Publié par : gperra | 7 juillet 2013

Quelques exemples de sujets de société dans un lycée Steiner-Waldorf

 Quelques exemples de sujets de société dans un lycée Steiner-Waldorf

*

*

*

*

Dans les lycées ordinaires, les cours d’instruction civique sont l’occasion d’aborder avec les élèves des sujets de société, à partir d’une documentation conséquente, de soulever des questions qui pourront faire l’objet de débats avec les élèves, etc. Dans ce cadre, le professeur n’a pas tant pour fonction d’apporter des réponses toutes faites que de stimuler une réflexion et d’ouvrir les esprits. Mais dans un lycée Steiner-Waldorf, il n’y a pas de cours d’instruction civique. Comme ceux-ci sont obligatoires, ils sont inscrits à l’emploi du temps, souvent sous l’appellation « d’heures de vie de classe », mais dans les faits ces temps servent surtout à la préparation des fêtes religieuses de l’école. Il n’y est bien sûr pas question d’élire des délégués de classe, dont la fonction est normalement d’assister aux « conseils de classes » pour y représenter les élèves : les pédagogues anthroposophes tiennent à rester tout-puissants dans ce domaine et n’ont au fond que mépris pour les processus de désignations démocratiques, que ceux-ci se produisent au sein de l’institution scolaire ou dans la société. Comment donc sont abordés dans les écoles Steiner-Waldorf les grands sujets de société qui parfois secouent l’opinion publique ? Je voudrais en donner ici un exemple à travers mon vécu d’ancien élève.

A la fin des années 80 sont en effet apparus certains débats publics importants, dont nous avons encore des échos aujourd’hui : la procréation médicalement assistée (ou les « bébés-éprouvettes »), l’épidémie du SIDA, l’Euthanasie, les attentats, la contraception, etc. Pendant les cours, l’un de nos professeurs, qui avait en charge la moitié des matières que nous suivions, comme l’Histoire-Géographie, la Littérature, la Biologie et le Théâtre, se prononçait sur chacune de ces questions, sans ouvrir de débats, mais en raccrochant ses propos artificiellement aux cours que nous étions en train de suivre. Voici quelques exemples des propos qu’il nous tenait :

– Au sujet du premier « bébé-éprouvette », à savoir la petite Amandine, un exploit médical qui venait d’être réalisé par une équipe de médecins français, notre professeur Steiner-Waldorf nous expliqua qu’il était terrifié que l’on puisse donner ainsi naissance à un enfant sans passer par la chaleur des rapports sexuels. Il rattachait cet événement à un passage du Faust de Goethe où Méphistophélès aide à la création d’Homunculus, un homme artificiel vivant dans une petite sphère de cristal. Pour lui, c’était une prophétie montrant que les « bébés-éprouvettes » seraient l’œuvre du diable. Il étayait son propos en expliquant que lorsqu’une âme s’incarne ainsi dans un milieu médical aseptisé, elle ne peut qu’être marquée par la froideur de l’esprit « ahrimanien », allant jusqu’à sous-entendre que de tels enfants ne seraient pas vraiment humains. Pas un mot n’était prononcé sur la douleur des familles qui ne pouvaient pas avoir d’enfants.

– Au sujet du débat sur l’Euthanasie, qui faisait rage en France, suite à la nomination et à la démission éclairs du professeur Schwarzenberg d’un poste de Ministre après qu’il se soit prononcé en faveur de cette pratique, notre professeur nous expliqua que les Hommes devaient apprendre à reconnaître et à accepter l’heure cosmique de leur décès, qu’il ne fallait donc en aucun cas intervenir médicalement dans ce processus. Là encore, pas un mot sur les souffrances d’un malade en phase terminale.

– Au sujet du SIDA, dont l’épidémie battait son plein et décimait certaines populations, notre professeur Steiner-Waldorf nous expliqua que cette maladie avait probablement passé du singe à l’Homme, qu’elle était sans doute une réponse du monde spirituel à l’invention de la pilule contraceptive, laquelle avait débridé la sexualité dans les décennies précédentes en risquant de rabaisser l’être humain au rang de la bête. Il nous dit même clairement qu’il souhaitait qu’on ne trouve jamais de vaccin contre le SIDA, afin que cette maladie infectieuse puisse continuer d’opérer son action bienfaitrice sur notre civilisation.

– Au sujet de la contraception, notre professeur aborda cette question lors d’un cours d’anatomie, en « 12ème classe », expliquant que la pilule contraceptive était une calamité qui, artificiellement, déconnectait la femme du rythme cosmique lunaire auquel son organisme devait rester associé. Il recommandait plutôt aux garçons de prendre un bain bouillant juste avant leurs rapports sexuels, afin que la chaleur communiquée ainsi aux testicules inhibe les spermatozoïdes qui s’y trouvaient. Pendant de nombreuses récréations, nous avons plaisanté au sujet de cette remarque en imaginant la scène où un homme devait interrompre l’acte sexuel en cours afin de se faire couler un bain chaud, puis y rester une bonne demi-heure en hurlant de douleur avant de revenir faire l’amour à sa compagne.

– Enfin, au sujet des attentats, dont certains venaient d’avoir lieu à Paris, notre professeur nous expliqua que l’Islam était une religion rétrograde dont tout le problème était qu’elle n’était pas parvenue à reconnaître l’entité christique, ce qui expliquait que les islamistes soient capables d’actes aussi ignobles.

Ainsi, sur tous les sujets d’actualité brûlants, nous étions imprégnés d’idées anthroposophiques délirantes et franchement réactionnaires, dont je devais mettre des années à me défaire. Mais il ne faudrait pas croire qu’il s’agit là du cas isolé d’un professeur ayant exercé il y a une trentaine d’années. En effet, ce genre de propos est caractéristique des professeurs Steiner-Waldorf. Ainsi, en 2005, lorsque j’étais moi-même enseignant dans une école Steiner-Waldorf, j’ai suivi la « semaine thématique sur Faust » donnée par une enseignante encore en activité. Celle-ci y développa notamment le propos selon lequel toutes les créations musicales modernes étaient étroitement associées aux drogues. Ainsi, précisait-elle, l’essor de la musique synthétique va de paire avec celle des drogues synthétiques.

Nous voyons donc quel genre de propos consistant à condamner et diaboliser systématiquement la modernité peuvent être tenus par des pédagogues anthroposophes, conformément à leurs idées ésotériques réactionnaires et délirantes issues de la Théosophie de Blavatsky et de Rudolf Steiner.

Advertisements

Responses

  1. A reblogué ceci sur La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :