Publié par : gperra | 6 avril 2013

Eléments d’anthologie d’un procès

Éléments d’anthologie d’un procès

 

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Ou comment l’Anthroposophie vire publiquement à la Comédie

 

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Ce texte constitue mon compte-rendu personnel (et donc nécessairement subjectif, quoique réalisé dans un soucis d’exactitude) du procès qui s’est tenu à la XVIIème chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, le 5 avril 2013. Le jugement de ce procès a été rendu le 24 mai 2013 et, dix jours plus tard, la relaxe définitive était actée, la Fédération des écoles Steiner-Waldorf et leur avocat, Maître Olivier Baratelli, ayant décidé de ne pas faire appel de cette décision. Ce compte-rendu a été réalisé à partir de mes souvenirs et ne prétend pas retranscrire l’intégralité des débats, mais esquisser une ambiance, une tonalité, telle que j’ai pu la percevoir. Il révèle surtout dans quel état de confusion mentale sont venus témoigner les prétendus témoins à charge.

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Il est 12h30. Avec ma compagne, nous déjeunons rapidement dans un restaurant japonais à proximité du Luxembourg. Naturellement, je suis sous le coup du stress d’une audience dont je sais qu’elle ne pourra être que pénible. Mais en même temps, une part de moi se sent profondément sereine. Je me sens heureux d’être dans ce quartier de Paris où j’ai fait mes études de Philosophie, à quelques pas à peine des amphithéâtres de la Sorbonne où j’ai suivi mes cours, il y a une vingtaine d’année à présent. N’est-ce pas la Philosophie qui, façonnant ma pensée et me permettant de devenir moi-même, m’a peu à peu libéré de l’emprise de l’Anthroposophie ? Traverser le Quartier Latin m’emplis de joie et d’un sentiment de cohérence profond. Quant au Japon, n’est-ce pas à Kyoto que j’ai rédigé le texte de ma conférence de 2010 intitulé Le milieu anthroposophique, une animalisation de la vie de la pensée, dont l’accouchement a constitué une étape décisive de ma prise de conscience  ?

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Il est environ 14h. Après avoir exposé les différents moments de mon parcours dans le milieu anthroposophique et les écoles Steiner-Waldorf, et le processus qui m’a conduit à rédiger mon témoignage (que le lecteur pourra retrouver ici), on me pose une question pertinente :

Le deuxième Assesseur : M. Perra, qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris que la Fédération vous intentait un procès pour votre témoignage ?

Moi : Il s’agit d’une information que je possède depuis le 1er septembre 2011. En effet, la veille, une amie qui était professeur à l’école Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson me téléphone en me disant : « Tu sais quoi Grégoire, tu es à l’ordre du jour du premier collège de la rentrée : « L’article de Grégoire Perra, point de vue de la Fédération ». Je lui ai demandé de me rappeler le lendemain pour me raconter ce qui se serait dit. Ce qu’elle fit : « Grégoire, c’était tout simplement incroyable : la Présidente de la Fédération a défendu ton témoignage devant tous les professeurs ! Elle a dit que tu avais raison sur de nombreux points, que nous devions nous interroger sur nos pratiques et sur notre rapport à l’Anthroposophie, car nous ne sommes selon elle pas clairs du tout sur ce sujet, notamment quand nous nous adressons aux parents. Ce qui a fait bondir la pédagogue anthroposophe pure et dure que tu connais bien, tu sais celle qui s’habille toujours avec des jupes bizarres et mal assorties. Elles ont faillit s’étriper ! La Présidente a même dit qu’il ne fallait pas appeler ton écrit un pamphlet, car c’était une réflexion honnête qui traduisait le fond de ta pensée. Mais elle a aussi dit qu’il faudrait te faire un procès et que tout devait être mis en œuvre pour étouffer sa diffusion. Elle a précisé qu’ils adoptaient aujourd’hui la stratégie inverse de celle qu’ils avaient adopté en 2000, à savoir de faire le moins de bruit possible autour de cette affaire pour que les parents ne soient pas trop au courant. Nous étions également très inquiets à propos du passage où tu dénonces les tricheries lors des inspections et nous nous sommes demandés ce qui arriverait si ton texte était  lu par les services de l’Education Nationale : on fait ça tout le temps, s’est écrié un professeur. »

Je l’ai remercié et lui ait recommandé de ne surtout pas mentionner son lien avec moi, sinon ils pourraient lui faire du mal. Quelques jours plus tard, je recevais dans ma boîte aux lettres une enveloppe anonyme contenant une lettre d’Henri Dahan, le Secrétaire Général de la Fédération, adressée à tous les professeurs Steiner-Waldorf de France, dans lequel je pouvais lire leur intention de me faire un procès, mais aussi : « Grégoire Perra pose des questions importantes, il n’est pas le premier à le faire. Je suggère que nous prenions le temps d’y travailler sans dramatiser, une fois qu’auront été maîtrisées les conséquences publiques de son acte ». Quel contraste avec la lettre de Marie-Céline Gaillard, la Présidente de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, adressée à l’UNADFI sous forme de « droit de réponse », qui se trouvait dans la même enveloppe et qui qualifiait publiquement mon écrit de « pamphlet » ! Marie-Céline Gaillard avait donc dit une chose en public… et le contraire en privé ! Ce que j’ai alors ressenti, c’est tout simplement de la tristesse morale pour cette personne qui avait été ma professeur à l’école Steiner-Waldorf, puis à la formation à l’Institut, qui m’avait soutenu dans les moments difficiles de 2007 et dont je possède encore une chaleureuse carte de vœux de l’année 2008 signée de sa main et le petit mot gentil qu’elle m’envoya à cette occasion, accompagné de celui du directeur de l’Institut. Comment peut-on être à ce point divisée intérieurement au point de défendre mon témoignage en interne mais de me faire dans le même temps un procès public ?

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Le Président du Tribunal : M. Perra, vous avez dit que l’Anthroposophie  comportait un certain nombre de croyances qu’il était quasiment impossible à un anthroposophe et à un pédagogue Steiner-Waldorf de remettre en question.

Moi : Oui, il s’agit en effet d’une doctrine ésotérique, mystique et gnostique qui synthétise un grand nombres de croyances auxquelles les anthroposophes adhèrent comme à une profession de foi. Devant ce tribunal, la Fédération va s’évertuer à présenter l’Anthroposophie comme une philosophie, alors que ce n’est pas ainsi que sont vécues les croyances qui la constituent.

Le Président : Quelles sont ces croyances ?

Moi : Il y en a un grand nombre. Mais les principales sont la croyance en la réincarnation, au fait que le Christ soit descendu du Soleil, aux Gnomes et au fait qu’Adam, l’ancêtre de tous les êtres vivants, était une Méduse qui flottait dans l’albumine quand la Terre était encore à l’état liquide.

Le Président : ??

Moi : Et aussi que la Terre également se réincarne. Elle s’est déjà réincarné quatre fois. Quant au Bouddha, il s’est réincarné sur Mars.

Le Président : ???????????? Mais quel est le lien avec la pédagogie Steiner-Waldorf ?

Moi : Steiner prétendait avoir découvert une méthode pour devenir clairvoyant. Il pouvait voir les Dieux et communiquer avec eux. Du coup sa pédagogie est une Révélation qui lui serait venue des Dieux.

Le Président : ?????????????????????????????  

(Gros malaise chez les anthroposophes présents dans la salle. Je précise ici que la question du Président portait sur les croyances des anthroposophes, pas sur une définition de l’Anthroposophie elle-même. Que la pensée de Rudolf Steiner soit plus subtile que ce catalogue de croyances aux aspects somme toute matérialistes, j’en conviens. N’ai-je pas moi-même écris un nombre conséquent d’articles pour tenter de cerner la subtilité de cette pensée, avant de m’apercevoir que ce verbiage philosophique de Rudolf Steiner était surtout une vaste fumisterie ? Les anthroposophes vivent d’ailleurs l’Anthroposophie comme une religion et non comme une démarche de pensée, comme l’atteste tout mon parcours dans le milieu anthroposophique. Que Rudolf Steiner ait eu lui-même tendance à présenter et à développer l’Anthroposophie sur un mode métaphorique imagé plutôt que conceptuel, susceptible de donner naissance à une nouvelle mythologie et à une pensée magico-religieuse, est quelque chose que j’ai dénoncé depuis longtemps, notamment dans mon article intitulé Le milieu anthroposophique, une animalisation de la vie de la pensée. Aussi, ma réponse au Président était-elle ici parfaitement honnête et fondée. Il ne faut pas non plus oublier que le cadre d’un procès n’est pas celui d’un débat d’idées. Vous n’avez ni le temps ni la possibilité d’entrer dans des subtilités philosophiques. D’ailleurs, avec ses travestissements des faits, ses amalgames nauséabonds et ces raccourcis honteux, l’avocat de la Fédération ne s’est pas privé d’utiliser sa tribune en parfaite connaissance de sa véritable nature, qui est d’être le lieu d’un spectacle et non d’une étude).

Le malaise des dirigeants de l’anthroposophie et des écoles Steiner-Waldorf présents dans la salle, ainsi que de leurs avocats, provient quant à lui du ton mesuré et calme avec lequel je m’exprime, ainsi que de la cohérence de mes propos. En effet, il est arrivé par le passé que des anthroposophes ou des personnes proches de la mouvance Steiner-Waldorf se retournent contre eux en faisant appel aux instances officielles de la société. Mais cela s’est, la plupart du temps, retourné contre les plaignants : ceux-ci étaient au bout du compte tellement affectés dans leurs pensées par ce milieu qu’ils avaient côtoyé que leurs propos étaient bien souvent entachés d’incohérences et d’agressivité qui ne pouvaient que sembler infondés à des personnes extérieures. Celles-ci n’avaient pas les moyens de comprendre que c’est l’Anthroposophie elle-même et le monde des anthroposophes qui avaient fini par rendre fous les plaignants en question. Face à ce spectacle, les dirigeants de l’Anthroposophie et des écoles Steiner-Waldorf avaient ensuite beau jeu d’adopter des attitudes posées, calmes et débonnaires, afin de donner l’impression qu’elles étaient injustement attaquées par des personnes déséquilibrées ou dérangées. La pratique inlassable des « six exercices » de Rudolf Steiner permet en effet aux dirigeants de l’Anthroposophie de savoir donner de telles apparences d’équilibre intérieur et de gentillesse à des personnes non-averties, alors qu’en réalité il n’en est rien. Mais aujourd’hui, il ont en face d’eux une personne qui a fait un travail de la pensée, un travail sur elle-même, sur son passé et sur l’Anthroposophie. Car j’ai pu me libérer de cette dernière non par une réaction émotionnelle, mais bien par la réflexion. Et c’est ce qui donne à mes propos le calme et la mesure qui impressionnent les juges tandis que je parle de mon parcours. L’avocat de l’accusation, après mon audition, tente ainsi en vain de glisser de petites phrases perfides comme : « En entendant parler M. Perra, j’ai l’impression d’avoir affaire à un illuminé » : les juges ont bien vu qu’il n’en était strictement rien. M’étant libéré par la pensée de l’Anthroposophie, et non par l’émotion, je ne tombe pas dans le piège où sont tombés bon nombre d’ex-anthroposophes avant moi, dont certains l’ont d’ailleurs probablement ensuite payé par des suicides.

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Il est 18h environ. C’est à présent mon ancienne compagne anthroposophe, Cécile Acremant, qui témoigne contre moi à la barre. Je ne peux pas la voir, mais j’entends sa voix dire « Je le jure ! », le timbre haut-perché qui résonne comme s’il s’agissait pour elle d’un jeu, comme si aucune part de son être ne s’engageait vraiment dans ce serment. En écoutant ses déclarations, guidées par les questions de la Partie Civile, je ne peux m’empêcher de ressentir de la peine pour elle : la confusion qui émane de chacun de ses propos semble être celle qui règne dans son esprit. Je devrais certes la haïr pour la gravité de son acte consistant à mêler des souvenirs de notre vie en commun à de pures inventions. Ne sait-elle pas qu’il s’agit d’un procès pénal et que la sentence encourue pour les accusés est grave ? Est-elle prête à aller jusqu’à ces extrémités pour défendre coûte que coûte son ancienne école, sa « pédagogie » et son milieu familial anthroposophique ?! Mais je m’aperçois que sa pensée est dans un tel état d’emprise qu’elle semble bien incapable elle-même de démêler le vrai du faux, ni de dissocier ce qu’elle a réellement vécu de ce qu’elle a supputé, de ce qu’on lui a suggéré de dire.  Elle semble avoir complètement oublié toutes les critiques virulentes qu’elle-même formulait au sujet de son école et du milieu anthroposophique ! Pourtant, il y a quelques années, elle n’était pas en reste ! Toutes les informations compromettantes qu’elle-même m’a communiqué au sujet de ce qui se passait entre les professeurs et les élèves, là où elle a effectué sa scolarité, semblent s’être effacées de sa mémoire ! Il est vrai qu’être propulsée directrice d’une crèche d’inspiration Steiner-Waldorf à 24 ans à peine impose certaines exigences.

Cependant, par l’acte qu’elle vient d’accomplir, par le choix qu’elle a fait, il est clair qu’elle ne pourra que rester encore longtemps prisonnière du milieu anthroposophique, dont elle avait pourtant autrefois l’ardent désir de s’échapper. Car les fautes et les mensonges que nous accomplissons consciemment, même pour des raisons que nous jugeons valables sur le moment, font de nous des esclaves du mensonge et de la faute. Il est ainsi possible d’assombrir notre être et de nous enchaîner à nos erreurs par le fait qu’un acte, sur lequel nous n’avons plus la possibilité ou le courage de revenir, est désormais posé dans le monde.

Le Président du Tribunal : Mademoiselle Cécile Acremant, qu’avez-vous trouvé de diffamatoire dans le témoignage de Grégoire Perra ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Tout, c’est un tissus de mensonges et d’erreurs ignobles sur les écoles Steiner-Waldorf !

Le Président : Oui, mais quels passages précisément vous ont semblé diffamatoires ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu, je n’ai fais que le survoler…

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Le Président du Tribunal : Mademoiselle Cécile Acremant, vous êtes une ancienne élève Steiner-Waldorf, quel regard critique portez-vous sur votre scolarité ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Depuis ma sortie de l’école, j’ai vraiment pris mes distances par rapport à tout ça !!!

Le Président : Et que faites-vous maintenant ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Euh, j’ai fait ma formation à l’Institut de Pédagogie Steiner-Waldorf de Chatou et je travaille maintenant dans une crèche parentale Steiner-Waldorf …

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La confusion qui est la sienne apparaît de manière particulièrement saillante lorsque c’est au tour de mon avocat de lui poser quelques questions :

Mon avocat : Mademoiselle Cécile Acremant, vous étiez la compagne de Grégoire Perra, comment expliquez-vous qu’il ait écris ce témoignage sur les écoles Steiner-Waldorf ?

Mademoiselle Cécile Acremant : A mon avis c’est une vengeance due au fait qu’il a du partir de l’école Perceval. Au début il en a voulu à cette école, puis cela s’est élargi à toutes les écoles, puis à la Fédération des écoles, puis à toute l’Anthroposophie !

Mon avocat : Oui, ça va dans le sens de ce que veut démontrer la Fédération. Cependant, vos conversations privés avec M. Perra, nous n’y étions pas ! En revanche, quand vous étiez ensemble, vous vous souvenez que Grégoire Perra collaborait avec des gens comme Monsieur Dodrimont, Président de la Société Anthroposophique, et Madame Hucher, administratrice de la Fédération ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Oui, je me souviens qu’il avait travaillé avec eux pour rédiger des rapports. Cela lui prenait beaucoup de temps.

Mon avocat : Et ça ne vous semble pas étrange que Grégoire Perra ait collaboré intensément avec des gens et des institutions dont vous affirmez qu’il les détestait à l’époque ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Euh…… (silence prolongé de 30 secondes !). Oui mais c’est quelqu’un de très méchant, d’ailleurs c’est lui qui a beaucoup insisté pour que je fasse ma formation à l’Institut !!!

Mon avocat : Et ça non plus, ça ne vous semble pas contradictoire avec ce que vous affirmez ?

Mademoiselle Cécile Acremant : Euh…….

Après avoir fini sa prestation, elle vient s’asseoir dans le public, à côté de Jacques Dallé, de la Fédération, qui lui passe un bras autour de ses épaules, paternel et réconfortant. On se croirait dans une mauvaise pièce de boulevard. Ses parents peuvent être fiers d’elle : leur petite s’est offerte une nouvelle « virginité anthroposophique » ! Mais à quel prix ?

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Sortie de je ne sais quel chapeau magique, Madame Caroline Hoffman semble avoir pour mission de prouver que les écoles Steiner-Waldorf sont à ce point ancrées dans la modernité de notre société qu’elles forment des élèves en les insérant dans les institutions les plus prestigieuses :

Madame Caroline Hoffman : Je suis professeur dans une école Steiner-Waldorf du Sud de la France, dans laquelle nous avons développé une formule originale et profondément innovante de formation par apprentissage. Nous sommes au cœur de la modernité ! Nous travaillons en partenariat avec plus de 200 entreprises de pointes, dont le C.N.R.S. ! C’est bien la preuve que nos élèves Steiner-Waldorf s’intègrent parfaitement à la société !

Mon avocat : Mais concrètement, qu’est-ce qu’ils font vos élèves quand ils sont en apprentissage pendant plus de six mois dans l’année dans une entreprise, à l’âge de 15 ans ?

Madame Caroline Hoffman : Ben… ils font des stages dans des garages ou des boulangeries….

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La démarche un peu lente et raide, M. Henri Dahan, délégué général de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, vient prendre la parole. Avec l’intention de démontrer quoi ? Nul ne le saura probablement jamais, puisqu’il se contente de répondre le plus brièvement possible aux questions, visiblement sur la défensive. L’entretien sera bref. A la fin, Henri Dahan vient se rasseoir, tout fier et soulagé, disant à Jacques Dallé, présent dans l’assistance : « Finalement c’était facile, on ne m’a posé qu’une seule question… ». Mais quelle question ! Et surtout quelle réponse !!! Sans même en avoir conscience, Henri Dahan a, ce jour-là, lâché sous serment une véritable bombe médiatique :

Mon avocat : Monsieur Henri Dahan, vous êtes Secrétaire Général de la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf, êtes-vous anthroposophe ?

Henri Dahan : Non, je ne suis pas membre de la Société Anthroposophique.

Mon avocat : ce n’était pas ma question ! On peut voter pour un Parti politique sans nécessairement en être membre.

Henri Dahan : Euh oui, je suis anthroposophe…

Mon avocat : Quel rôle joue l’Anthroposophie dans les écoles Steiner-Waldorf ?

Henri Dahan : C’est la source d’inspiration de toute notre pédagogie. Sans l’Anthroposophie, il n’y aurait pas de pédagogie Steiner-Waldorf !

Mon avocat : C’est drôle, c’est exactement ce que dit aussi Grégoire Perra dans son témoignage, et vous lui faites un procès !

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Entracte :

Pierre Bercut, un anthroposophe à la silhouette émaciée, le visage anguleux comme un couteau, les yeux brûlant de fanatisme, tente à plusieurs reprises de me fusiller du regard, mais ses tirs à répétition tombent dans le vide. Il enrage et recharge aussitôt. Par moments, il s’interrompt pour se ressourcer dans ses certitudes morales absolues, comme on ferait le plein à une station d’essence. En discutant de cet incident avec un spécialiste des sectes, celui-ci me confie : « C’est une particularité des membres de ce genre de mouvements que d’adresser des regards expressifs et agressifs à ceux qu’ils considèrent comme des ennemis. Ils ne faut pas croiser leurs regards, c’est inutile. »

Pierre Bercut… Je me souviens de lui lorsque, tout jeune anthroposophe, il participait à un groupe d’étude centré autour de la figure charismatique de l’anthroposophe Ian Bass, à Malakoff, dans la banlieue parisienne. Parfois, il lui arrivait de présenter certaines interventions devant tous les autres. Alors, profondément convaincu de l’intérêt de son propos, il lui arrivait de laisser des messages sur mon répondeur en disant : « Grégoire ! Samedi prochain je vais parler de tel ou tel sujet à Malakoff ! Il faut vraiment que tu viennes, car j’ai le sentiment que ce que je vais dire sera très important ! » Certes, cet homme a vieilli, mais visiblement pas changé…

