Publié par : gperra | 5 mars 2012

Fiche de lecture sur le thème de la vérité

La Vérité

1

1. Les conditions du problème de la vérité. Une pensée de Pascal.

« La vérité n’est pas Dieu ». Si Dieu est Vérité, cette vérité n’est pas le Dieu des philosophes.

« Nous avons une impuissance de prouver, invincible à tout dogmatisme. Nous avons une idée de la vérité, invincible à tout le pyrrhonisme. »

La vérité ne s’épuise pas dans sa fonction d’idole, la recherche même inaboutie du vrai demande à être reconnue pour ce qu’elle est.

C’est une puissance positive d’affirmation. Si la vérité n’était qu’une illusion, la liberté que requiert la philosophie s’évanouirait.

Le scepticisme lui-même serait incompréhensible sans l’idée de vérité. On cherche des vérités en passant outre à cette idée de la vérité que nous portons en nous.

L’alternative entre dogmatisme/scepticisme sont les deux branches d’un dilemme qui se referme sur la condition humaine. Dogmatisme et scepticisme sont donc intenables. L’individu ne peut justifier aucune de ces attitudes.

La pensée mue par l’idée de la vérité rencontre donc la vérité comme problème.

Krüger : Critique et morale chez Kant : le but de la critique était de « fonder la métaphysique grâce à la morale et cela malgré l’impossibilité de la métaphysique ». Une époque relativiste lutte avec ses présuppositions ultimes jusqu’au point où elle met en danger l’existence de ses présuppositions.

2. La tentation d’abandonner l’idée de vérité. Le pyrrhonisme contemporain. La « déflation du vrai.

L’impuissance de prouver se montre se montre sur cette vérité même dont nous avons l’idée.

Pascal Engel, La Vérité. Réflexion sur quelques truismes : il nie moins la vérité même que son existence comme problème permanent de la philosophie. La vérité serait la question métaphysique qu’il ne faut pas poser. S’accompagne d’une dénonciation des autorités qui « s’approprient le droit de dire vrai ».Ce qui importe n’est pas le sens profond du mot vrai, par ce qu’il n’en a pas, mais les attitudes psychologiques, les valeurs et les pratiques qu’adoptent les individus ou les groupes qui tiennent certains discours pour vrais. »

Les philosophes qui ont nié ou relativisé l’idée de vérité, comme Hume, Nietzsche ou Heidegger était cependant encore des philosophes, mais qui n’ont pas analysé la vérité à partir des significations usuelles. La dénonciation des idéaux de vérité se soucie habituellement peu d’expliquer ce que la vérité signifie dans ses usages les plus ordinaires.

3. D’une vérité de réflexion à une vérité ontologique.

A. La vérité n’est pas objet de doute. Analyse de la formule de Descartes : « Je n’ai jamais douté de ce que c’est que la vérité ».

Hegel célèbre en Descartes le véritable initiateur de la philosophie moderne. Il a fait du penser le principe. La conscience de soi est un moment essentiel du vrai. Descartes invente la conscience de soi philosophique moderne. La terre ferme est le cogito.

Ce qui implique que l’on a pu fonder des philosophies sans la conscience de soi, ou ne pas réfléchir sa pensée même.

La philosophie trouve donc avec Descartes, trouve en elle même les ressources qui la justifient et les conditions de vérité qui valident son discours.

La vérité est, selon Descartes, une notion si transcendantalement claie qu’il est impossible de l’ignorer. Ce n’est pas u instrument dont on pourrait faire l’épreuve avant d’en faire l’usage. La vérité noues est « connue de nature » et on n’aurait pas de moyens pour appendre ce qu’elle est si on ne la connaissait déjà. En langage pascalien, c’est un des termes premiers que l’ion ne peut lus définir mais que la nature soutient. (De l’esprit géométrique). « Rien n’est plus faible que le discours de ceux qui veulent définir ces mots primitifs. »

Pascal donne comme exemple les termes : homme, être, etc.

Mais Descartes n’examine pas ce que c’est que la vérité. Aujourd’hui nous devons le faire puisque le scepticisme attaque cette notion du fait de son absente de définition, s’attaquant par la même au cogito.

B. Mise en rapport du non-doute de DEscartes quant à la vérité et du doute méthodique.

La vérité n’est pas ce dont doute le philosophe du doute. Il peut douter de la possibilité d’atteindre le vrai. L’intelligence de l’homme est toujours droite car elle est fondée par Dieu. Puisqu’il n’y a pas e Malin Génie trompeur, la lumière de la vérité prévaut sur les définitions de la vérité.

