Publié par : gperra | 21 février 2012

Cours sur La Doctrine de la Science de Fichte

La doctrine de la science

I. Introduction générale :

I. 1 – Le projet fichtéen : la Doctrine de la science.

I. 1. 1. – La doctrine de la science comme métaphysique.

La philosophie en tant que théorie du savoir. C’est donc toute la philosophie. Car savoir = existence, l’acte existentiel et l’image de l’Être en lequel s’image le monde phénoménal.

Métaphysique comme interrogation sur le rapport de l’être-là et de l’être absolu, comme ontologie.

Cette métaphysique n’est pas un infléchissement de sa pensée après 1800, et n’a rien de servilement traditionnel.

Le criticisme définit pour Fichte un principe méthodologique seulement restrictif

: s’en tenir au cercle de l’esprit fini. On ne peut dépasser avec lui l’être effectif, vers l’Exister primordial de l’Être qui le sous-tend.

On ne peut y répondre par une démarche substantialiste (idéaliste) ou causaliste (réaliste), à partir des schèmes intellectuels induits par la seule philosophie de la connaissance, qui raisonne avant tout à partir de la dissociation du sujet et de l’objet, et tente d’interpréter leur lien dans la connaissance à travers la primauté de l’un des deux termes sur l’autre.

I.1.2 – La Doctrine de la science comme phénoménologie

Ce savoir du savoir est une description et une construction idéale des actes réels

de la conscience en tout savoir réel, c’est-à-dire en son rapport au monde.

C’est une théorie essentiellement monstratif : laisser le savoir humain s’apparaître à lui même.

Il n’y a pas de savoir de l’Être comme tel en dehors d’un avoir du savoir. Alors le savoir pose l’Être comme posant nécessairement le phénomène, et donc se sait lui-même comme phénomène de l’Être.

L’ontologie est un savoir de l’Être qui se sait savoir de l’Être, qui ne peut qu’être vécu dans une manifestation de soi hors de soi.

Une mise à jour de la dimension de pure activité sous-jacente à toutes les formes de

l’activité spirituelle humaine. L’Exister de l’Être.

I.1.3 le point de vue transcendantal

La philosophie a pour objet « une réalité vivante et active, qui produit des connaissances à partir de soi-même et par soi-même et qu’il se contente de contempler. »

Le théoricien du savoir se contente e reconstruire idéalement cet acte de penser, afin d’en produire l’intelligibilité.

Nécessité de ne pas confondre la théorie de la vie et la vie, ne pas substituer l’intelligence (morte) à la vie.

Quand la DS construit génétiquement le phénomène qu’elle prend pour objet de son savoir, c’est un idéalisme. Quand elle le pense seulement comme si elle l’avait fait, mais ne le fait pas, c’est un réalisme.

La nova methodo fait du sens esthétique le moyen terme entre le point de vue idéal du philosophe et le point de vue de l’homme réel. Il fonde la possibilité de la philosophie transcendantale.

Au point de vue commun, le monde apparaît comme donné.

Au point de vue de l’abstraction philosophique, il apparaît comme fait.

Au point de vue transcendantal, donné comme si nous l’avions fait et comme nous

l’aurions fait nous-mêmes.

Synthèse du donné et de l’acte libre. Faire coïncider le mouvement objectif de la vie et la libre abstraction spéculative.

I.1.4 – l’intuition intellectuel du philosophe

Le philosophe doit d’abord régresser jusqu’au fondement unique et unitaire de la diversité des savoirs, dans un pur savoir du savoir, un voir l’œil de l’œil.

L’intuition interne, distincte de ‘intuition externe sensible, est l’intuition de soi-même, supposée chez le philosophe, dans l’effectuation de l’acte par lequel

le moi est engendré pour lui. L’intuition de l’absolue « auto-activité du moi. Acte d’auto-position absolu, qui est en-deçà de toute conscience et de tout fondement.

I.2 – Subdivision de la Doctrine de la Science

I.2.1 – la philosophie première

L’Assise donne à la philosophie son point de départ et son orientation première ainsi que l’essentiel de sa doctrine de l’Être : « Je suis » ou « moi = moi », en lequel s’exprime l’acte d’auto-position absolu du moi qui est au fondement de toute conscience.

I.2.2 – Les Doctrines de la science particulières

Quatre discipline matérielles :

1) Le doctrine de la nature.

Elle envisage le monde comme nature mécanique et comme nature organique.

