Publié par : gperra | 22 février 2012

Shakespeare, théâtre et cosmos (une introduction à ma thèse inachevée)

Thèse en cours :

Shakespeare :

Théâtre et Cosmos

sous la direction de Monique Borie

Doctorat d’études théâtrales

Université Paris III

U.F.R. Théâtre


Introduction

Théâtre et cosmos de Shakespeare : le point sur la recherche

L’étude de l’oeuvre de Shakespeare que nous nous proposons d’effectuer est une analyse de la dimension cosmique au sens large (c’est-à-dire aussi bien astronomique, astrologique, que cosmologique et cosmogonique) du corpus des oeuvres dramatique de l’auteur élisabéthain. Nous voudrions analyser en quoi la conception, l’évocation et la mise en oeuvre d’un cosmos sont présentes dans les pièces de Shakespeare et comment la compréhension de celles-ci ouvre de nouveaux horizons pour la critique théâtrale de cette oeuvre. Rien de réellement nouveau à cela pourra-t-on dire, puisque effectivement cet aspect a été aujourd’hui abordé par un nombre conséquent d’auteurs.

James DAUPHINÉ a ainsi engagé un travail approfondi sur la conception d’un cosmos dans les pièces de Shakespeare, cosmos dont l’auteur montre qu’il ne peut être compris que sous l’acception grecque antique de monde ordonné et hiérarchisé. Théodore Spencer quant-à lui a tenté de montrer l’intime interrelation de l’oeuvre Shakespearienne avec le système de représentation et de croyances cosmologiques de l’époque élisabéthaine et surtout comment les pièces de Shakespeare, au fond, tout en mettant en oeuvre ce système de pensée, pressent et fait pressentir sa ruine prochaine ainsi que celle de tout un monde de valeurs. Plus récemment, T. McAlindon, dans Shakespeare’s tragic cosmos, a cependant montré qu’il ne fallait pas surestimer cet emprunt shakespearien aux croyances cosmologiques de son temps car notre auteur développait également à travers sa mise en oeuvre du cosmos dans ses pièces des notions tel que « le retour du chaos » ou la confrontation des quatre éléments auxquelles la Renaissance, avec sa vision d’un cosmos essentiellement fondé sur le principe de hiérarchie, était étrangère. De manière peut-être moins sérieuse mais en aucun cas négligeable, Jean RICHER dans son Prestige de la Lune et Damnation par les étoiles chez Shakespeare a tenté de procéder à une mise en parallèle systématique d’éléments des pièces de Shakespeare avec des données astrologiques : ainsi suppose-t-il les signes astrologiques et les ascendants de Roméo et Juliette par exemple, ou de manière plus subtile nous semble-t-il, comment une pièce telle que Othello peut être comprise comme étant en elle même la mise en oeuvre d’une problématique inhérente à un signe zodiacal.

Un bon nombre d’analyses sont d’ailleurs concordantes à ce sujet et les auteurs, quoique leurs méthodologies ou leurs horizons soient bien souvent très différents, fondent leurs analyses autour de mêmes éléments primordiaux du texte shakespearien : le discours d’Ulysse sur l’ordre dans Troïlide et Cresside, Le discours de Lorenzo sur la musique des sphères dans Le marchand de Venise, l’analyse des douze principaux personnages de Cymbeline comme des expressions humaines de figures zodiacales, etc.

Ces analyses ont trois grands mérites : tout d’abord de faire la lumière nécessaire sur la relation entre la conception du monde de Shakespeare telle qu’elle se présente dans son théâtre et les conceptions astrologiques de la Renaissance Élisabéthaine ; ensuite, d’ouvrir des pistes de lecture sur cette question en confrontant le texte dramatique à ces notions et, ainsi, d’éclairer des aspects fondamentaux mais encore trop méconnus de l’oeuvre ; enfin, d’avancer l’hypothèse, quoiqu’encore de façon trop timide à notre sens, d’une écriture théâtrale shakespearienne fondée sur une conception cosmologique ou, pour aller plus loin, d’une écriture dramatique et d’une pratique théâtrale shakespearienne ancrées dans une vision du cosmos.

Lacunes actuelles de l’analyse des notions cosmologiques dans l’oeuvre dramatique de Shakespeare

Toutefois, sans aucunement mésestimer l’ampleur et le mérite du travail de ces auteurs sur cette question, nous avons éprouvé une certaine déception face à ces analyses en raison, non de la pertinence de la pensée qui s’y exerce, mais de l’insuffisance des outils conceptuels mis en oeuvres pour aborder cette question du cosmos. Bien souvent, quand bien même les auteurs s’en défendent parfois, il nous semble que ce type d’analyse achoppe sur trois types de réductions possibles de la question du cosmos chez Shakespeare :

a) la réduction de la conception cosmologique de Shakespeare à la conception cosmologiques de l’époque élisabéthaine ;

b) la réduction de la dimension d’une conception propre du cosmos dans l’oeuvre shakespearienne à un réseau de symboles astrologiques plaqués dans l’oeuvre dramatique ;

c) une compréhension réduite de l’interrelation de la conception cosmologique de Shakespeare avec l’action dramatique proprement dite.

Pour ce qui concerne le premier type de réduction de la question du cosmos dans l’oeuvre de Shakespeare, l’ouvrage de Theodore SPENCER, Shakespeare et la nature de l’homme, nous en offre parfois des exemples significatifs, notamment lorsqu’il affirme de manière tranchée que

« (…) l’auteur du Roi Lear, mais même celui d’Hamlet, n’est pas notre contemporain, car il ne peut être compris qu’à l’aide de croyances cosmologiques, théologiques et sociales propres au moyen âge et aux temps élisabéthains. » 123

Cette affirmation repose sur le constat justifié que les pièces de Shakespeare abondent de références en certaines conceptions astronomiques, astrologiques, alchimistes, religieuses ou métaphysiques relatives à son époque. Ces références étant absolument marquées et inhérentes à un contexte historique où prévalait une conception particulière de l’univers et des rapports de l’homme à l’univers, on ne pourrait les comprendre, selon Théodore SPENCER, sans s’immerger dans ce système de représentations propre à l’époque élisabéthaine. Mais Spencer ne s’arrête pas là puisqu’il affirme, de manière plus audacieuse, que c’est Shakespeare lui-même qu’on ne peut pas comprendre si d’aventure la compréhension de ces croyances cosmologiques, théologiques et sociales propres au moyen âge et aux temps élisabéthains venait à nous manquer. Shakespeare aurait donc porté témoignage, au sein de son oeuvre, d’une représentation particulière de l’univers propre à son époque et l’oeuvre de Shakespeare ne pourrait être comprise sans cette représentation. Sans la compréhension de la cosmogonie de son époque, pas de compréhension de l’oeuvre dramatique de Shakespeare, ou tout du moins seulement une compréhension partielle, affirme Spencer. C’est seulement au prix d’une vaste lacune dans nos connaissances et dans notre représentation des conceptions cosmologiques et religieuses qui ont précédé la nôtre, poursuit SPENCER, que nous pouvons faire de Shakespeare notre contemporain. Ainsi, la contemporanéïté de Shakespeare, affirmée par Jan KOTT, ne serait en quelque sorte que le signe de notre grave inculture des temps modernes, inculture et arrogance d’une civilisation qui ignore d’où elle provient et ce que furent ses propres représentations avant qu’elle-même ne les renie en produisant son propre système conceptuel. Cette chère contemporanéïté de Shakespeare, qui a stimulé et qui stimule encore aujourd’hui nombre de metteurs en scène désireux de redonner à l’auteur élisabéthain une place de premier plan dans l’univers théâtral et dans nos consciences d’hommes du vingtième siècle, ne serait donc, en forçant le trait, qu’une sorte de malentendu : c’est parce que l’époque moderne n’aurait pas compris à quel point l’oeuvre de Shakespeare se rattache par toutes ses fibres aux conceptions d’une époque révolue que nous avons fait de Shakespeare notre contemporain. Mais ce faisant, no456us aurions occulté un aspect fondamental et incontournable de son oeuvre, celle justement qui se situe dans un rapport aux dites sciences occultes de son époque et à une certaine vision du cosmos. L’occultation de l’occulte shakespearien serait donc fondatrice de sa contemporanéïté.

On comprendra donc que l’enjeu d’une question comme celle de la représentation du cosmos dans les oeuvres théâtrales de Shakespeare soit une question majeure mettant en jeu la question du lien entre cette oeuvre et son époque mais aussi la question du lien entre l’oeuvre de Shakespeare et notre époque.

Concernant le deuxième type de réduction de la question du cosmos dans l’oeuvre de Shakespeare, à savoir la réduction de la dimension d’une conception propre du cosmos dans l’oeuvre shakespearienne à un réseau de symboles astrologiques plaqués dans l’oeuvre dramatique, il nous semble pouvoir la déceler de façon relativement manifeste chez un auteur comme Jean RICHER ou James DAUPHINÉ. Effectivement, comme l’écrit James DAUPHINÉ :

« (…) il est souhaitable de prendre conscience du fait que le cosmos peint par Shakespeare demeure, par le pouvoir des mots et de l’imagination, un cadre vivant de l’atmosphère dramatique. »

Cependant il nous semble que bien souvent ces études, si elles ont effectivement contribué à faire prendre conscience de l’importance, pour l’atmosphère dramatique shakespearienne, d’une représentation du cosmos, elles ont en revanche trop souvent négligé ce « pouvoir des mots et de l’imagination » par laquelle cette conception cosmologique est entrée dans le texte théâtral. Autrement dit, la plupart des auteurs et analyste de la dramaturgie shakespearienne montrent en quoi l’oeuvre dramatique de Shakespeare reflète les conceptions cosmologiques de son temps, mais pas par quoi cette conception cosmologique est travaillée par une vision poétique, une dynamique théâtrale, une représentation du monde et de la nature humaine propre à Shakespeare. C’est encore James DAUPHINÉ qui pourtant souligne :

« L’image cosmologique était à ses yeux une synthèse. Elle ne l’amenait ni à l’analyse ni au style pédant de la poésie scientifique. Aussi dans son oeuvre, la « haute science », qui soutient les effets dramatiques, est dénuée de valeur métaphysique ; elle est un support poétique. »

Par synthèse, il ne faudrait cependant pas croire que James DAUPHINÉ n’indique quelque processus d’ordre créatif : il veut dire que Shakespeare ne s’embarrasse pas des détails et présente de manière synthétisée les références astronomiques et cosmologiques qu’il emprunte aux ouvrages de son temps. Or il nous semble que c’est justement là que ce type d’analyse atteint des limites par trop tôt fixées. L’imagination dramaturgique et le pouvoir des mots n’ont pas seulement le pouvoir de synthétiser poétiquement des données, fussent-elles d’ordre cosmologique. Elles ont également et surtout un pouvoir de recréation de l’univers. Par son intégration de données et de références cosmologiques à ses pièces, Shakespeare ne faisait pas que bâtir un décor conforme aux conceptions de l’époque, il produisait un univers et son cosmos. C’est du moins ce que nous pensons qu’il est possible de démontrer.

Ce précédent type de réduction de la question du cosmos chez Shakespeare, sur lequel nous aurons bien entendu l’occasion de revenir au cours de notre étude, induit on le comprendra le troisième type de réduction : en effet, si plaquer un système astrologique ou cosmologique sur les oeuvres dramatiques de Shakespeare c’est nier le pouvoir de son écriture c’est aussi, partant, nier la particularité de la théâtralité shakespearienne et donc passer à côté de la question d’une pratique théâtrale ancrée dans une certaine vision du cosmos.

Mais pourquoi donc l’analyse dramaturgique s’est-elle si tôt arrêtée à cette frontière méthodologique ? On se borne à la recherche référentielle et on s’interdit l’analyse littéraire de la représentation cosmologique des pièces de Shakespeare, selon nous, pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que, le contexte cosmologique étant définitivement éradiqué de notre culture, il est préalablement nécessaire de replacer dans leur contexte culturel et leur univers mental les références cosmologiques employées par Shakespeare afin que celles-ci nous parlent et revêtent l’importance qu’elles ont pu jouer dans un contexte ou ces conceptions cosmologiques étaient encore très vivantes dans les esprits. Ce n’est qu’au prix d’une telle réactualisation que l’on peut effectivement espérer se reapproprier les bases de ces notions nécessaires à la perception et la compréhension de leur présence dans le texte shakespearien. Tout un travail préliminaire et laborieux de réactualisation d’un certain contexte culturel reste donc à effectuer avant de se lancer dans l’analyse dramaturgique des conceptions cosmologiques du texte shakespearien. À ce titre, Théodore SPENCER a effectivement raison d’écrire que :

« Pour qui veut lire Shakespeare, il est nécessaire de se mettre au diapason de la mentalité élisabéthaine, si différente de la nôtre. Le concept même de cosmos ne signifie plus aujourd’hui « monde harmonieux ». Or, pour Shakespeare, cette notion était encore fondamentale, de sorte que sous la truculence, les plaisanteries et la verve de ses comédies, se profile toujours une représentation des mécanismes de l’univers. Quant à ses tragédies et romances, elles s’insc789rivent pleinement dans une atmosphère où le cosmos et ses signes prémonitoires tiennent une place de choix. »

D’autre part, les difficultés que rencontre l’analyse du contexte cosmologique des pièces de Shakespeare tiennent aussi, nous semble-t-il, à des causes se rapportant à la spécificité du style shakespearien : il y existe une raison qui nous semble d’avantage tenir de la nature même du style dramatique de Shakespeare et du traitement qu’il fait des données cosmologiques. En effet, comme le souligne H. FLUCHÈRE :

« Le passage progressif de l’image ornement à l’image fonctionnelle qui s’opère dans l’oeuvre shakespearienne traduit un chemin personnel du dramaturge sur les voies du symbolisme. »

Cette remarque, croyons-nous, est également valable pour l’emploi d’images figurant une partie ou la totalité de la représentation du cosmos. C’est la représentation cosmologique elle-même qui, petit à petit, passe dans les oeuvres de Shakespeare, du statut ornemental au statut fonctionnel. Nous pensons que cosmos devient opérant 10au sens plein du terme dans la dramaturgie shakespearienne. Cependant l’analyse dramaturgique continue de le considérer comme un ornement en le traitant par le biais de ses référants et se refuse à considérer sa dimension fonctionnelle au sein de l’oeuvre. Plusieurs raisons à cela. L’analyse par référants préserve de la dispersion des données : or c’est bien sous une forme dispersée qu’apparaît la cosmologie dans les oeuvres de Shakespeare :

« (…) l’approche de la poétique cosmologique risque d’apparaître dispersée. »

James DAUPHINÈ, pense pouvoir palier à cette dispersion par la recherche de thématiques d’ensemble, telle que l’ordre, les puissances supérieures, etc. Mais ce faisant, il applique une unité de manière extérieure à une dispersion dont il a renoncé de se demander si l’unité ne pourrait être recherchée dans l’oeuvre proprement dite. Certes, la thématique de l’ordre et du désordre cosmique s’applique sans doute merveilleusement aux pièces de Shakespeare, mais qu’avons nous ainsi découverts, sinon que Shakespeare respectait et reprenait à son compte une partie de la conception grecque du cosmos en tant qu’ordre ?

Tandis qu’une voie relativement peu explorée consisterait à examiner en quoi ces éléments dispersés d’une conception cosmologique n’auraient pas leurs liens constitutifs d’une vision poétique globale du cosmos au sein même de l’oeuvre théâtrale de Shakespeare. James DAUPHINÉ, dans la partie de son livre consacrée au cosmos en tant qu’ordre chez Shakespeare, étudie successivement les thématiques du lien entre les hiérarchies et les planètes, des personnages et des planètes, du soleil, de l’eau, de la lune, du chaos, des animaux, des âges de la vie. Mais que relient tous ces thèmes au sein même de l’oeuvre de Shakespeare ? Peut-on parler d’un cosmos ordonné ou harmonieux alors que l’on ne parvient pas même à trouver l’ordre et l’harmonie qui, au sein du texte théâtral, font de la représentation cosmologique shakespearienne une unité ?

Cet ordre et cette harmonie du cosmos shakespearien, le pari de cette étude consiste à le situer au sein du texte dramatique, c’est-à-dire de l’intrigue, de la psychologie des personnages, du déroulement de l’action et du réseau de symboles utilisé (etc.) et d’aller l’y chercher plutôt que dans quelque système référentiel extérieur.

Pour notre part, nous voulons entreprendre notre analyse sous le triple présupposé suivant, à savoir :

a) qu’il existe une spécificité de la représentation du cosmos de Shakespeare ;

b) que ce cosmos de Shakespeare ne se déploie pas comme une symbolique hermétique étrangère à la trame dramatique mais qu’au contraire la trame dramatique tisse et se tisse en fonction de cette représentation du cosmos ;

c) que cette représentation du cosmos induit une écriture et même une conception de la pratique théâtrale spécifique, c’est-à-dire un théâtre cosmique, théâtre dont un certain nombre d’éléments du texte théâtral shakespearien tendraient à nous laisser penser que l’auteur était bien conscient, jusque dans une certaine mesure, de concevoir.

Cependant, pour parvenir à une telle approche de la question du cosmos dans les oeuvres de Shakespeare, il nous a semblé nécessaire de procéder à un approfondissement des outils et des notions conceptuelles nous permettant de saisir justement, sous son aspect vivant dans le texte théâtral, ce concept de cosmos. Pour ce faire nous avons eu recours à trois systèmes de référence qui sont constitutifs de l’originalité de notre démarche : la représentation de la nature et du cosmos de Goethe telle qu’elle apparaît dans son théâtre et ses oeuvres scientifiques ; les données récentes de l’ethnoastronomie et de l’anthropo-astronomie quand elles nous ouvrent des clefs de compréhension au système de référence employé par Shakespeare lorsqu’il aborde dans son oeuvre dramatique des notions cosmologiques, à savoir la mythologie grecque ; le système de représentation du monde de la gnose, l’ésotérisme et l’alchimie de l’époque de Shakespeare.

Mythologie et cosmogonie grecque comme grille de lecture de la cosmologie du théâtre de Shakespeare

Sans être spécialiste de la mythologie grecque, il nous a semblé possible d’opérer une lecture de Shakespeare montrant que celui-ci associait les mythes grecs, ou certains mythes grecs, aux représentations cosmologiques qu’il met en place dans son théâtre. Cette connexion entre la mythologie grecque et la cosmologie nous semble avoir une fonction primordiale. Tout d’abord, en tant qu’elle peut être considérée jusqu’à un certain point comme une cosmogonie, la mythologie grecque induit l’idée d’une évolution du cosmos. Plus exactement, l’idée de sa gestation, de sa naissance et de sa croissance. Elle induit donc le concept fondamental que le cosmos aurait une histoire, un destin, une évolution. Si nous nous sommes intéressé à la mythologie grecque pour comprendre Shakespeare, c’est en tant que cette mythologie est aussi une cosmogonie et que la structure et la cohérence du cosmos procéderait donc d’une évocation généalogique du cosmos. Pour la mythologie, la nature a une histoire, le cosmos tout entier se trouve engagé dans un devenir au caractère dramatique. Le cosmos est inscrit dans un processus biographique. En mettant en évidence ce devenir du cosmos dans les oeuvres dramatiques de Shakespeare, nous pourrions montrer, en dernière analyse, en quoi sa structure générale est proche du drame, en quoi l’histoire du cosmos s’écrit comme une oeuvre dramatique ou, pour le dire autrement, comme un destin tragique.

En quelque sorte, il serait possible d’affirmer qu’au sein des oeuvres dramatiques de Shakespeare existe, comme peut nous permettre de la découvrir l’analyse des éléments de mythologie grecque et parallèlement à l’évocation de l’action dramatique dans laquelle se trouvent placés les protagonistes de la pièce, l’évocation d’une autre action dramatique, déjà accomplie et/ou en cours d’accomplissement, celle du cosmos. Ce qui nous amènera à nous demander en quoi ces actions dramatiques distinctes, celles des hommes et celle du cosmos, sont en relation ou non les unes avec les autres, en quoi elles se confondent ou se distinguent, se prolongent ou se dissocient les unes des autres.

