Publié par : gperra | 23 février 2012

Réflexion sur la place et le statut universitaire des associations étudiantes

 

Réflexion sur la place et le statut universitaire des associations étudiantes

I / La Vie Associative Étudiante et l’Université

1 – Que peut-on appeler une association étudiante ?

Tenter aujourd’hui de parler des associations étudiantes n’est pas sans poser d’immenses problèmes de définition, surtout au regard de ce qui fut il n’y a pas si longtemps encore la vie et le mode de fonctionnement des associations étudiantes. L’évolution de la place de l’étudiant dans la société et dans la structure universitaire, ainsi que l’évolution actuelle de l’Université elle-même vis-à-vis de la société, a certainement contribué a bouleverser la réalité des associations étudiantes universitaires. En fait, nous nous trouvons dans une situation où plusieurs formes d’associations, ou plutôt de vies associatives, s’entrecroisent et s’interpénètrent au sein de l’Université, se nourrissant ou non l’un de l’autre, s’ignorant trop souvent :

il y a tout d’abord la vie associative au sens syndical du terme. Elle est pleinement reconnue par l’Université au sens où ses représentants, quand ils sont élus, siègent dans les conseils, que l’Université est au fait de leur action et réciproquement. Ils s’intègrent relativement bien à l’aspect institutionnel de l’Université.

il existe ensuite les associations étudiantes, clubs ou autre structures reconnues adoptant le statut loi 1901 et ayant leur siège social au sein de l’Université. Elles sont relativement peu nombreuses au regard de la réalité de la vie associative étudiante.

il existe surtout un grand nombre de groupement de fait, dont on ne saurait dire et qui ne sauraient dire d’eux-mêmes sans hésiter s’ils sont des groupements d’étudiants, mais qui se forment le plus souvent à l’Université, par les milles chemins des rencontres humaines que peut permettre l’existence de plusieures U.F.R. au sein d’une même Université, qui utilisent de façon plus ou moins formelle les moyens de l’Université mais qui, ne trouvant ni reconnaissance ni véritables moyens de s’affirmer et de se produire au sein de l’Université partent le plus souvent se produire au dehors. De combien de projets l’Université a-t-elle ainsi accouché sans jamais en connaître les visages, nul ne pourra le dire.

Plus concrètement, il peut arriver qu’une asociation étudiante se compose d’étudiants de Paris III, d’anciens étudiants de Paris III, d’étudiant d’autres Universités, d’anciens étudiants d’autres Université, de non-étudiants liés aux membres étudiants de l’association, etc.

Autant le dire tout de suite aux responsables de l’institution universitaire : il serait vain et dangereux d’exiger de toute associations étudiante que chacun de ses membres soient exclusivement étudiants et adoptent la formule associative loi 1901. Et encore moins que ces structures associatives soient domiciliées à l’Université !

Non, au contraire, l’Université doit accepter au sein de son campus la présence d’association métissées, voire indigènes. Ce n’est pas une intrusion ni une immigration clandestine, c’est le signe très positif que l’Université apparaît de fait pour beaucoup comme un lieu privilégier de création, de rencontres et de vie. C’est seulement notre expérience quotidienne d’étudiants qui nous a permis de constater ce foisonnement informel associatif qui se développe ainsi dans l’ombre des U.F.R. et de l’Université. Pour la plupart de ces groupes, voir le jour à l’Université est loin d’être une circonstance fortuite mais tient au fait que l’Université offre un climat intellectuel et artistique, des possibilités de rencontres, une conception même de la vie associative qui ne se présentent presque jamais au dehors de l’Université.

Cette atmosphère de liberté créatrice et associative informelle que trouvent les associations dans l’ombre de l’Université est ce que se propose de capter, d’amplifier et de répandre le Collectif des Associations Étudiantes de Paris III. C’est le sens du présent rapport.

Cependant, il ne faudrait pas confondre le problème de la domiciliation et celui de la présence des associations étudiantes. En ce qui concerne la domiciliation, l’Université et son C.A. restent bien évidemment libre de statuer. En ce qui concerne la présence, celle-ci peut être gérée par la présence d’un collectif des associations étudiantes afin que ce soient les étudiants de Paris III eux-mêmes qui gèrent, acceptent ou refuse la présence d’associations semi-étudiantes, étudiantes mais d’une autre université, non-étudiantes mais impliquée dans la vie universitaire, etc.

2 – Le rôle médiateur des associations entre la société et l’Université

L’Université est un pôle d’attraction pour la vie associative parce qu’elle est un lieu unique au sein de la société actuelle, comme nous aurons l’occasion d’y revenir. C’est pourquoi, la vie associative étudiante est bien souvent un relais entre la société et l’Université, que ce soit en diffusant au dehors, ou en présentant à un public extérieur à l’Université ce qu’elle développe de propre et d’original au sein de l’Université, ou en accueillant de façon tout à fait privilégier ce qui vient de la société. Un des exemples concret et le plus immédiatement compréhensible, peut-être, de ce point pour Censier est le très grand nombre de films passés en avant-première pour les étudiants : ce n’est pas seulement le succès d’une initiative de telle ou telle association, c’est le signe que l’Université peut être un lieu d’écoute pour ce qui vient à l’avant-garde du monde culturel actuel.

L’Université est un lieu unique, notamment parce qu’elle offre un public dont l’écoute est particulièrement féconde. À titre d’exemple, nous pouvons dire que le public étudiant pour le théâtre (surtout dans une Université qui possède un U.F.R. Théâtre) est un public très particulier, un public qui accepte la possibilité de l’expérimentation et n’exige pas nécessairement le spectacle abouti. Il en va de même pour le cinéma, comme les projections des courts-mettrages de Court-Bouillon, très appréciées des étudiants, l’ont montré. C’est aussi un lieu particulier en ce sens qu’il y est possible d’y tenter d’autres formes de pratique ou de création, de s’essayer à d’autres voies…

La vie associative étudiante a donc un rôle majeur de relais, ou de lien, entre la société et l’Université. Ce lien pouvant aller dans un sens comme dans l’autre.

Elle a aussi souvent, bien que ce soit pas nécessairement, loin s’en faut, sa fonction avouée ou voulue, un rôle très favorable dans le processus d’insertion professionnelle progressive des étudiants.

3 – Vie pédagogique et vie associative à l’Université

L’absence de reconnaissance de la vie associative étudiante de la part des instances universitaires ne s’explique pas seulement par des difficultés ou des priorités budgétaires : elle tient surtout, en amont, à une certaine conception du rôle et de la place de l’étudiant au sein de l’Université. En effet, pour ces instances, du simple enseignant jusqu’au ministre en passant par les représentants syndicaux, l’Université est malheureusement encore le plus souvent considérée comme le lieu de la transmission du savoir. Or cette définition est fondamentalement incomplète : si l’Université est effectivement le lieu de la transmission du savoir, elle est aussi celle de l’appropriation individuelle du savoir transmis. C’est le lieu où les étudiants, mais aussi les enseignants et les chercheurs, font leur le savoir. Sans ce complément de définition, pas de place pour la découverte ni pour la création ni pour l’initiative autonome. Pas de place donc non plus pour des structures institutionnelles qui rendent possibles cette appropriation individuelle du savoir, comme des moments, des lieux et des espaces de création libre. Car la création est le moyen par excellence de faire sien l’enseignement reçu, que ce soit à travers divers modes de prise en compte du travail hors cursus des étudiants, que de la façon d’envisager leur travail au sein-même du cursus, la conception de la notation, de l’évaluation, de la participation, etc.

La vie associative étudiante est naturellement la première victime de cette définition tronquée puisque l’initiative créatrice autonome étudiante, si l’on suit cette logique, ne peut qu’être facultative.

Autant le dire d’emblée : nous considérons que la part pédagogique de la création est, en règle générale, insuffisamment développée au sein des cursus et de la pédagogie universitaire, même au sein des U.F.R. dit artistiques comme le théâtre et le cinéma. Quoique des efforts notables aient été fait dans ce sens récemment.

La question de la place de la pratique et de la création au sein de la pédagogie universitaire n’est pas le propos de ce rapport, mais nous nous devons de l’évoquer car elle touche de près à la question de la vie associative étudiante. En effet, cette vie associative étudiante comble souvent, ou pourrait combler, le manque ressenti par de nombreux étudiant en matière de pratique et de création au sein de leur cursus. Mais les moyens alloués dans cet esprit par l’Université sont radicalement insuffisants. Nous n’affirmons aucunement que la vie associative puisse se substituer à certains aspects de la pédagogie des U.F.R., mais nous pensons que ce que les associations permettent de pratique créatrice devrait faire l’objet de la considération de l’Université, à titre pédagogique.

4 – La vie associative étudiante comme vecteur d’apprentissage autonome

Que dire de plus précis, sinon que l’Université, ce statut intermédiaire entre la vie d’une école et la vie sociale, ce « lycée d’adultes », recèle de fait une prodigieuse réserve de vie, de créativité et de sociabilité.

Cette vie, intellectuelle, créatrice, artistique, sociale, prenant naissance au sein de l’Université, a besoin d’une structure institutionnelle qui lui permettent de développer, tout en restant au sein de l’Université, un apprentissage autonome. Elle apprend alors à découvrir en elle-même et par elle-même, à son rythme et selon ses propres modalités, sa spécificité et ce qu’elle porte en elle.

Elle est ou peut-être une prodigieuse source de renouvellement pour la société.

De fait, la structure associative étudiante permet à cette vie intellectuelle, sociale ou créatrice de se développer afin de devenir majeur au sens civique du terme.

5 – Vie associative et citoyenneté étudiante

La naissance douloureuse, la vie difficile, la mort lente ou subite des associations étudiantes ne tient pas seulement à leurs difficultés financières ou à la discontinuité de la présence étudiante. Elle tient aussi beaucoup, croyons-nous, à l’absence de reconnaissance de la part des structures dirigeantes de l’Université et à son positionnement face à l’institution universitaire.

Or la vie associative étudiante, et ce constat ne vaut pas que pour les organisations syndicales, est un facteur puissant de développement d’une citoyenneté étudiante. Ce n’est pas un hasard si beaucoup d’étudiants actifs et entreprenant dans l’Université, au fait de son fonctionnement et de ses différentes instances, sont bien souvent membres d’associations.

La vie associative étudiante est ou peut-être une part intégrante de la vie sociale et pédagogique de l’Université. Elle est ou peut être également un facteur déterminant de responsabilisation et de constitution d’une citoyenneté étudiante. A ce titre, une association étudiante est ou peut être une composante institutionnelle de la vie de l’Université. 

6 – Vie publique et vie privée des structures associatives étudiantes

Cependant la vie associative souffre également d’un grave préjudice vis-à-vis de la communauté étudiante et de la notion même de citoyenneté étudiante : elle souffre de se présenter le plus souvent sous un double visage, celui d’une institution dispensatrice de services et celui d’une structure réclamant une participation sous forme de travail ou d’argent.

Aucun de ces visages ne saurait convenir à une association qui se revendique de l’esprit d’une structure associative étudiante.

Mais pour que ni l’un ni l’autre ne s’y attache irrémédiablement, il nous est nécessaire de l’inscrire dans un champs d’action qui prenne en compte cette nécessité d’un « repositionnement » de l’étudiant par rapport à l’institution universitaire. Tant que l’étudiant sera considéré et se considérera lui-même comme un consommateur et non comme un acteur à part entière de la vie universitaire, aucune association étudiante ne pourra échapper au double masque du service et du bénévolat.

C’est pourquoi il est indispensable que ce constitue pour chaque association étudiante un espace public ouvert à tous les étudiants ou chaque association puisse au minimum se présenter aux étudiants ou, plus simplement, être institutionnellement et physiquement présente au sein de l’Université. Le but que se propose du Collectif des Associations Étudiantes de Paris III est précisément de constituer, à travers sa demande de local inter-associatif, un tel espace public étudiant des associations étudiantes, une structure de libre rencontre des projets ou des désirs associatifs des étudiants.

