Publié par : gperra | 31 décembre 2014

Songe du Pardon

Le Pardon ? Peut-être pour parvenir à vivre sans les crochets de la colère que l’offenseur a planté sous les muscles du cœur, et qu’il tire à distance comme un pêcheur ferre son brochet ?

Ou parce que même le manque de respect le plus flagrant, l’immoralité assumée sans honte, peuvent parfois avoir des racines si profondes, chez un être qui se cherche, que l’acte révélera plus tard un tout autre sens ?

Parce qu’il faut aussi parvenir à croire à ce que l’autre nous a révélé de sa vraie nature, quand celle-ci s’avère mauvaise, ou tout simplement petite ?

Parce que ce que nous avons subi est parfois indissociable de ce que nous avons fait, et qu’il n’est pas en notre pouvoir de décider du commencement de la faute, ni à qui elle appartient entièrement ?

Ou parce que la victoire éclatante appartient à la magnanimité, et non à la jouissance de ceux qui comptent les mètres gagnés sur le champs de bataille ?

Parce que la vie sépare et réunit en fonction des affinités profondes, et non des surfaces miroitantes ? Parce qu’elle invente, pour opérer ces coupures, des tragédies plus opérantes que des haches, sans tenir compte de nos fragiles désirs d’assemblages, que nous voudrions pourtant fixer pour l’éternité ?

Parce que la vengeance jamais satisfaite fait toujours payer le prix du passé à  ceux du présent, aveugle à la nouveauté des visages ?

Est-il indifférence aux reflets de métal ? Feu qui s’éteint tranquillement dans la nuit ? Trouée soudaine de lumière dans un ciel couvert ? Continent inconnu contre lequel vient buter la coque du navire qui a définitivement quitté l’ancien monde ? Cicatrice qui se referme à force de soins ? Possibilité de prendre dans ses bras un serpent qui voudrait mordre encore, pour le transformer en colombe par la magie de la compréhension ? Lucidité qui n’attend plus rien, parce que la vue est désormais claire ?

Est-ce la formidable mollesse de se cacher à soi-même ses émotions par confusion de la religion, qui nous évapore ? Ou bien le pardon est-il au contraire au plus près de l’existence, nous obligeant à nous accroupir sur le sol pour y lire ce qui a été écrit à notre sujet ?

Nous apprends-t-il, avec le temps, que rien n’est si grave que nous le croyions ? Ou bien, au contraire, nous enseigne-t-il le véritable poids des souffrances qu’autrui nous a fait endurer ?

Faut-il aller le chercher pour pouvoir le donner ? Ou bien le laisser venir, parce qu’il est en fait déjà là à notre insu ? Que coûte-t-il et qu’apporte-t-il ?

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