2) l’éthique,

A pour objet le monde tel qu’il doit être fait par des êtres raisonnable. Faisant abstraction de tout donné concret, s’intéresse au seul agir universel.

3) La doctrine du droit.

Accorder le donné et le faire. Postulat de l’existence d’un monde juridique comme préalable à l’avènement d’un monde moral et appelle la liberté à œuvrer pour la

réalisation d’un tel monde.

4) La doctrine de la religion.

Postulat de d’adaptation de la nature à la fin de la moralité selon une loi suprasensible. La raison pratique exige de la raison théorique qu’elle prenne en compte la vocation / destination spirituelle supérieure de l’homme.

I.2.3 – Places respectives de la Doctrine du droit et de la Doctrine de la religion au sein de la WL

Le postulat dressé par la raison théorique à la raison éthique repose sur un intérêt pratique. Le monde juridique est pour le monde moral – auquel il ne s’identifie pas n’en étant que le préalable et la condition extrinsèque.

Le point de vue du droit est celui d’un mixte, à la fois théorique et pratique. La WL juridique doit dans l’ordre systématique des WL particulières suive la WL de la théorie et précéder la WL du pratique, être au milieu des deux.

Il en va différemment de la WL de la religion. Elle est exclusivement pratique : seulement elle a résorbé en soi l’opposition et la juxtaposition du théorique et du pratique. Elle éclaire la WL théorique d’une lumière nouvelle, rapportant l’imager vide du savoir à l’agir absolu compris comme acte existentiel de Dieu.

Elle ouvre à la doctrine e l’Être, en quoi consiste la WL.

I.2.4 – L’ordre des publications

I.2.5 – Les cinq points de vue sur le monde

5 points de vue ou manière de voir le monde :

1) Le réalisme de la conscience naturelle qui tient le monde pour ce qui tombe sous les sens externes.

2) L’idéalisme pratique qui s’élève jusqu’à la considération du monde comme loi. , c’est-à-dire comme principe d’ordre et d’égalité de droit dans un système d’êtres raisonnables.

3) La morale créatrice, saisit le monde comme loi spirituelle comme sollicitation à produire effectivement la réalité nouvelle (étrangère au donné) : le Sacré, le Bien, le Beau.

4) La foi religieuse idendifie l’authentiquement réel à Dieu.

5) La science, ou la philosophie qui appréhende toutes les métamorphoses de l’Un en une multiplicité, génétiquement (non f actuellement) du pt de vue de leur ordre et de leurs rapports mutuels.

Opposition entre éthique formelle et éthique de la création.

Les 5 point de vue sont des déterminations du Selbstandig = le soi posé par soi tenant par soi-même. Le soi absolu n’est accessible à la pensée que réfléchi et altéré dans la conscience.

Les deux premiers points de vue sont des ontologies naïves qui s’ignorent comme phénoménologies, les seconds se caractérisent par le savoir de l’essence phénoménologique de leur affirmation ontologique. Le réalisme naturel ne

saisit nullement le monde sensible comme phénomène de l’Être ; l’éthique formelle et le droit ne comprennent pas plus le monde moral comme phénomène de l’Être, mais se rapporte au seul faire subjectif et humain.

C’est seulement avec le point de vue de la religion qu’est opérée la distinction et le lien de l’être et de sa manifestation comme vie (acte existentiel e Dieu).

Les point de vue 2 + 3 sont tournés vers l’action, 4 + 5 vers la contemplation. D’un côté la pure contemplation religieuse et la pure contemplation religieuse ne seraient que des savoirs morts et dénaturés si elles n’étaient animées par le souci de l’action et ne se transformaient dans le dynamisme d’une vie pleinement vécue comme vie divine. De l’autre côté, la moralité supérieure n’a pas d’autre destination que de transformer l’humanité en révélation de l’essence intime de Dieu.

La morale de la création est le véritable foyer de toute vie et de tout savoir humain. Sans elle qui est le véritable foyer de toute vie spirituelle et de toute culture, il n’y aurait ni religion, ni droit, ni philosophie de l’une et de l’autre.

I.2.6 — La philosophie appliquée.

Cela débouche sur une philosophie appliquée, presque militante.

II. Le fondement de la Doctrine de la science.

II.1 – L’Assise fondamentale de la Doctrine de la science :

C’est un cours ru feuille à feuille en accompagnement de l’enseignement de Fichte à l’Université de Iéna. Être kantien,c’était être fichtéen. L’A.F. paraissait être la version accomplie de la philosophie kantienne, hissée au niveau d’une science par son disciple.

II. 2 – Considérations préliminaires à l’interprétation de L’Assise

II.2.1 – Le titre

Son objet est e fonder le savoir théorique – c’est-à-dire la théorie de la représentation – et la science du pratique – c’est-à-dire la théorie de l’action – sur les trois principes énoncés dès la première partie du texte.

II.2.2 – le statut du premier principe

Cet acte qui est au fondement de toute conscience et seul la rend possible.

Toute science possède un principe qui, ne peut être démontré et doit être certain

avant elle. Le principe de la WL fournit le fondement de toute certitude, et est lui-même certain en soi et par soi seul. Son contenu doit déterminer sa forme et sa forme son contenu. Le « Je suis ». Elle n’est pas l’intuition d’un être mais d’un acte, qui ne peut être déterminée contractuellement et consiste dans une certitude immédiate.

Le sujet absolu est ce qui, dans la représentation, est représentant sans être soi-même représenté.

II.2.3 réfutation de l’interprétation subjectiviste du premier principe.

Mais on ne comprend pas le premier principe si on procède à une interprétation

empirique du Je suis, la réification du moi, sa promotion au rang de substance et de substrat dans la totalité de ses modifications. Une saisie abstraite du moi comme simple être, moi abstrait ou métaphysique.

L’interprétation empirique du moi s’oppose à sa compréhension systématique par quoi il est conçu authentiquement comme principe unique et unitaire du savoir.

L’erreur fondamentale est d’attribuer au moi le caractère même e l’Être, qui est, comme la substance spinoziste, d’être « de soi, par soi et en soi ».

Le moi est intentionnalité, un imager sans référence, projection, pure transitivité, rien de positif, aucun être.

II.3 – Analyse et interprétation de l’Assise

II.3.1 – le moi absolu

II. 3. 1. a) le « je suis » expression d’un acte

Le moi se sait comme non être et comme existence de l’Être. Le je suis est une formule QUI NE TRADUIT PAS LA CONSCIENCE D’ÊTRE MAIS CONSCIENCE DU CARACTÈRE D’ACTIVITÉ PROPRE à toute conscience pour autant qu’elle est acte.

II.3.1.b) la Tathandlung

C’est l’activité objectivée dans un fait positif, le pur caractère de l’activité en soi immanent à tout acte-fait particulier de l’esprit.

Toutefois cette activité primordiale est différente de l’actualisation d’une puissance.

La pure activité du moi est telle qu’elle est l’agissant et le produit de l’action, l’actif et ce qui est produit par l’activité. Auto-engendrement spontané et autonome d’un agir impassible et impersonnel, présupposé en toute conscience, qui n’est pas le fait d’un sujet dont l’origine échappe

toujours, étant à soi-même sa propre origine.

II.3.1.c) La démarche conduisant au premier principe

Cet acte est par nature inconscient. La démarche qui vise à le penser est donc essentiellement négative : exclure des faits de conscience tout ce qui n’appartient pas à cet acte pur.

Fichte par d’un fait de conscience quelconque pour l’établir : le jugement d’identité A = A. En jugeant, le moi pose absolument un rapport nécessaire entre deux termes. s

C’est un acte déterminé de l’esprit humain, mais il ne s’agit nullement de rapporter cette acte à une instance subjective : le dépassement de la conscience empirique vers son fondement n’est possible qu’à condition d’être attentif à la dimension d’activité pure, absolue et auto-fondée qui revient en propre à l’acte spirituel.

X = ce rapport nécessaire absolument posé = Je suis, ou moi = moi.

Le « Je suis » = X indique que l’identité égoïque demeure un emplacement vide pour la pensée. Le moi se trouve autant comme étant ce qu’il est qu’il se pose en étant soi-même ce qu’il est.

II.3.1.d) position et auto-position

Le moi ne peut poser sa propre détermination, ce qu’il est, sans en même temps se poser soi-même. Il est pour soi ce qu’il est parce qu’il est pour lui-même (moi = moi).

C’est un acte inconditionné et absolu. En cette activité le moi n’est ni sujet ni objet, ni agent ni agi, ni agissant ni produit de l’action mais indistinction des deux. Elle est à proprement parler impensable et définit le fond inconscient, cryptique de toute conscience empirique, son présupposé indéfinissable.

II.3.1.e) inconcevabilité du moi absolu

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :