Publié par : gperra | 5 mars 2012

Fiche de lecture sur le thème du langage

Le Langage

 

 

 

 

 

 

Vue synoptique des rapports de la philosophie au langage de l’antiquité à nos jours.

Deux types de rapports :

Soit un éloignement de la philo de ses bases linguistiques vers une autonomie abstraite. Soit une prise de conscience par la philosophie occidentale de ses implications linguistiques.

Une successsion de phases :

– syncrétique : la phie reste rivée à une problématique du langage ;

– analystique : la séparation s’accentue ;

– synthétiques : des rapprochements s’esquissent, soit par l’analyse du langage, soit en l’enracinnant dans un nouveau sol linguistique ;

I. Les trois grands moments de la philosophie occidentale.

1. La pensée grecque : le Logos – langage, raison, calcul.

A. Les Présocratiques. Dire le monde : l’avènement de la philosophie.

Pour Héraclite, le Logos a un caractère cosmique. La cosmo-logie est une façon de dire le monde. L’homme est « pris entre les mots et les choses » (Clémence Ramnoux, Héraclite ou l’homme entre les mots et les choses)

« Il faut échapper à la fascination des choses grâçe au discours, à celle des mots grâçe au retour à la chose même. »

Deux perspectives :

– de la chose sur les mots : le phénoménisme et le matérialisme.

– des mots sur la chose : nominalisme (privilège des mots sur les idées) et réalisme (Platon pour qui les Idées sont des Réalités).

B. Des Sophistes à Socrate : la première crise du langage.

a/ Les Sophistes : le pouvoir des mots comme « rhétorique ».

(Gorgias, Protagoras)

Le langage devient objet d’intérêt pour lui-même, un instrument pour la pensée et non le mouvement interne de cette dernière.

avec les sophistes, le jeu sur les possibilités du discours l’emporte sur la philosophie.

b/ Sorate : le langage purifié, médiateur de l’intelligible.

Il devient d’un usage pour la science. Enracinnement du langage dans le monde des Idées, pur rayonnement de l’intelligible.

C. Platon : le langage médiateur entre sensation et science.

(Cratyle)

a/ Platon purifie le langage en cherchant l’essence des mots : vertu, courage, piété. Médiation du langage entre le sensible et l’intelligible.

b/ Platon élimine le naturalisme présocratique pour qui le langage était porté par la nature pour l’envisager comme proprement humain. Il en écarte ainsi la poésie. Le Cratyl refuse à la fois au langage le statut d’imitateur de la nature et de pure convention (Démocrite et Lucrèce)

Thèse de Cratyle : le discours adhère naturellement à l’être…. (naturalisme)

Thèse de Gorgias : impossible à l’être de se communiquer. Donc le langage ne renvoie qu’à lui-même. (conventionnalisme)

Le mot n’adhère pas à l’être mais il n’est pas dans un rapport purement extérieur avec lui. Sa valeur structurelle est intentionnelle. Le mot est un signe qui se dépasse vers l’être dont il articule le sens.

c/ L’acte de penser met en mouvement les contraires sous la forme de parole intérieure « dialogue intérieur et silencieux de l’âme elle-même » (Sophiste). Elle articule les pôles opposées du monde, le Même et l’Autre, l’Un et le Multiple. Penser c’est l’âme qui dialogue avec elle-même, passant de l’affirmation à la négation.Son arrêt est l’opinion.

d/ Platon contient les deux grandes orientations de la philo dans son rapport au langage :

– recherche d’une rigueur de type mathématique ;

– le recours au mythe qui montre les limites, le moyen de tracer dans le visible la forme de l’invisible.

D. Aristote : vers l’arbitraire du signe et le pragmatisme. (De l’Interprétation)

Aristote a mis en lumière la nature du mot comme signe. Il rejette la thèse du mot come être sans profondeur et inaugure la philosophie classique du langage.

Il admet le caractère arbitraire du signe. Cependant il considère que l’essence du langage n’est pas dans les mots mais dans la proposition. La syntaxe est ainsi le reflets des atégories logiques de l’être pensant. (Benvenniste : ce n’est pas dans la pensée mais dans la langue grecque que le verbe être a une telle importance : Problèmes de linguistiques générale). Les mots ont un sens universel et permanent.

Dimension pragmatique de la théorie d’Aristote.

2. Le Moyen âge et le commencement de l’ère moderne : G. d’Ockam et la constitution du nominalisme.

A. Les mystiques néo-platoniciens :

L’Un est au delà du langage. Un chemin vers la pensée pure qui implique de dépasser le langage pour une intuition intellectuelle.

