Publié par : gperra | 21 février 2012

Dissertation sur l’objet des sciences de la nature

Quel est l’objet des sciences de la nature ?

 

 

Poser la question de savoir quel est l’objet des sciences de la nature peut paraître parfaitement vain. En effet, n’est-ce pas tout simplement la nature qu’étudient ces sciences ? La réponse n’est-elle pas déjà dans la question ?

Mais alors pouruoi parle-t-on des sciences de la nature ? Ne devrait-il exister pas une seule science pour un seul objet, la nature ? Et pourtant, lorsque le scientifique étudient la nature afin de la comprendre et de la connaître, il semble bien que ce soit à une multiplicité d’objets dans un certain nombre de domaines qu’il ait affaire. Ainsi le minéralogiste s’interesse-t-il à un domaine prcis de la nature, tandis que l’étologue en étudiera un autre et l’astrophysicien un autre encore… Aujourd’hui, un scientifique peut en effet consacrer toute sa carrière à l’étude d’un phénomène naturel très particulier comme une mollécule ou une hormone. Ainsi, à une pluralité de sciences de la nature semblerait correspondre une multiplicité d’objets de ces sciences…

Doit-on cependant relativiser cet éclatement des sciences en refusant de confondre recherches et sciences ? Si les recherches peuvent avoir une infinité d’objets, les sciences auraient quant-à-elle un nombre restreint de domaines. Ainsi classons-nous les sciences non pas en fonction de ce quels étudient précisément, mais du domaine général de leur recherche où semble se déployer certaines lois particulières et propres à celui-ci. Par exemple, les lois de la mécaniques semblent définir le champs d’application d la Mécanique, les lois du vivant celles de la biologie, le règne animal celui de la zoologie, etc. Mais n’est-pas là encore aboutir à une simplification obtenue par un découpage arbitraire et abusif de la réalité naturelle ? En effet, dans quelles sciences devons nous alors classer certains organismes interrègnes mi-animales mi végétals, et à partir de quels point les réactions physico-chimiques d’un corps vivant n’appartiendrait plus à la Chimie pour être le domaine de la Biologie ?

En résumé, il n’est donc pas simple de définir l’objet ou les objets des sciences naturelles. Si c’est un objet unique, la nature, qu’entendons-nous par là ? Et si ce sont une pluralité, voire multiplicité d’objets, appartennant à une pluralité ou une multiplicité de sciences, qu’est-ce donc qui les distingue et qu’est-ce donc qui les uni ? En quoi un domaine ou un objet particulier des sciences de la nature peut-il être cnsidéré comme naturel, comme appartennant à la nature ?

* * *

Par science de la nature, nous entendons quelque chose de précis, à savoir les siences qui ont vu le jour en Europe ocidentale à partir de la Renaissance sous l’impultion des recherches et des découvertes de chercheurs comme Galilée, Copernic, Newton, etc. Ces chercheurs ont en effet développer une manière radicalement différente de considérer les phénomènes naturels et la nature en générale, permettant de fait d’importantes découvertes. Ces découvertes ont ceci de particulier qu’elles semblent définir ce que nous appelons des lois de la nature. La nature n’est plus considéré comme le domaine de la Création, de la manifestation divine, mais comme un ensemble de hénomènes régis par des rapports constants que la pensée peut s’employer à mettre en équation.Dans cette optique, nous pourrions proposer une première réponse à la question posée par le sujet en affirmant que l’objet des ciences de la nature, ce sont les lois de la nature elle-même.

