vies.

Levinas a ainsi réfléchi toute sa vie à un thème qui m’est cher : l’ouverture. La capacité de l’être humain à s’ouvrir à autre chose que lui-même, à « accueillir l’altérité » en lui. Cette altérité, il la nomme « l’Infini ». Nous autres, êtres limités, situés dans la « totalité », pouvons néanmoins nous ouvrir à l’Infini, à ce qui nous dépasse, nous transcende. 

Comment le Moi procède-t-il à cette ouverture ? Par le visage d’autrui, dit Lévinas, mais aussi par le langage, la bonté, la fécondité, la paternité, la justice, etc. Sans doute pourrions nous en ajouter d’autres. A travers toutes ces instances, c’est l’Autre infini qui fait son entrée en nous-même.

Le cœur de ce message philosophique est celui de l’ouverture du Moi, qui peut rester lui-même tout en s’ouvrant à l’autre, à l’Infini, me semblait adapter à cette  année 2016 qui s’avance vers nous, à l’heure même où tant d’événements et de forces œuvrent au contraire au repli sur soi, à la fermeture, nous incitent à fermer nos portes et nos fenêtres, nos cœurs ou nos frontières, quelles qu’elles soient, intérieures ou extérieures…

Ceux qui me connaissent se souviendront sans doute aussi du rôle primordial et libérateur qu’un texte de Lévinas intitulé Difficile Liberté a joué dans ma vie, me permettant de réaliser l’aliénation mentale et l’indignité foncière de l’Anthroposophie, grâce à cette distinction cruciale entre « relation » et « possession ».

Puisse donc l’esprit du propos d’Emmanuel Lévinas s’avérer inspirateur de cette affirmation de soi qui est en même temps dépassement de soi, de cette réalisation de soi-même dans l’ouverture à l’autre sans pourtant se perdre soi-même. 

2016
« Toutes les causes sont mûres pour être entendues. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

2016

« Ce n’est pas le jugement dernier qui importe, mais le jugement de tous les instants dans le temps où l’on juge les vivants. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

2016

« La paix se produit comme cette aptitude à la parole. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

k2016

« Vivre en commençant dans l’évidence. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 8

2016

« Toute guerre se sert déjà d’armes qui se retournent contre celui qui les tient. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

2016

« L’épreuve de force est l’épreuve du réel. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

2016

« La violence ne consiste pas tant à blesser et à anéantir, qu’à interrompre la continuité des personnes, qu’à leur faire jouer des rôles où elles ne se retrouvent plus, à leur faire trahir, non seulement des engagements, mais leur propre substance. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 9

2016

« Les êtres existent en relation certes, mais à partir de soi et non pas à partir de la totalité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 11

2016

« Un être séparé, fixé dans son identité, le Même, le Moi, contient cependant en soi ce qu’il ne peut ni contenir, ni recevoir par la seule vertu de son identité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 12

2016

« La vraie vie est ailleurs, dit-on. Mais nous sommes au monde ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 21

2016

« Le Désir est désir de l’absolument autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 23

2016

« La liberté consiste à savoir que la liberté est en péril. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 23

2016

« Le moi, ce n’est pas un être qui reste toujours le même, mais l’être dont l’existence consiste à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 25

2016

« L’absolument autre, c’est autrui. Il ne fait pas nombre avec moi. La collectivité où je dis « tu » ou « nous » n’est pas un pluriel de « je ». »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 28

2016

« Absence de patrie commune qui fait de l’autre l’Etranger. L’Etranger qui trouble le chez soi. Mais Etranger veut dire aussi : le libre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 29

2016

« On veut l’ici-bas ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 32

2016

« L’étrangeté d’autrui, son irréductibilité à moi, à mes pensées et à mes possessions, s’accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 33

2016

« Mon orientation vers autrui ne peut perdre l’avidité du regard qu’en se muant en générosité, incapable d’aborder l’autre les mains vides. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 42

2016

« Ce que je me permets d’exiger de moi-même ne se compare pas à ce que je suis en droit d’exiger d’autrui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 46

2016

« La séparation indique la possibilité, pour un être humain, de s’installer et d’avoir son destin à lui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 48

2016

« La vie entre la naissance et la mort n’est ni folie, ni absurdité, ni fuite, ni lâcheté. Elle s’écoule dans une dimension propre où elle a un sens et où peut avoir un sens un triomphe sur la mort. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 49

2016

« L’âme, la dimension du psychique, accomplissement de la séparation, est naturellement athée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 52

2016

« Dans l’égoïsme de la jouissance pointe l’ego, source de la volonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 52

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« Le Même ne peut rejoindre l’Autre que dans les aléas et les risques de la recherche de la vérité, au lieu de reposer sur lui en toute sécurité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 54

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« Chercher et obtenir la vérité, c’est être en rapport. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 55

2016

« Le Désir est une aspiration que le Désirable anime. Il naît à partir de son « objet », il est révélation. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 56

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« La vérité surgit là où un être séparé de l’autre ne s’abîme pas en lui, mais lui parle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 56

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« Le moi doué de vie personnelle se dépasse dans le Désir qui lui vient de la présence de l’autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 57

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« La relation avec autrui, notre maître, rend possible la vérité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 68

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« L’absolument étranger seul peut nous instruire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 68

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« Reconnaître autrui, c’est reconnaître une faim. Reconnaître autrui, c’est donner. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 73

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« La dimension du divin s’ouvre à partir du visage humain. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

2016

« Dieu s’élève à sa suprême et ultime présence comme corrélatif de la justice rendue aux hommes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« Rien n’est plus direct que le face à face, lequel est la droiture même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« L’éthique est l’optique spirituelle. La métaphysique se joue dans les rapports éthiques. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 76

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« Il faut œuvre de justice pour que se produise la trouée qui mène à Dieu. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 77

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« Accueillir autrui, c’est mettre ma liberté en question. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 84

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« Parler suppose une possibilité de rompre et de commencer. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 87

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« L’essence de la raison ne consiste pas à assurer à l’homme un fondement et des pouvoirs, mais à le mettre en question et à l’inviter à la justice. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 88

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« Le miracle de la création consiste à créer un être moral. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 88

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« La relation ne relie pas des termes qui se complètent et qui, par conséquent, se manquent réciproquement, mais des termes qui se suffisent. Cette relation est Désir, vie d’êtres arrivés à la possession de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 106

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« La vie est amour de la vie, rapport avec des contenus qui ne sont pas mon être, mais plus chers que mon être. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 115

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« Ce qui permet à l’âme de s’élever à la vérité est nourri par la vérité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 117

2016

« Vivre, c’est jouir de la vie. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 118

2016

« Le bonheur est accomplissement : il est dans une âme satisfaite et non pas dans une âme ayant extirpé ses besoins, âme châtrée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 119

2016

« Le corps est la possession même de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 121

2016

« Le domicile, condition de toute propriété, rend la vie intérieure possible. Le moi est de la sorte chez soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 130

2016

« On peut transformer en sport la malédiction du travail. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 141

2016

« Vivre consiste à mordre à pleines dents aux nourritures du monde, à agréer le monde comme richesses, à faire éclater son essence élémentale. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 141

2016

« Dans l’attention, le moi se transcende. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 147

2016

« La véritable position du moi dans le temps consiste à l’interrompre en le scandant par des commencements. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 152

2016

« D’ores et déjà, la vie est aimée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 154

2016

« Le travail peut surmonter l’indigence qu’apporte à l’être non pas le besoin, mais l’incertitude de l’avenir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« L’homme tient entre ses mains le remède de ses maux. Et les remèdes préexistent aux maux. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« Le travail, grâce auquel je vis librement, m’assurant contre l’incertitude de la vie, n’apporte pas à la vie sa dernière signification. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 156