B. La tradition scolastique :

le langage s’éclipse au profit de la logique. Favorise le développement du nominalisme.

C. Le nominalisme médiéval :

Vient du problème des Universaux. On distinguait l’universel du singulier,, le premier pouvant être attribué à plusieurs sujets. Ockam nie que l’universel soit réelement ans le sujet. Critique de l’abstraction qui

consiste à penser à part ce qui ne peut être donné à part. Il n’est selon lui de distinction que réelle, de choses à choses. Il y a l’opposition radicale entre le mot et la chose. Le concept est assimilé à un signe; Fondement théologique : Dieu crée les choses singulières dans leur irréductibilité et leur indivisibilité. Seul le singulier peut être intuitivement donné. Les universaux ne sont que des signes extérieurs à des choses conçues comme des créatures possibles;

D. Descartes et Bossuet. La Logique de Port-Royal. Le langage instrumental.

Discours de la M. (5ème p.) : l’homme se distingue de l’animal par le langage qui lui permet de communiquer ses pensées.

On retrouve cette dépendance de la pensée à l’égard du langage chez Bossuet (Logique). L’Idée est naturelle et universelle, le terme artificiel.

On a cru que la grammaire exprimait la logique. Ainsi la grammaire devennait une, universelle et rationnelle. La langue, selon Port-Royal, devennait donc plus parfaite à mesure qu’elle état informée de grammaire.

E. Leibnitz et Condillac : l’idée d’un langage logique.

Leibnitz inaugure l’étude comparée des langues. Il rompt avec la tradition religieuse sur la langue. Il veut étudier les langues pour connaître les opérations de l’entendement (Nouveaux essais sur l’entendement humain). Il pense que les mots sont généraux des l’origine. Effectivement on ne peut tirer l’intelligible du sensible par simple généralisation.

Sa recherche d’une écriture universelle ouvre la voie à la linguistique moderne. Il voulait que raisonner et calculer soit la même chose.

Mais cette langue logique est aussi sans contenu et risque aussi d’appauvrir la philosphie qui est liée au langage

courant.

Condillac a également recherché une langue des calculs. Priorité des signes sur la pensée proprement dite. Les Mathématiques transforment la pensée dans la mesure où elles constituent un langage.

3. Reprise de possession du langage. Conceptions synthétiques de la pensée; la philosophie retrouve un lien au langage.

Conception synthétique de la pensée et du langage qui la manifeste.

A. préparatifs critiques. Kant : la critique de l’intuition intellectuelle prépare le terrain pour une mutation de la problématique du langage.

Kant et a conception d’un entendement discurssif posait les bass d’un constructivisme. E. Cassirer (La philosophie des formes symboliques) montre qu’il a relation étroite entre langage et construction du monde des objets. Ainsi le langage participe effectivement au dynamisme de la pensée.La langue coopére à la producytion de l’unité synthétique. La représentation objectivite n’est pas le point de départ du langage mais son point d’arrivée; Il n’entre pas d’emblée dans un monde de perceptions objectives achevées pour leur donner des noms. Il est lui même médiateur dans la formation des objets. (Le langage et la onstruction du monde des objets).

B. Humbolt : la langue comme vision du monde. Première perspective anthropologique sur le langage.

Les formes grammaticales sont donc les « outils logiques »

de la pensée. la structure de la langue n’est pas indifférentes à la manière de penser.

Benvenniste : « nous pensons un univers que notre langage a d’abord modelé ». L’expérience linguistique devient ainsi l’index de l’expériene humaine. On apprend à lire le sens où les conditions du sens.

« Toute individualité humaine est donc comme un point de vue propre pour la vision du monde. Mais elle le devient encore plus par la langue. (…) Il y a dans chaque langue une vision du monde partculière. (… ) L’homme tisse le langage à partir de lui-même, il se mèle à la trame. (…) Chaque langue trace autour de la nation à laquelle elle appartient un cercle… » (von Humbolt)

C. Hegel : le langage, être-là de l’Esprit. Place du langage dans une philosophie du sens.

(Encyclopédie des sciences philosophiques)

L’Esprit se sépare en entendement (sépaarateur) et raison (unificatrice). Ce sont des moments de l’expression d’un Logos de l’Etre.

La logique hégelienne est dialectique et ontologique car elle entend dégager la reflexivité même e l’Etre.

La nature est Logos en soi : elle n’a pas de langage. En l’homme sul le langage devient pour soi.

Le langage est le seul lieu où l’externe et l’interne sont intimement unis. L’inéffable, c’est la pensée obscure : « Le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie ». le langage marque nos pensée de la forme externe, mais une forme qui contient le caractère de l’intimité interne la plus haute.

Opposition à la tradition leibnitzienne :

– continuité entre le langage courant et le langage philosophique.

– opposition au symbolisme mathématique qui n’est pas contenu dans la vie et l’histoire.

Supposé de la vocation linguistique de l’homme et de la discibilité de l’être.

II. Les mises en question contemporaines de la philosophie en fonction du langage.

1. Les réactions analytiques aux synthèses philosophiques : le nominalisme contemporain.

– le positivisme

– le langage est artificielle et l’esprit se connait par intuition : Bergson, James…

– le positivisme logique qui entreprend une critique de la philosophie par une analyse du langage.

2. La postérité phénoménologique de la philosophie du sens.

– Husserl : une philosophie du sens. Mais il y a chez lui une priorité du voir sur le dire. Le langage prend sens dans la spécificité pour-autrui.

– Merleau-Ponty : tentative d’enracinner le langage dans le corps, déjà porteur de significations de par son être au monde. Celle-ci se déploie dans une intersubjectivité qui exige une communication.

G. Gusdorf (Mythe et métaphysique) : il y a un logos préphilosophique, la première vision du monde n’est pas par hazard d’ordre mythique.

– à l’opposé, la voie de Heidegger : une quête de l’être qui, au contraire des métaphysiques ne le confondent pas avec

l’étant. C’est sous la forme du Logos poétique que le langage st posé comme apte à dépasser la philosophie classique.

3. Les deux mises en question : analytique et ontologiques :

A. la mise en question analytique :

Wittegenstein.

a/ Situation du néo-positivisme :

Issu du positivisme d’Auguste Comte qui dénnonçait la métapysique comme un genre de pensée dépasser par la science. Le Cercle de Vienne et Wiitgenstein, puis CarnapIl oppose l’Analysis à la construction, trop synthétique ou téléologique. Distingue les propositions « factuelles » seules synthétiques, et les « tautologiques », procédant du même au même en y mettant juste de l’ordre.

b/ Carnap : la critique de la métaphysique

La métaphysique serait faite de pseudo propositions dépourvues de sens. On peut mettre en forme le néant lorsqu’on en parle, l’erreur consiste à le traiter comme un objet, réalisant ainsi une abstraction.

Il s’appuie sur une « syntaxe logique » du langage que l’on verrait après avoir vider le langage de tout sens. Mais ne confon-t-il pas sens et sensible ? la Metaphysiue ne travaille certes pas sur le visible… mais le sens n’est pas où Carnap croit le trouver (dans les données empiriques) et il le nie là où il s’effectue (dans le traitement linguistique et intellectuel des phénomènes).

c. Distinction philosophie et métaphysique. Le langage philosophique doit décrocher du langage commun pour éviter le substantialisme;

Ayer, Langage, vérité et logique. La phie aurait une activité critique mais non transcendantale : elle doit déterminer les conséquences logiques de nos conventions verbales. Donc le philosophe vérifie les énnoncés du saant du point de vue logique.

Le langage doit ainsi être décroché du langage commun. Dénonciation des solutions grammaticales pour revennir aux phénomènes. Contre les polysémies ou du verbe être qui confond l’existence (Pierre est) et la qualité (Pierre est juste).

B. La mise en question ontologique.

Heidegger : Être et Temps.

Dépassement de la métaphysique pour renouer avec la méditation présocratique, car la phie de la représentation a perdue la vraie question. La pensée doit ainsi être ramenée au contact des poètes car l’être est langage. le philosophe doit s’installer dans le sens plutôt que de lui tourner le dos à la manière des formalistes. Le sens est style du Da-Sein humain. Distinction entre bavardage, qui omet tout retour au fondement, et communication authentique.

Mais problème car cette perspective efface le temps humain de la praxis au profit d’une adhésion cosmique à l’Etre ou l’histoire ne peut ni être jugée ni maîtrisée.

III. Perspectives anthropologiques : le langage est plus que le langage.

1. Phénoménologie du langage.

(Merleau-Ponty : Problèmes actuels de la phénoménologie)

A. Dégager les sens des expériences humaines. Le langage devient « être-là de l’esprit ». Immanence des significations. Nécessité de l’esprit de se réfléchir dans des signes pour se penser lui-même.