En effet, dans son ouvrage intitlé Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, Galilée marque la naissance de la physique moderne. Il présente les oppositions entre l’ancienne compréhension du monde d’Aristote et de Ptolémée et la sienne, une conception radicalement différente du mouvement et du repos. Y-a-t-il, se demande Galilée, une différence de nature, pour les corps terrestre, entre le mouvement et le repos, comme le pensait Aristote ? Pour le Stagirite, il y avait privilège ontologique du repos. Le corps en repos est installé dans son lieu naturel. Le mouvement est provisoire et correspond à une privation de qualité naturelle. Il est finalisé pour un retour à l’ordre. Mais Galilée montre que mouvement et repos sont de même nature et qu’un corps peut-être à la fois en mouvement et en repos. Les marchandises transportées dans la cale d’un navire sont en repos par rapport au navire, en mouvement par rapport à la côte. Mouvement et repos sont donc relatifs. Il faut donc désormais considérer la nature comme un système d’identités de formes. Ce qui signifie la contestation de la division entre monde céleste et monde sublunaire. Pour Aristote, le mouvement signifiait génération et corruption, augmentation et diminution, altération. Le monde supralunaire était selon lui animé d’un mouvement circulaire parfait : ni engendrement, ni altération ou destruction. L’astronomie mathématique était une science parfaite adéquate à la perfection de son objet. En revanche, les êtres du monde terrestre pouvaient être connus par la Physique, celle-ci ne pouvant cependant être mathématique car travaillant sur des choses changeantes.

Or Galilée conteste l’idée d’un ciel immuable en faisant valoir les changements comme les comètes, les nouvelles étoiles. Il faut donc questionner les dogmes aristotéliciens en observant le ciel avec des nouveaux outils. Ce texte de Galilée est donc une tentative d’unification, homogénéïsation ontologique et méthodologique de la nature. La Terre et les astres sont en mouvement de la même manière. La physique comme l’astronomie ont donc vocation à produire des énnoncés à validité universelle.

Contre Aristote qui divisait donc la nature entre le lunaire et le sublunaire, et attribuait un privilège ontologique au repos sur le mouvement, Galilée et les sciences naturelles naissances veulent donc établir l’homogénéïté de l’objet fondant une unité méthodologique. La science de la nature aurait pour objet les lois de la nature. Mais quel est l’essence de ces lois de la nature qu’une seule et même nouvelle sience pourrait désorais étudier ? Quel cette objet des sciences de la nature défini à la Renaissance ?

Descartes tente de répondre à cette question à de multiples reprises, s’interrogeant notamment sur l’essence des choses matérielles. En effet, dans la cinquième méditations des Méditations Métaphysiques, Descartes affirme qu’un corps n’est reconnu comme tel que par l’intermédiaire d’une idée de l’entendement. mais qu’est-ce qui nous permet de reconnaître un corps comme tel ?

Reprennant les conclusions de Galilée, Descartes fonde la différence entre l’ancienne physique et la nouvelle : le mouvement n’est pas un processus mais un état. Un corps ne se meut pas par la présence en lui d’un principe moteur mais parce qu’il était déjà en mouvement ou qu’un autre corps lui a transmis son mouvement. Le mouvement est à lui-même sa propre cause. Il faut donc supposer une uniformité naturelle de tout mouvement pris en lui-même, une vitesse constante. Les causes de l’accélération et du ralentissement, de la déviation, doivent être cherchées dans l’environnement du corps qui tombe, jamais en lui. Tout mouvement est donc naturellement rectiligne. Un corps se meut uniformément, à l’infini et en ligne droite : c’est le principe d’inertie. C’est une loi à laquelle doit obéïr la nature pour être intelligible.

Mais qu’entend-t-on par loi de la nature ? D’où vient cette loi ? Pour Descartes, elle provient de la toute puissance incompréhensible de Dieu qui l’oblige à l’immuabilité. Dieu doit créer, l’instant suivant, le monde identique à ce qu’il était : le mouvement est immuable. Quand deux corps se choquent, une quantité identique de mouvement est transmise d’un corps à l’autre. Il y a un principe de conservation de la quantité de mouvement. Ces principes auxquels obéissent la nature assurent sa transparence, la communication direct entre l’activité de Celui qui les institue et la passivité de notre esprit, qui doit reconnaître leur nécessité. Dieu est donc, ainsi que l’affirmme Descartes, comme un roi qui a non seulement le pouvoir d’établir des lois mais de les imprimer dans le coeur de ses sujets.

La conception de Descartes défini donc l’objet des sciences de la natyure comme une loi immuable, voulue comme tel par la toute-puissance divine, qui a aussi sa forme dans notre esprit. Cependant, la détermination par Descartes de l’objet de la science de la nature repose comme nous le voyons sur un certain nombre de postulats métaphysiques. Le postulat de la toute-puissance divine qui imprimerait un caractère de nécessité aux lois de la nature d’une part. Mais aussi le postulat selon lequel Dieu aurait inscrit en nous de telles lois, si bien que ces dernières seraient le pont entre la réalité qui réside en notre esprit et celle du monde extérieur.

