Publié par : gperra | 22 février 2012

Fiche de lecture de La Métaphysique de Marc Ballanfat, collection Ellipses

La Métaphysique

Marc Ballanfat

Existe-t-il une définition de la métaphysique ?

À quoi sait-on que la philosophie est de la métaphysique ?

Parce que ces ouvrages parlent d’une région au delà de la nature et hors d’atteinte de l’expérience humaine ?

Pas seulement puisque Spinoza fait une métaphysique de

l’immanence.

Affirmer qu’il existe un au-delà est l’un des premiers besoins de la métaphysique dit Nietzsche dans Par delà le Bien et le Mal. Mais ce n’est pas une obligation de la raison, seulement de la métaphysique seule.

Dans le livre d’Aristote intitulé Métaphysique, il est question de l’être en tant qu’être. Le Dieu-Moteur se concilie parfaitement avec la vision d’un cosmos fini et éternel. Ce n’est pas un au-delà de la nature et du monde.

Une science des objets transcendants à partir du XVIIème siècle ? L’effort de l’esprit humain pour s’élever au delà des réalités sensibles. Traiter des réalités qui dépassent l’entendement humain.

Pour Kant, dans la Critique de la Raison pure, Système des idées

transcendantales, les trois objets de la métaphysique sont le monde, l’âme et Dieu. Mais Aristote ne conçoit aucun de ces trois objets comme transcendants : l’âme est la forme du corps, la totalité cosmique n’est pas séparable de la nature observable, Dieu n’est pas hors du monde et hors d’atteinte de l’entendement humain.

En revanche Platon, parle des essences, dont le Bien, situé au delà. Par la dialectique ascendante, on s’élève des apparences sensibles vers l’Idée intelligible, au delà de la nature sensible. Pour lui, l’âme doit se purifier du corps, le réel se laisse comprendre à partir d’une réalité suprasensible (les maths), et la justice divine rétribue les actes.

Aristote a la paternité nominale de la M., mais Platon en a la paternité de pensée, si l’on associe la métaphysique au postulat du suprasensible.

De la Métaphysique à la métaphysique

La Métaphysique est donc d’abord un nom avant de désigner une chose.

Pour Platon, la M. est la science rationnelle du suprasensible.

Commence-t-elle avec l’usage de certains concepts ? Lesquels ?

Aristote : « une science de l’être en tant qu’être et les choses qui en dépendent par soi » Métaphysique. Par exemple, la cause en tant que cause et non telle ou telle cause d’un événement particulier. Tout ce qui est en tant qu’il est absolument et non relativement à telle ou telle chose.

Ce sont des concepts qui permettent à la philosophie de de

poser ses propres bases : des concepts qui ne dépendent de rien d’autre que d’eux-mêmes (puissance et acte, forme et matière, substance et accident, etc.).

Ce qui est, ce sont les causes premières (matérielle, formelle, efficiente et finale) et les principes (ce dont dérive l’existence et la connaissance d’une chose). Pour être en tant qu’être, une chose doit se ranger sous le concept de cause ou de principe. Inversement, connaître une chose du point de vue métaphysique, c’est connaître par sa cause ou son principe. On obtient ainsi l’universalité de la science de l’être. Il existe une science de l’universel, la Métaphysique.

La méditation métaphysique ne doit donc pas son inspiration à l’ontologie (malgré la proximité de certains termes : l’être, l’un, le temps). Les concepts de l’ontologie servent à affirmer de quelque chose qu’elle est. Ceux de la Métaphysique servent à établir qu’il existe quelque chose comme chose.

Le concept apparaît dans une langue qui se dégage de la phrase ordinaire par le recours à des termes qu’elle prends en un sens nouveau et particulier. Il faut l’usage technique d’une métalangue philosophique. (Ex. concept de forme chez Aristote). La métaphysique débuterait avec l’invention aristotélicienne d’une métalangue conceptuelle. Elle serait la connaissance conceptuelle des chose induite par l’usage d’une telle langue.

Mais ce sont peut-être aussi les objets de la réflexion qui font d’une méditation une entreprise métaphysique. Lesquels ?

La métaphysique ou le scandale de la pensée

Si l’on ne se contente pas de postuler le caractère métaphysique d’un objet comme le mal, il faut bien essayer de le prouver.

Jean Nabert (Essai sur le mal) a montré que toutes les tentatives pour rationaliser le mal échouent dans la mesure où il constitue un obstacle à la rationalisation, une déficience au cœur de l’humain, une démission. Elle ne peut le définir sans se menacer elle-même. Le mal n’est donc pas un objet comme un autre.