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C’est à présent au tour de la directrice de l’école où j’ai enseigné il y a quelques années de venir témoigner à la barre, Madame Danièle Burlotte. La Fédération a tout misé en essayant de prouver que mon témoignage aurait été écrit sous le coup d’une animosité survenue en raison des circonstances de mon départ de l’école en question. Elle n’est pas très à l’aise. L’avocate de la Partie civile commence par lui demander d’évoquer le cas de ce professeur de Physique-Chimie que je mentionne dans mon écrit, et qui sortait avec une élève, aux yeux de tous. Elle affirme qu’elle n’en savait rien. En l’entendant, je suis presque prêt à lui accorder le bénéfice du doute, puisque qu’elle était effectivement la dernière personne à savoir quoi que ce soit de ce qui se passait au sein de l’établissement qu’elle dirigeait. En revanche, je sais pertinemment qu’elle sait que de nombreux autres membres du Collège Interne de l’école en avaient connaissance. Aujourd’hui, elle prend pourtant bien soin de ne pas faire savoir à la Cour que la direction d’une école Steiner-Waldorf est nécessairement collégiale. Et que celui ou celle qui porte officiellement le titre de directeur ou directrice n’est qu’un « homme de paille » qu’on présente aux yeux des instances extérieures. Elle ment ici par omission :

L’avocat de la partie civile : Madame Danièle Burlotte, le témoignage de Grégoire Perra fait mention de la liaison d’un professeur de Physique-Chimie avec l’une de ses élèves. Avez-vous eu connaissance de ce fait ?

Madame Danièle Burlotte : Je n’en ai eu connaissance qu’après que le professeur en question avait quitté l’école. Si je l’avais su à l’époque des faits, nul doute qu’il aurait du prendre la porte !

Mon avocat : Pourtant, deux témoignages d’anciens élèves, versés au dossier, affirment que toute l’école était au courant.

Madame Danièle Burlotte : Eh bien moi, je n’en savais rien !

Mon avocat : Vous ne semblez pas savoir grand chose de ce qui se passe dans votre école Madame la Directrice ! C’est un peu facile de venir dire aujourd’hui, cinq ans après, que vous n’étiez pas au courant ! D’autant que les témoignages ne mentionnent pas seulement le cas de ce professeur, mais aussi celui de cette enseignante invitant ses élèves à « venir dormir chez elle et profiter de sa piscine » !

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Mon avocat : Dans le nom même de la pédagogie Steiner-Waldorf, il est fait mention de Rudolf Steiner. On peut donc imaginer qu’il existe un lien entre l’Anthroposophie et la pédagogie Steiner-Waldorf, puisqu’elles sont issues d’une seule et même personne. N’est-ce pas ? Mais quand informez-vous les parents du fait que l’Anthroposophie est derrière cette pédagogie ? Le faites-vous par exemple lors des journées portes-ouvertes ?

Madame Danièle Burlotte : Non, c’est aux parents de se renseigner.

Mon avocat : Mais où peuvent-ils le faire ? Sur le site de la Fédération ? J’y ai été et je n’ai vu aucune mention de l’Anthroposophie de Rudolf Steiner !

Madame Danièle Burlotte : Eh bien, ils sont adultes, ils n’ont qu’à mieux chercher !

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En la regardant à la dérobée, je suis stupéfait de constater à quel point rien n’a changé chez elle. D’ordinaire, en l’espace de quelques années, de profondes transformations intérieures font leur œuvre chez les êtres humains. Mais cette directrice semble avoir gardé exactement le même caractère, les mêmes attitudes, le même rapport (décevant) à la vie. Ils sont d’ailleurs tous comme cela, les anthroposophes venus en masse à l’audience ce jour-là. Ils n’ont pas changé. La vie semble n’avoir pas pu passé sur eux. L’Anthroposophie les a comme rendu imperméables aux transformations de l’existence.

Mon avocat : Madame Danièle Burlotte, vous êtres directrice d’une école Steiner-Waldorf, pourriez-vous me dire si, dans votre établissement, on enseigne l’Anthroposophie aux élèves en cours de Philosophie, puisque vous dites que l’Anthroposophie est une philosophie comme les autres ?

Madame Danièle Burlotte : Ça je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre, je n’ai pas appris par cœur ce qu’il fallait dire là ! (Authentique !)

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Mon avocat : Madame Danièle Burlotte, pouvez-vous nous décrire votre activité au sein de l’école Steiner-Waldorf ?

Madame Danièle Burlotte : (toute fière) Oui, je suis professeur en classe de 6ème, 4ème et 3ème, et directrice du Collège et du Lycée.

Mon avocat : Vous voulez dire que vous enseignez à trois niveaux d’élèves différents et qu’en plus de cela vous êtes Directrice du Collège et du Lycée ??

Madame Danièle Burlotte : Euh oui, mais c’est une petite structure vous savez…

Mon avocat : Combien d’élèves ?

Madame Danièle Burlotte : (toute fière à nouveau) 300 ! Nous sommes la plus importante école Steiner-Waldorf de France !