En ce sens, nous nous distinguons là encore des analyses de James DAUPHINÉ qui concevait bien un lien entre les mythes et la représentation cosmologique chez Shakespeare, mais qui pensait que les mythes illustraient le caractère éternel, intangible du cosmos de Shakespeare :

« Ces rapides constatations soulignent que, jusqu’à un certain point, les données mythologiques, reliées aux principes planétaires, entrent dans des catégories de l’entendement comprises de tous les lecteurs du XVIème siècle, et utilisées par Shakespeare pour indiquer que l’histoire est à la fois source des faits et perpétuelle illustration des mythes. »

Selon nous, c’est au contraire l’idée d’évolution et d’histoire du cosmos que la mythologie grecque, en tant que cosmogonie, tend à produire dans l’oeuvre dramatique de Shakespeare. D’ailleurs, il est étonnant de remarquer comment Shakespeare ne se contente pas d’évoquer des images mythiques et mythologiques, mais comment il les suggère également là où l’on si attend le moins, comment il travail ces images des mythes dans le contexte de son écriture dramatique afin de les charger, ou les réinvestir, d’une signification perdue. Nous pourrions ainsi presque avancer que le travail de Shakespeare sur les mythes tend surtout à « re-cosmiser » la mythologie grecque. Car le passage de la mythologie à la cosmogonie, ne nous y trompons pas, est bel et bien problématique. Dans son ouvrage Images de la communion cosmique, Robert TRIOMPHE soulignait ainsi que même à l’époque de la Grèce classique, les mythes avaient eu tendance à subir une « décosmisation ». Commentant la Théogonie d’Hésiode, Paul MAZON fait ainsi remarquer que l’on pouvait être étonné de ce que, en contradiction avec le projet affiché au départ par l’auteur antique de décrire la naissance de la terre, du ciel et des choses vivantes, la Théogonie semblait ne pas tenir sa promesse de récit cosmogonique :

« Ce programme [le récit de l’histoire des Dieux] serait, en somme, simple et clair, si, entre la mention des anciens et celle des nouveaux dieux, n’intervenaient, de façon surprenante, trois vers, qui contiennent des sujets tout différents : la naissance des dieux (?), de la terre, des fleuves, de la mer, des astres et du ciel. Faut-il y voir une interpolation ? Ce n’est guère probable ; en tout cas, ce qu’ils annoncent est dans le poème : notre théogonie est une cosmogonie. »

Si la théogonie est une cosmogonie, elle doit nous permettre de mettre en lumière le récit d’une genèse du cosmos dans le théâtre de Shakespeare car c’est selon nous dans cette optique que notre auteur élisabéthain a fait référence aux mythes grecs.

Une branche de l’anthropologie : l’ethno-astronomie

Toutefois, comme nous le voyons rapidement en considérant le récit des mythes grecs, la dimension cosmogonique est loin d’être immédiatement perceptible. Encore moins la dimension de la représentation d’une cosmologie. Il est donc nécessaire de décrypter la dimension cosmogonique des mythes pour comprendre en quoi les mythes participent dans l’oeuvre théâtrale de Shakespeare de la construction d’une cosmologie. Pour ce faire, nous avons eu besoin d’outils conceptuels et du travail d’analyse préalable de cette question. Mais si ce travail consistant à replacer les mythes dans leur contexte cosmologique existe, il n’en est néanmoins que très peu avancé. Ce n’est en effet que très récemment qu’une section de la recherche en anthropologie de l’Université de Strasbourg a décidé de porter son attention sur cette question d’une représentation du cosmos et d’une philosophie de la relation entre l’être humain et le cosmos. Elle s’est ainsi constituée en une discipline dérivée de l’ethnologie et de l’anthropologie : l’ethno-astronomie.

Définissant cette nouvelle discipline, Pierre ERNY situe ainsi son domaine d’intervention et les questions auxquelles elles tentent de répondre :

« Comment représente-t-on l’univers, son origine, son évolution et la vie qui l’anime ? Comment structure-t-on le temps ? Quelle place les données astronomiques tiennent-elles dans les mythes, les légendes, les contes, les dictons, les classifications, les savoirs, les magies, les pratiques médicinales, les spéculations philosophiques, les systèmes de pensée et de croyance, l’organisation socio-politique, les systèmes de parenté, la division du travail, l’art, la poésie, les représentations de la destinée humaine, mais aussi des productions de l’imaginaire, les rêves individuels, les sensibilités collectives ? » 

L’ethno-astronomie explore donc des domaines très vastes et sa particularité, qui nous semble véritablement pertinente, est de tenter de rechercher des données de cosmologie et d’astronomie non pas seulement dans un système précis de représentation de l’univers, mais également de considérer en quoi cette représentation est présente dans la culture totale des civilisations, archaïques ou modernes. En effet, ce n’est que dans notre Europe occidentale et à partir du XVème siècle que l’astronomie, l’astrologie et la cosmologie, se sont déterminées en un système de représentation isolé. Nous avons en effet peine à penser que les représentations d’une cosmologie puissent être des éléments constitutifs et intégrés à une culture, sinon comme une simple représentation de l’univers. En quoi notre représentation cosmologique peut être présente dans la littérature, la poésie, la science même, non pas en tant que référence mais en tant que facteur constitutif, voilà un mode de pensée auquel nous nous sommes déshabitués. Cependant, dans la culture grecque, comme le souligne Pierre ERNY, l’astronomie était présente dans toutes les branches de la culture de l’époque :

« Une des caractéristiques de la mythologie, et donc de la civilisation grecque, réside dans le fait que les référents astronomiques ont été très largement repris à un niveau où se mêlent observation rigoureuse et poésie, fabulation et pensée symbolique, croyance et démystification, religion et science naissante. Toutes les cultures qui ont élaboré des astrologies, la chaldéenne, l’hellénistique, l’indienne, la chinoise, etc., présentent de ce fait une saveur commune. Et que dire des civilisations mexicaines où la possession du savoir astronomique conférait aux prêtres un pouvoir d’une singulière lourdeur ? Ou de la civilisation juive, puis judéo-chrétienne, au sein desquelles le conflit n’a cessé de couver entre ceux qui refusaient de lier l’homme aux astres et ceux qui y consentaient de multiples manières, en marge des idéologies officielles, si ce n’est dans l’occulte ?

On peut faire un pas de plus comme le propose F. JASNIEWICZ-JAFFIOL dans Réflexion sur les méthodes de l’ethnoastronomie, mémoire de DEA présenté en 1990, et distinguer les civilisations où les données astronomiques sont fortement intégrées culturellement, tantôt sur la base d’une observation systématique, tantôt en son absence, et les civilisations où ces données ne sont pas intégrées fortement, tantôt du fait de l’absence d’une telle observation, tantôt malgré sa présence (n’est-ce pas le cas de l’Occident moderne ?)… »

Reprenant cette classification proposée par F. JASNIEWICZ-JAFFIOL, nous voudrions établir que les données astronomiques et cosmologiques sont fortement intégrées à l’écriture théâtrale de Shakespeare. Si fortement intégrées qu’elles ne constituent pas seulement un cadre de référence pour l’action dramatique mais un agent de cette action dramatique. Tout le problème de l’analyse et de la recherche d’un cosmos de Shakespeare tient selon nous en partie à cette difficulté conceptuelle : consciemment ou inconsciemment, nous sommes habitué à considérer les données astronomiques et cosmologiques comme des données exogènes. Avec cette optique, il ne nous semble absolument impossible de pénétrer la problématique cosmique des oeuvres dramatiques de Shakespeare.

Car il nous semble manifeste que si les données cosmologiques prennent en apparence peu de place dans la dramaturgie shakespearienne (on aura beau chercher, on ne peut découvrir qu’un petit nombre de références et d’indications précises se rapportant clairement à des données cosmologiques dans le théâtre de Shakespeare), ce n’est pas parce qu’elles sont faiblement intégrées à l’écriture dramatique mais au contraire parce qu’elles y sont très fortement intégrées. C’est parce que la cosmologie de Shakespeare n’est justement pas qu’un simple système de référence et qu’elle est si profondément inscrite dans son théâtre que, paradoxalement, elle y apparaît si peu. Une écriture qui n’intégrerait pas les données cosmologiques dont elle témoigne serait une écriture qui étalerait ses références au grand jour. Rien de tel chez Shakespeare où les données cosmologiques tissent une trame souterraine et profonde. Pour poursuivre cette image du tissage, nous aurions envie de dire que la cosmologie constitue justement chez Shakespeare le support (destiné à être invisible) de toutes les actions dramatiques, du destin des personnages ou des péripéties du drame. C’est parce qu’elle éprouve bien souvent les pires difficultés à concevoir une telle imbrication de la cosmologie dans l’écriture dramatique de Shakespeare que l’analyse échoue à comprendre et révéler le cosmos de Shakespeare.

L’ethno-astronomie nous offre donc deux outils conceptuels majeurs : des clefs pour la compréhension des éléments de mythologie grecque contenus dans l’oeuvre dramatique de Shakespeare afin de les ressituer dans leur dimension cosmogonique ; des considérations méthodologiques et conceptuelles concernant le rapport de l’homme et ses civilisations au cosmos.

Shakespeare et Goethe

Enfin, notre dernier angle d’approche de la question d’une représentation du cosmos dans l’oeuvre dramatique de Shakespeare sera conduit sous l’angle d’une comparaison avec le théâtre de Goethe et les conceptions scientifiques cosmologiques de cet auteur. Il est en effet possible selon nous de déterminer comment les importants travaux que Goethe a conduit en botanique, en géologie, en zoologie et en optique lui ont permis d’élaborer une représentation complexe du monde et des forces qui règnent selon lui dans le cosmos. Cette représentation scientifique du cosmos de Goethe n’est cependant pas isolée de son oeuvre littéraire et dramatique : nous avons tenté de montrer, au cours de notre travail de maîtrise, que l’on pouvait justement lire le Faust comme l’expression, voire le prolongement des conceptions scientifiques de Goethe concernant la nature. C’est sous l’angle d’un tel éclairage du théâtre de Goethe par ses conceptions scientifiques et philosophiques de la nature que nous voudrions confronter le cosmos de Goethe et le cosmos de Shakespeare.

