Publié par : gperra | 7 août 2013

Les responsables du procès du 5 avril 2013

La procédure judiciaire qui m’opposait à la Fédération des écoles Steiner Waldorf en France s’est achevé le 4 juin 2013 par une relaxe définitive, il y a aujourd’hui deux mois. Elle avait débuté le 6 octobre 2011, par le dépôt de la plainte de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France auprès du Procureur de la République. Vivre dans la perspective d’un procès et sous le coup d’un mise en examen pendant environ deux ans est une expérience particulière. Elle met en quelque sorte la vie en suspend. L’accusé vit dans l’attente de la date d’un procès qui peut survenir à tout instant. Il n’a pas le droit de quitter le territoire. Il doit se rendre à certaines convocations, où il n’est pas nécessairement ménagé. Parfois, il est fouillé à plusieurs reprises avant d’être rendu dans le bureau du Juge d’Instruction. Les convocations ont la plupart du temps lieu sur ses heures de travail, qui ne lui seront donc pas payées. Il doit également préparer sa défense, avec l’aide de son avocat, ce qui peut lui prendre beaucoup de temps. Il doit pour cela engager des frais, dont certains ne lui seront jamais remboursés, même en cas de victoire. Lorsque son affaire nécessite des témoignages de personnes pouvant confirmer ses allégations, il lui faut parfois être confronté aux faiblesses, aux lâchetés, à l’indifférence ou à l’insouciance de ceux sur lesquels il pensait qu’il pouvait compter, alors même qu’il s’agit pour lui d’une question « de vie ou de mort ». Il doit aussi vivre psychologiquement avec pour horizon une audience où il sait que tout peut se jouer en quelques heures à peine. Il doit se dire que son destin sera alors entre les mains de quelques hommes ou femmes (les juges), dont il doit espérer qu’ils seront doté d’une intelligence et d’un sens de la réalité suffisants. Il peut craindre la malice de ses adversaires et redouter les conséquences du moindre faux pas, surtout quand il connaît par avance la stratégie diabolique choisie par la partie adverse. Il doit gérer au quotidien la tension intérieure qui peut en découler. Tout cela a nécessairement des répercussions sur ses proches et sur son entourage. A la barre, bien que la Justice Française n’aille pas aussi loin sur ce point que les institutions judiciaires d’autres pays, il est quasiment traité comme un coupable tant que sa relaxe n’a pas été prononcée. Être mis en accusation est, toutes proportions gardées, comparable au système du « pilori » que le Moyen-Âge connaissait. Ceux qui intentent un procès à quelqu’un le savent, ou doivent le savoir. Ils ne sauraient ignorer la lourdeur de l’épreuve qu’ils infligent ainsi à leur semblable. Accuser quelqu’un et mettre en branles contre lui la lourde machine judiciaire n’est donc pas seulement une procédure technique, mais un acte moral. Il engage nécessairement au plus profond d’eux-mêmes ceux qui en prennent la responsabilité, ou ceux qui acceptent de s’y associer.

Pour ma part, d’autres éléments venaient s’ajouter à ce processus, connu de chaque accusé. Tout d’abord, je devais vivre avec la conscience de devoir supporter une épreuve judiciaire tandis que je me savais innocent de ce dont on m’accusait, à savoir une quelconque animosité personnelle à l’égard de ceux au sujet desquels j’avais pris la plume. Contrairement à ce que l’on pourrait naïvement s’imaginer, être accusé alors que l’on est innocent n’est pas quelque chose de simple. Certes, ce n’est pas la même chose qu’être accusé alors qu’on a conscience de sa culpabilité. Mais tout ceci est cependant particulier  à vivre : la bonne conscience, devant se justifier, doit s’ancrer dans la vérité d’une manière que la vie quotidienne ne connaît généralement pas. On s’y enracine en quelque sorte. On s’y fonde. On s’y abreuve et on s’y ressource. Quoique cet effort pousse à découvrir une strate de la vie morale d’une grande profondeur et d’une infinie beauté, une telle entrée dans cette dimension de l’existence humaine exige des transformations substantielles de soi. Et cela prend des forces, même si cela en donne également.

En outre, l’accusation qui avait été formulée contre moi mettait en jeu l’ensemble de mon vécu, depuis l’âge de neuf ans, au sein de cette dérive sectaire que sont les écoles Steiner-Waldorf et l’Anthroposophie. C’est pourquoi il m’a été nécessaire de replonger dans ce qui a constitué presque tout le cheminement de ma vie. C’est de cette démarche qu’est issu mon témoignage intitulé Ma vie chez les anthroposophes, paru sur mon blog.

Étant un homme honnête et, contrairement à  ceux qui m’accusaient, capable de m’interroger sur moi-même et me remettre en question, j’ai accepté de me questionner profondément et sincèrement sur les motifs qui m’avaient poussé à rédiger mon témoignage paru sur le site de l’UNADFI. Les motifs conscients, tout comme les motifs inconscients ! Il est très rare au cours d’une vie humaine d’être placé devant la nécessité extérieure de répondre de la cohérence de son existence, ou des choix que l’on a fait. Qui peut généralement répondre des décisions qu’il a prise dans le passé, ni des bifurcations ou des virages de sa destinée ? Cela n’est jamais simple ! Qui peut soutenir toutes les zones d’ombre de son existence révolue ? Le fait de vivre au sein d’un mouvement sectaire m’avait en quelque sorte dépossédé d’une partie de mon libre-arbitre, et donc de la pleine conscience de certains de mes actes. C’est pourquoi la chose n’en devenait que plus complexe. Pourtant, à l’issue de cet examen de conscience, c’est au clair et en parfait accord avec moi-même que j’ai pu soutenir à la barre que ma démarche était le fruit d’une réflexion de nature philosophique commencée à l’occasion des rapports que m’ont commandés la Société Anthroposophique et la Fédération des écoles Steiner-Waldorf. Les étapes de cette démarche sont disponibles ici.

Tandis que la plupart des gens font leurs choix de vie poussés par des motifs inconscients dont il ne peuvent répondre, c’est au contraire la force de la pensée qui avait chez moi été à l’origine de ma conduite. Et c’est précisément ce que ne pouvait concevoir ni imaginer ceux qui m’accusaient ! En effet, quelle est la caractéristique principale de la vie au sein du milieu anthroposophique ? Il s’agit de l’abolition de la pensée ! De son anesthésie progressive. Cette affirmation peut paraître étonnante, puisque l’on trouve beaucoup d’anthroposophes faisant des discours sophistiqués à partir de leur doctrine ésotérique. Mais en réalité, ces gens ne pensent pas. Ils répètent ou combinent des idées de Steiner. Leur conscience est comme hébétée. Leur vie elle-même n’est plus conduite par la raison. Ils ne savent donc plus rien de ce qui peut être une décision consciemment motivée. Eux-mêmes, imprimant à leurs existences des directions tracées en fonction de motifs qui leur sont obscurs, sont nécessairement conduits à nier toute action humaine dirigée en fonction de considérations réfléchies. Souverainement transparentes et totalement pures étaient les raisons qui m’avaient poussés à contacter l’UNADFI et à rédiger mon témoignage. La XVIIème chambre correctionnelle de Paris n’a fait que reconnaître une réalité qui s’imposait avec évidence à toute personne qui savait penser avec droiture.

La Fédération des écoles Steiner-Waldorf a donc été déboutée de sa plainte, après un procès qui a eu lieu le 5 avril 2013 à la XVIIème chambre correctionnelle de Paris, le 24 mai 2013. Elle n’a pas fait appel de ce verdict, qui est donc définitif. Il s’agit d’une grande victoire de la liberté d’expression en France, et une première étape de la prise de conscience sociale qui doit intervenir au sujet de la vraie nature des écoles Steiner-Waldorf et de l’Anthroposophie. Le compte-rendu du procès est disponible ici. Des extraits du jugement sont disponibles . Le lecteur averti pourra y constater qu’il ne s’agit pas simplement d’une victoire du Droit, mais de l’Esprit, ou plus simplement dit d’une victoire pleine de sens et hautement révélatrice, tant sur la forme que sur le fond. Quoiqu’il arrive, elle fera date. Pour les écoles Steiner-Waldorf, il y aura un avant et un après.

Certes, la joie de la victoire du juste est sans prix. Elle irradie de l’intérieur, pour ainsi dire. Mais doit-elle occulter pour autant la responsabilité morale de ceux qui lui ont causé du tort en lui imposant cette procédure ? Je ne le crois pas. C’est pourquoi les responsables doivent être désignés.

La responsabilité morale du procès inique qui m’a été intenté est tout d’abord collective et institutionnelle : parce qu’elle sont compromises depuis leur fondation (lire à ce sujet les directives de Rudolf Steiner commentées ici) dans une logique de dissimulation et de mensonge, les écoles Steiner-Waldorf ne peuvent pas faire autrement que de tenter d’empêcher la manifestation de la vérité dès qu’elle se produit. Il était donc en quelque sorte inévitable que l’on me traîne en justice pour avoir parlé. Mais des responsabilités individuelles peuvent également être pointées : celle de Marie-Céline Gaillard, Présidente de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, mais aussi celle de Henri Dahan, son Délégué Général, et de Jacques Dallé, le responsable de leurs Éditions, sans oublier celles leurs conseillers, notamment Henri Gougeaud et Olivier Cahn qui, d’après une lettre interne de la Fédération envoyée à tous les professeurs des écoles Waldorf de France, auraient fortement aiguillé la Fédération vers la décision qui a été prise. Je ne peux non plus taire la responsabilité de certains certains témoins à charge, comme Danièle Burlotte et Cécile Acremant, qui ont parlé sous serment à la barre et ont prêté main-forte à cette entreprise dirigée contre moi, en dépit de ce que leurs consciences savaient être l’entière vérité. Bien qu’ils soient sans doute pour l’heure incapables de le percevoir, les tourments moreaux consécutifs à leur acte seront peut-être un jour infiniment plus difficiles à supporter que les tracas que les conséquences de leur échec leur imposent désormais (du moins pour ceux qui seront encore accessible à la moralité).

Pour Cécile Acremant, directrice de la crèche d’inspiration Steiner-Waldorf « La petite table ronde » près de Strasbourg, la chose est particulièrement grave en raison du mensonge qu’elle a délibérément prononcé sous serment à la barre, en affirmant que j’aurais imaginé un complot ourdi contre moi par la Fédération, alors qu’elle sait parfaitement que jamais une telle idée saugrenue n’a franchi mes lèvres, ni n’a pris forme dans mon esprit. Ce propos, tenu publiquement, la range désormais parmi les parjures. Et je ne parle même pas du fait de chercher à salir son ancien compagnon par esprit de revanche alors qu’elle n’a jamais eu le courage d’avoir avec lui une explication claire, pour venir dire ensuite la bouche en cœur au juge : « Je l’ai quitté du jour au lendemain, sans explications, après deux ans de vie commune… ». Certes, on sentait bien dans le ton de sa voix et dans la confusion dont elle faisait preuve qu’elle n’avait pas spécialement demandé à être témoin dans ce procès, mais qu’on ne lui  avait sans doute pas vraiment laissé le choix. Je pense même que certains ont du profiter de son instabilité psychique et de son irrépressible besoin d’une reconnaissance que ses parents n’ont jamais su lui accorder. Il fallait la voir exploser d’orgueil lorsqu’elle se joignait au cercle des représentants de la Fédération lors des pauses de l’audience. La pauvre était pourtant si peu crédible que son témoignage ne figure même pas dans les attendus du jugement, alors qu’il s’agissait de la pièce maîtresse avancée par la Fédération. Cécile Acremant devra néanmoins apprendre – si c’est encore possible – à ne pas se laisser manipuler et à agir conformément à sa conscience, en particulier pour des affaires de Justice. De même dans sa vie personnelle, car accepter de participer à un clip, publié sur Youtube, qui n’avait visiblement pas d’autres finalités que de filmer en gros plans certains de ses attributs féminins dans des pauses lascives et suggestives, en dit long sur le caractère influençable de cette personne fragile, comme le montre cette vidéo.

Que dois-je aussi penser du rôle joué au commencement de cette affaire par un individu comme Laurent Fournier, architecte anthroposophe, ancien camarade et professeur de l’école de Verrières-le-Buisson, qui a alerté sans avoir la décence de m’en prévenir la Fédération dès qu’il a eu connaissance de mon article, accomplissant ainsi un acte de délation tandis que nous nous connaissions depuis trente ans, alors même qu’il insistait pour être mon « ami » et disait vouloir discuter en toute franchise avec moi de mes écrits, continuant pendant des mois à dissimuler son acte et commentant même parfois mes écrits de manière flatteuse, croyant que je ne savais pas encore ce qu’il avait fait ? Faut-il avoir perdu tout visage et tout sens de l’honneur pour en arriver là ?

Les anthroposophes dans leur ensemble non plus ne peuvent être complètement dédouanés de ce qui s’est passé. Certes, sans doute par choix plus stratégique qu’éthique, la Société Anthroposophique ne s’est pas associée à la plainte de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France. Bien lui en a pris. Il ne s’agissait pas de démontrer une collusion que précisément mon témoignage dénonçait. Mais qui ne dit mot consent ! A ma connaissance, aucun responsable de cette Société, ni même aucun anthroposophe, n’a élevé publiquement la voix pour dénoncer cette action judiciaire, alors même que nombreux parmi eux étaient ceux qui avaient entre leurs mains les éléments leur permettant de conclure à ma bonne foi, voire à la pertinence de certains de mes propos. En effet, mon article intitulé Le milieu anthroposophique, une animalisation de la vie de la pensée, qui dénonçait depuis avril 2010 l’endoctrinement des élèves à l’Anthroposophie dans les écoles Steiner-Waldorf, n’avait-il pas été mis à disposition des membres de la Société Anthroposophique dans leur bulletin interne ? Fallait-il être totalement stupide pour croire au qualificatif de « pamphlet » utilisé par la Fédération pour discréditer par avance mon témoignage argumenté et précis, ou d’une immense insincérité envers soi-même ? Or le premier principe du respect de la liberté de penser est de permettre à ceux qui pensent différemment de nous de s’exprimer, même lorsque ce qu’ils disent nous déplaît ou nous dérange. A quoi sert donc d’ergoter durant des décennies à propos du concept « d’individualisme éthique », qui est la clef de voûte de la Philosophie de la Liberté de Rudolf Steiner, si c’est pour être incapable de prendre position en son âme et conscience contre l’injustice le moment venu ?

Le fait que soient venues assister à mon procès certaines personnes que l’on peut qualifier « d’hurluberlus de l’anthroposophie », présents à toutes les réunions et s’illustrant par un psychisme particulièrement confus, me donne même à penser que, outre certaines écoles Steiner-Waldorf, la date et le lieu de ce procès ont été divulgués dans certains cercles de la Société Anthroposophique. Probablement lors de l’Assemblée Générale de cette dernière, à l’occasion des questions diverses, où ce genre de choses sont annoncés ordinairement. En effet, lorsque j’étais moi-même anthroposophe, j’ai pu constater qu’à ces occasions, l’on donne à connaître aux membres des événements importants liés au milieu anthroposophique, comme par exemple le procès du Docteur Christophe Dekindt, médecin anthroposophe convoqué devant le Conseil de l’Ordre, il y a quelques années (ce qui a provoqué une affluence massive d’anthroposophes venus le soutenir le jour de l’audience). A cette occasion, les membres sont invités à concentrer en amont de l’événement leurs pensées et leurs méditations pour aider au triomphe des causes anthroposophiques, afin que certaines influences spirituelles agissent sur les juges ou les personnes qui devront statuer. Autrement dit, on demande aux membres de la Société Anthroposophique de constituer un flux de pensées collectives ayant pour but d’exercer une influence occulte sur des volontés humaines non-averties. Certes, tout ceci n’est pas sans faire penser à des pratiques proches de ce que les spiritualistes appellerait de la magie grise, ou noire, puisque la légitimité véritable de ces affaires est bien souvent présentée sous un jour partial, voire fallacieux. Mais le plus grave est selon moi que l’on propose à cette occasion à des personnes dont certaines ont l’esprit dérangé – comme il s’en trouve toujours dans les cercles d’une institution liée à l’occultisme – de prendre fait et cause pour des événements dont ils ignorent les tenants et les aboutissants et dont l’issue leur est présenté comme vitale pour la survie de leur courant spirituel et communautaire, c’est-à-dire ce qui donne sens à leur vie, tandis que leur sont désignés des ennemis présentés comme des gens « possédés par des forces adverses ». Aussi, rien d’étonnant à ce qu’il se soit trouvés des adeptes qui, sans intelligence ni dignité, ont relayé des propos ou des rumeurs infâmes à mon encontre, allant parfois pour certains jusqu’à m’envoyer des messages d’insultes impliquant aussi mes proches. Le fait qu’ils aient été manipulés par un milieu sans scrupule ne les excusera pas. Dans ce genre d’affaires, les représentants des institutions liés au mouvement anthroposophique et ceux des écoles Steiner-Waldorf devraient avoir l’intelligence de se dire qu’ils jouent avec le feu et que leur responsabilité pourrait être engagée si les choses dégénéraient.

Enfin, ce qui m’apparaît surtout au sortir de cette épreuve est la dangerosité des écoles Steiner-Waldorf. Une dangerosité que je n’avais visiblement pas sondé suffisamment profondément lorsque j’avais rédigé mon témoignage. En effet, que les institutions représentatives de cette « pédagogie » cherchent à faire taire l’expression sincère des expériences négatives de ceux qui sont passés par leurs « écoles » est très grave ! Cela constitue une volonté de mettre une chape de plomb sur un vécu déjà difficile et compliqué à démêler. Je connais des êtres fragiles – et fragilisés par ce que leur scolarité Steiner-Waldorf leur a fait subir – qu’une telle épreuve aurait pu conduire au suicide. Car il est infiniment douloureux de se voir interdire l’expression et la reconnaissance de ce que l’on a eu à supporter dans son enfance et son adolescence. Pour ma part, la rédaction de ce témoignage n’était pas seulement un devoir civique, mais une nécessité intérieure qui a demandé des années de maturation avant de pouvoir s’accomplir. Ceux qui souhaitent exprimer tout le bien qu’ils pensent de leur scolarité au sein des écoles Steiner-Waldorf peuvent le faire sans encourir de procès. Et lorsque, mandatée par la Fédération, une enseignante soucieuse de sa promotion et très proche de ses anciens élèves, comme Véronique Dupérier, sollicite ses « amis » et ses « connaissances », via Facebook ou autres réseaux sociaux, pour obtenir des monceaux de propos dithyrambiques afin de les verser au dossier de l’accusation,  nul ne cherchera à s’opposer à son entreprise. Pourquoi les anciens élèves qui, comme moi, souhaitent dire honnêtement ce que leur scolarité a aussi comporté de très problématique n’auraient pas le droit de le faire, eux-aussi ?! Or je ne suis pas seul, loin s’en faut, à devoir exprimer des reproches au sujet de ma scolarité Steiner-Waldorf. Par ma relaxe, la voie est désormais également ouverte à ceux qui voudront le faire sans crainte.

Que ce procès fut une erreur tant stratégique que éthique est maintenant une évidence. Celle-ci aurait pu s’imposer aux esprits des dirigeants de la Fédération, s’ils avaient eu un peu plus le sens des réalités et davantage de sens moral. Et surtout s’ils n’avaient pas été comme envoûtés par ce qu’ils croyaient être des renseignements de première main leur permettant de remporter infailliblement la victoire, alors qu’ils auraient du savoir au fond de leurs cœurs que rien ne pouvait reposer sur de tels fondements, profondément viciés dès le départ. La nature même des personnes qui venaient les leur offrir comme sur un plateau d’argent – ou qu’ils sont allé solliciter – aurait du les alerter, si une part d’eux-mêmes n’avaient pas été semblable à ces êtres.

Mais toute chose à un sens. Ce procès également. S’il a eu lieu, c’est qu’il devait se tenir. Parfois, ce sens ne se perçoit pas dans les causes et les motivations d’un événement, mais dans ses effets. Les motivations de ce procès étaient honteuses. Mais son effet est d’une part qu’il a rendu ma parole légitime de façon désormais incontestable, et d’autre part qu’il a renforcé ma détermination à témoigner au sujet des écoles Steiner-Waldorf à un point que je n’aurais pas imaginé moi-même au moment où je rédigeais mon témoignage, jusqu’à ce que la société prenne ses responsabilités à ce sujet. De plus, ce n’est pas seulement ma détermination qui a été ainsi renforcée par l’acte inauguré par la Fédération, mais celle de nombreux autres acteurs, dont les voix se feront entendre en temps voulu.

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Responses

  1. Clair net et sans appel , mais quel combat truffé d’embûches de chausses trappes, et de traquenards pervers ! Tu l’as gagné Grégoire et ce n’était pas gagné d’avance, loin de là ! Ton armure est désormais plus souple et plus dure. Bravo

  2. A reblogué ceci sur La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf.


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