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Entracte :

Au début du procès, Marie-Céline Gaillard, Présidente de la Fédération, est venue s’asseoir aux premiers rangs, un cahier sur ses genoux, prenant des notes avec gravité, l’air hautaine et confiante. Au fur et à mesure que les heures passent, elle a progressivement cessé d’écrire, a refermé avec fatalité son cahier, tandis que sa tête s’enfonçait progressivement entre ses deux épaules. Elle seule semble pressentir le désastre. Les autres se pavanent, s’adressent des sourires confiants, se congratulent pour leurs prestations,  incapables de prendre conscience de l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, ni de la nature compromettante des propos qu’ils tiennent. Toute sa vie, elle a couru après tous les honneurs et tous les postes à responsabilités. Elle sait à présent qu’il lui faudra aussi en porter toutes les conséquences.

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L’avocat de la partie civile (avec emphase) : ce texte de Grégoire Perra est un pamphlet, un brûlot, un torchon vindicatif selon lequel tout dans la pédagogie Steiner-Waldorf serait mauvais, corrompu et abject !! C’est un écrit sans nuance, nourri d’une animosité inouïe !!

Mon avocat : Ah bon ? Pourtant Grégoire Perra écrit dans ce « pamphlet » : « de nombreux élèves prennent plaisir à être scolarisés dans ces écoles. Et de nombreux enseignants s’y épanouissent – malgré tout – dans leur pratique enseignante. Ce serait mentir que de ne pas le reconnaître […] » Un peu plus loin : « […] certaines innovations pédagogiques favorisent effectivement le raisonnement libre des élèves. Je pense que cela est dû notamment aux méthodes d’apprentissage de la lecture et du calcul, à la manière d’aborder les sciences par le biais de l’expérience et non de la pure théorie ». Ou encore : « […] pour ma part, je sais bien qu’une grande partie de ma pertinence d’analyse provient de certains éléments pédagogiques dont j’ai pu bénéficier dans l’École Steiner-Waldorf où j’ai effectué ma scolarité […] ». Ou encore : « […] il est essentiel de souligner que l’ensemble des pratiques que je viens de décrire ne conduit nullement à un endoctrinement massif des élèves immergés dans cette pédagogie. Peu d’entre eux deviendront, comme ce fut mon cas, membre de la Société Anthroposophique […] »


Étonnant non comme propos, de la part de quelqu’un qui est sensé voir le mal absolu dans cette pédagogie, vous ne trouvez pas ?!

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La plaidoirie de la Partie Civile a lieu en deux temps. Tout d’abord le réquisitoire d’une jeune avocate qui a récemment intégré le Cabinet Lombard-Baratelli, que la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf a choisi pour se faire représenter. La pauvre semble suer sang et eau. Elle débite un flot ininterrompu de propos divers visant à discréditer notre dossier, ou plus exactement de tenter de faire en sorte que les juges ne s’y intéressent pas de trop près :

– Les témoignages d’anciens élèves de l’école Perceval de Chatou confirmant les propos de M. Perra au sujet de la tricherie lors des inspections et des rapports problématiques d’ordre incestuel entre professeurs et élèves ?

« Ce ne sont que des rumeurs ! »

– Les témoignages de Roger Rawlings, Dan Dugan, Yves Casgrain, Pete Karaiskos, confirmant le sérieux des propos de M. Perra ?

« On ne peut tout de même pas accorder de valeur à des écrits qui ont traversé l’Atlantique ! »

– Steiner était raciste ?

« Comme tout le monde à son époque voyons ! »

– Steiner était un médium et un gourou ?

« Certes, mais les pédagogues de ces écoles ont pris beaucoup de distance critique par rapport à lui ! »

(Qu’un dirigeant de la Fédération vienne tenir publiquement lui-même ce genre de propos, histoire que nous puissions chronométrer le temps qu’il restera à son poste !).

– La lettre d’Antoine Dodrimont, Président de la Société Anthroposopique en France, datée de 2008, adressée au Collège de Direction de l’Ecole Perceval, exigeant que cesse les rumeurs propagées par leurs soins à l’encontre de M. Perra après son départ de l’école ?

« Cela ne montre nullement une quelconque ingérence de la Société Anthroposophique dans les affaires des Écoles Steiner-Waldorf, puisque l’école Perceval n’a pas tenu compte de cette requête ! »

– Etc.

A la fin de sa plaidoirie, elle semble essoufflée et vérifie ses notes pour être sûre de n’avoir omis aucune des nombreuses consignes que lui a donné le Bureau de la Fédération, au cours de la longue veillée d’arme qui a dû précéder la réception de notre solide dossier, un jour auparavant. Elle ne s’attendait sans doute pas à ça. Envoyer l’ensemble du dossier à la dernière minute afin de créer un effet de surprise semblait pourtant être une bonne idée, une stratégie ingénieuse visant à déstabiliser l’adversaire. A ceci près que nous savions exactement, depuis des mois, sur quels points (totalement hors-sujet) allaient porter l’accusation. (Le milieu anthroposophique est si bavard !). Et que nous nous y étions préparés, avec pour arme décisive la vérité. De ce fait, c’est la Fédération et son cabinet d’avocats qui ont reçu, en retour, les pièces de notre dossier au dernier moment, et n’ont plus pu faire marche arrière. La jeune avocate le sait, mais ne peut que constater les dégâts.

