Publié par : gperra | 30 juillet 2013

Etre recruté par une école ou un jardin d’enfants Steiner-Wadorf

Être recruté par une école ou un jardin d’enfants Steiner-Wadorf

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A l’approche de la rentrée, nombreuses sont les personnes qui prennent la peine de me contacter pour solliciter mon avis au sujet de leur possible recrutement par une école ou un jardin d’enfant Steiner-Waldorf. En effet, on trouve depuis quelques temps sur les sites des écoles et sur celui de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf un certain nombre de petites annonces qui montrent que des besoins importants de personnels se font sentir dans les institutions pratiquant cette soit-disant pédagogie.

Il faut savoir en effet que bon nombre de professeurs qui ont été les pionniers de ce mouvement en France prennent depuis quelques années leur retraite. Certains peinent même à partir, les écoles n’étant pas parvenu à anticiper leurs remplacements.

On pourrait s’imaginer que l’importance des effectifs s’engageant dans les formations pédagogiques dispensées par l’Institut Rudolf Steiner de Chatou (qui propose désormais une formation sur trois ans) ou Didascali aurait assuré une relève. Mais la réalité est que finalement très peu d’étudiants ayant effectué ces « formations » s’engagent ensuite au sein d’une institution Steiner-Waldorf. Bien souvent, seuls les professeurs déjà en poste au moment où ils effectuent la « formation » travailleront dans ces institutions, pour des raisons diverses et variées. Par exemple, ce jeune étudiant de la formation de l’Institut Rudolf Steiner qui m’écrivait dernièrement qu’après trois ans de formation, il avait décidé courageusement d’enseigner le tango argentin plutôt que d’accepter, selon ses propres termes, le « sacerdoce » de professeur Steiner-Waldorf. Bien lui en a sans doute pris car, ayant exposé des idées plutôt novatrices dans son mémoire, il n’aurait probablement jamais été accepté dans aucune école. Voulant garder en bonne estime ces écoles et l’anthroposophie, dont il est devenu très proche, il était nécessaire qu’il ne les fréquentent pas de trop près.

Il y a donc actuellement dans les écoles Steiner-Waldorf une importante crise du recrutement. L’ambiance de travail au sein de ces institutions, dont je témoigne dans la dernière section mon article paru sur le site de l’UNADFI, y est sans doute également pour quelque chose.

Voici donc, exposés de manière synthétique, les conseils que je peux donner à ceux qui me questionnent à ce sujet et qui hésitent à répondre aux sollicitations qu’ils ou elles ont reçues des institutions Steiner-Waldorf :

1) Si vous n’êtes pas anthroposophe ou ne souhaitez pas le devenir, vous ne pouvez pas travailler dans une école ou dans un jardin d’enfant Steiner-Waldorf. Si ces institutions étaient honnêtes, elles ne devraient d’ailleurs pas recruter en dehors des cercles de l’anthroposophie. Être anthroposophe signifie croire (notamment) à la réincarnation, au karma, au fait que le Christ est descendu du Soleil, que ce sont les Gnomes qui font pousser les plantes, que Mars est une planète liquide sur laquelle le Bouddha s’est réincarné, que les dinosaures étaient des dragons crachant du feu et surtout que Steiner était un médium qui a reçu directement des Dieux les principes de sa pédagogie.

2) Travailler dans ces écoles signifiera adhérer à des pratiques pédagogiques qui sont en fait des rituels religieux. Par exemple, le simple fait de mettre les enfants en cercle signifie, pour les pédagogues anthroposophes, former un « calice » pour les forces spirituelles. Pour ne pas avoir été avertie de cette réalité au moment de son embauche, une enseignante américaine a dernièrement démissionné en dénonçant le caractère religieux de son institution.

3) En outre, pour travailler dans une telle école, vous devez être prêt à effectuer (au minimum) l’équivalent d’un mi-temps bénévole en plus de votre temps de travail rémunéré, y compris les week-end et pendant les vacances, pour assister à des réunions dont le contenu n’est pas toujours (c’est un euphémisme) pédagogique, mais peut consister à assimiler la doctrine du Maître. Le temps de réunions bénévoles est d’environ 6 heures par semaine, au minimum. Ces réunions sont présentées comme facultatives les deux premières années, mais deviennent absolument obligatoires dès la troisième année et ne sont bien évidement jamais rémunérées.

4) Vous devez également accepter une faible rémunération. Dans certaines écoles sous contrats, une jardinière d’enfant ou un professeur Steiner-Waldorf gagne 1200 Euros nets mensuels, mais souvent moins. Et cela peut tomber jusqu’à des sommes dérisoires pour les écoles hors-contrats, où les professeurs ne perçoivent pas systématiquement leur salaire mensuel.

En ce qui concerne spécifiquement le recrutement dans les jardins d’enfants Steiner-Waldorf, vous devez êtres prêt aussi à :

1) Ne pas avoir d’accompagnant et être seule avec une vingtaine d’enfants toute la journée.

2) Faire beaucoup de méditations anthroposophiques sur les élèves.

3) Si vous avez déjà enseigné dans une structure traditionnelle, vous devrez renoncer à tout ce que vous avez eu l’habitude d’enseigner (ces jardins d’enfants ont un corpus spécifique de chansons et de comptines auquel vous devrez strictement vous tenir).

4) Vous ne devrez en aucun cas faire faire des apprentissages aux enfants (même leur apprendre à écrire leur prénom est interdit, ou en tout cas contraire aux principes de la pédagogie Steiner-Waldorf).

5) Les groupes d’enfants sont mélangés, donc de trois à six ans et ont souvent un comportement insupportable à partir de la fin de la deuxième année, ne supportant plus d’être traités comme des « bébés » par leurs jardinières.

6 ) Il vous sera demandé de faire la formation pédagogique (à vos frais, au moins pour moitié).

7) De manière générale, il ne sera pas question de « compromis ». Vous devrez obéir à tout ce qu’on vous demandera de faire, sans discuter. Les pédagogues anthroposophes sont persuadés d’avoir la meilleure méthode qui soit, et celle-ci n’est pas susceptible de compromis, ni d’adaptations, ni d’évolutions. Et ce, d’autant plus au Jardin d’Enfants, qui est l’apanage de cette « pédagogie ». Rares sont d’ailleurs les jardins d’enfants sous contrat avec l’E.N.

Ces éléments ne seront dit que progressivement par les personnes qui recrutent (l’entière réalité n’est divulguée au nouveaux professeurs que sur deux à trois ans). Si vous êtes en accord avec tout cela, alors aucun obstacle ne s’oppose à ce que vous vous engagiez en tant que professeur dans une école ou comme jardinière dans un jardin d’enfant Steiner-Waldorf. Tout ces éléments, dits ici rapidement de façon synthétique, sont exposés en détail sur mon blog à travers mes différents articles, ou sur le site Waldorf Watch de Roger Rawlings, si vous pouvez lire l’anglais.

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Responses

  1. A reblogué ceci sur La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf.


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