B. Donc refus de la dualité trop simple entre la pensée et le langage.

C. Caractère constitutif pour la conscience de soi du rapport à autrui.

je : exigence de l’expression de soi ;

tu : exigence de communication ;

il : exigence de signification.

Le langage est chacun de ces trois pôles allant du sujet pur à l’objectivité muette.

2. Le langage comme cas particulier du symbolisme.

(Ricoeur : De l’interprétation)

Remise en question de la notion de fonction symbolique chez Cassirer par celle de fonction signifiante. Car elle préserve la distinctions entre termes univoques et multivoques tout en fondant la possibilité de l’herméneutique.

Distinction entre signe et symbole :

« être symbole, c’est receuillir dans un noeud de présences une masse d’informations significatives qui, avant de donner à penser, donnent à parler. »

B. La phénoménologie attire l’attention sur le devenir du langage. Le symbolisme se dégage d’un fond affectif qui prend d’abord corps dans des images. Il baigne dans ce monde imaginaire, forme élémentaire de la représentation.

Gusdorf : « le mythe n’est pas la fin de la raison mais plutôt son commencement. » (Mythe et métaphysique)

La psychanalyse fait apparaître l’inconscient comme langage à déchiffrer. Jung : rechercher le langage oublié des légendes, contes et mythes.

Nuancer la conviction rationnaliste que le mythe est mystification.

3. Psychologie du langage.

Points de comparaison :

L’animal et l’homme : le langage animal est signalisation. Le rapport à l’autre se déploie en deçà de toute personnalisation. L. humain : rapport extérieur-intérieur par l’expression des émotions.

Les déficiences et la pathologie du langage : l’ « analyse », la dissolution qui se ait naturellement chez l’aphasique. C’est une regression de l’attitude générale : n peut continuer à nommer mais non se mouvoir dans un monde d’idées

Les études sur les sourds-muets éclairent la différence entre langage et pensée. Elle majore l’importance du langage comme support de l’activité intelligente. Il est moins nécessaire à l’activité même qu’à un monde signification.

L’apprentissage du langage : montre une discontinuité

inhérente à l’apprentissage de la parole. Rupture entre le babillage et la phonation.

Dimension sociale e la langue transmise de générations en générations. Mais que chacun s’approprie individuellement. Le système de signes doit se faire oublier dans la production des significations;

B. Complexité des limites de la psychologie du langage.

M. Pradinès : Traité de psychologie.

Elle est au carrefours de la biologie, de l’esthétique, des sciences humaines.

Rapports entre voix et langage : Tomatis : on ne prononce que les sons que l’on a pu entendre.

Rapports à la logique : « Parler, c’est lier des prédicats à des choses regardées comme des causes » (Pradinès). L’acte même de parler doit avoir un rapport essentiel à l’expérience. Cette causalité est un relais vers l’élaboration des lois de la physique.

Le langage est aussi fondé sur une relation pratique d’un homme à un autre. Mais une telle praxis est toujours langage, car elle ne peut se faire sans se signifier. Langage et relation se supposent l’un l’autre.

Le lagega est trans-phénoménale, non pas un phénomène comme les autres mais ce par QUOI LES PHÉNOMÈNES SONT RECEUILLIS pour accéder au mode proprement humain d’existence.

IV. L’apport de a linguistique.

1. L’avènement de la linguistique. De la linguistique historique à la linguistique structurale :

(Cours de linguistique générale, Saussure).

Linguistique structurales : Étude des structures indépendamment des événements qui peuvent venir modifier leur organisation. Une coupe du point de vue de l’écouement du temps.

Von Humbolt : langue comme « esprit d’un peuple ». Mais élaboration d’une méthode comparative et étude des liens de la langue à une vision du monde.

saussure met au moint une méthodologie de la linguistique par des distinctions devennues classiques : diachronie/synchronie, langue/parole, signifiant/signifié…

se méfier de la tendance à croure que le signe peut se suffire à lui-même et pour cela privilégier une structure. La priorité est donné au rapport entre les signifiants plutôt qu’entre celui entre signifiant et signifié.

2. Principaux caractères de la linguistique contemporaine.

A. Primat de la synchronie. De l’expérience à la structure.

L’expérience est l’aspect phonique d’une langue. On dégage des relations qui mettent de l’ordre dans l’expérience. Par exemple des relation « oppositives », d’où le nom d’analyse linguistique structurale.

B. La phonologie. les oppositions distinctives.

(R. Jacobson : Essai de linguistique générale)

Les phonèmes. On cherche les oppositions phoniques qui commandent l’utilisation des signes.

C. La sémantique : des structures aux significations.

Analyse des unités significatives (grammaticales et sémantiques). Les morphènes et les sémantèmes.

Le nombre des morphènes est fini, les sémantèmes illimités.

Notion de champs sémantique (Trier) : au voit s’opérer au cours des âges une restructuration du champs linguistique.

Cependant ce formalisme risque de laisser de côté des dimensions constitutives du langage.

D. La pragmatique : caractère constitutif de la communication.

(J.L. Austin : Quand dire c’est faire)

Inversion méthodologique par rapport à l’approche saussuriene. Toute une praxis interdirscurssive entre dans la fixation du moindre référant. La parole ne se résout pas en un jeu de significations préalables.

– Lien du signe à la communication :

Le signe est autant adressé à quelqu’un qu’il vaut pour quelque chose. Toute parole tire son pouvoir d’une loi d’échanges symbolique entre des sujets parlants. La réponse humaine est une réaction linguistique à une manifestation linguistique. Elle construit un message en échange d’un autre.

– Théorie des « actes de langage » :

À côté du sens d’un énoncé il y a sa force (force illocutoire et valeur performative des énoncés). Il vaut comme une action.

– Théorie de l’énonciation :

Importance de la notion d’ « embrayeurs de langage » : les expressions dont la signification varie avec les circonstances d’émission du message. L’acte d’énonciation est responsable de tout un jeu de formes spécifiques qui signalent la conversion de la langue en discours opéré par le locuteur (pronoms personnels, temps du verbe, démonstratifs). Mettent en rapport le dire avec le dit. La subjectivité retrouve droit de cité dans la linguistique. Le sujet est celui qui exerce l’action d’énoncer.

– Discontinuité entre les signes et compétetiquence métalinguistique.

Tirer les conséquences de la discontuinuité qu’introduit l’énonciation entre les signes du lexique commun (« chat », « maison ») et les formes spécifiques de l’aparreil formel de l’énonciation.

La langue ordinaire est à elle-même sa propre métalangue. Car avant l’énonciation, la langue n’est que la possibilité de la langue. Le sens exprimé dans la phrase est en proie à un contexte pragmatique chaque fois unique et déterminé. Il faut pouvoir faire mention de l’acte d’énonciation dès le moment où l’on analyse l’énoncé.

L’allocution, acte comun du locuteur et de l’auditeur, devient l’unité de compte de l’analyse linguistique.

La langue a pour a pour condition indispensable une dyade locuteur-auditeur, l’échange des signes. Elle est elle-même une pratique sociale.

Il faut donc partir des types d’interaction verbale existant dans les communautés concrètes où la langue vit et évolue : polémique, informative, didactique, etc.

Dans cette optique, les modes d’usage des grandes unités du discours devient déterminant. Priorité de la parole et de l’instane du discours.

C’est la parole plurivocale, à laquelle chacun participe qui est motrice de la diachronie (évolution de la langue), si un conscensus suffisant s’installe entre les hommes. Il faut penser la parole comme responsabilité intersubjective.

Haute portée philosophique du dialogue :  » dans tous les ordres de la culture comme dans le plus modeste entretien, une fois réalisé une signification commune, elle poursuit plus loin son effort. Car nulle part, en aucun temps, une communauté unanime n’a jamai été une communauté vivante (F. Jacques, Dialogiques).

Conclusion : du langage à la philosophie

Le langage, c’est la question jamais close de l’objet de la philosophie.

Elle travaille sur l’unité ui l’a rendu possible. Circularité dynamique et ouverte où philosophie et langage se déterminent réciproquement…

La philosophie étant fille du logos, son intelligibilité n’est que l’envers du sujet humain penser-parler. En exhumant sses propres fondations, elle assigne son plein sens au phénomène langage qui se déployait déjà en deçà d’elle.

Soit en dégageant la densité signifiante incluse dans le

langage (la langue grecque portait la logique et la métaphysique classique).

Soit en purifiant et formalisant le langage. Son horizon limite est alors la science.

Toutes les théories s’articulent autour des pôles téorie et science.

– La pensée opératoire : vers les philosophies « analytiques », dont le positivisme logique.

– la pensée symbolisante : vers l’herméneutique (Ricoeur et Heidegger).

On devient philosophe en se mesurant au langage.

DEVOIR AUTOCORECTIF

Langage et signification

Peut-on envisager un langage qui ne soit pas porteur de sgnifications ? Ou des siignifications qui ne se traduiraient pas dans un langage ?

Il y a des discours vides et des expressions sans langage (art, émotion). Mais n’est-ce pas en fait un langage : Merleau-Ponty : Le langage indirect et les voix du silence.

Signification : la relation entre le mot et la chose qu’il désigne. Une distinction entre sens et signification ?

sens : expressivité de l’image, surdétermination et opacité du symbole.

Signification : unités transp rentes et univoques du

langage articulé.

Mais le pouvoir de signifier ne saurait s’exercer hors de tout langage; Tout peut faire signe. Quel critère pour définir un signe comme constitutif d’un langage ? selon Husserl : c’est l’intention de signifiation. Sinon les signes sont des signaux ou des indices. On pourrait alors intégrer au langagage le rêve, le fantasme, l’oeuvre d’art…

Mais le discours articulé et la pensée discurssive sont-elles seules porteurs de signification ? Ou comme l’écrit Kant : le symbole « donne à penser ». Le sens ne constitue-t-il pas une certaine dynamique qui empêche le langage de se figer en significations ?

* * *

Il n’y a pas de sens avant le langage, pas plus qu’il n’y a d’infini inneffable, dit Hegel.

Livres II et III de la République où Platon condamne les récits mythiques des poètes. Une tromperie qui agit par la séduction des images. L’utilisation du mythe chez Platon : c’est l’expression d’un message que le discours rationnel a pour tâche de traduire en termes clairs.

idem pour Hegel qui situe dans l’histoirez le passage de la représentation symbolique à la signification conceptuelle.

Hiérarchie :

1 – architecture, sculpture, peinture et musique donnent l’illusio d’un innefable qui seraitsans paroles.

2- Forme paradoxale de la poèsie, fin de l’art.

3 – philosophie

Mais un tableau e se réduit pas au discours q’on peut faire sur lui. l’art : une apparence, l’expression voliée de l’Idée.

La linguistique structurale : également un primat de la signification. Cependant il ne s’agit plus de l’Idée mais de la pure forme…

La langue est un tissus où sont brodés à notre insu des figres morphologiques. Barthes : un totalitarisme de la langue. Les fonctios linguistiques assurent une vie propre de la langue qui n’est pas commandée par la signification qu’une pensée veut exprimer à l’aide de mots.

Idée d’une Réhorique de l’image : l’oeuvre suppoe un certain code. Le langage est considéré comme une activité de communication consistant à chiffrer un message à l’aide d’un code, à l’emmettre, recevoir, déchiffrer.

R. Jakobson : extension des catégories linguistiques (image, art, rêve…) par la notion de « valeur ». différentielle. La valeur d’un signe peut être modifiée seulement par le fait qu’un terme voisin aura subi une modification. (Cours de linguistique générale) Un jeu des termes entre eux. De rapports syntagmatiques (position du terme, syntaxe), et associatifs ou paradigmatiques (Lexique).

pouvoir de combinaison (métaphore) et pouvoir de sélection (métonymie).

Le propre du discours est de déséquilibrer le langage normal. l’art fait violence au langage. La poésie serait une transgression du code. C’est pourquoi la métaphore et la métonymie pourraient se trouver en dehors du langage proprement dit et seraient manifestent dans tout

processus symbolique;

Application des catégories du discours au langage onirique par Lacan. Caractère hiéroglyphique du rêve selon Freud : pas une série de symboles décousus ayant une valeur idépendante mais la réalisation d’un désir. Le texte du rêve forme système. Pour Lacan, il y a dans l’inconscient un ordre symbolique dont les unités et les règles préexistent au sujet et aux opérations du désir.

Par le symbole, l’enfant accède à la « puissance seconde » du langage. Le désir doit passer par le défilé de la parole. Il cherchera à se satisfaire à travers un chaîne indéfinie de subsituts. Le sujet est serf d’un discours dans le mouvement universel duquel sa place est déjà inscrite à sa naissance, ne serait-ce que sous la forme de son nom propre. C’est la jonction entre psychanalyse et linguistique structurale. L’homme est pris dans le réseau du langage, asservi à ses structures inconscientes qu’il n’a pas créé. L’imaginaire cesse donc d’être inconsistant ou illusoire.