Son patron, Maître Baratelli, vient aussitôt la féliciter, disant à la Cour qu’elle a fait une magnifique plaidoirie et qu’il est très satisfait de cette jeune recrue. Ce dont semble se contrefiche le Président, mi agacé mi-amusé par cette attitude où se mêlent arrogance et habileté sophistique. Puis vient son tour de prendre la parole. Il commence par exposer ses déboires personnels, expliquant que sa fille s’est cassé un bras et qu’il devait partir, mais qu’il s’est arrangé pour rester. Ensuite, il se lance dans des diatribes et des invectives qui n’ont finalement pour fonction que d’en donner pour son argent à la Fédération : sachant que le procès est plié, autant essayer de venger un peu par avance son client, histoire de donner l’impression d’avoir tout tenté.

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Les débats sont à présent clos. L’avocat de la partie civile a terminé sa plaidoirie. Je ressens une profonde honte à l’égard de la stratégie d’insultes et de diabolisation de ma personne qui a été choisie pour tenter de me faire condamner. Voilà donc où ils en sont. Voilà ce dont ils sont capables. Comment après cela pourront-ils se regarder un jour sereinement dans une glace, à moins de ne pas vraiment se voir ? Et comment pourront-ils éviter maintenant d’être comparés à ceux avec qui précisément ils ne veulent pas être comparés, puisqu’ils emploient les mêmes méthodes qu’eux ? Quand à l’avocat, qui s’est fait le relais de cette tactique, il sait qu’il n’a rien à craindre : son immunité lui donne le droit de tout dire, de couvrir d’insultes et d’ignominies totalement injustifiées qui il veut au cours d’un procès sans avoir aucun compte à rendre à la loi. Son courage et le poids de ses paroles se mesurent donc ici au risque qu’il prend, c’est-à-dire aucun. Normalement, ce devrait être au tour de mon avocat de prendre la parole. Dans ce genre de procès, pour des affaires liées à la diffamation, il est en effet extrêmement rare que l’Avocat Général prenne la parole. On peut aussi l’appeler le Procureur de la République. Il représente ici l’État Français. Ce jour-là pourtant, coup de théâtre : il prend la parole au nom de la Justice française.

Plaidoirie de l’Avocat Général :

L’accusation se fonde sur une lecture du témoignage de Grégoire Perra visant à en isoler certains mots ou certains passages en les sortant de leur contexte. On ne saurait procéder ainsi ! Le Tribunal devra fonder son jugement sur une lecture exhaustive du texte incriminé.

Lorsque Jacques Guyard a été relaxé en 2000, ses accusations à l’égard de l’Anthroposophie et des Écoles Steiner-Waldorf étaient autrement plus graves que celles de M. Perra aujourd’hui. Elles se présentaient comme des conclusions d’une enquête, tandis que l’écrit de M. Perra est incontestablement un témoignage, clairement identifiable comme émanant d’une opinion et d’un point de vue nécessairement subjectifs. On n’y trouve aucune trace d’animosité personnelle. Le témoignage étant signé, l’auteur n’a pas cherché à se dissimuler. L’accusation prétend que l’UNADFI aurait du publier également les témoignages positifs sur ces écoles si des anciens élèves satisfaits étaient venus les trouver : mais c’est là un déni du droit fondamental de tout journal à exprimer une opinion ! De plus, la publication d’un droit de réponse, où la Fédération avait le loisir de s’exprimer, ne lui a pas été refusé.

Sans doute les écoles Steiner-Waldorf, en étant déboutées de leur plainte, pourront ainsi commencer à apprendre ce qu’est le droit à la contradiction !

 ****

17ème chambre

Il est 20h. Les rayons du soleil couchant traversent les vitres de la XVIIème chambre correctionnelle de Paris et illuminent les boiseries de ce lieu solennel, au centre du prestigieux Palais de Justice de Paris, au cœur de la capitale du pays des libertés. D’une voix puissante qui évoque le rugissement d’un lion, Maître Marc François commence sa plaidoirie :

« Mesdames et Messieurs,

Nous avons eu aujourd’hui un SCOOP ! La Pédagogie Steiner-Waldorf est liée à l’Anthroposophie !!!!! Vous pourrez chercher partout, dans tous les articles élogieux publiés sur ces écoles, sur le site de la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf, vous ne trouverez jamais cette indication !!! Et aujourd’hui c’est Monsieur Henri Dahan, Secrétaire Général de la Fédération, qui nous l’apprend ! Je le cite :

« L’Anthroposophie est la source dont s’inspire la pédagogie Steiner-Waldorf. »

Incroyable ! Mais pourquoi ne le dites vous jamais ?! Pourquoi ne l’écrivez-vous pas ? Avez-vous honte de dire publiquement que votre pédagogie s’inspire d’une doctrine selon laquelle le Christ est tombé du Soleil ?! Tout ce qu’on demande, c’est le droit de pouvoir publier ce genre d’information. Parce que si un parent d’élève songe à scolariser ses enfants dans ce genre d’école, où trouvera-t-il l’information selon laquelle cette pédagogie est liée à une mystique qu’il faut bien qualifier de « fumeuse » ? Sur le site de la Fédération ? Non ! Dans un des nombreux articles élogieux publiés presque chaque semaine dans La Provence, toujours sous la plume du même journaliste ? Non plus. Mais maintenant, il y a l’article de Grégoire Perra. On ne dit pas : c’est mal, il ne faut pas y aller. On émet une opinion qui n’est pas celle de la Fédération. Après, le parent est libre de son choix ! C’est ça le débat démocratique ! C’est ça le droit à l’information et à la contradiction ! Et si cette question d’éducation n’est pas un élément du débat public, alors nous n’avons plus qu’à ne plus parler que de la pluie et du beau temps. Là au moins on sera tous d’accord !

La Fédération reproche à l’UNADFI de ne pas avoir réalisé d’enquête sérieuse en amont de la publication de ce témoignage. Mais quelle enquête plus sérieuse pouvions-nous effectuer que celle de la Société Anthroposophique en France qui, dans son numéro des Nouvelles de la S.A.F. de juin-juillet 2010, a mis à disposition de ses membres l’article de Grégoire Perra intitulé « Le milieu anthroposophique : une animalisation de la vie de la pensée », dans lequel l’auteur développe exactement les idées sur les écoles Steiner-waldorf qui seront les siennes dans son témoignage paru sur le site de l’UNADFI ???!! En réalité, l’enquête sérieuse, c’est la partie civile qui l’a elle-même effectuée et qui a validé publiquement les propos de Grégoire Perra ! Comment peut-on venir reprocher ensuite à l’UNADFI de publier des affirmations qui ont été auparavant présentées dans des organes de presse officiels de l’Anhroposophie ?! La Fédération n’a, à l’époque, pas porté plainte en diffamation contre la Société Anthroposophique que je sache ? Alors pourquoi le fait-elle lorsque les mêmes propos de M. Perra paraissent sur le site de l’UNADFI ?

J’avoue que cela m’a démangé de demander une condamnation de la Fédération pour procédure abusive. Mais soyons fair-play : vous allez être déboutés, et nous en resterons là.

juges

****

Le procès est à présent terminé. Tout d’abord, je me réjouis de l’attitude que nous avons choisi d’adopter. Maître François, le brillant avocat pénaliste qui m’a défendu ainsi que l’UNADFI, n’a, à aucun moment, utilisé ni l’insulte, ni l’invective, ni la calomnie, ni les sophismes. Il s’est montré respectueux envers chacun des témoins, ne les brusquant jamais, ne cherchant nullement à les prendre au piège, les laissant chercher leurs mots (parfois même longtemps), adoptant un ton posé et courtois, etc. Tout le  contraire de la partie adverse ! Agressivité, insultes, mépris, se sont accompagnées de longues phrases sans points d’interrogation, au point que le Président du Tribunal a du intervenir pour expliquer à ce ténor du barreau la différence entre une plaidoirie et une question. En outre, l’utilisation d’insinuations, de déformations de la réalité, de tentatives suggestions amenées progressivement ont été le maître-mot de cet avocat. Dans un langage plus trivial, on appelle cela de l’enfumage. Par moment, emporté par sa passion, il ira jusqu’à se rapprocher le plus possible des oreilles des prévenus pour leur hurler dessus. Cherchait-il l’incident d’audience ? Confondait-il le banc des accusé avec le pilori du Moyen-Age ? Pourtant, les avocats ne prêtent-ils le pas le serment d’exercer leur profession dans la dignité ? Sans doute très efficace dans le cadre d’un jury populaire, cette méthode s’est révélée parfaitement inopérante avec des professionnels du droit. Ainsi, nous avons gagné dans la dignité et dans la vérité, tandis que la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf aura perdu dans le déshonneur et dans le mensonge. Mais n’était-il pas dans l’ordre des choses qu’elle se soit choisi un représentant qui lui ressemble ?

Au-delà du comique de certaines situations, je suis saisi de stupéfaction et je m’interroge. Ne se rendent-ils pas compte qu’à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche ou qu’ils font un pas dans la lumière, leurs contradictions internes et leurs querelles intestines leur explosent à la figure et sautent aux yeux de tous ? Qu’il aurait mieux valu pour eux rester tapis dans l’ombre ! Qu’il aurait été préférable pour eux de ne pas engager cette poursuite judiciaire aussi foireuse qu’immorale ! Mesurent-ils toutes les conséquences de leur acte ? Imaginent-ils celles qui se profilent ? Comment ont-ils pu être aussi mal conseillés ?! Comment ont-ils pu être aussi aveuglément confiants ?! Se rendent-ils compte que l’image qu’ils ont donné d’eux-mêmes est bien pire que ce que mon article dénonçait ? Savent-ils qui étaient présents ce jour-là dans l’assistance ?

Maintenant, certaines personnes vont devoir poursuivre leur chemin de vie avec les mensonges qu’on leur aura peut-être demandé de produire à la barre, et/ou dont elles se seront convaincues elles-mêmes pour servir la cause de ces écoles. Et ce poids sera lourd à porter ! Ne prennent-ils donc pas au sérieux la notion de karma, qui est pourtant le cœur de leur doctrine ?

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Responses

  1. A reblogué ceci sur La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf.


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