C’est aussi, mais bien plus en amont cette fois, l’esprit d’un projet tel que le « Lieu de Parole » des étudiants permettant de favoriser la parole et les rencontres des étudiants en partant de leur vie universitaire immédiate, leurs études dans leur U.F.R. et leur Université.

Car un tel espace ouvert à tous les étudiants, qu’il s’agisse du local inter-associatif ou du Lieu de parole, au sein de l’institution universitaire est le seul qui permette à l’étudiant de repenser sa place face à l’institution et à l’intérieur de celle-ci afin de tenter de devenir acteur et non spectateur de sa vie.

Bref, l’Université manque cruellement de lieux publics, de lieux de parole et de rencontre, de lieux d’initiatives ou d’action en commun. Palier à cet état de fait pourrait corriger l’un des maux les plus graves dont nous semble souffrir la vie associative étudiante, le service et le bénévolat.

II / Le financement des associations étudiantes par l’Université : politique actuelle et politique possible

1 – Le financement universitaire des associations étudiantes

Quelle mesure pratique l’Université peut-elle prendre dans un sens qui favoriserait la vie associative étudiante en tant que foyer spécifique de création lié au milieu universitaire, vecteur d’apprentissage autonome et lien entre l’Université et la société ?

Tout d’abord il y a les subventions allouées au projets et aux associations. Elles sont encore beaucoup trop insuffisantes mais sont, ce qui est au fond le plus grave, victimes d’une forme de mésentente sur le fond entre les associations et les instances de l’Université.

En effet, quand l’Université subventionne telle ou telle initiative étudiante, elle considère la plupart du temps cela comme une aide au lancement du projet, celui-ci devant par la suite voler de ses propres ailes, par ses recettes, par les cotisations de ses membres, etc. Or telle n’est finalement pas du tout l’esprit dans lequel les étudiants montent des associations étudiantes. Il n’est pas exagéré de dire que les étudiants entreprennent bien souvent leurs projets et leurs actions associatives par et pour la vie de l’Université, en fonction de critères qui sont ceux de cette vie universitaire. Ce sont des projets qui s’adressent aux étudiant et au contexte très particulier de la vie universitaire et ne peuvent donc fonctionner ni évoluer vers un fonctionnement semblable à celui des associations et des projets non étudiants.

Vous ne pouvez soutenir financièrement un projet étudiant de la même manière que l’A.N.P.E. offre un fond de départ à toute création d’entreprise.

Le fait de le faire dans un esprit comparable encourage, il nous faut bien vous le dire, l’opportunisme étudiant vis-à-vis de l’Université. Par exemple l’opportunisme des étudiants en théâtre qui pourront se servir de l’argent du FAVE ou du Service Culturel pour louer un vrai théâtre parisien leur permettant de se produire dans un cadre avantageux pour eux dans le sens professionnel du terme après avoir sacrifier à la corvée de jouer deux fois à l’Université (comme exemple parmi tant d’autres). Et ce n’est pas en prenant des mesures répressives ou de contrôle que vous parviendrez en empêcher ces comportements mais en changeant votre logique d’attribution des fonds pour la vie associative étudiante.

Il faut que vous compreniez que l’Université n’est pas un lieu ou le fonctionnement, notamment financier, des associations peut être le même qu’à l’extérieur de l’Université. Il s’apparenterait plus, sur certains points, au mode de fonctionnement des comités d’entreprise.

Pour juger de cet aspect des choses, point n’est besoin de recourir nécessairement à la définition de l’Université comme service public, il suffit d’observer le comportement financier concret des étudiants. Quand les étudiants viennent voir un spectacle à l’Université, il est très difficile de leur faire payer plus de 20 francs. Quand il s’agit d’une revue, la barre descend entre 5 et 1 franc symbolique. Et ce n’est pas une question de portefeuille puisque les mêmes étudiants sont capables de payer 80 à 100 F pour un spectacle dans un théâtre et trouver cela parfaitement normal.

Le fantôme du service public hante la vie associative étudiante et conditionne le comportement des étudiants vis-à-vis de ces associations. Il serait vain de lutter contre ce fantôme, mais il est possible de lui donner un corps…

2 – Quelle nouvelle politique de subvention des associations étudiantes ?