Car l’idée de Descartes est enveloppée dans le certitude du cogito. C’est une vérité réflexive, mais toute la difficulté est de s’élever ensuite à une vérité ontologique. C’est : l’idée d’infini ou de dieu ne pouvant procéder d’un esprit fini tel que le nôtre, elle ne trouve qu’en Dieu la cause que la lumière naturelle exige pour elle.

Mais le doute est-il à la base e la philosophie ? Pour Hegel, c’est le scepticisme radical…. Mais pour Aristote et d’autres c’était l’étonnement.

Le philosophe du doute détermine le vrai pour le certain : l’évident. « Je me plaisais surtout au maths, à cause de la certitude et de l’évidence de leurs raisons. » (DM).

La certitude est la présence du vrai dans le sujet. La vérité est essentiellement certitude, évidence. Et le savoir de la synonymie (vérité = certitude ou évidence) est lui même une certitude qui prévaut sur la définition nominale de la vérité.

Pour Descartes, le doute n’est ni la visée ni le terme de sa philosophie. Descartes cherche un remède à l’impuissance de prouver. Il fonde l’édifice du savoir sur la certitude de soi (la conscience de soi) du sujet philosophant en montrant qu’il est capable de vérité portant sur ce qui est.

C. Un savoir se développe selon ses propres lois. La question de la vérité devient celle du rapport entre l’ordre de la connaissance et l’ordre de l’être.

II faut en effet distinguer les deux termes. La connaissance ne consiste pas dans une reproduction de ce qui est par l’esprit. Son idée de vérité implique un vrai savoir se construisant conformément à ses propres lois.

Contre une logique de la vérité, comme la logique aristotélicienne, conçue comme une législation e la connaissance et une théorie universelle de la réalité. La vérité cartésienne brise le parallélisme entre l’être et la connaissance. La logique ne peut nous faire connaître la nature de la vérité. Elle consistera seulement à prendre conscience par voie réflexive d’un savoir immanent à la pensée.

Il ne s’agit pas de prescrire des normes à la connaissance mais plutôt d’élever à la conscience claire les principes mêmes du savoir, d’édifier un savoir de l’a priori.

Tous les philosophes du XVII même anti cartésiens, hériterons de cette idée. La philosophie de Kant avalisera le divorce (surmonté par Descartes) entre la logique et le réel. Mais elle donnera aussi naissance à la philosophie hégélienne où les catégories sont des déterminations de l’absolu da ns un discours, une Science qui est à soi-même son propre sujet.

4. L’idée « cartésienne » (moderne) de vérité renvoie à la spécificité du mode de pensée pré-moderne.

Les définitions de la vérité sont inopérantes. Ainsi dans Encyclopédie des sciences philosophiques, Hegel évoque « la première position de la pensée par rapport à l’objectivité ». Celle-ci ne soupçonne pas le problème du rapport entre les déterminations de l’être et les exigences de la connaissance. Mais la connaissance n’est pas reproduction, imitation d’une réalité dont la pensée pourrait s’emparer en sortant d’elle-même. La pensée ne saurait sortir d’elle même.

« L’esprit humain ne connaît que e qu’il construit » Kant.

« Je suis, personnalité, vue du monde qui n’existe que comme monde vu » Hegel.

La philosophie classique (antique et scolastique) était donc définie comme une pensée pour laquelle la conscience de soi n’est pas reconnue comme un moment du vrai.

Mais cette philosophie pouvait aller directement aux choses et aborder un problème sans avoir au préalable à développer une métaphysique de sa propre QUESTION.

La philosophie antique est une philosophie où l’évidence est une caractéristique du vrai sans que la vérité soit essentiellement définie par elle et rapportée à la certitude de soi du sujet connaissant.

5. Au-delà de Descartes et de l’alternative réalisme-idéalisme. Une conception minimaliste de la vérité.

Descartes croyait à l’existence du monde extérieur et à des essences.

Michel Dummett ramène l’opposition traditionnelle de la philosophie entre idéalisme et réalisme à celle du réalisme et de l’anti-réalisme. Ce sont chacun des thèses portant sur les conditions de la signification de nos énoncés. Les énoncés maths sont ainsi vrais ou faux pour le réaliste platonicien ou cartésien), pour l’intuitionniste anti-réaliste, ils sont seulement démontrable ou non.

Idem en éthique où les énoncés relatifs aux valeurs seront pensés comme susceptibles d’être vrais ou faux, ou comme relevant de la seule situation de ceux qui les produise.

Quand Kant dit qu’il n’est pas de connaissance qui ne soit une connaissance-sujet, ne renvoie pas à dire que le concept n’est qu’une réalité opératoire ne renvoyant qu’à elle-même, et non à une réalité substantielle. Car pour fonder un tel réalisme empirique, il faut encore avoir l’idée de vérité.

Pour Engel, la vérité est un idéal que nous visons, la limite de l’enquête.

Certes la vérité fait partie des normes que nous acceptons. Mais elle est ce qui vise une croyance. La vérité, selon Engel, est une norme, « parce que même s’il ne dépend pas de nous que nos représentations soient vraies, la question de leur vérité ne se pose jamais que dans des contextes où nous devons croire ou savoir, c’est-à-dire dans le contexte de la connaissance, laquelle est associée aux notions de raison, de justification. (La Norme du vrai).

« La vérité n’est pas par elle-même normative, mais elle hérite cette normativité de celle du savoir. Même si la vérité semble s’identifier de manière indéfinissable à la réalité ou l’être, ce n’est que lorsque se pose la question de la connaître que nous parlons de vérité. Autrement, il n’y a rien à en dire, sinon qu’elle est là, et qu’elle est là même quand nous n’en disons rien. »

La vérité tend donc à être séparée de la notion de représentation pour être reliée à l’intersubjectivité. « Il faut au moins être deux pour qu’il y ait un vrai. » (Francis Jacques, L’espace logique de l’interlocution) Si l’espace de parole est canonique, on aura une vérité idéologique, etc.

Il est cependant possible de découvrir les règles pragmatiques qui régissent la communication réussie porteuse de sens. Cela n’exclue donc pas l’idée de vérité mais l’inscrit dans l’approche relationnelle.

Annexes

Le concept d’Alèthéia chez Heidegger

La vérité comme dévoilement. Non-oubli de ce qui est oubli, voilé, dissimulé. C’est avant Socrate qui a fait de l’idée de vérité celle de clarté et d’objectivité.

La vérité est un être clair-obscur, un mystère de l’être au sens de présence qui se donne en se retirant. Penser la vérité, c’est être conduit des étants particuliers vers l’Être comme source cachée des étants, don d’une présence qui n’est là qu’à travers eux, qui est par essence objet d’oubli.

L’ordre de la vérité saisie la différence ontologique entre l’être et l’étant. Mais cette question fut destinée à un travail d’oubli de la part de toute la métaphysique occidentale.

Il faut dont faire la déconstruction de la métaphysique qui s’est construite sur l’oubli de l’Être comme sil s’agissait d’un étant. Et méditer une idée originelle et originaire de vérité. Il fait la relecture des grandes philosophies et de leurs occultations de l’être.

L’Etre est à penser comme horizon du temps. Identité de l’Etre et du Temps. L’homme : l’étant fini où jailli la pensée de la vérité, l’inquiétude concernant l’être.

L’homme se définit comme l’étant par lequel tout étant est susceptible d’être dévoilé. Mais ceci suppose l’expérience du néant.

Le destin de l’homme est de se réapproprier cette vérité de l’être qui est la sienne, qui advient en et par lui.

Extrait de la lettre de Descartes à Mersenne du 16 octobre 1639 :

« La vérité est pour moi une notion si trancendantalement claire qu’il est impossible de l’ignorer. » On connaît la vérité de nature. On ne peut donner aucune définition de logique qui aide à connaître sa nature. Lorsqu’on veut définir ces choses, on les obscurcit et on s’embarrasse.

La règle des vérité est la lumière naturelle et non le consentement universel. Et tout les hommes ont une même lumière naturelle.

Il n’y a pas en notre âme une infinité de diverses petites entités nous permettant de connaître une infinité de choses. L’âme acquiert toutes ses connaissances par la réflexion qu’elle fait.

Mais il est très utile de ne rien recevoir en sa créance sans considérer à quel titre ou pour qu’elle cause on l’y reçoit.

Il y a deux sortes d’instinct en l’homme : la lumière naturelle ou l’intuition de l’esprit. , l’autre est l’instinct des animaux.

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