Cependant, ces postulats métaphysique nécessitent de considérer Dieu comme garant de l’objet et de la méthode des sciences de la nature. Et pourtant, peut-on effectivement conclure que lorsque notre esprit appréhende une loi de la nature il appréhende de fait la réalité extérieure naturelle. En effet, l’évolution des sciences de la nature semble avoir depuis DEscartes fortement relativiser depuis Descartes cette prétention de l’esprit de saisir la nature elle-même à travers la compréhension de ses lois. Dans La théorie physique, son objet et sa structure, Duhem affirme ainsi qu’une théorie physique n’est pas une explication. Ce n’est selon lui qu’un système de propositions mathématiques. C’est une théorie qui représente d’une manière satisfaisante un ensemble de lois expérimentales. L’accord avec l’expérience est, pour une théorie physique, l’unique critérium de vérité… Grâçe à la théorie, le physicien trouve avec certitude, sans rien omettre d’utile, sans rien employer de superflu, les lois qui peuvent servir à résoudre un problème donné.

Dès lors, ce que nous appelions lois de la nature n’apparaissent plus si clairement comme étant la nature elle-même, mais seulement comme l’outil de sa compréhension pouvant avoir valeur de vérité par l’expérimentation. Cependant, la nature elle-même en tant qu’objet des sciences de la nature demeure un mystère ? Aainsi, après avoir voulu, grâçe au concept de lois de la nature, donner à une science unique son objet unique, il semble bien que ce dernier se dérobe à l’investigation scientifique et philosophique, puisque les lois de la nature ne seraient peut-être pas la nature elle-même mais ce qu’échaffaude mathématiquement notre esprit pour la comprendre.

* * *

Définir les lois de la nature comme étant l’objet des sciences de la nature pourrait donc exiger que nous puissions statuer su caractère de réalité naturelle de telles lois. Les lois de la nature sont-elles des lois dans la nature ou seulement au sein de notre esprit ? Auquel cas, nous ne pourrions les qualifier d’objet à part entière. En effet, le terme d’objet suppose la séparation effective entre le sujet et l’objet. L’objet se définit par son extériorité au sujet. Mais si l’on doit parler d’un objet des sciences de la nature qui serait en fait une production de l’esprit, alors il n’est plus possible de maintenir cette séparation du sujet et de l’objet en définissant un objet des sciences de la nature…

Dans la quatrième section de son Enquête sur l’entendement humain, Hume s’interroge ainsi sur la nature de cette évidence qui nous assure de la réalité d’une existence et d’un fait au delà du témoignage actuel des sens ou des rapports de notre mémoire ?Selon lui, tous les raisonnements sur les faits paraissent se fonder sur la relation de la cause à l’effet. On suppose constament qu’il y a une connexion entre le fait présent et ce qu’on infère… Cependant, pour Hume, la connaissance de la relation de cause à effet ne s’obtient en aucun cas par des raisonnements a priori, mais naît entièrement de l’expérience quand nous trouvons que des objets particuliers sont en conjonction constante l’un avec l’autre.

On devrait donc en conclure que ces relations de cause à effet ne sont pas des productions de l’esprit humain puisqu’elles proviennent de l’expérience. Aussi, l’objet des sciences de la nature pourrait être défini comme le domaine des relations de cause à effet qui constitue notre expérience du monde.

Cependant, pouvons-nous réellement supposer que ces relations de cause à effet ont unez réalité en elle-mêmes par le simple fait que je ne les aient pas supposé à priori mais observés ? En effet, que pourras-je observer du monde si la relation de cause à effet n’était pas d’emblée constitutive de mon observation ? Dans son Introduction à la seconde édition de la Critique de la raison pure, Kant reconnaît effectivement que toute notre connaissance commence avec l’expérience, car c’est elle qui éveille notre pouvoir de connaître. Chronologiquement, aucune connaissance ne précède en nous l’expérience. Mais cela prouve-t-il qu’elle dérive de l’expérience ? N’y-aurait-il une une connaissance indépendante de l’expérience et même de toutes les impressions des sens ? Les connaissances a priori disctinctes des empiriques a posteriori ?

Pour Kant, le concept même d’une cause renferme manifestement le concept d’une liaison nécessaire avec un effet et celui de la strict universalité de la règle, si bien que ce concept de cause serait entièrement perdu, si on devait le dériver, comme Hume, d’une association fréquente provoquant une habitude. Ces principes purs a priori sont donc indispensables pour que l’expérience même soit possible. D’où l’expérience pourrait elle tirer sa certitude si toutes les règles, suivant lesquelles elle procède, n’étaient jamais qu’empiriques, et par là même contingentes ?

La Préface de la Critique de la Raison Pure rappelle ainsi que pour découvrir le triangle isocèle, il ne fallait pas suivre pas à pas ce que l’on voit dans la figure mais réaliser (ou construire) cette figure. Car la raison ne voit que ce qu’elle produit elle-même selon ses propres plans et elle doit prendre les devants avec les principes qui déterminent ses jugements. Elle doit obliger la nature à répondre à ses questions et ne pas se laisser conduire en laisse par elle. La raison se présente à la nature avec dans une main ses principes et de l’autre l’expérimentation qu’elle a imaginée d’après ces principes, comme un juge qui force les témoins à répondre aux questions qu’il leur pose.

En conséquence, il semblerait que l’objet des science des la nature soit les règles de l’entendement lui-même plutôt que la nature et ses lois dont nous ne savons rien. Car la nature en elle-même semble demeurer inconnaissable, faisant partie des choses en soi dont nous ne pourrons jamais rien savoir mais que nous pouvons seulement intuitionner. En conséquene, il apparaîtrait que ce sur quoi porte l’investigation des science de la nature ne soit pas véritablement un objet en tant que tel (une chose séparée du sujet qui l’observe) mais un phénomène, c’est-à-dire un composé de la matière fournie par notre sensibilité au sein des formes donnée par notre entendement.

* * *

Selon Kant, nous prenons donc conscience de ce que avons construit matériellement et intellectuellement : « La raison voit ce qu’elle produit elle-même d’après ses propres plans ». L’objet des sciences de la nature est donc à ce titre le produit d’une activité synthétique de la conscience. Mais cette nature sur laquelle l’entendement légifère est-elle toute la nature ? Est-ce bien le seul objet possible des sciences de la nature ?

Dans La crise des sciences europeènnes et la phénoménologie transcendantale, Husserl caractérise ainsi cette science définie par Kant comme la science comme oubli de la nature. La géométrisation de la nature serait selon Husserl une « substitution ». Car nous ne vivons pas d’abord, affirme Husserl, dans le monde de l’objectivité et de la quantité). Pour celui qui vit sa vie, il n’y a pas de véritables faits. Pourtant la perception naturelle est-t-elle à ranger du côté des approximations naïves ? En lui substituant une autre vision plus précise à l’aide des instruments, on se rapproche de la nature mais aussi on s’en éloigne. Ce sont deux mondes alors qui s’ouvrent, et la nature se tient alors dans ce clivage.

Ainsi, le monde de la vie serait selon Husserl le fondement de sens oublié de la science de la nature : depuis la substitution avec Galilée d’une nature idéalisée à la nature pré-scientifique, l’homme qui vit dans le monde ne peut se situer que dans ce monde de la vie. Toute connaissance des lois est devennu connaissance des anticipations. C’est pourquoi nous serions passés l’induction quotidienne à l’induction qui suit une méthode scientifique. Mais qu’opérons-nous réellement dans ce monde de la vie ? Précissemment une anticipation étendue à l’infini. C’est sur elle que repose la vie. La certitude de l’être qui est celle de toute expérience simple est déjà une induction pour Husserl. Voir c’est par essence « avoir la chose même » avant de l’anticiper. Avec la méthode galiléenne, nous ajoutons au monde de la vie un vêtement d’idées qui lui va bien. Et nous pouvons anticiper infiniment plus loin que l’anticipation quotidienne. Ce vêtement est tissé de symboles de théories mathématico-scientifiques. Mais nous prenons pour l’Etre vrai ce qui est méthode. Husserl qualifie donc Galilée de génie à la fois découvrant et recouvrant. Il découvre la nature mathématique, la loi de causalité, l’obéissance aux lois exactes. Mais il recouvre le monde de la vie.