Le mal est scandaleux car il résiste à toute rationalisation qui voudrait s’en dispenser. Le mal existe sans raison.

De même certains autre objets. La Métaphysique a pour mission de ne pas ignorer le scandale mais de lui ménager une place au sein de la pensée au lieu de l’en exclure.

Ne pas supprimer la difficulté sur laquelle bute la pensée, mais la renforcer, la décrire minutieusement, lui donner toute sa valeur. Bergson, La pensée et le mouvant, parle ainsi de « tourner

l’obstacle ». Métaphysique = débordements, contournements, vaste détour, refus de la ligne directe.

Le courage d’une pensée métaphysique se mesure au détour qu’elle pratique pour parvenir à poser les problèmes qu’elle veut poser. Mais elle peut aussi se perdre en bavardages stériles.

Mais n’est-ce pas aussi se détourner de la raison ? Non, car la raison est aussi de trouver de nouvelles voies, ouvrir un chemin de traverse, penser ce qui ne peut pas se connaître (Kant).

Dire le scandale sans l’annuler aussitôt est la voie rationnelle de la métaphysique.

La langue si conceptuelle de la Métaphysique procède du soucis de frayer une autre possibilité pour la pensée humaine, autre que celle qu’elle emprunte lorsqu’elle suit le discours naturel ou

lorsqu’elle adopte le discours scientifique.

La métaphysique s’épuise à poser des problèmes que la science préfère ignorer.

Qu’est-ce qu’un problème métaphysique ?

La science ne se pose que les problèmes qu’elle peut résoudre (problèmes mathématiques d’Euclide, par exemple).

En métaphysique, il ne s’agit pas de répondre à une question mais de poser un problème et, en le posant, d’en mesurer toute la difficulté.

La métaphysique n’ignore pas ce penchant de la raison à chercher satisfaction dans une théorie ou une thèse.

Rousseau, dans le Contrat social, formule le « problème fondamental » du pacte social es esquissant les éléments de sa solution. Il existe donc des problèmes que la métaphysique sait formuler dans des termes tels que leur résolution devient pensable.

La différence avec le problème scientifique est que la solution qu’elle propose est tout aussi problématique que le problème qu’elle soulève. Toute résolution d’un problème devient un problème pour les autres penseurs. Le cogito de Descartes n’est pas tant une solution que le début d’une multitude de problèmes.

Le problème de l’histoire de la métaphysique

Hegel : une histoire philosophique de la philosophie.

Une histoire métaphysique de la Métaphysique ?

Kant, Préface de la Critique de la raison pure : l’histoire de la métaphysique est une histoire de la raison pure. C’est le problème du rapport du sujet à l’objet.

Mais ces concepts qu’utilise Kant viennent de la métaphysique. Aristote et la notion de substrat. Pour Kant, la raison qui se critique parcourt le chemin qui la définit.

L’histoire de la métaphysique serait ainsi l’histoire de la raison se critiquant elle-même.

La raison désigne trois choses :

• le sujet connaissant, l’homme en tant qu’animal rationnel ;

• elle récapitule tous les égarements de l’homme commis avec la raison ;

• l’instrument le plus efficace de la critique.

La métaphysique, comme tentative de construire une réflexion critique purement rationnelle, se présuppose elle-même. Elle se produit elle-même, sans autre justification qu’elle-même.

Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, dit qu’un énoncé scientifique doit pouvoir être testé par l’expérience tandis qu’un énoncé idéologique ne se laisse jamais infirmer par quelque témoignage que ce soit.

La raison pure ne reconnaît le droit de la critiquer qu’à la raison critique (Kant).

Le risque, c’est que la raison devienne totalisante et n’est pas

d’autres limites que celle qu’elle veut bien se donner.

La métaphysique se présuppose elle-même, dans son histoire, son langage, ses concepts.

Les critiques faites à la métaphysique

La métaphysique est en crise car elle ne tient pas ses promesses.

Les critiques de la métaphysique portent sur sa langue.

Comme le dit Kant, juger reste un « don naturel » Analytique transcendantale.

Comment la métaphysique peut-elle se juger ?

C’est la raison qui se critique en s’évaluant et s’évalue en se critiquant, se posant elle-même dans la critique qu’elle opère d’elle-même.

Critique de l’empirisme classique : il n’y a pas de domaine de la raison sui generis et inaccessible à l’expérience. Les concepts sont utiles pour le raisonnement mais ne sont pas des choses. On passe de la proposition logique au débat ontologique (ne pas = néant dans le Sophiste de Platon).

Critique du cercle de Vienne : analyse linguistique du langage des propositions de la métaphysique afin de montrer leur inanité. Négliger toutes les propositions qui ne correspondent pas à la nature du langage (Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus).

La métaphysique constitue le langage que la pratique

philosophique produit pour démontrer tout ce qu’elle affirme ou nie du monde.

Cela peut aussi justifier la m. : tout ce qu’ion ne peut pas dire (dans les propositions du langage naturel), il faut le démontrer (dans le métalangage des concepts).

Et dire que le langage doit se réduire à l’expérience, c’est poser le concept d’expérience sans le justifier. Idem pour la « réalité ».

Parler du monde pour en affirmer telle ou telle chose au moyen de tel ou tel concept signifie le mettre en question, le constituer comme problème, ce que la langue naturelle ne pouvait pas faire à moins de se remettre en question elle-même.

Le dessein de la métaphysique

La métaphysique ressemble à un réseau souterrain labyrinthique? Dans Qu’est-ce que la philosophie, Deleuze nomme « personnage conceptuel » le métaphysicien. C’est lui qui creuse ce réseau et ordonne les concepts en fonction de ses besoins conceptuels. C’est un personnage de liaison.

La philosophie est peut-être grecque, mais la métaphysique se trouve dans les textes de l’Inde, de la Chine ou de l’Afrique.

La métaphysique désigne la rigueur de la raison qui se détermine par elle-même, le scandale qui force le penseur au détour, l’invention d’un langage conceptuel pour penser le monde autrement.

Conclusion

On ne peut pas réussir à la définir, mais l’usage de certains concepts permet de la reconnaître à coup sûr.

Mais il n’existe pas de réfutation de la métaphysique car on ne réfute pas une pensée par une autre pensée. Chaque concept, selon Deleuze, se situe sur un plan de pensée différent.

Textes commentés

Aristote : les concepts, Métaphysique, livre Z,

Nous recherchons la cause (la forme) en raison de laquelle la matière est quelque chose de défini, la substance de la chose.

La chair n’est pas seulement l’union du Feu à la Terre.

La substance formelle, la cause première de son être.

Commentaire :

Seule la forme d’une chose peut être considérée comme sa substance. Elle désigne la chose individuelle.

C’est la question de la quiddité. Ce que chaque être est dit être par soi.

Or les choses au sens substantiel apparaissent comme un composé de forme et de matière. Si c’est la matière qui est le principe de composition de la chose, alors le tout n’est que la somme des parties.

Hume : le doute empiriste, Enquête sur l’entendement humain,

Obscurité des termes comme pouvoir, force, énergie et connexion nécessaire.

Toute idée est copiée d’une impression, d’un sentiment qui la précède. Sans impression, pas d’idée. C’est en voyant que le même objet est toujours suivi du même événement que nous considérons les idées de cause et de connexion qui sinon ne font pas partie des impressions.

Ces idées naissent d’une connexion entre la pensée et l’imagination face à un événement coutumier.

Commentaire :

Critique de l’obscurité des termes de la métaphysique: plus c’est obscur, plus c’est profond. Pour le Cercle de Vienne, la difficulté propre à la métaphysique vient de leur impropriété.

La propension à atteindre un événement parce qu’il a été associé dans le passé à un événement qui l’accompagnait.

Donc, nul pouvoir inhérent aux choses n’est à l’origine de l’idée de causalité.

Kant : la raison critique, Préface à la seconde édition de la critique de la raison pure,

La métaphysique s’élève au dessus de leçons de l’expérience en ne

s’appuyant que sur de simples concepts.

Pour réussir en métaphysique, ce sont les objets qui doivent se régler sur notre connaissance.

Commentaire :

La raison fait œuvre métaphysique lorsqu’elle entreprends de se critiquer elle-même, de devenir son propre élève.

Elle repose sur des idées abstraites qu’on ne peut tirer de l’expérience.

Heidegger : l’interrogation ontologique, Introduction à la métaphysique,

Pourquoi y a-t-il de l’étant et non pas plutôt rien ?

Replacer l’être-là de l’homme dans la puissance de l’être.

Commentaire :

Pour Heidegger, nous ne nous posons pas une question, nous nous la demandons au sens ou nous nous mettons à son écoute, nous nous laissons interroger par elle.

Une question que nous ne devons jamais cessé de nous demander est : Qu’en est-il de l’être ?

Il ne s’agit pas de bâtir une nouvelle ontologie. Il faut cesser de se référer à ces fondements pour revenir à une forme d’étonnement

originel : pourquoi l’être devrait-il servir de fondement ?

Donc il faut partir de l’homme, car c’est lui qui s’interroge sur l’être. Il se demande ainsi ce qui en est de son existence. Existence : l’être qui se tient là, dans l’ouverture et le questionnement.

