Publié par : gperra | 20 décembre 2016

Quelques réflexions sur la Préhistoire…

Je procède par « aphorismes », suite à ma visite du Museo Archeologico Nacional de Madrid, pour coucher sur le papier quelques pensées.

1) L’invention du manche, une révolution intérieure

Cette petite invention n’a l’air de rien pour nous. Elle semble procéder d’une continuité logique dans le développement des outils. Quelle différence entre la pierre taillée que l’on brandit à une ou deux mains pour tailler les chairs ou les branches, et la pierre mise au bout d’un manche pour en faire une hache ? Un monde ! Ou plutôt un nouveau rapport au monde. Car il introduit entre l’objet et mon corps la distance de la pensée. Le mètre qui sépare la main de la pierre taillée qui œuvre directement au contact des choses du monde me sépare également de moi-même. Il me décolle des choses tout en augmentant ma puissance sur elles.

2) Le dessin préhistorique est une perfection

Plus je contemple ces dessins, ces gravures à même les os ou la pierre, plus je me dis qu’ils ne sont pas des esquisses, mais un art à son plus haut degré de perfection. Par une simple ligne, le peintre préhistorique donne à sentir tout les organes qui sont sous la peau de l’animal qu’il dessine, chacun des os, qui saillent ou ne saillent pas, jusqu’à la chaleur de son sang. Tout dire en une seule ligne, quel prodige ! Comme écrire un roman en une seule phrase. 

3) La majesté du crâne homo sapiens

Cette impression n’est pas nouvelle. Je l’ai eu pour la première fois il y a quelques années au Musée de la Préhistoire de la Région parisienne, après m’être plongé dans la contemplation de la série des crânes de notre Préhistoire, jusqu’à l’Homo Sapiens. Quel bond ! Cette rondeur d’oeuf m’epoustouffle ! Si la forme du crâne est une expression de la nature de la pensée qui se loge à l’intérieur (vestige de présupposé anthroposophique ? C’est bien possible, mais je ne vais pas m’arrêter de penser ni de ressentir pour autant), alors cette rondeur qui se clôt sur elle-même est une révolution de la substance pensante. Elle pourrait être le signe d’une pensée qui n’est plus simplement aux prises avec les choses immédiates du monde devant soi, mais qui peut revenir à elle-même, qui ne fait finalement que revenir à elle-même, suivant cette stupéfiante circularité.

4) La pointe de la flèche et l’idée 

J’ai une forte impression de parenté entre ces deux réalités. Et si l’invention de la flèche avait un rapport avec la capacité de concevoir des idées ? 

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