Il nous semble en effet qu’au-delà des coïncidences des représentations cosmologiques et/ou métaphysiques que nous ne manquerons pas d’observer entre les deux auteurs, c’est un système d’écriture théâtrale de représentations cosmologique qui tente de voir le jour à travers ces deux auteurs. Sans nier les profondes différences entre l’écriture de Goethe et l’écriture de Shakespeare du point de vue théâtral, il nous semble qu’un dénominateur commun pourrait être trouvé dans une certaine conception de l’écriture, voire de la pratique théâtrale, lorsqu’elle se veut porteuse de considérations cosmologiques.

Éléments de constitution d’une bibliographie

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Ouvrages généraux sur les conceptions ésotériques de l’époque élisabethaine :

YATES F.A., La lumière des roses-croix,

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Saturne et la Mélancolie

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JOHNSON Francis R., Astronomical Thougth in Renaissance England, Baltimore, 1937

WARRAIN Francis, Essai sur l’Harmonices Mundi ou Musique du Monde de Johann Kepler, Paris, 1942, Geuthner

DAUPHINÉ James, Le Cosmos de Dante, Les Belles Lettres,

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La musique des sphères :

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GODWIN Joscelyn, Les harmonies du ciel et de la terre (la dimension spirituelle de la musique), Paris Albin Michel

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REINACH Théodore, La musique des sphères, in Revue des Études Grecques, XIII, pp 432 – 449, 1900

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PROUST Dominique, L’harmonie des sphères,

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Ouvrages généraux sur la cosmologie :

TUZET Hélène, Cosmos et Imagination, José Corti

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TITUS Burckhardt, Alchimie, sa signification et son image du monde, Bâle, Éditions Thoth

Réserve centrale 135.4 BUR

L’Alchimie, science et sagesse,

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Idées grecques sur l’homme et sur Dieu, Saint Eloi adultes 180 PEP

PÉPIN Jean, Théologie cosmique et théologie chrétienne, Paris, 1964

ARISTOTE, Du Ciel

F. Villon adultes 185 ARI / Rostand adultes T2ARI

PLATON, Timée

SERVIER Jean, L’homme et l’invisible, Paris, Laffont, 1964

FRAZER J. G. , Les Dieux du Ciel, Paris 1927

Le roi-magicien, Malraux adultes 306 FRA

Le Rameau d’or, Picpus 390 FRA

ERNY Pierre, Des astres et des hommes, L’Harmattan, Culture et Cosmologies, 1996, Paris

TRIOMPHE Robert, Images de la communion cosmique, L’Harmattan, Culture et Cosmologies, 1996, Paris

GOMBROWITZ, Cosmos,

Beaubourg, Bureau 8, 884 Gomb 410

FAIVRE Antoine, Lumière et Cosmos,

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GUITON Jean, De la signification du cosmos,

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Cosmos et création

Beaubourg, Bureau 1/2, 22(0), Com 11

Cosmologie de Shakespeare :

DUFOUR gérard, L’homme et l’animal dans l’oeuvre de Shakespeare, Essai d’anthropologie littéraire, 1991, Paris 4, Doctorat d’Etat, Thèse microfichée 90PAO40144

DAUPHINÉ James, Les structures symboliques dans le théâtre de Shakespeare, Les Belles Lettres

FRANCK Martine, Le Théâtre du soleil : Shakespeare

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MARIENSTRASS, Le proche et le lointain : sur Shakespeare

Picpus ad., Buffon ad., Réserve centrale 820.9 MAR

SPLAIGHT Robert, Nature et Grâçe dans les tragédies de Shakespeare, Éditions du Cerf, Paris, 1957, Aubin Ligugé

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WOODBRIDGE Linda, The Scythe of Saturne, Shakespeare and magical thinking,

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VAHEDIAN Bahram, Shakespeare et le livre du destin, 1993, Caen, Doctorat, Thèsqe microfichée 93CAEN1137

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Le théâtre du monde de Shakespeare :

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POITEVIN Jean, Shakespeare et notre Globe,

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YATES F.A., Théâtre of the World, pp132-135

Traduction du Faust

Goethe – Faust – traduction de Jean Malaplate – Manchecourt – GF Flammarion – 1990

Goethe – Faust – traduction de Gérard de Nerval – Tours – GF Flammarion – 1964

Goethe – Faust – traduction de Henri Lichtenberger, collection bilingue – Alençon – Aubier – 1980

Oeuvres littéraires et poétique de Goethe

Goethe – Maximes et pensées – Mondeville – Editions André Silvaire – 1992

Goethe – Poésies – Mayenne – Editions Aubier – 1979

Oeuvres scientifique de Goethe

Goethe – Métamorphose des plantes – Paris – Edition Triades – 1992

Goethe – Traité des Couleurs – Clamecy – Edition Triades – 1990

Commentaires du Faust de Goethe

DEDAYAN Charles, Le thème de Faust dans la littérature euopéenne,

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DABEZIÈS André, Le mythe de Faust,

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Corvin Michel (sous la direction de), Goethe et les arts du spectacle, actes du colloque de Francfort, 1982

Baty, 830 « 17 », Goe 8

Goethe, Théâtre complet

Baty, TN 81 et TN 224 (Pléïade)