L’homme se destine dans l’histoire à questionner l’être. Il se replace lui-même dans la quête de l’être et reste ainsi lui-même dans l’ouverture.

Dans Être et Temps, Heidegger déclare que l’homme est l’unique existant pour qui exister consiste à s’interroger sur l’être.

Dissertations

1 – L’homme peut-il renoncer à l’interrogation métaphysique ?

Dans les débats de savants, il y a des questions métaphysiques.

Il y a des interrogations métaphysiques, mais lesquels ?

Critère : Les questions métaphysiques se posent avec une certaine rigueur.

L’interrogation métaphysique a pour but de poser le problème et non de le résoudre. C’est dans la façon de poser la question elle-même que repose l’intérêt métaphysique. Le vrai métaphysicien persiste dans l’interrogation.

Kant : l’interrogation métaphysique est un besoin de la raison elle-même. Mais elle fait un usage illégitime des concepts

destinés à l’expérience. Il faut renoncer à vouloir connaître quelque réalité noumènale a priori mais on peut en revanche les penser, c’est-à-dire les rapporter à une réflexion éthique. Mais sans certitude. La raison s’interrogeant sur son pouvoir de connaître, c’est la question légitime de la métaphysique.

Mais quitte-t-on l’habit de scientifique lorsqu’on rentre chez soi pour endosser sa soutane ? Cela est bien pour la science qui est exempté de l’interrogation métaphysique.

Mais il n’en va pas de même lorsque la science déclare les critère de la rationalité. Est-ce elle qui détient les clefs de la connaissance ?

Auguste Comte : renoncer à l’interrogation métaphysique, pour le positivisme, c’est le signe que la société n’en a plus besoin devant l’avancée des connaissances scientifiques.

Alors on peut condamner la métaphysique, car elle se soustrait à toute forme de réfutation et favorise la pensée irrationnelle (Karl Popper) et repose sur un usage incorrect de la langue (Cercle de Vienne).

La m. sort grandit de ces attaques puisqu’elles l’obligent à se démarquer des entreprises irrationnelles.

Descartes, Méditations métaphysiques, le monde est-il une illusion ? Cela met en question avec rigueur nos certitudes sensibles. Se demander si le monde existe est le point de départ de la métaphysique. Elle engendre une réflexion radicale et favorise une démarche parfaitement philosophique.

Est-ce la rigueur qui sépare la m. de la science ?

Les savants admettent que la science n’est pas une activité toute

de rigueur, et elle repose aussi sur des présupposés qui restent souvent hors de son champ de réflexion. La science aurait donc tort de se priver de la m.

S’interroger sur l’âme, Dieu, le monde (Kant) sans que l’on puisse les connaître

La pensée s’engage dans la métaphysique chaque fois qu’elle se pose la question de l’être des choses. L’homme est un être questionnant (Heidegger). Il renoncerait à être ce qu’il est s’il cessait de s’interroger. Un animal métaphysique, voilà ce qu’est l’homme.

Un homme indifférent aux questions métaphysique serait comme un homme qui oublierait le sens du verbe être sans cesser pour autant de l’utiliser tous les jours.

2 – Si le monde n’a pas de sens, la métaphysique a-t-elle encore un objet ?

Koyré : le cosmos meurt à la Renaissance. Ce que la m. appelait monde a perdu son sens. Peut-elle alors penser le monde sans qu’elle ait un sens ?

I – Le postulat métaphysique du monde

Le monde est un cosmos organisé ordonné par la raison et la raison de l’homme en admire la beauté.

Tout dans la nature a un sens : les causalités d’Aristote dans Physique et Métaphysique.

Mais le mal existe dans le monde. Platon disculpe la divinité du

mal en faisant l’homme responsable.

II – Croire au sens du monde

La métaphysique chrétienne utilise la foi pour rassurer l’homme sur le sens du monde.

Saint Augustin : je crois parce que c’est absurde. Entre la métaphysique et la foi s’établit un rapport de tension.

Kant sépare la m. de la connaissance scientifique. Le monde a un sens, du moins pratique, quand il n’en existe plus de preuve rationnel. La raison humaine a besoin de croire au sens du monde.

III – Le sens du monde pour la conscience

L’herméneutique pose le problème du sens : question du sens de la vie.

Décalage entre le monde construit par la connaissance et l’homme qui ne sait plus comment lui donner sens. cf. Camus l’absurde.

Il ne reste plus que la conscience pour donner un sens à sa vie ?

La conscience constituent-t-elle le sens du monde ?

Distance entre la conscience, qui donne un sens à ses contenus, son monde ambiant et le monde objectif qui réalise des techniques. Ce dernier peut-il être l’objet d’une signification.

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