Publié par : gperra | 21 décembre 2014

Regards vers l’arriere

Les sentiments, comme des chevaux trop puissants, qui m’ont jette à terre, après m’avoir emporté  loin au-delà de moi-même.

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Les marches, seul, en terres lointaines, dans les rues de villes bruyantes ou dans la forêt au bord d’un fleuve.

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Les murailles de Cartagena et sa belle indigène sculptée, le corps droit et les seins nus, l’être tendu vers les hauteurs, les hanches faites pour enfanter, qu’en France j’avais longtemps contemplé sans connaître sa provenance ni sa signification.

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Une pelouse de printemps, au bord d’un bois, où elle et moi discutons de manière nouvelle, après des mois de séparation, tandis que la promesse d’une floraison bourdonne autour de nous et qu’un petit chien qui découvre l’existence trace ces cercles autour de nos confidences.

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Une langue que j’apprends, chaque jour, et des bribes de poèmes que je savoure intérieurement : l’espagnol et son monde.

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Mon premier cours, assis sur un canapé-lit vieux comme le monde, de métal et de ressorts qui l’apparente à un grille-pain, chargé de souvenirs récents et inavouables, tandis que je tente de me concentrer sur une règle de grammaire.

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Une petite fille métissée que j’aime et que je porte endormie dans mes bras après un jour de fête passé  dans les branches des arbres.

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Le vert d’un arbre rond comme le monde d’un tableau de Botero, au Museo National de Bogota, affirmant la persistance et l’évidence du Paradis.

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L’audace cinématographique de Cloud Atlas, et la pétillante d’une discussion avec une elfe qui décoche ses traits d’esprit aussi vite que le vent.

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Le premier regard fuyant d’une femme vêtue d’une nouvelle robe rouge, splendide, qui me ment, m’aime, ne m’aime plus et me sourit tout à la fois.

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Un rocher au milieu du fleuve qui traverse la Sierra Nevada de Santa Marta : assis dessus, encerclé par le courant, j’écoute ses eaux qui bruissent contre les berges et résonnent intérieurement en moi. L’Évangile de Jean, que je murmure au cours d’eau pour le remercier de sa puissance païenne indomptable, afin que le christianisme apprenne ce qu’une nature encore chargée de magie peut lui dire.

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Une petite fille que je retrouve à l’hôpital avec sa maman.

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Une lettre donc chaque mot est écrit avec mon cœur et pesé par la pensée, pour dénouer l’avenir sans avenir.

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Le récit d’une jeune femme qui a traversé l’Amérique Latine seule en vélo.

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Le sourire d’une vendeuse, entre Popayan et Cali, qui réveille le coeur à la joie comme un café brûlant.

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Une longue histoire qui a trouvé sa fin après l’avoir trop longtemps cherché.

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Un fruit que je n’avais mangé et dont je ne me rappelle plus du nom, savouré près de la statue du fondateur de Cali, le regard tourné vers l’Océan Pacifique, là -bas derrière les montagnes.

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Hugo passant des journées entières à repeindre avec moi mon appartement.

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Elle, entrant en trombes et chantant à tue tête, avec ses filles, pour m’annoncer qu’elle a eu son concours.

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Le goût des « pans de bono ».

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Les multiples éclats de la sagesse perdue des indigènes, qui scintillent au Museo del Oro.

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Les montagnes qui touchent le ciel autour de la Cuidad Perdida et la cascade qui descend le long de leur pente, semblant venir d’ailleurs.

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La décision de partir vivre à l’étranger.

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C’etait 2014.

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