Convenons-en, il n’est sans doute pas possible pour l’Université de subventionner à fond perdu tous les projets étudiants et toutes les associations étudiantes qui en feraient la demande à la hauteur de ce que chacune désirerait. Pourtant, il serait possible de favoriser de façon bien plus efficace la vie associative étudiante par un certain mode de subventionnement quelque peu différent du mode actuel en grande partie fondé sur le cas par cas.

Au contraire, nous pensons qu’il serait avantageux de développer davantage les moyens communs et transversaux internes à l’Université. Des exemples :

Pour la vie associative théâtrale, l’Université devrait se doter d’une infrastructure théâtrale conséquente de répétition et de représentation avec quelques moyens permanents pour les décors et les costumes plutôt que de subventionner qu’au cas par cas des projets de mise en scène qui pour certains utiliseront l’argent pour se produire ailleurs. Mais pour cela il faudrait une infrastructure théâtrale ouverte à un public extérieur. Pour les projets de cinéma, une salle de projection et du matériel nécessaire à la réalisation de court-mettrages qui pourrait être prêtés aux étudiants. Pour les multiples projets de journaux des étudiants, mettre à leur service une partie de la reprographie et/ou financer complètement un journal commun des étudiants. Pour les nouvelles des étudiants, plutôt que d’organiser comme vous l’avez fait ce grand concours « La Nouvelle », projet promotionnant quelques étudiants, en décevant beaucoup d’autres et ne servant aucunement la rencontre littéraire de l’ensemble des étudiants, il eu dix fois mieux valu faire un mur d’expression ou toutes les nouvelles de tous les étudiants auraient été affichées.

Sans oublier un aspect essentiel : la facilité d’accès à chacun de ces services sans trop de ces contraintes administratives qui ont pour premier effet de provoquer le découragement. Découragement qui peut sembler utile à l’administration pour passer au tamis les demandes mais qui n’est ni une manière humaine de traiter les initiatives des individus, ni une politique payante à long terme puisqu’elle finit par contribuer fortement à la désagrégation de la communauté et de la citoyenneté étudiante.

En fait, il serait judicieux que l’Université mette à disposition des étudiants une Maison Universitaire de la création Culturelle des Étudiants qui serait gérée par les étudiants sous la forme institutionnel d’une Association Culturelle Étudiante.

Bref, développer des moyens communs et une facilité d’accès à ces moyens communs plutôt que de favoriser le cas par cas.

Il pourra également s’agir d’être sensible aux initiatives d’associations qui tentent d’organiser des événements ou des initiatives communes, collectifs ou fédérations.

3 – L’Université et ses sempiternels concours

Autant vous le dire clairement et nettement : nous sommes contre la pratique du concours, de la prime, de la sélection et de la récompense au vainqueur ! Nous sommes contre parce que cette façon de procéder perd de vue ou compromet l’essentiel, c’est-à-dire la rencontre et les initiatives en commun. Nous sommes radicalement contre également parce que l’institution n’a pas à se choisir ses favoris, ni prétendre gratifier la création par l’appât du gain ou de la gloire personnelle. L’initiative créatrice doit partir de l’envie de créer et de faire partager sa création, elle n’a nul besoin de ces stimulants institutionnels et financiers.

Au bout du compte, ce système du concours plonge la vie associative étudiante dans un mouvement de va et vient ou elle oscille entre favoritisme, despotisme et léthargie sans qu’un véritable espace de liberté, de responsabilité et de communauté puisse se constituer.

C’est pourquoi nous vous serions très reconnaissant de bien vouloir sortir de cette logique de la récompense qui revient de façon quasi automatique dès qu’il s’agit de penser ou d’organiser des événements de vie culturelle par ou à l’Université. Par exemple, nous ne voulons pas de jury ni de gagnant pour notre festival de théâtre : nous voulons juste présenter ensemble nos spectacles d’étudiants, les voir ensemble et les apprécier mutuellement. Nul n’est besoin d’aucun intermédiaire institutionnel pour cela. Nous ne cherchons par d’autre récompense que celle que nous trouvons tous à partager et à faire partager des moments commun de vie culturelle entre étudiants.

Merci d’en tenir compte.

4 – Le FAVE

 

Nous considérons que l’actuel définition du rôle du F.A.V.E. est beaucoup trop imprécise et que la confusion entre vie sociale et vie culturelle, d’une part met en parallèle deux réalités qui ne se situent pas sur le même plan et ne devraient donc pas se concurrencer, d’autre part permet des interprétations trop large du concept de « vie étudiante » et donc, d’une certaine façon, ce que nous pourrions appeler des détournements.

Serait-il envisageable que la structure actuelle du F.A.V.E. soit dissoute et refondue en deux organismes distincts :

– Un Fond d’Aide à la Vie Sociale des Étudiants (FAVSE), dont le financement serait assuré, sous le modèle actuel, par une participation de solidarité prélevé sue la cotisation de chaque étudiant.

– Un Fond d’Aide à la Vie Culturelle et Sociale Associative Étudiante (FAVCSAE) dont le financement, quant-à-lui, serait assuré par l’attribution d’un budget prélevé sur le budget de fonctionnement interne de l’Université ?

III – En guise de conclusion provisoire

Qu’aurait à gagner l’institution universitaire à mieux reconnaître et à mieux soutenir la voie associative étudiante ?

Tout simplement la jeunesse et la vie. Celle de ses étudiants. Cette jeunesse et cette vie qui ne trouve pour l’heure que peu de lieux d’expression au sein de la structure universitaire et nous pousse à aller les chercher ailleurs, ou à les perdre.

Plus concrètement peut-être :

Une intensification radicale du lien entre l’Université et la société, par le biais des initiatives et des créations autonomes étudiantes s’ouvrant sur l’extérieur. Un lien qui permettrait aussi à l’Université de sortir de son splendide isolement et mieux s’intégrer, sans perdre une miette de son indépendance, à la vie de la société qui l’entoure.

Nous savons bien, pour avoir entendu mainte fois les dirigeants des instances de l’Université ou les enseignants s’exprimer dans ce sens, que vous êtes très attachés, finalement, à ce splendide isolement, à cette image majestueuse de citadelle de la pensée et de la culture. Toute votre politique de promotion de l’Université vis-à-vis de l’extérieur ne cesse de développer cette image, engloutissant des sommes colossales dans le seul but de sanctifier cette idole chère à votre coeur d’universitaires. Une certaine image de l’Université voulu par l’État qui vous protège beaucoup moins que vous ne le croyez.

Développer les associations étudiantes est certes moins glorieux, moins contrôlable en terme d’image, moins rentable peut-être, mais nous pouvons vous certifier que c’est un moyen vivant efficace de tisser entre l’Université et la société, non plus des liens médiatiques, mais tout simplement des liens humains. Et ce sont ces liens humains qui, au bout du compte, assurent l’estime d’une société toute entière pour son Université en l’implantant dans le tissus social et dans la cité des hommes.

Nous n’avons pas grand espoir de vous faire changer sur ce point, mais peut-être daignerez-vous à l’avenir réduire quelque peu le montant de vos opération de prestige afin de favoriser d’avantage la vie associative étudiante ?

Une insertion professionnelle progressive favorisée.

Un développement de la conscience citoyenne des étudiants.

Un développement étudiant de l’apprentissage autonome de la vie culturelle et associative.

Une vie étudiante et donc une Université plus vivante.

En vous priant d’apprécier l’ensemble de ce qui précède comme une contribution à l’élaboration d’une nécessaire refonte de la politique universitaire des associations étudiantes, nous vous prions de bien vouloir nous faire part de votre avis pour qu’un travail commun puisse avoir lieu avec les principales intéressées, les associations étudiantes.

La commission de réflexion du Collectif des Associations Étudiantes de Paris III sur la place et le statut universitaire des associations étudiantes.

Contact : Comité des Étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III,

Association Théâtrale Étudiante,

Secrétariat de l’U.F.R. Théâtre,

Université Paris III,

13, rue de Santeuil,

75005 Paris

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