2016

« Il faut donc que, dans l’être séparé, la porte sur l’extérieur soit à la fois ouverte et fermée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 159

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« Le mouvement par lequel un être bâtit son chez soi, s’ouvre et s’assure l’intériorité, se constitue dans un mouvement par lequel l’être séparé se recueille. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 168

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« La naissance latente du monde se produit à partir de la demeure. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 168

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« Être libre, c’est construire un monde où l’on puisse être libre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« La force de la volonté ne se déroule pas comme une force plus puissante que l’obstacle. Elle consiste à aborder l’obstacle non pas en butant contre lui, mais en se donnant toujours une distance à son égard, en apercevant un intervalle entre soi et l’imminence de l’obstacle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« Vouloir, c’est prévenir le danger. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 179

2016

« Le tâtonnement n’est pas une action techniquement imparfaite, mais la condition de toute technique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 181

2016

« La relation avec autrui crève le plafond de la totalité. Elle est foncièrement pacifique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 186

2016

« Aucun visage ne saurait être abordé les mains vides et la maison fermée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 187

2016

« La possibilité pour la maison de s’ouvrir à autrui est aussi essentielle à l’essence de la maison que les portes et les fenêtres closes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 188

2016

« L’ouvrier ne tient pas en main tous les fils de sa propre action. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 191

2016

« Le Désir ne coïncide pas avec un besoin insatisfait, il se place au-delà de la satisfaction et de l’insatisfaction. Chacun peut le vivre dans l’étrange désir d’autrui, qu’aucune volupté ne vient ni couronner, ni clore, ni endormir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 195

2016

« L’idée de l’infini implique une âme capable de contenir plus qu’elle ne peut tirer de soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 196

2016

« Être en soi, c’est s’exprimer, c’est-à-dire déjà servir autrui. Le fond de l’expression est la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 200

2016

« Il faut une lumière pour voir la lumière. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 208

2016

« Le monde qui m’envahit quand je m’engage en lui ne peut rien contre la libre pensée. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 219

2016

« La présence de l’humanité dans les yeux qui me regardent : ce regard en appelle à ma responsabilité et consacre ma liberté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 228

2016

« La contemplation se mue en admiration, adoration et joie. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 232

2016

« Être nous, ce n’est pas se bousculer ou se côtoyer autour d’une tâche commune. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 233

2016

« Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 236

2016

« Si la volonté peut aspirer d’une façon ou d’une autre à la raison, elle est raison, raison qui se cherche ou qui se fait. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 238

2016

« L’individuel et le personnel sont nécessaires pour que l’Infini puisse se produire comme infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« Dans l’accueil du visage, la volonté s’ouvre à la raison. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« L’introduction du nouveau dans une pensée, voilà l’œuvre même de la raison. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 241

2016

« L’absolument nouveau, c’est autrui. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 242

2016

« Seuls les êtres capables de guerre peuvent s’élever à la paix. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 244

2016

« Le guerrier court un risque. Aucune logistique ne garantit la victoire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 245

2016

« Dans la guerre, les adversaires se cherchent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 245

2016

« Pour réussir, le coup doit se porter là où l’adversaire s’est absenté. Pour être paré, il s’agit de se retirer du point où il me touche. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 247

2016

« Toute volonté se sépare de son œuvre. Le mouvement propre de l’acte consiste à aboutir dans l’inconnu, à ne pas pouvoir mesurer toutes ses conséquences. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 250

2016

« Tout l’être du vouloir ne se joue donc pas à l’intérieur de soi. Le vouloir échappe au vouloir. Je ne suis pas entièrement ce que je veux faire. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 252

2016

« Quand la volonté triomphe de ses passions, elle ne se manifeste pas seulement comme la passion la plus forte, mais comme au-dessus de toute passion, se déterminant par elle-même, inviolable. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 263

2016

« Par la souffrance, l’être libre cesse d’être libre, mais, non-libre, est encore libre. Cette passivité ultime qui se mue cependant désespérément en acte et en espoir est la patience. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 265

2016

« Dans la patience, la volonté perce la croûte de son égoïsme et déplace le centre de sa gravité hors d’elle. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 266

2016

« Les devoirs s’élargissent au fur et à mesure qu’ils s’accomplissent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 273

2016

« Le moi, le centre autour duquel son existence gravite, se confirme dans sa singularité en se vidant de cette gravitation. On appelle cela la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 274

2016

« La terre de la bonté s’étend infinie et inexplorée, nécessitant toutes les ressources d’une présence singulière. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 274

2016

« Proférer « je » signifie posséder une place privilégiée à l’égard des responsabilités pour lesquelles personne ne peut me remplacer et dont personne ne peut me délier. Ne pas pouvoir se dérober, voilà le moi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 275

2016

« La bonté consiste à se poser dans l’être de telle façon que autrui y compte plus que moi-même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 277

2016

« Aimer, c’est craindre pour autrui, porter secours à sa faiblesse. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 286

2016

« Dans le charnel de la tendresse, le corps quitte le statut d’être isolé. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 289

2016

« Le fait que, existant pour autrui, j’existe autrement qu’en existant pour moi est la moralité elle-même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 293

2016

« Rien ne s’éloigne davantage de l’Eros que la possession. Dans la possession d’autrui, je possède autrui en tant qu’il me possède, à la fois esclave et maître. La volupté s’éteindrait dans la possession. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 298

2016

« Mon enfant est un étranger, mais qui n’est pas seulement à moi, car il est moi. C’est moi étranger à soi. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 299

2016

« L’être infini, c’est-à-dire l’être toujours recommençant et qui ne saurait se passer de subjectivité – car il ne saurait sans elle recommencer – se produit sous les espèces de la fécondité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 300

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« Les formes diverses que revêt Protée ne le libérèrent pas de son identité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 301

2016

« Le moi s’élance sans retour, se retrouve le soi d’un autre. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 304

2016

« Dans la paternité, le désir se maintenant comme désir inassouvissable, c’est-à-dire comme bonté, s’accomplit. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 305

2016

« S’accomplir, pour le Désir, équivaut à engendrer l’être bon, à être bonté de la bonté. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 305

2016

« Sous les espèces du Moi, l’être peut se produire comme infiniment recommençant, c’est­ à-dire comme, à proprement parler, infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 306

2016

« On peut certes se demander si la mort n’est pas la transcendance elle-même. Si, parmi les éléments de ce monde, simples avatars où le changement transforme seulement, la mort ne représente pas l’événement exceptionnel d’un devenir de transsubstantiation, qui, sans retourner au néant, assure sa continuité autrement que par la subsistance d’un terme identique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 306

2016

« La lumière, élément de la connaissance, rend nôtre tout ce que nous rencontrons. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 307

2016

« Dans le nouveau qui jaillit de lui, le sujet se reconnaît. Il s’y retrouve, il le maîtrise. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 308

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« Le fils n’est pas seulement mon œuvre, comme un poème ou un objet. Il n’est pas non plus ma propriété. Je n’ai pas mon enfant, je suis mon enfant. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 310

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« Le fils reprend l’unicité du père et cependant demeure extérieur au père : le fils est fils unique. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 311

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« Tout amour doit s’approcher de l’amour paternel. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

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« Le moi engendré existe à la fois comme unique au monde et comme frère parmi frères. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

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« Le moi humain se pose dans la fraternité. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 312

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« L’infinition se produit par l’être humain qui ne s’empêtre pas dans l’être, qui peut prendre ses distances à l’égard de l’être, tout en restant lié à l’être. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 313

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« La vraie temporalité, celle où le définitif n’est pas définitif, suppose donc la possibilité, non pas de ressaisir tout ce qu’on aurait pu être, mais de ne plus regretter les occasions perdues devant l’infini illimité de l’avenir. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Il ne s’agit pas de se complaire dans un je ne sais quel romantisme des possibles, mais d’échapper à l’écrasante responsabilité de l’existence qui vire en destin, de se reprendre à l’aventure de l’existence pour être à l’infini. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Un être capable d’un autre destin que le sien est un être fécond. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 314

2016

« Le souvenir surgi dans chaque instant nouveau ne donne-t-il pas déjà au passé un sens nouveau ? Dans ce sens, mieux que s’accoler au passé, ne le répare-t-il pas déjà ? »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 315

2016

« Actif dans un sens plus fort que l’oubli, lequel ne concerne pas la réalité de l’événement oublié, le pardon agit sur le passé, répète en quelque manière l’événement en le purifiant. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 315

2016

« L’oubli annule les relations avec le passé, alors que le pardon conserve le passé pardonné dans le présent purifié. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« L’être pardonné n’est pas l’être innocent. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« Le temps ajoute du nouveau à l’être, de l’absolument nouveau. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 316

2016

« Il faut une rupture de la continuité et continuation à travers la rupture. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 317

2016

« Mort et résurrection constituent le temps. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 317

2016

« L’identité de l’individu ne consiste pas à être pareil à lui-même et à se laisser identifier du dehors par l’index qui le désigne, mais à être soi-même, à s’identifier de l’intérieur. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 321

2016

« Un être libre plonge ses racines dans l’infini d’un Dieu. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 326

2016

« Affirmer que l’Être se joue dans le rapport entre les Hommes ! »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 333

2016

« Le Désir, plutôt que le besoin, commande des actes. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 333

2016

« Dans l’accueil d’autrui, j’accueille le Très Haut, auquel ma liberté se subordonne. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 335

2016

« La liberté ne se justifie pas dans la conscience de la certitude, mais dans une exigence infinie à 1’égard de soi, dans le dépassement de toute bonne conscience. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 440

2016

« Aventure absolue, dans une imprudence primordiale, la bonté est la transcendance même. »

Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini, Éditions Le Livre de Poche, p. 444

 

Publié par : gperra | 30 décembre 2015

Regards vers l’arrière : 2015

Il y a des années qu’il faut juste traverser pour passer à autre chose, pour aller en d’autres lieux, comme on traverse une lande désolée avant d’arriver dans un vrai pays. Et pourtant, tout en la laissant derrière soi, ne pas en laisser tomber dans l’oubli les paysages, mais recueillir ce qui peut et doit être recueilli :

Un retour émouvant dans une grotte aux géodes marines scintillantes, pour remonter au commencement de la fin.

Le souvenir de Charb me racontant comment, pour rentrer chez lui, il montait en courant la grande rue en pente de Pontoise, parce qu’il refusait de s’ennuyer à la gravir en marchant. Celui de Tignous, mettant mon vélo dans le coffre de sa voiture après une manifestation de 1995, pour m’éloigner des gaz lacrymogènes qui saturaient les rues. Les dessins de la chronique « Vu à la télé » d’Honoré qui, chaque semaine, me libéraient de la télévision. Wolinski faisant son appararition au journal avec une jeune et plantureuse italienne.

Le jour de l’éclipse, au moment de la disparition de l’unique lumière, quand disparurent aussi, simultanément, l’honneur de ceux qui auraient du s’y tenir.

La dernière image du visage de mon père de son vivant, tentant de se donner bonne figure, pourtant de biais, après nous avoir proposé de nous déshériter, avec pour argument : « Je vous ais payé l’école Steiner ! », tandis qu’à ces mots je partais d’un formidable éclat de rire.

Une sorcière diplômée de Sciences Politiques se demandant où et quand ses sortilèges avaient perdu tous leurs pouvoirs.

Une conversation téléphonique où, à l’autre bout, dans sa cabine, un lâche doit faire face aux conséquences de ses actes et de ses silences.

Une absente dont la présence s’estompe et dont la vraie nature se révèle.

Les nuées de couleurs des tableaux de Vélasquez, au Musée du Prado.

L’étonnement philosophique de l’hymne à la Vie des grottes de Lascaux et de Rouffignac.

La cavalcade du troupeau de bisons des grottes d’Altamira.

Danser le Swing à Vigo et converser en espagnol jusqu’au petit matin, dans un epais nuage de fumée de cigarettes.

Des voleurs recommandés par des fuyards, s’imaginant encore être de nobles fugitifs, quittant les lieux en emportant ce qui m’appartenait, mais laissant derrière eux leur dignité et leur perceuse.

Retrouvez un chez-soi, point de départ pour être avec d’autres.

Faire face, sur Terre, à chaque problème qui se pose, les uns apres les autres, comme Matt Damon sur Mars.

Les liens maintenus et les nouveaux qui s’amorcent.

Se réconcilier avec la puissance du coeur qui désire la vie et qui peut éprouver l’amour, pour devenir sujet.

Apprendre le Lindy Hop, qu’il m’avait fallu accepter de perdre pour le rencontrer vraiment.

Les reflets du soleil, étincelant dans les glaçons flottant dans le café crème d’un troquet de Madrid, tandis qu’une danseuse-juriste rayonne d’élégance ibérique.

Publié par : gperra | 22 décembre 2015

Songe de l’écriture

Celui qui écrit en moi est plus grand que moi. Ma responsabilité n’est pas d’assembler son corps et de lui donner une vie artificielle par le pouvoir de la foudre, mais de ne jamais prendre la plume ni la parole à sa place.

Ma première rédaction, mon premier cahier, mon premier article, ma première nouvelle : m’en souvenir signifie chaque fois assister à mon propre accouchement. Car celui qui naît d’en haut sait qu’il descend de l’écriture.

Elle a taillé mon esprit de jeune homme comme l’athlétisme l’aurait fait de mes muscles. Avec elle, j’ai appris à ciceler en revenant cent fois à l’atelier, jusqu’à obtenir cet éclat de diamant du texte traversé par la limpidité du sens. J’ai su comment inventer le format, comme on défriche et clôture un jardin, pour que croissent et fleurissent les mots dans la symétrie des lignes du labour.

Aussitôt l’écriture survenue, elle m’engageait au cœur du combat. Et pourtant, son temps était déjà celui de la victoire, avant même la fin des hostilités. Car la paix régne dans l’écriture, là où la pensée advient dans sa plénitude.

Peu nombreux sont ceux qui connaissent le vrai pouvoir de l’écriture, plus grand que les postures, que les carrières politiques et que les bandelettes de la personnalité où nous mourrons à nous-mêmes, évidés de nos organes. Elle reste cachée aux yeux du grand nombre, cette splendide écriture où la pensée peut devenir la Loi, située au-delà de tous et pourtant au cœur de chacun.

Car c’est dans l’écriture que se fondent les communautés et les nations ! Et c’est dans l’écriture que nous pourrons renaître, même quand tout aura été perdu. Comment avons-nous pu oublier l’écriture, nous-autres civilisations de l’écrit ?

Ce que j’ai écris, mon être l’a écrit. Et nulle menace ne pourra me faire descendre les mots de la croix où ma dignité s’est accomplie.

Puisse-je à présent réaliser ma propre vie comme une phrase dont la syntaxe est la raison elle-même, racontant cette histoire où le désir se prononce avec force.

Publié par : gperra | 15 décembre 2015

Aux morts du Bataclan

Les Morts marchent tranquillement, parfaitement invisibles, sous la clarté de la Lune, dans le froid hivernal du parc.

Tandis que les hommes de la ville dorment en attendant que revienne le chant matinal des radios, qui les maintiennent dans le flux bavard et frénétique des occupations et des commentaires, eux sentent le hurlement du loup s’emparer de leurs poitrines et vibrer dans leurs gueules, comme une féroce protestation.

D’habitude, leur cri n’est pas fait pour déranger le jour. Mais, depuis quelques temps, ils se demandent pourquoi le monde des Vivants est devenu ce morceau de continent arraché, dérivant pour former une île étourdissante ? Pourquoi le deuil de tous ces corps tombés les uns sur les autres, mêlant leurs sangs sous les lumières crues des projecteurs, n’a pas pu durer une heure entière ? Pourquoi ceux qui ont été traversés de métal n’ont pas un seul instant pu reposer dans l’ombre apaisante qui plonge la salle de spectacle dans l’obscurité à l’issue du drame ? Et pourquoi les paroles de ceux qui les évoquent aujourd’hui ont été si peu en mesure de revenir au fond des gorges et des cœurs, avant de ressurgir au dehors, pour s’y ressourcer au silence intérieur où même l’horreur parvient au sens ?

Que faire, se disent les Morts, sinon devenir ces loups hurlants qui tentent d’avertir les Vivants que leur monde bascule sans qu’ils n’en sachent rien ? Que dire, sinon leur montrer que les bêtes qui s’emparent maintenant de leurs âmes défuntes sont seulement à leur place sous la clarté de la Lune, mais qu’ils ne faut pas que ces animaux assoiffés de sang deviennent les maîtres du monde éclairé ? Car si les Loups montent sur les trônes et hurlent dans l’espace public, là où la parole raisonnée devrait édifier la dignité des consciences et faire entrevoir l’avenir, qui célébrera encore les étoiles ?

Publié par : gperra | 6 octobre 2015

Incarnation du Swing

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Publié par : gperra | 14 septembre 2015

Phases de réflexion féline

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Publié par : gperra | 4 septembre 2015

La puissance des anthroposophes

La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

La plupart des personnes s’intéressant au phénomène sectaire ont tendance à considérer l’Anthroposophie comme un groupe parmi d’autres. Certes, on le compte parmi les grands groupes sectaires, mais on a encore tendance à le traiter au même titre et de la même façon que les autres, c’est-à-dire la Scientologie ou la Soka Gakkai, par exemple. Mais de ce fait, je crois que l’on méconnaît sa puissance et qu’on ne s’oppose pas à elle de manière adéquate. Je veux dire par là que, tant que l’on continue à penser que l’Anthroposophie peut constituer un danger seulement pour les personnes qui deviendraient membres de la Société Anthroposophique, ou de l’une des institutions de ce mouvement, comme les écoles Steiner-Waldorf, on ne perçoit pas la spécificité de l’Anthroposophie et l’influence qu’elle exerce. Car l’Anthroposophie ne constitue pas seulement un danger pour les personnes qui deviendraient adeptes de celle-ci, ou qui tomberaient dans les…

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La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

Ou pourquoi les écoles Steiner-Waldorf ne sont en fait pas une pédagogie !

Sur le site de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, on trouve depuis plusieurs années un article faisant mention de l’existence en Grande-Bretagne de deux écoles Steiner-Waldorf entièrement subventionnées par les subsides du Gouvernement britannique. Le message est clair : les écoles Steiner-Waldorf réclament le droit à être subventionnées intégralement, comme le sont les établissements de l’Education Nationale, au nom de la liberté pédagogique en matière d’éducation. Selon cette argumentation, le fait de payer des impôts devrait ouvrir le droit aux parents d’inscrire leurs enfants dans une école pratiquant la pédagogie de leur choix. Mais, dans les faits, ces beaux principes s’avèrent très problématiques dès lors qu’ils s’appliquent aux écoles Steiner-Waldorf. En effet, pour que des établissements scolaires puissent prétendre à des subventions de la part d’une collectivité, il faut au minimum qu’il s’agisse bien d’un projet…

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