Or ce monde de la vie ne devrait-il par être considéré comme un objet légitime des sciences de la nature que les sciences de la nature elle-mêmes auraient oubliés ? En effet, quand nous parlons de la nature, est-ce seulement au domaines des relations physico-chimiques régit par des lois immuables que nous pensons, ou bien au contraire n’entendons-nous pas également et à bon droit ce monde de la vie qui constitue notre expérience même de la nature ? Connaître la nature, n’est-ce pas aussi connaître cettre vie naturelle qui la constitue, nous émerveille à à laquelle nous nous sentons confusément participer ?

Dans L’Énergie spirituelle, Bergson affirme de même que l’intelligence et une faculté pratique réclamant toujours une représentation symbolique et abstraite. Il lui oppose la métaphysique, fonctionnant par intuition symathique et non représentation généralisante, qui permet d’exprimer la singularité et la mobilité des choses, se tenant plus près de la vie elle-même.

Car selon Bergson, il n’y a pas de choses, il n’y a que des actions. C’est la vie qui se heurte partout à l’inertie de la matière. La nature est le lieu et le résultat de cet affrontement. La science moderne a tenté d’expliquer la nature en faisant abstraction de la vie, cette spontannéité incompréhensible au mécanisme et au finalisme. Or la nature, selon Bergson, nous averti par la joie que notre destination est atteinte. La joie et non le plaisir, car ce dernier ne serait qu’un artifice pour la conservation de la vie. La joie en revanche annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a remporté une victoire. Partout où il y a de la joie il y a création. La vie humaine aurait ainsi sa raison d’être dans une création qui peut se poursuivre à tout moment chez tous les hommes : la création de soi par soi. Vue du dehors, la nature apparaît comme une immense efflorecsence d’imprévisible nouveauté. La forme d’un vivant, une fois déssinée, se répète indéfiniment. Une fois accomplis, ses actes tendent à s’imiter eux-mêmes et à se répéter indéfiniment. Ce sont des signes de halte et de piétinnement sur place. La vie manifeste un arrêt de son élan et une impuissance momentannée à pousser plus loin. Chez l’homme, le mouvement se poursuivrait sans obstacle, car l’être humain lance à travers le corps humain le courant indéfiniment créateur de la vie morale. C’est pourquoi l’homme est la grande réussite de la vie. L’action intense est capable d’intensifier l’action des autres hommes. Ces hommes de biens sont révélateurs de vérité métaphysique.

Cette caractérisation de la vie par Bergson présente donc la particularité de proposer un objet à double face, une face pouvant être l’objet des sciences de la nature, l’autre ne pouvant qu’être l’objet d’une intuition interne. D’un côté la vie est selon cette conception bergsonnienne observable du dehors, dans l’efflorescence de ses formes qui tendent à leur propre répétition, de l’autre l’homme pourrait en faire l’expérience sous la forme de la pensée accédant à un stade supérieur sous la forme de la vie morale.

La science e a nature n’aurait donc pas un objet, les formes de la nature et du vivants, mais seulement une partie d’un objet. Et cet objet lui-même, en tant qu’objet, serait le produit de notre intellect qui arrête le mouvement et généralise sans pouvoir reconnaître la singularité des choses et la continuité des actes. Ainsi, la vie naturelle étudiée par les sciences de la nature serait son objet propre par simplification abusive de l’esprit. Mais la vie naturelle elle-même, telle qu’elle se révèle à l’intuition qui la découvre dans le domaine morale, ne serait pas objet mais acte, flux, devenir… Se demander quel est l’objet des sciences de la nature serait donc une manière déjà orientée de poser le problème et de définir la science de la nature en tant que rationnalisation abstraite par l’entendement, découpage d’une réalité mouvante.

* * *

Licence Creative Commons
Dissertation sur l’objet des sciences de la nature de Dissertation sur l’objet des sciences de la nature est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :