Publié par : gperra | 31 décembre 2016

Regards vers l’arrière : 2016

Une année qui commence par une sage-femme qui ne sait pas accoucher de sa propre volonté, cela ne manque pas d’humour.

Le voyage était sans doute une nécessité, un pas à franchir, un moyen de grandir, de guérir des blessures récentes, au delà de ce qui aurait été réalisable dans les sentiers trop battus de ma ville et de mon pays.

Cela commence par un séjour de deux semaines à Yecla, en Espagne, où je suis accueilli avec prévenance et sens de la bienvenue. Merci à Marc et ses Mathématiques, Elena et ses Valeurs Éthiques !

Puis Valencia et sa Cité des Sciences, que je retrouve après plusieurs années, mais qui cette fois-ci m’est exclusivement offerte, sans intermédiaire.

Un voyage au Pérou que je prépare jour par jour, centimètres par centimètres, ville par ville, comme on prépare son évasion au sein de la cellule de sa prison.

Un séjour régénérateur près de Chartres, où je reprends pieds dans l’une des batailles de ma vie où je perdais du terrain.

Les stages syndicaux, où ma culture politique laissée en jachère de si nombreuses années est de nouveau un peu cultivée, sans nécessité toutefois de produire de fruits calibrés pour les supermarchés de l’engagement militant.

Et puis le grand voyage ! 

Les bus qui me portent et me balottent d’un bout à l’autre de ce pays lointain, comme on porte un enfant nouveau-né dans ses bras.

Le temple de Pachacamac, et le chemin que faisaient les sacrifiées pour aller jusqu’au temple du soleil, où la mort les attendait,

Huaraz et les montagnes enneigées, ruisselantes de poésie et d’un air qui modifie la substance des rêves en oxygénant le sang,

Trujillo et les vestiges des Chimus, où les sacrifices humains avaient lieu au clair de lune se refletant dans les eaux du lac du palais, 

Le Seigneur de Sipan, enterré prêt à renaître, les cuisses tournées vers le ciel, 

La ville de de Cajamarca où Atahualpa venait prendre ses bains, dans les eaux bouillonnantes jaillissantes du sol volcanique, où moi aussi je me baigne longtemps après lui,

Chachapoyas et les sarcophages à flancs de montagnes, pour que les morts continuent de veiller sur les vallées des vivants, 

Ayacucho et le site de la grande bataille libératrice qui donna naissance à l’Amérique latine, 

Cuzco et sa place d’armes où il est délicieux de voir se coucher l’astre d’or, 

La vallée sacrée, et les vestiges de la civilisation inca, aux agencements de pierres si judicieux, si respectueux des lignes, si uniforme pourtant déjà,

Et puis les brumes matinales enveloppant les montagnes du Machu-Pichu, la cité restée délibérément dans le ciel plutôt que d’avoir voulu descendre sur la terre,

Les eaux bleues du lac Titicaca, près de Puno, flamboyantes de couleur et de lumière, débordantes de l’énergie des rêves et des songes,

Le poste frontière d’un pays socialiste, puis la ville de La Paz et ses musées bohèmes, gorgés de créativité brouillonne et enthousiaste,

Arequipa et sa jeune momie restée témoin d’un périple où le sacrifice reçu avec grandeur fût donné par des meurtriers, dans la petitesse,

Nazca et ses lignes qui n’ont rien d’extra planétaires, mais tracent simplement le chemin, rectiligne ou courbe, du Soi jusqu’à l’Horizon,

Puis le retour à Lima, écrasée de brouillards et de fumées, comme sortie de la géographie des vivants, dans un rêve agité et lourd qui n’en finirait pas.

Le Pérou fut aussi l’expérience intime que ce monde est celui où rien ne demeure, où tout s’use et passe, même l’or, quels que soient nos immenses efforts pour garder nos corps, nos coutumes et nos civilisations.

Le bref retour à Paris puis l’arrivée en Espagne. 

Les luttes pour le logement, que je mène en chef de guerre tranquille et méthodique, moi qui ait si souvent perdues mes maisons dans la douleur, comme si le destin voulait tester le marbre de ma volonté dans ce genre d’épreuves si souvent affrontées et maintenant derrières moi,

La danse qui fait un bond dans ma vie : Lindy Hop, Blues, Balboa, Jazz Step ! Les soirées presque quotidiennes et les jolies danseuses ibériques qui me remercient.

Le running, qui entre régulièrement dans mes semaines.

Le Palais de Justice de Paris, pour une bonne nouvelle me remettant à flot.

Des amis dont les vies changent et qui retrouvent le sentier de leurs existences individuelles.

Les liens de voisinage, renforcés et chaleureux.

C’était 2016 !

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