Considérant tout objet culturel comme signe, R. Barthes cherche comment le sens vient à l’image (« Réthorique de l’image »). Dans une civilisation de l’écriture, l’image se donne essentiellement comme texte. C’est une représentation analogique. Il dissocie sa forme et son contenu pour pouvoir svconstituer une retghorique de l’image. Ainsi la signification, loin de commander le principe de son expression et de sa communication, n’est que le résultat d’une structure préalable. : le système de la langue.

* * *

Platon : les echecs de la rationnalité ou « apories » de la

dialectique. On ne saurait accéder à l’Etre comme on approche les essences. Il y a de l’indicible. Inachèvement de la dialectique ascendante : caractère transcendant et inconnaissable du Bien. Inachèvement du mouvement descendant de la dialectique car elle se heurte aux limites du logos pour dire les réalités intermédiaires comme l’âme, le monde et sa genèse.

Le logos se heurte à l’irréductibilité de son autre. La parole est discréditée.

Bergson jette ainsi le discrédit sur le langage en tant que tel. Calqué sur l’espace et purement pragmatique, celui n’est apte qu’à exprimé le monde extérieur mais pas la durée, la singularité de l’expérience vécue. « Le mot emmagasine ce qu’il y a de commun et d’impersonnel dans l’expérience humaine. Nos idées qui nous appartiennent le moins sont adéquatement exprimables par des mots. » (Essai sur le données immédiates de la conscience« ).

Seule l’intuition – silencieuse par excellence – peut saisir la pensée.

Hegel admet la présene d’un indiscible mais prends en compte les potentialités expressives du langage. « Exprimer, c’est suggérer un sens dans une expérience sensible qui la con tient de façon immanente ». Le signifiant se donne donc à voir et non à lire. Le sens n’est pas donné hors du sensible. L’image n’est pas un outil dont la fonction est de s’effacer, mais elle le produit en se produisant ele-même comme unité indissoluble du signifiant et du signifié.

L’image poétique ou esthétique réfute ain si la paraphrase

synonymiquez du : cela veut dire. Réduire le sens au concept, c’est consacrer la mort de l’art. On présuppose que dans la production esthétiuque, le sens prééxiste à son expression. Or l’image n’est pas traduisible en idée ni précédée de celle-ci. « L’expression est irréductible parce qu’elle n’est pas discurssive ». » (M. Dufrenne, Esthétique et philosophie).

Les sources profondes de l’expressivité de l’image sont la sensibilité, l’affectivité. J.F. Lyotard parle d’une connivence entre le désir et le figural. L’affectivité serait la source du dynamysme de l’imagination. Idée que le désir nbe peut que s’exprimer de manière hallucinatoire sous forme d’image. Loin e parler, le désir transgresse les règles du discours. Discours, figure, Lyotard affirme que e travail u rêve affecte le langage articulé, le déconstruit. « Le désir est par essence et d’emblée travestisemment, défiguration. »

Le désirva forcer le contenu latent et d’un texte linéaire et plat va faire une scène ou le désir se dramatise.

Le travail su rêve traite mots comme des choses; Ainsi le signifiant n’a plus la transparence que lui prête la linguistique mais une densité et une opacité.

Se développant dans un espace de chose, la pensée de rêve prend figure. Elle n’est donc pas une langue. Ce qui est donné à voir n’est pas de l’ordre de l’écriture ou du lisible.

C’est vrai aussi pour la poésie. Immanence du signifié et du signifiant dans l’image poétique. L’alitération, la rime s’oopose à la règle de différenciation des phonèmes. Les signifiants existent ainsi pour eux-mêmes. Le langage poétique lui-même vise à s’achever en peinture

Paul Éluard, Donner à voir, où il parle de parole peintes, de poèmes visibles.

Il faut donc distinguer sens et signification. En poésie, les matériaux utilisés par le poète ont déjà une signification (lexicale). Mais ils n’ont pas encore de sens qui lui sera donné par le poète qui leur donne en même temps leur épaisseur symbolique. Dans Amers de St John Perse,, la mer est un espace émotionnel. C’est la fusion de la nature et de l’inconscient.

Marx Ernst : « la vraie sensibilité commence qand le peintre écouvre que les remous de l’arbre et l’écorce de l’eau sont parents. » « les grands signes essentiels qui sont à la fois sa vérité et celle de l’univers. »

– le sens est donné dans une configuration sensible ;

– il renvoie au désir.

– il est donc totalement immanent : l’image est auto-référente puisque le sens li est intrinsèque.

– l’activité imageante n’a pas pour but la parole mais le silence (elles n’ont pas leur princgipe d’organisation en dehors d’elles-mêmes.) ;

Mythos ou logos ? Image ou concept ? Sens ou signification ? Expression ou communication ?

Dans leur effeort pour maîtriser l’autre de la Raison (mythe, rêve, art), les philosophies rationnalistes depuis Platon ont été confronté à la puissance de l’imaginaire… Soit elles ont affirmé le primat du logos, soit ont admis que du sens se manifeste en deçà et au delà du langage.

Même Hegel affirme finalement la mort de l’art devant la

pensée et condamne la représentation symbolique.

* * *

C’est Kant qui a jeté les bases d’une relation dialectique féconde entre sens et signification, symbole et concept. Il n’y a pas chez Kant la transparence de la signification d’un côté, l’opacité irréductibl de l’image de l’autre.

Critique de la faculté de juger : le génie comme faculté des « idées esthétiques ».

Une idée rationnelle dépasse l’expérience parce qu’il n’y a dans la nature aucune idée qui lui corresponde : âme, dieu, éternité, etc. Elle contient e l’inexprimable. C’est comme l’idée esthétique qui « donne beaucoup à penser ». Mais elle dépasse tout concept. Elle représente une intuition qui ne saurait être enfermée dans un concept mais oblige l’entendement à un effort indéfini d’explication. Seule une idée de la raison et non un concept de l’enten dement peut lui répondre.

Une idée esthétique est donc, selon Kant, la création d’une seconde nature. Le symbolisme est alors la fonction de l’imagination.

– les libres matières de la nature : couleurs, sons, etc. Elles donnent à penser bc plus que le concept. Elles suscite le « jeu libre de l’imagination ».

– le symbolisme dans l’art : le génie suscite des symboles nouveaux où il exprime les idées de la raison dans une seconde nature.

Toutes deux expriment ce qu’il y a d’inexprimable dans l’idée et son exigence de communicabilité.

Son seul mode d’expression est donc le symbole et aucune langue. Il y a deu sens qui aspire au discours, de l’imaginaire qui contient une exigence d’intelligibilité.

Le sens n’est pas conceptuel : i suscite des concepts. Il n’est pas réductible à des significatyions mais est matrice de significations.

Ainsi, affirmer que c’est du sens que naît le langage, c’est s’interroger sur le pouvoir de la parole et son primat sur la langue. La parole ne e contente pas de concrétiser l’organisation de la langue. La parole est première et cré la langue.

Le moment créateur du mot lorsqu’il émerge dans la langue. Fait du langage lui-même un art. Ainsi naît la poésie. Le poète rejette, selon Mallarmé, les ots qui ne servent qu’à l’ « universel reportage ». Se retrouver aux sources de la langue, entendre la parole vivante et la recréer.

Rousseau : « on nous fait du langage des premiers hommes des langues de géomètres, et nous voyons que ce furent des langues de poêtes. »

Mais où prend naissance la dynamique signifiante fondatrice des significations ?

Le discours implique un sujet, foyer d’activité et de sensibilité, se projetant dans des valeurs et des fins. C’est là que s’enracinne la dynamiUE SIGNIFIANTE. Ce n’esty pas la linguitique seule mais le politique et l’éthique qyi rendent compte des significations.

Kant, La religion dans les limites de la simple raison : le symbolisme doit être débarassé de toute métaphysique implicite et n’a qu’une signification ethique.

Comme chez Platon, la portée du discourq myhtique est d’ordre éthique : le mythe met en scène le conflit de l’âme écartelée entre la violence du désir et l’aspiration au divin.

Rousseau, Discours sur l’origine des langues, le vrai langage est « pouvoir sur les coeurs ». Il n’y a vraiment langage que lorque c’st la consciene qui parle, juge, évalue. A une foule esclave, il y aurait peu de choses à dire.

La parole est un geste qui a prise sur la réalité. Notion de performatif chez Benvennist et Austin : emploi des expressions à l’intérieur des situations.

* * *

Ancrage exintentiel du sens dans l’action dessine les tensions majeurs du langage entre vécu et représentation, singulier et universel, expression et communication. C’est pourquoi le langage à à se travailler, à se transformer pour que la langue vive.

En deçà du langage : le sens par les gestes, comportements, mouvements…

Au delà : élargissement de son sens à d’autres modes d’expression (art).

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