Publié par : gperra | 5 mars 2012

Fiche de lecture sur la Philosophie de Plotin par Emile Bréhier

La Philosophie de Plotin

Émile Bréhier

 

 

 

 

Introduction :

 

Plotin fait partie des mouvements contemplatifs de son temps et se distingue de la philosophie pratique des stoïciens. Il s’inspire de Platon mais met l’accent sur la contemplation.

Entrer dans l’intelligible, contempler, c’est monter dans une région où il n’y a plus rien de réellement distingué.

Le sensible est comme le visage de l’intelligible.

Plotin visiait la solitude du sage et non la compagnie des êtres bienveillants qui peuplaient l’autre monde des stoïciens.

Mais Plotin se sert du registre sensuel pour décrire l’intelligible. Affinité entre l’intelligible et le sensible qui les font communiquer par dessus le pensable.

A son époque, on croît tout conaître du monde sensible et ce n’est qu’en sortant du monde que l’intelligence est stimulée.

Il y a deux « physiques » à l’époque : celle des philosophes, et celle des praticiens (voyageurs, mettallurgistes, médecins, etc ) qui révèle des faits mystérieu et incompréhensibles. Les deux ne se sont jamais vraiment séparées.

Pour Plotin la nature est une magie. Toute les parties d’un monde animé d’une même âme se correspondent et se répondent. Le merveilleux est donc partout dans les choses sensibles. Mais nous avons pris l’habitude de ne plus remarquer la beauté de ce spectacle.

Le monde intelligible est la face intérieur des choses. Sa connaissance n’est pas une abstraction mais un approfondissement de la sensation.

Chap I :

C’est un siècle où les élites s’effondrent et avec elles leur philosophie, le stoïcisme. En revanche on commente les

anciens, Platon et Aristote.

L’astrologie devient une sorte de religion universelle car elle est présentée comme philosophiquement et scientifiquement vraie.

Mais pour Plotin il y a conflit entre les conceptions de l’univers et de la vie des nouvelles religions et les vieilles conceptions hélleniques. D’une part l’univers a une histoire et vit des crises : création, chute, rédemption, etc. Et alors la religion est une rénovation de l’être…

D’autre part on cherche les lois de l’univers, sa stabilité dans le changement et sa loi de l’éternel retour. Et alors la religion est une contemplation…

Plotin semble entre les deux. Il aime la philosophie grecque

mais se pose des problèmes que celle-ci n s’est jamais posé : les pbs religieux, la restauration de l’âme dans son état primitif.

Chap II : Les énéades

Chaque traité des énéades a six groupes. On part de soi-même et du monde sensible pour monter au principe immédiat du monde qui est l’âme, puis au principe de l’âme qui est l’intelligence, puis au principe de toutes choses : l’Un.

Plotin enseignait par le biais de la discussion. Les énéades sont la rédaction des vivantes discussions de l’école. Il expose dans xchaque traité sa doctrine toute entière sous le point de vue particulier du sujet qu’il a à examiner.

Composition d’un traité : la question, la démonstration dialectique, la persuasion et un hymne qui proclame le bonheur d’avoir accès au monde intelligible.

Les questions sont des questions classiques de la philosophie.

La démonstration est un vrai dialogue.

« La démonstration comporte la nécessité, mais non la conviction. La nécessité est dans l’intelligence, la persuasion est dans l’âme. »

Pour Plotin, l’image n’est pas un ornement extérieur mais un élément intégrant de la pensée. Il veut exprimer des réalités que le langage est impuissant à exprimer. Reste à les suggérer par analogie.

L’image approche si près de l’idée qu’elle tend à devenir une vision directe et immédiate.

Chap III : le problème fondamental de la philosophie de Plotin.

Deux questions chez Plotin : restaurer l’âme dans son état primitif ; l’explication rationnelle de la réalité. Les deux questions sont liés

L’âme humaine est arrêtée ou diminuée par des obstacles dues au corps et aux passions.

« Le corps : une prison et un tombeau.

Le monde : une caverne et un antre. »

La nature véritable de l’âmùe est d’être impassible et indépendante.

La pure contemplation intellectuelle est un bonheur où l’âme est plus purement ele-même.

Le mal vient d’une addition d’un élément qui est étranger à l’âme. L’âme est comme un morceau d’or pur sali par la boue.

« Je m’échappe de mon corps et m’éveille à moi-même »

Mais comment l’âme a pu descendre dans le corps ?

À cette époque, on se représentait le salut de l’âme sous la figuration d’une montée et d’une descente de l’âme dans certaines régions. Ainsi Platon dans le Phèdre. Ou le culte de Mithra et des sept

sphères planétaires où l’on se dépouille chaque fois d’une partie de ses vices jusqu’à la béatitude sans fin. Ces religions étaient inséparables d’une représentation de l’univers.

Plotin utilise le langage de ces religions. L’univers se sépare pour lui en deux sections : celle où l’âme monte et celle où elle descend. Il emploie les termes précis des Mystères isiaques.

Mais à côté de sa représentation religieuse de l’univers, Plotin place une représentation philosophique. L’univers a une signification pour la raison.

Conflit entre une représentation religieuse de l’univers et une représentation rationaliste qui ne tient pas compte de la destinée individuelle de l’âme.

Plotin a transformé l’image mythique de la destinée de l’âme comme suite d’événements localisé en des lieux différents devienne une suite de démarche nécessaire encadrées dans la structure rationnelle.

La science devient un receuillement intérieur : l’âme se modifie dans son ascension à travers le monde intelligible.

Chap IV : la procession

L’univers est une série de formes dont chacune dépends hiérarchiquement de la précédente.

Potin défendait l’idée hélleniste de l’éternité du monde.

L’Intelligence doit être posée comme une chose antérieure au monde sensible qui en est l’hypostase. La raison est antérieure à ce monde. C’est l’unité multiple.

Au dessus d’elle il y a l’Un.

Entre l’Intelligence et la matière, il y a l’hypostase intermédiaire de l’Âme.

L’Un contient tout sans distinction. L’Intelligence contient de manière distinct mais solidaire tous les êtres. Dans l’Âme elle commence à se séparer pour s’éparpiller dans le monde sensible.

La succession des hypostases est un ordre d’exposition et non un ordre temporel.

Mais pourquoi l’Un a-t-il donner naissance au monde sensible, pourquoi n’est-il pas resté dans sa solitude ?

Car tout les êtres produisent nécessairement autour d’eux une réalité qui tends vers l’extérieur, comme la lumière du soleil. Dès qu’un être advient à son point de perfection il engendre. On ne peut rester en soi-même. C’est comme une source qui n’a pas d’origine mais donne l’eau de tous les fleuves.

La puissance va en se divisant et en se diluant. L’Un est la puissance toutes choses mais n’est aucune de ces choses.

L’hypostase naît quand elle se receuille en elle-même et s’isole et ainsi se fixe. L’Intelligence est un multiple, émané de l’Un, qui se cherche lui-même.

La réalité rationnelle et spirituelle est première chez Plotin, le reste est sa dégradation.

Chap V : l’Âme

Chaque hypostase a un double aspect. Elle se dilate et participe des hypostases supérieure et inférieure zafin d’assurer la continuité. L’Âme est la dernière raison intelligible mais la première de l’univers sensible.

L’Âme a le pouvoir de parcourir d’un bout à l’autre la chaîne des réalités et de s’assimiler à elles par une série de transformations. L’âme va de la communion avec l’Un où elle n’est même plus une âme jusqu’au plus bas où elle est force

organisatrice dans le monde sensible.

Le contact de l’âme avec le coprs est bon et nécessaire. L’âme comme siège de la destinéeest le résultat de ses impuretés et de ses vices. Contradiction que Plotin avait repéré chez Platon : l’âme déchue du Phèdre et l’âme organisatrice de l’univers rendant celui-ci parfait du Timée.

La physique animiste de Plotin : toute force active de la nature est une âme (et pas seulezment les animaux) oyu se rattache à une âme. Tout être a une part d’âme qui lui vient de l’univers.

Adhésion de Plotin à la théorie stoïcienne des raisons séminales : la force qui contient à l’état indivisible tous les caractères qui se développeront séparément et successivement dans un être vivant. Un intermédiaire entre l’âme et l’être vivant.

L’âme n’est pas seulement ce qui ordonne la matière mais elle contient l’ordre qu’elle a contemplé dans l’intelligence.

L’âme du monde est comme un océan spirituel dans lequel baigne la réalité sensible. Ses forces sont immuables car elles sont la contemplation d’un ordre immuable.

La partie inférieure de l’âme, la nature, ne produit que parce qu’elle est une raison. La seule force réelle est la contemplation. Lza nature est comme un rêve des forces spirituelles, qui se reflète dans la matière.

Pour Plotin, la réalité n’a rien d’opaque à la vie spirituelle.

Polémyque de l’époque de Plotin : les stïciens pour qui les âmes

individiuelles ne sont que des portions de l’âme universelle (le soleil, le Destin) et ceux qui disent que l’âme n’est pas de ce monde. Pour Plotin, les âmes ne sont pas isolées les unes des autres. Mais il faut aussi que nous soyons nous-mêmes et que nos actions soient nôtres. Pour Plotin, les âmes multiples sont homogènres entre elles. Elles ont toutes la même capacité de vie spirituelle. C’est cela qui fait l’unité entre les êtres. C’est une communion par la contemplation de l’intelligible. Mais nous ignorons notre unité car nous regardons hors de l’être dont nous dépendons. Au plus haut degré de l’âme il y a un état d’union telle que l’on ne peut plus parler de plusieurs âmes.

Les âmes sont donc séparées et ne sont pas séparées.

Certaines âmes cachent encore dans l’universalité du monde intelligible ce qui lui est particulier. D’autres bondissent

hors de l’âme universelle dans un être particulier sur lequel elle dirige une activité particulière.

La multiplicité des âmes provient d’une vie spirituelle qui va en diminuant et en s’effaçant peu à peu depuis l’état d’union jusqu’à celui de dispersion.

Les âmes finissent-elles par s’unir aux corps où eles se dispersent ?

Poiur Plotin, il est naturelle que l’âme finisse par produire un corps. L’âme est transportée vers le corps envers lequel elle a le plus de ressemblance.

Mais en même temps c’est un peu comme le piège du regard de Dionysos. Ainsi l’âme s’isole.

Il faut distinguer l’acte naturel et nécesaire par lequel l’âme anime un corps et celui par lequel elle se lie de volonté à ce corps. Dans le dernier cas elle va plus loin qu’il ne faut. La partie supérieure reste dans l’intelligible mais la partie moyenne descend vers son reflet.

* * *

La psychologie de Plotin repose sur le fait que l’ion ne peut tracer les frontière de l’âme ou du moi. Dans les états spirituels de degré supérieur, le sentiment de personnalité disparaît. Nous ne sommes plus que l’intelligible que nous contemplons.

Les fonctions normales de l’esprit sont des dérivations de la vie spirituelle. La conscience est un affaiblissement.

Au plus au degré de l’âme, il n’y a pas de mémoire car elle est hors du temps. Pas non plus de sensibilité ni de pensée discurssive. Mémoire, sensibilité et entendement sont un abaissement de l’âme dans la réalité métaphysique.

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La mémoire : elle apartient à l’âme et non au corps. La mémoire n’est ni liée au désir ni à la persistance de l’impression sensible. Il n’y a mémoire que liée à des images sensibles. Le langage fait passer la pensée à l’état d’image et ainsi lui permet de se percevoir elle-même.

La pensée est donc dans l’âme qui n’est pas purifiée de tout contact avec le corps. Quand la purification a lieu, la mémoire s »élimine graduellement. Elle oublie les choses

d’ici-bas.

La mémoire naît dès que l’âme veut se distinguer de l’intelligible. L’âme ne possède plus alors que des images car elle pénètre incomplètemen les objets.

De même, la durée de la vie d’un astre est indivisible en fragments de temps alors que la mémoire produit cette fragmentation.

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Le plaisir et la douleur sont à un niveau plus bas de l’âme et que la mémoire. Ils sont aussi liés au corps. Lorsque le corps se lie à l’âme, il forme avec elle une alliance instable et dangereuse. Lorsque le corps est blessé, il tends à perdre l’image de l’âme qu’il possède, ce qui provoque la douleur.

Le plaisir survient quand la modification corporelle permet de nouveau au corps de recevoir l’image de l’âme.

Le désir commence dans le corps vivant. Ensuite il vient dans la nature (cette partie de l’âme qui conserve le corps). Elle n’acceuille que les penchants du corps qui le mène à la guérison. Enfin le désir vient dans l’âme mais celle-ci peut l’acceuillir ou lui résister. Plotin met donc l’accent sur l’importance des phénomènes organiques dans la vie de l’âme.

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L’entendement, entre l’intelligible et le monde sensible, est le niveau propre et normal de l’âme. L’entendement c’est

nous-mêmes. Il a une fonction de liaison (entre les images des sensatuions, entre les sensations et les idées intelligibles, entre les images anciennes et réçentes). Il s’élève ainsi vers l’intelligence dont il reçoit l’illumination.

La sensation ici-bas n’est qu’une image de la faculté de sentir des êtres intelligibles, qui elle est claire car non liée aux corps.

Chap. VI : L’intelligence

L’âme peut se receuillir en elle-même et remonter à son principe qui est l’Intelligence.

Se penser soi-même, c’est penser les êtres.On accède à l’être dans sa richesse et sa variété.

Idée du discours de Diotime selon laquelle la beauté de l’âme provient de l’intelligence. Platon conclut à l’Idée du Beau. Plotin pense que ce sont les Idées qui donnent aux choses leur beauté. La beauté, ce sont les Idées. L’Intelligence est une sorte d’art naturel qui se reflète dans les choses sensibles. La beauté n’est pas un accident mais l’essence des choses.

L’élévation morale comme la contemplation esthétique nous anmènent donc à l’intelligence.

Les vertus sont des imitations des propriétés inhérentes à l’intelligence. À la justice de l’âme ou de la cité corrspond la Justice de l’Intelligence.

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Analyse aisrtotélicienne d’une chose sensçible entre matière et forme.

L’Intelligence est donc la forme des formes. L’Intelligence est l’acte pur d’Aristote. L’être est placé au premier rang et l’intelligence ne vient qu’après. L’être dans sa plénitude est en même temps raison d’être. L’intelligence ne donne pas après-coup sa raison d’être à l’être.

On passe de la forme à l’essence et de l’essence à l’intelligence.

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Chez les Stoïciens, l’intelligence est un principe cosmique. Chez Plotin, l’Intelligence est un Dieu qui contient tout les autres.

Car elle est le modèle du monde sensible, de ses dieux visibles et invisibles.

Reprise de la théorie des Stoïciens : l’extrême sympathie des partie du monde est l’unité de l’Intelligence.

Dans le monde inteligible, tout est transparent, chaque chose est à la fois particulière et universelle. L’Intelligence est une fusion et union de toutes les réalités cosmiques. Chaque être contient tout les autres. La loi qui relie les intelligences est la loi substancielle de leur être. L’Intelligence est la loi même de leurs existences.

L’Intelligence est donc la vie et non un système de rapports abstraits. (Obsession de Plotin qui décrit l’Intelligence en termes sensuels).

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L’Intelligence est à la fois monde d’Idées (Platon, origine des formes (Aristote) et sympathie des parties du monde.

Le receuillement sur nous-mêmes, dans lequel nous devennons intérieurs à nous-mêmes, est une imitation dans l’âme de l’état de l’Intelligence.

L’Intelligence est la lumière primitive, éclat tourné vers soi, éclairant et éclairé ; car ce qu’il voit, c’est lui-même.

Plotin fait une sorte de synthèse entre la connaissance du monde et la connaissance de soi, sciences de la nature et sciences morales.

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Plotin se demande si les Idées sont transcendantes ou dans l’Intelligence.

Si l’Intelligible est dans l’Intelligence, l’Intelligible peut se confondre avec l’intelligence elle-même. Mais si n conçoit les Idées comme séparés de l4intelligence, celle-ci n’est plus qu’une raison discurssive qui relie les Idées.

Les Idées ne sont pas, pour Plotin, des êtres séparés les uns des autres. C’est le non-être qui donne un surplus et qui sépare les êtres.

La connaissance , qui exige une pluralité d’idées liées ensemble, n’a

lieu que sous une forme déchue de l’Intelligence. C’est notre intelligence discurssive qui sépare les Idées de l’Intelligence.

* * *

Plotin est un précursseur car il pense l’évidence de la pensée qui se pense elle-même et qui se connaît en tant que pensée (Descartes).

L’Intelligence est un dynamisme qui ne peut se fixer en aucune forme concrète et arrêtée.

Se penser soi-même, c’est penser toutes choses.

Se fixer sur un objet de contemplation déterminé, c’est s’arrêté de penser. La pensée de soi-même (pensée totale) est le terme du mouvement qui produit successivemlent la pensée de toutes

choses.

L’âme de l’individu contient les mêmes raisons que l’univers. Il peut donc trouver son être vrai et l’être universel par la pensée de soi même.

L’intelligible est ce moi lui-mêmùe qui, poursuivant sa course à travers des concepts généraux, ne se contente d’aucune détermination abstraite et ne se satisfait que lorsqu’il s’est trouvé » lui-même dans son infinité.

Chap VII : L’orientalisme de Plotin

L’intelligence est à la fois un système articulté de notions définies et en même temps l’être universel au sein duquel toute différence

est absorbée. C’est à la fois rationnel et mystique.

Le mysticisme de Plotin n’est que l’abus du rationnalisme grec et sa terminaison. Certes, ses souces et sa représentation du monde est d’origine hellénique. Mais pas son problème fondamental : le rapport de l’être particulier que nous avons coscience d’être avec l’être universel. Plotin ne cherche pas une unité rationnelle (comme les Stoïciens concevaient par exemple la loi du destin) mais une unification mystique.

La conscience individuelle naît d’une limite et du non-être. « C’est par le non-être que vous êtes devenu quelqu’un ».

En dernier recours, la conception de Plotin sur l’Être se réfère à l’expérience et non à une explication rationnelle. La vraie science est une unité imédiate de l’unité des êtres.

Contrairement à Platon pour qui l’âme descend du ciel (et est un moi), l’âme selon Plotin n’est qu’un morceau de l’universel.

* * *

Quelles sont ses sources ?

Le système de Plotin se distingue de toutes les religions de son temps par l’absence presque complète de médiateurs entre l’âme et la divinité. C’est l’âme elle-même qui devient Intelligence puis fusionne avec l’Un. Le rôle de la prière est minime. Et impossibilité de donner naissance à une communauté religieuse.

Plotin s’est interessé au culte de Mithra des Perses : le Soleil, Être suprême transcendant dont les âmes sont les rayons venant animer le monde.

Or Plotin utilise frequemment la métaphore de la source lumineuse pour l’Un.

Mais pour Plotin, la divinité était présente en toutes choses. Il ne faut donc pas aller la chercher, comme si elle était éloignée de nous, mais sentir sa présence. Tout en restant près de l’Être, on s’en est détourné. Donc pas de pratique religieuse. Plotin avait même de l’antipathie pour les cultes romains de son temps.

* * *

Le néoplatonnisme postérieur à Plotin a abandonné cette théorie

particulière de l’Être. Émile Bréhier pense que ce système de Plotin proviendrait de la spéculation religieuse indienne, les Upanishads.

Plotin a vcu sur la route de l’Inde, à Alexandrie. Il s’interessait aux sagesses barbares et ne s’est pas tourné sans réticence vers l’hellénisme. Les hiéroblyphes étaient pour lui une connaissance immédiate et non une connaissance par la pensée discurssive.

Les Upanishads : bonheur par la connaissance de l’identité du moi avec l’être universel. Il faut dépasser toute formes finies jusqu’à atteindre Brahman, l’indescriptible qui est en même temps fondé sur la certitude de son propre moi. On l’atteinds par l’intuition due à la pratique de la méditation. Le moi est sans limites et il est toutes choses. Brahma est identique à Atma. Ce qui est différends de l’universel, c’est le moi limité. L’Atma n’est

pas un objet de science mais d’intuition. La connaissance de soi n’a aucun caractère moral.

Chap VIII : L’Un

L’Intelligence est la satisfaction intime d’avoir échappé à toutes les formes particulières de l’Être.

Avec la conception de l’Un comme principe supérieur à l’Intelligence, Plotin n’est-il par le premier auteur irrationnaliste d’Occident ?

L’Un est au delà de toute connaissance intellectuelle mais seulement de l’expérience.

* * *

Rationalisme grec : l’Intelligence est le dieu suprême de toutes choses.

Chez Platon, il y a un principe supérieur à l’Intelligence : le Bien. Différence entre l’Un des Stoïciens reposant sur une culture biologique et morale et celui de Platon reposant sur une culture mathématique. Pour Platon, le Bien est transcendant aux essences. Nécessité rationnelle de la transcendance de l’Un : l’unité de mesure doit être au delà des mesures.

Pour Plotin, l’Intelligence ne pourra rien comprendre si elle n’est illuminée par l’Un. C’est la mesure qui lui permet de saisir les rapports fixes et stables.

Les choses, dit Plotin, perdraient leur être si elle perdaient leur unité : exemple du troupeau qui n’en est plus un quand les brebis se dispersent. Ce n’est pas l’âme (multiple) qui est le facteur d’unité. Ce n’est pas son essence (Aristote, car l’essence est toujours une notion complète. Il faut donc une unité transcendante à l’essence pour en lier les parties. L’Intelligence, qui est la totalité des essences, n’a pas d’autre unité que celle d’un ordre systématique qui reflète l’Un.

« L’Intelligence regarde vers l’Un, afin d’être Intelligence. » Cette vision de l’Un est une conversion sur soi qui donne le pouvoir d’engendrer les essences.

« Comment tous les êtres viennent de l’Un qui est simple et ne montre dans son identité aucune diversité ni aucun repli ? » Trois moments :

1) L’un, étant parfait, surabonde et cette surabondance cré autre chose que lui (, l’autre, la dsyade indéfinie).

2) En se retournant vers l’Un, la dyade se laisse déterminer par lui.

3) Elle connaît ainsi des limites qui lui permettent de se connaître elle-même

Ou encore : la pensée doit passer d’objet en objet. Si elle s’arrête, il n’y a plus de pensée.

Au début, la pensée n’est qu’un vaque désir de vion, sans voir l’obget. Avec son contact avec l’Un, elle pourra multiplier,

en l’appliquant et le diversifiant, cette mesure commune. L’Un est ce qui permet à l’intelligence d’avoir des objets. De l’Un vient, pour l’Intelligence, une multiplicité. Il lui donne ce qu’il ne possède pas lui-même.

L’Intelligence ne voit pas l’Un (car alors elle ne serait plus pensée) mais se tourne vers lui. L’Intelligence est la vie qui a reçu la limite.

* * *

Le mouvement de l’Intelligence au milieu de essences est en fait une station en elle-même, puisque « l’Intelligence est partout chez elle dans la plaine de la vérité ».

Pour Bréhier, Plotin a rendu rigide et métaphysique la dialectique

platonnicienne du Un, Vie, Intelligence.

* * *

Platon disait que la source de l’Intelligence devait être cherchée plus haut : pour la stimuler. Pour Plotin, elle doit être dépassée.

L’Un a une valeur absolue indépendante du système intellectuel dont il est la pièce dominante.

L’âme parvient à l’Un parce qu’elle est devenue Intelligence. Mais dès qu’elle y parvient, elle abandonne tout (son intellectualité).Elle passe d’une vision distinct des objets à une vision simple de l’Un. L4intelligence qui voit le Bien est celle qui aime (et non celle qui pense). L’Intelligence perds tout ses traits

distincts dans sa fusion avec l’Un. La science du Bien n’est pas la même chose que la vision du Bien. Cette dernière est plus haute et vient après. C’est la pratique de la contemplation qui permet de ne plus voir le Bien de l’extérieur mais de l’intérieur.

La dialectique platonicienne n’est plus une méthode mais une mystique intellectualiste.

* * *

Le mélange de rationalisme et de mysticisme était caractéristique de l’époque de Plotin.

Quelle est la place de l’extase dans le système de Plotin ?

Expérience mystique et incommunicable de la communion avec l’Un.

Pour Plotin, pas de connaissance intellectuelle sans vie spirituelle. L’âme ne connaît l’intelligence qu’en s’unissant à elle.

Chez Platon, la dialectique de l’amour du Phèdre ou la purification du Phédon sont aussi un moyen d’arriver à la contemplation. En effet, rôle de l’Éros platonicien dans les Énéades : le désir de Dieu de tout être.

Depuis la matière jusqu’au Bien, les réalités s’échelonnent selon leurs degrés de perfection. Chaque réalité est le bien de celle qui est en dessous. Matière, forme, corps, âme, vertu, Intelligence, Un. Dire le bie d’un être ce n’est pas dire

ce qui lui est propre. L’Éros est l’attachement d’un être imparfait au principe qui lui est transcendant. Il est donc l’universel qui établit la continuité des êtres.

C’est parce qu’il y a du Bien dans un objet que l’âme aime tel ou tel objet et non pour l’objet lui-même. C’est l’imagination qui apporete aux êtres leur attrait. L’amant n’aime sa femme que lorsqu’il commence à se l’imaginer.

L’âme reste consumée de désirs tant qu’elle est attachées à une forme déterminée. C’est pourquoi l’amour est sans limites.

La beauté des intelligibles n’est pas une idée, puisque toutes les idées sont belles.

Pour aboutir à la beauté, il faut faire abstraction de tout. Alors on

peut arriver à l’état momentanné de stupeur joyeuse, d’extase. La transe mystique est donc liée à la dialectique platonicienne de l’amour. Mais Plotin n’a eu que peu d’extases (4).

1) Arrengement intérieur de l’âme consistant à se détourner des choses présentes et se dépouiller de toutes ses formes.

2) Alors peut se produire, par chance, un « choc » qui annonce une présence.

La préparation a dépouillé l’âme des objets de son désir mais pas de son amour. Un amour sans objet remplit alors la conscience. Or le Bien est Amour. On est donc semblable à lobjet recherché qui nous envahit. En aimant, on est amour.

Mais pourquoi l’âme désire ?

Plotin : le Bien n’est pas l’essence d’un être car le Bien consiste

toujours à se dépasser, à devenir autre. Si l’on se fait tromper, c’est par une image du Bien. Quand on connaît le Bien de l’intérieur, l’illusion d Bien s’efface. La preuve qu’on a atteint le Bien, c’est qu’on ne désire plus rien d’autre.

Chez Plotin, la vie religieuse semble distincte de la vie intellectuelle, comme en une autre sphère. Le terme d’Un n’est peut-être rien d’autre (pour l’intelligence) que la négation du multiple. On connaît l’Un par la sensation de contact. Au moment du contact, on ne peut rien exprimer.

Ou encore, description de l’Un par la métaphore lumineuse puisque, pour Plotin, la vue est sans intermédiaire. On ne voit pas l’Un comme différent de soi mais comme un avec soi-même.

Deux théories coexistent chez Plotin : la transcendance de l’Un (mesure universelle des choses) et son immanence (on communie avec lui dans l’extase). Car pour Plotin, la transcendance platonicienne bie comprise implique l’immanence : il ne peut y avoir de continuité véritable dans le domaine des réalités spirituelles s’il n’y a pas absorption de la réalmité inférieur dans la réalité supérieure.

« L’être qui vient de l’Un ne se sépare pas de lui, bien qu’il ne soit pas identique à lui. »

« L’âme n’est pas dans le monde mais le monde est en elle. Le corps est dans l’âme et non l’inverse. »

« Rien n’est séparé par une coupure de ce qui le précède dans la hiérarchie. »

Ce n’est pas un mélange ni une confusion. Car le principe supérieur ne descend pas pour se mélanger à l’inférieur mais le fait remonter à lui.

C’est la connaissance de notre lien avec le principe supérieur qui nous fait exister. La pensée fait exister les êtres. Mais cette connaissance n’est peut-être que l’extase.

L’extase est l’état normal et nécessaire de l’âme et de l’Intelligence. On peut voir l’Un (momement d’extase, mais on le voit aussi par la puissance d’être soi-même.

Cet état supprime-t-il la connaissance ? Tant que nous ne connaissons pas le Bien de l’intérieur nous ne le connaissons pas vraiment.

L’aspiration à l’unité est l’aspiration fondamentale de la raison. L’extase ne fait que nous révéler à nous-mêmes. L’Un est l’intimité même de l’Intelligence.

Le moi estv transformé en profondeur par la connaissance. Plotin conçoit la connaissance comme « la ressemblance de l’amant avec l’aimé ». Il n’y a pas, pour l’Intelligence, d’objets extérieurs à elle.

Chap IX : Conclusion

Un idéalisme s’introduit en Occident avec la pensée de Plotin.

La doctrine de Plotin naît du besoin de faire de la réalité extérieur un lieu favorable à l’activité spirituelle.

Le détachement et le sacrifice sont les symboles de la liberté radicale. C’est une liberté qui ne contient aucune des choses qui sont liéesz à nous-mêmes. Cette liberté est en nous ce qui est semblable à l’Un. L’Un est le principe universellement répandu grâçe auquel les choses sont intérieures à elles-mêmes, c’est-à-dire vraiment libres. Par l’Un, on s’appartient à soi-même.

L’un est absolument libre : il n’a donc pas d’essence. Il est même au delà de la maîtrise de soi, de la domination d’une partie inférieure par une supérieure. Il veut être ce qu’il est et il est ce qu’il veut être. Il est cause de lui-même.

Cette liberté absolue était contraire à la pensée grecque. Dans l’Un, l’actye et l’être sont identiques. Il est un regard, c’est-à-dire l’activité pensante elle-même. À ce niveau, il n’y a plus de distinction entre l’Intelligence et l’Un.

Hegel : pour Plotin, l’extase était « pure pensée qui est en soi et se prends pour objet ». « Plotin avait l’idée que l’essence de Dieu est la pensée elle-même et qu’elle est présente dans la pensée. »

La liberté de l’Un ne fait pas entrer le hasard et l’accident au coeur des choses, car cette volonté de l’Un qui tends au parfait n’a rien d’arbitraire.

* * *

C’est pourquoi l’idée de la philosophie plotinienne est un

idéalisme élevé (Hegel). Cet idéalisme consiste à faire des sujets actifs des réalités (et non le objets ou les Idées). Les Idées ne sont que des manière d’être de l’Intelligence et non des choses. Sujet pur, l’Un ; sujet séparé idéalement de son objet.

La conscience n’est donc nullement la mesure de notre être spirituel. La conscience n’éclaire qu’un fragment infime du sujet qye nous sommes vraiment, puisque « nous sommes tous les êtres, quoique nous ne le sachions pas ».

De plus notre salut n’est pas dans l’action puisque celle-ci pose une extériorité qui nous détourne de nous-mêmes. Elle est à un niveau plus bas que la pensée.

Cette philosophie répondait (pour la première fois) au problème de la destinée. Ce n’est plus un conte surrajouté comme Plotin.

Car l’âme dans son intimité est identique au principe de l’univers. Notre destinée est donc toute entière dans notre vie intérieure. La matière : la dispersion ; l’Un : la concentration. Pour Plotin, l’homme est seul à seul face à la divinité. Il y a une identité fondamental en,tre le moi et l’Un. L’âme trouve l’Un au plus profond d’elle-même.

* * *

La liberté en nous n’est pas une spontanéïté naissant de rien dans un monde existant mais une communion de plus en plus intime avec la vie de l’univers.

Plotin sur son lit de mort :

« Je m’eforce de ramener le divin qui est en moi au divin qui est

dans l’univers. »

Appendice : le monde sensible et la matière

Le monde, pour la philosophie antique, est plus un sujet qu’un objet, un ensemble ordonné. Pour Plotin également, le monde à une orihgine divine, tous les éléments sont peuplés d’êtres vivants, il y a une hiérarchie des êtres allant des dieux qui animent les astres jusqu’à la matière brute.

Le monde n’est pas une collection de parties mais un tout vivant en lequel s’engendre les parties.

* * *

 

Mais l’âme du monde, les âmes des astres, les démons et les âmes humaines appartiennent-elles vraiment au monde sensible ?

En réalité, pour Plotin, elles ont leur séjour naturel dans le monde intelligible. C’est parce qu’elles vivent dans l’immuable que ces réalités intelligibles animent le monde sensible. Mais il n’y a pas de différence entre la création et la contemplation (activité des intelligibles). « Toute production est contemplation » La lumière de l’intelligible engendre, en rencontrant la matière comme une sorte de miroir, cette image du monde intelligible qu’est le monde sensible.

Il n’y a pas d’un côté les dieux déchus qui crés le monde et de l’autre les intelligibles qui le contemplent.

* * *

 

Pour Plotin, le monde n’a pas de commencement. Il est l’image de l’éternité. C’est un temps de l’éternel retour.

Ce qu’il y a de divin dans le monde, et notamment nos âmes, ne sont pas subordonnées au monde sensible mais son indépendantes de lui. Elles le dominent puisqu’elles le produisent. La forme occupe la matière.

Les désordres viennent de la difficultés des hommes à atteindre le Bien. Comme ils ne peuvent l’atteindre, ils se tournent les uns contre les autres. Le mal dans le monde sensible est iirémédiable : le sage ne doit pas s’y soumettre mais s’en évader pour revenir à son vrai séjour.

* * *

 

Paradoxe plotinien : la beauté du monde sensible (qui lui vient des intelligibles qui l’ont produit par leur rayonnement ; mais aussi la laideur de la matière qui renvoie les intelligibles et en obscurci l’éclat.

Le monde a donc une valeur à la fois positive et négative.

Le monde est un mélange. C’est seulement par abstraction que l’on peut considérer le corps sans âmes car il n’existe que par elle.

* * *

C’est l’âme qui produit l’ordre. Il y a une hiérarchie : intelligence,

ordre intelligible ou acte de l’âme. Plotin nomme cet ordre Zeus ou Logos.

La raison universelle (Logos) se divise en raisons partielles (ce qui fait que le feu brûle, etc.)

L’âme est une des forces qui a pour mission d’organiser le corps.

Mais ce n’est pas l’Intelligible lui-même qui se mélange aux corps : il doit rester en haut. Ce qui vient d’elle dans les corps, c’est un rayonnement. « Dans le corps, la forme est une image, là-bas, la forme est une réalité. »

CE n’est donc pas comme Aristote où la forme est réellement unie au corps. La matière reste, même après avoir reçu la forme, du non-être. « Elle ne peut même en garder le reflet. »

« La matière est une ombre ; sur cette ombre, des images, pures apparences »

* * *

La physique plotinienne : elle consiste à raporter à une action d’en haut toute réalité positive que l’on serait tenté de leur attribuer.

La matière n’a ainsi par de grandeur : c’est une raison venue d’en haut qui lui done l’étendue qu’elle veut lui donner. La matière a reçu l’étendue, qui est une forme.

Un corps a deux espèces de propriétés :

1) La masse qui est le volume résistant. Les chocs des corps ne produisent rien, ilsont uniquement destruction et empêchements.

2) les natures élémentaires du chaud et froid. Les corps qui possèdent ces qualités les communiquent à d’autres. Ce sont donc des puissances incorporelles.

Ce sont donc des puissances incorporelles qui donnent aux corps leur semblant de vie comme le mouvement ou les passions (les tempéramments).

Les corps sont incapables d’engendrer aucune passion propre à l’âme. « Le corps est une multiplicité sans aucun principe d’unité. »

Les réalités de la mùatière ne sont que des traces de l’âme.

* * *

La matière est comme « un dépôt amer laissé par l’évaporation ». Elle est impassible, incorporelle et sans grandeur.

DE plus la matière est le premier mal, cause du mal pour l’âme et mêùme sa partie rationnelle. Elle cherche à assimiler à soi la forme qui est en elle. Mais ce n’est qu’en apparence que la matière est, pour Plotin, un principe positif du mal. Car la réalité divine est à l’abri de tout contact avec l’impur. Car la matière est non-être.

Deux conceptions :

1) La matière est un terme distincts des réalités qui découlent de

l’Un ; elle peut donc s’y opposer.

2) ou bien elle découle de l’Un, le lieu infécond où s’éteind la force productive de l’Un.

Parrallèle avec la notion de faute de l’âme qui entre dans un corps (1) ou au contraire de participation à l’ordre de l’univers par lequel l’âme éclaire l’homme de sa lumière (2).

C’est que pour Plotin, la réalité est toujours considéré sous deux angles : la procession (2) ou la conversion (1).

L’attrait vers le bas est sans cesse corrigé par le retour à l’origine.

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