Cahiers de l’Hermétisme, Faust et l’Alchimie,

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Triades, Faust,

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Commentaires des ouvres scientifiques de Goethe

Paul-Henri Bideau – in Goethe – Vendôme – Que sais-je ? – PUF – 1984

Oeuvres dramatiques de shakespeare

William Shakespeare – Le Songe d’une Nuit d’Été – Traduction de Maurice Castelain – Saint-Amant – Aubier – édition bilingue – 1992

William Shakespeare – Le Marchand de Venise – Manchecourt – GF Flammarion – 1994

William Shakespeare – Roméo et Juliette – Traduction de François-Victor Hugo – Pössneck – Librio – 1995

William Shakespeare – Beaucoup de bruit pour rien – Manchecourt – GF Flammarion – 1964

William Shakespeare – Henry V – édition bilingue – Traduction de Sylvère Monod – Saint Amand – Garnier Flammarion – 1991

William Shakespeare – La Tempête – Traduction de Pierre Leyris – Manchecourt – GF Flammarion – édition bilingue – 1991

William Shakespeare – Cymbelin – traduction d’Yves Bonnefoy – Bergamo – oeuvres complètes, collection bilingue – 1957 – Cambridge University Press – Le club français du livre

William Shakespeare – Le Conte d’Hiver – traduction d’Yves Bonnefoy – Bergamo – oeuvres complètes, collection bilingue – 1957 – Cambridge University Press – Le club français du livre

Commentaires des pièces de Shakespeare

Paul Arnold – Clef pour Shakespeare – Mayenne – Librairie philosophique Jean Vrin – 1977

Christine Buci-Glucksmann – Tragique de l’ombre – Mayenne – Galilée – 1990

Goethe – Shakespeare à n’en plus finir – La Revue Théâtrale n°34 – Paris – La Librairie Théâtrale – 1956

Jan Kott – Titania et la tête d’âne – Paris – Revue “Europe” – Les éditeurs français réunis – Janvier-Février 1964

Jorge Lavelli – La nuit des mythes – Revue “Acteurs” n°42 – Bondy – 1986 – Acteurs SARL

Jean Richer – Prestige de la Lune et Damnation par les étoiles chez Shakespeare – Château-Gontier – Les Belles Lettres – 1982

Frances A. Yates – Les dernières pièces de Shakespeare, une approche nouvelle – Traduction de Jean-Yves Pouilloux – Luçon – Belin – Littérature et politique – 1993

Autres oeuvres

Philippe Ariès – L’Homme devant la Mort – Mayenne – Seuil – 1977

Peter Brook – Le Diable c’est l’ennui, propos sur le théâtre – Cahier n°4 de Théâtre-Éducation – Atelier graphique Actes-Sud, imprimerie Barantière à Crétigny-Dijon – Actes-Sud Papiers – 1991

Peter Brook – L’Espace Vide, Écrits sur le théâtre – Traduction de Christine Estienne et Franck Fayolle – Ligugé – Seuil – 1977

Peter Collin, Helen Knox, Margaret et René Ledésert – Shorter Dictionnary – Malesherbes – 1982

Homère – L’Odyssée – Traduction de Victor Bérard – Montrouge – Le Livre de Poche – 1983

Odilon Redon – Le Rêve – huile – 1912 – in Odilon Redon par Jean Selz – Lugano – Flammarion – 1971

1 SPENCER Theodore, Shakespeare et la nature de l’homme, Paris, Flammarion, Idées et Recherche, 1974, dos de couverture

2 DAUPHINÉ James, Les structures symboliques dans le théâtre de Shakespeare, Mayenne, Les Belles Lettres, 1983, p. 19

3 DAUPHINÉ James, Les structures symboliques dans le théâtre de Shakespeare, Mayenne, Les Belles Lettres, 1983, p. 28

4 SPENCER Theodore, Shakespeare et la nature de l’homme, Paris, Flammarion, Idées et Recherche, 1974, p. 19

5 FLUCHÈRE Henri, Shakespeare dramaturge élisabéthain, Saint-Amand, Tel Gallimard, 1995, p. 215

6 DAUPHINÉ James, Les structures symboliques dans le théâtre de Shakespeare, Mayenne, Les Belles Lettres, 1983, p. 21

7 DAUPHINÉ James, Les structures symboliques dans le théâtre de Shakespeare, Mayenne, Les Belles Lettres, 1983, p. 66

8 HÉSIODE, Théogonie, Les travaux et les jours, Le bouclier, traduction de Paul MAZON, Paris, Les Belles Lettres, 1947, p. 9

9 ERNY Pierre (sous la direction de), De l’ethnoastronomie,, in Des Astres et des Hommes, Condé sur Noireau, L’Harmattan, Culture et Cosmologie, 1996, p. 16

10 ERNY Pierre (sous la direction de), De l’ethnoastronomie,, in Des Astres et des Hommes, Condé sur Noireau, L’Harmattan, Culture et Cosmologie, 1996, p. 16 et 17

Licence Creative Commons
Shakespeare, théâtre et cosmos (une introduction à ma thèse inachevée) de Grégoire Perra est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

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