Publié par : gperra | 20 février 2012

Fiche de lecture de Le Système de l’Éthique de Fichte, par Luc Vincenti, collection Ellipes

 

Le Système de l’Éthique – Œuvres

Fichte – Luc Vincenti

 

 

Présentation du Système de l’éthique

 

Introduction : la raison pratique

 

C’est la doctrine éthique qui est centrale dans l’œuvre de Fichte et non un élément de son système.

 

La liberté devant être réalisée dan,s le monde, elle s’y réalise dans et par un agir individuel. L’éthique comme science particulière du pratique occupe la plus haute place entre les parties de la philosophie.

Il faut donc construire la moralité sur les principes de la Doctrine de la science. Les fondements de la nature morale doivent être trouvés dans l’individu agissant.

C’est dans sa forme que mon vouloir peut être identique à la réflexion du Moi pur ou de l’absolu. La loi morale est exclusivement formelle et il lui faut recevoir sa matière d’ailleurs.

Quand il distingue radicalement nature et liberté, Fichte veut enraciner la possibilité de l’action morale dans ce qui est pour nous nature. C’est en réfléchissant sur ma tendance naturelle que se découvre la première forme de liberté. Il se sépare donc pas, comme Kant, les législations de la nature et de la liberté.

La racine de toute raison est pratique, se fonde sur un agir.

Fichte considère que cet agir oppose originellement le Moi et son objet, obligeant ce dernier à une activité pure : l’effort. Cette transformation du monde exige un accord de l’objet et du Moi et signifie également l’exigence d’un accord du Moi avec lui-même.

Le primat de la raison pratique fait appel à un effort pratique originaire, condition de toute raison.

« Aucune intelligence n’est possible en l’homme, s’il ne possède pas un pouvoir pratique et que c’est sur celui-ci que la possibilité de toute représentation se fonde. »

Pratique et théoriques ne sont plus deux domaines hétérogènes : unité de la raison.

1. La loi morale

L’intuition intellectuelle cherche à saisir l’acte du moi se pensant. Le Moi est doté d’une capacité à retourner immédiatement sur lui-même. C’est le fondement de toute conscience, qui lui permet de prendre conscience d’elle-même.

Elle fait retour sur une réflexion première mais inconsciente. Le moi est acte pur, activité absolue.

En se pensant ainsi lui-même, le moi se divise en réfléchissant et réfléchi, distinguant ainsi un subjectif et u!n objectif, un agir et un être.

L’être libre détermine son être par le biais du concept. Dans la mesure où il s’agit d’une auto-activité, la tendance a pour conséquence non un sentiment mais une détermination de l’intelligence, c’est-à-dire une pensée.

Loi morale : « Nous devons nous déterminer d’après le concept de l’absolue spontanéité. »

« En ce qui concerne le contenu de la loi, rien n’est exigé que l’autonomie absolue, que l’absolue indéterminabilité par quoi que ce soit d’extérieur au Moi »

2. L’éthique comme système

La liberté, principe théorique

Quels sont les rapports de l’intelligence avec elle-même lorsqu’elle établie cette loi morale ?

Si je doit me déterminer à l’action, je dois me déterminer à effectuer une action déterminée. Car le concept de l’intelligence est la fin. Pour agir, nous devons donc trancher entre ce qui est ou non contingent à nous, être ou non-être.

Fonder une adéquation entre la moralité et ce que je puis penser comme réel. L’effort pratique vient rendre possible la limitation de l’activité du moi, c’est-à-dire l’objectivité.

Éthique = circonscrire ma sphère d’action dans le monde. Par l’imagination, déterminer ce qui, dans le monde sensible, pourra être transformé pratiquement. Le monde en tant que transformable par la liberté.

Le contingent est posé dans le monde et déterminé comme domaine de la liberté.

Notre nature

Fondements du droit naturel : le corps humain. Le corps comme condition de possibilité d’une causalité effective de l’être raisonnable dans le monde sensible.

Les organes supérieurs : tout ce qui dans le corps me permet de communiquer par concept et qui peuvent subir une influence extérieure sans que la liberté de mon corps soi pour autant entravée.

Mobilité infinie du regard = ce qui fait la spécificité du visage humain.

Articulation comme possibilité infinie de mouvement = incarne la liberté de ma volonté.

Mais dans le premier moment de son incarnation, la tendance du corps est à l’auto conservation et à la jouissance.

Le corps représente une synthèse entre la tendance et la pure objectivité.

C’est contre ma nature que je dois agir : la paresse. C’est une positivité du mal moral contre laquelle je dois agir. Cette positivité du mal fonde l’éthique.

La liberté dans la nature

La nature en moi est tendance. Mais la tendance comme telle n’a pas d’effet, sinon

elle serait simplement causalité et non effort vers la causalité. La causalité naturelle a donc ses limites , marquée par le réflexion du moi, même si celui-ci ne fait que satisfaire la tendance naturelle. C’est l’autodétermination par laquelle je m’approprie la tendance naturelle.

La prudence se range du côté de la satisfaction naturelle mais ne nie pas pour autant la liberté de la volonté.

On peut aussi vouloir des satisfactions imaginaires la tendance n’en est pas moins naturelle.

Inscription de ma liberté comme causalité dans la nature. Ce par quoi ma liberté agit est aussi ce en quoi ma liberté et la nature se rencontrent, mon corps.

Je pars toujours d’une série naturelle pour réaliser mes fins, interrompant le cours de cette série par la spontanéité de mon action.

3. L’action morale effective

La détermination à l’action

Qu’est-ce qui confère un caractère moral à la possibilité d’agir librement tout en choisissant de satisfaire la tendance naturelle.

Ce qui caractérise les devoirs ne peut être que la conscience morale elle-même. Je dois donc agir avec la plus parfaite conviction de faire mon devoir. Mais ma conviction peut être fausse. Quel est le critère de justesse dans notre conviction ?

La loi morale décide dans la théorie mais ne décide pas théoriquement. Elle demande à la théorie de lui fournir les propositions appuyant sa conviction pratique. La justesse de l’action est mise en parallèle avec la vérité dans la connaissance.

Faire avancer mon autonomie est la fin dernière de chaque chose. Ques-ce qui fait avancer mon autonomie ? La théorie me le propose et la conscience morale en décide.

Le monde des hommes

C’est dans et par la communauté humaine que je me réalise, ce n’est ni face au monde, ni dans la solitude du recueillement. Ce n’est que par l’action dans et par la société qu’on satisfait son devoir. La communauté humaine est le lieu de la raison et celui de la réalisation de mon autonomie.

Je dois repousser les limites de la nature pour réaliser mon autonomie. Mais je ne dois pas soumettre ma fin certaines choses qui pourtant me limitent mais les laisser comme je les trouve : les actions libres d’autrui. Il faut donc qu’autrui et moi-même agissions dans la même direction.

1 – Établir avec autrui un accord quant à cette fin commune en vue d’acquérir des convictions pratiques communes. Entrer dans l’Église (la communauté éthique).

2 – Mais ce qui était conflit de devoirs naissant des rencontres interindividuelles se déplace dans un face à face entre individu et communauté. Que ce soit face à l’Église ou à l’État, je dois toujours agir selon ma conviction personnelle.

Il y a a alors contradiction entre le fait que je dois affermir ma conviction en

communiquant avec d’autres, et le fait que, si cette conviction est contraire à celle de la communauté, je travaille en la communiquant à la ruine de l’État.

On résout le problème en instituant une petite communauté, celle des savants, où la seule obligation est la communication de sa pensée. On peut ainsi affermir sa conviction sans s’opposer à autrui, et envisager une transformation du réel vers l’idéal. La petite communauté des savants participe au devenir de la grande communauté en éclairant le peuple. Mais il y a d’autres communauté intermédiaires : une communauté éducative et une économie rationnelle.

La communauté des savants incarne la réalisation de la raison. Non le politique idéal mais l’idéal du politique.

L’idéal de tout gouvernement est de rendre le gouvernement superflu. Dans la République des savants, personne ne peut s’instituer comme juge, le seul juge est le temps et le progrès de la culture. La seule fin est le déploiement de la raison.

La communauté des savants est le lieu où il devient immédiatement possible d’agir moralement.

Les devoirs

Fichte présente l’ensemble des devoirs. L’unité de cette classification peut se lire comme un mouvement rapportant la particularité des individus à l’universalité de la raison.

Textes commentés

 

Conscience de soi et conscience de sa liberté

Le système de l’éthique, chap. 1

Je ne peux pas me penser. Je pense des objets et ensuite j’en extrait un subjectif.

Une pensée immédiate, première, absolue : ne me déterminer par ma liberté que d’après le concept de l’autonomie.

L’objectif et le subjectif ne font absolument qu’un.

Si tu te penses libre, tu es obligé de penser ta liberté sous une loi et, si tu penses cette loi, tu es obligé de te penser libre car, en elle, est supposée ta liberté.

Commentaire :

Il faut retrouver dans la conscience première de soi la distance, la verticalité et la contrainte liée au commandement moral.

Le Moi est une pure activité qui retourne sur elle-même.

Toute conscience de quelque chose enveloppe la séparation en un sujet et un objet, y compris la conscience de moi-même. Je ne peux donc pas me penser, puisque mon identité est antérieure à la séparation entre subjectif et objectif.

Le subjectif, agir libre, s’objective en un concept, une loi qu’il se donne à lui-même, l’autonomie. On ne peut se penser comme libre que sous cette

loi. Effectivement, c’est l’activité originaire du sujet.

C’est parce que gît au fond de toute conscience une auto-activité absolue que je me reconnais dans la loi de l’autonomie et me pense donc sous cette loi.

Mais il y a sans doute une différence entre le Moi pur et le moi idéal : la raison est pratique pour combler cette distance définissant ma finitude.

Les devoirs du sujet

Le système de l’éthique, chap. II

La loi morale me concerne comme individu mais concerne également la raison toute entière. Je suis un instrument de sa réalisation dans le monde sensible.

Je dois m’occuper de mon entendement : et je ne suis responsable que devant ma conscience de toute chose qu’il pense. Je n’ai pas le droit de tolérer en moi quelque chose d’incertain.

Quant à mon corps, je dois m’en occuper et en faire un instrument qui réponde à ce qu’on attend de lui. Je dois être personnellement convaincu de bien faire en ce qui le concerne.

Commentaire :

Je dois agir en commun avec d’autres car je ne puis mettre en œuvre ma liberté sans l’accorder avec celle de tous. Mais cela part quand même de l’individu comme tel. C’est pourquoi j’ai des devoirs envers moi-même. Mais ces devoirs

envers moi même ne signifient pas que je me prenne pour fin : je suis un instrument de la réalisation de la raison. Je dois me préserver et me perfectionner comme instrument de la loi morale

Que l’individu soit seul responsable de sa formation lui confère pleine et entière responsabilité. Ma conviction personnelle est le fondement de la moralité de mes actions.

L’appel à la conviction commune de la communauté éthique – Église – n’a pas lieu d’être. Il faut une liberté absolue de la connaissance pour que ma raison puisse servir la loi morale.

Fichte défends la liberté de penser et exige qu’on pense par soi-même.

La liberté est appelée à se dépasser dans la réalisation de la loi, comme l’action individuelle dans et par l’action pour la communauté.

La déduction de l’État

Le système de l’éthique, chap. II

CE qui a une influence sur tous, je n’ai pas le droit de le faire sans le consentement de tous. Il faut donc pouvoir agir en se réglant sur un accord universel.

La loi morale commande de manière absolue de réaliser un tel accord. Il faut établir une convention concernant les droits communs dans le monde sensible., c’est le contrat social ou l’État.

C’est un devoir de conscience absolu de se réunir avec d’autres pour former un État.

Commentaire :

Puisqu’il est question de résoudre des conflits de libertés, il ne peut s’agir de l’action que l’individu exerce sur lui-même, mais la réalisation de la raison dans le monde sensible.

Il faut pouvoir régler son action en connaissant les principes approuvés par tous, la conviction commune. Sinon il y a contradiction entre le devoir d’agir et l’impossibilité d’agir sur le monde pour ne pas détruire la réalisation d’autrui.

L’État est déduit pour estomper les conflits entre réalisations individuelles, non pour déterminer ce que ces libertés individuelles doivent réaliser.

Il s’agit d’atteindre, à l’aide de l’État, une fin morale, l’autonomie de la raison. Mais l’État ne sert que de moyen, tout comme la perfection du corps et celle de la raison.

C’est pour une raison morale qu’une société politique doit s’interdire toute relation avec quelqu’un qui n’a pas passé de contrat social : nous risquons de mépriser sa liberté.

Le point de rencontre entre droit et moralité se trouve être la liberté individuelle.

Plan du Système de l’Éthique

Introduction

La philosophie pratique étudie le passage du subjectif vers l’objectif.

La conscience effective de soi suppose que je m’attribue une activité particulière, déterminée, limitée par une résistance. L’activité absolue, la liberté, appartient au subjectif.

Le vouloir nécessite qu’il devienne matière : j’ai donc un corps. Ce corps devant exprimé ma liberté, il est articulé.

Première partie. Déduction du principe de la moralité

L’être du Moi, s’il doit être produit par la liberté, doit provenir d’une pensée.

« Seule l’intelligence peut être pensée comme libre et devient libre par le simple fait de se saisir comme intelligence. »

Cette pensée est absolue quant-à sa forme, c’est une pensée immédiate, une intuition. UN être ne peut se penser comme raisonnable sans ce penser comme autodéterminé.

Deuxième partie. Déduction de la réalité et de l’applicabilité du principe de la moralité

Mon corps, dont la causalité s’exerçant dans une nature se déroule temporellement

et repose intérieurement sur une tendance, ce que mon corps possède en tant que partie de la nature.

L’être raisonnable ne peut s’attribuer une faculté de liberté sans trouver en soi un usage réel de cette faculté, un libre vouloir réel.

Le moi comme nature est un système de tendances et de sentiments. Ma nature comme tendance est autodétermination, mais toujours ici en tant que nature.

La nature elle même est un tout organique animé par une tendance à la formation.

C’est le désir de l’être intelligent qui permet de déduire, comme support de mon activité, mon corps.

Il faut, pour Fichte, rendre pensable la liberté dans la nature du point de vue de la nature elle-même. Le Moi réfléchissant sur la tendance naturelle produit un concept de son activité que Fichte appel libre. C’est la racine de toute liberté. À cette liberté formelle s’adjoint une liberté matérielle qui détourne la série naturelle de son cours.

Les deux tendances, naturelle et pure, sont réunie dans une tendance fondamentale. Mais les sentiments produits par ces deux tendances sont bien distincts : la tendance pure produit l’intuition de mon autonomie et son exigence absolue. Suivant que l’action effective est en accord avec l’exigence morale ou non, nous ressentons approbation ou désapprobation, contentement ou reproche. La tendance naturelle ne procurait que les sentiment de plaisir ou déplaisir.

La tendance morale affirme sa réalité effective comme synthèse entre la tendance pure, simple fondement transcendantal pour expliquer quelque chose dans la

conscience, et la tendance naturelle.

Je dois agir librement, c’est-à-dire je ne dois me laisser déterminer que par la pensée que quelque chose est un devoir.

Troisième partie. Application systématique du principe de la moralité : l’éthique au sens strict

Première section. Des conditions formelles de la moralité de nos actions

Le vouloir, par distinction d’avec la tendance, l’aspiration ou le désir, est en propre le moment de détermination du moi à l’action.

La volonté est pouvoir de choix entre la tendance égoïste (naturelle) et non-égoïste (morale).

Le critère de l’action morale est un sentiment de vérité et de certitude, harmonie de notre conscience avec notre moi originaire.

Mais nous devons avoir une certitude quant à la justesse de notre conviction.

Si l’homme ne fait pas usage de sa liberté pour s’élever à la moralité, on doit lui imputer le mal, même s’il a agit selon la nature ou l’éducation reçue.

Mais la tendance à l’autonomie reste dans la conscience et pousse l’homme sans moralité à agir de manière inconditionnée et illimitée, produisant asservissements et guerre de conquête. Il faut élever à la conscience claire cette tendance à l’autonomie absolue en s’habituant à faire son devoir pour le devoir.

Nous devons alors craindre l’obscurcissement de la conscience du devoir.

Le mal radical n’est pas, pour Fichte, dans la nature de l’homme, mais dans la nature dans l’homme, cette force d’inertie résistant à la moralité, paresse qui devient lâcheté lorsque l’inertie nous empêche d’affirmer notre liberté et notre autonomie. L’homme ne pouvant accepter complètement la soumission, cette lâcheté entraîne la fausseté. C’est le portrait de l’homme naturel originaire, de l’homme qui a besoin de culture pour s’élever à la moralité.

Deuxième section. Sur l’élément matériel de la loi morale : vue d’ensemble systématique de nos devoirs

« Je dois être un Moi autonome : c’est là ma fin dernière et , tout ce par quoi les choses font avancer cette autonomie, c’est à cela que je dois les utiliser, c’est leur fin dernière »

La tendance naturelle a le corps pour fin, il n’est en revanche que moyen pour ma tendance morale.

D’où trois commandements matériels :

• ne pas traiter son corps comme fin dernière ;

le former pour le rendre apte à toutes les fins de la liberté ;`

refuser toute jouissance qui ne pourrait être rapportée à ces fins ;

Les relations entre le moi comme intelligence et la loi morale : L’intelligence doit être développée pour elle-même, bien que la moralité demeure notre fin la plus élevée.

• livre toi à la recherche avec une liberté absolue ;

cultive ta faculté de connaître aussi largement que tu peux ;

rapporte cependant formellement toute ta réflexion à ton devoir, cherche par devoir, non par un simple et vain désir.

L’être libre agissant doit à la fois être libre et limité. D’où la limitation de ma liberté par une autre liberté. Il me faut admettre un être raisonnable hors de moi. La condition de ma propre autonomie est la liberté de l’autre. Je ne dois jamais gêner ni considérer comme un moyen la liberté de l’autre.

Étant ainsi déterminé par les actions libres des autres, ma liberté n’est-elle pas supprimée ?

La particularité des événements intersubjectifs n’est pas déterminable en dehors de la succession temporelle.

« Je suis en vérité ce que je fais. Si je me pense dans le temps, je ne suis pas déterminé d’un certain point de vue avant d’avoir agi de ce point de vue.

« Il faut que le monde devienne pour moi ce qu’est pour moi mon corps » Mais je ne peux pas modifier le produit de la liberté d’autrui. « Le seul moyen de résoudre cette contradiction est de supposer que tous les êtres libres ont nécessairement la même fin. » « La libération de l’un est en même temps la libération de tous les autres »

Il faut donc que nous cherchions à accorder nos jugements. La loi morale commande la constitution d’une communauté rationnelle. C’est donc par l’action dans et pour la société qu’on satisfait son devoir. « Chacun doit être membre de l’Église. »

Il faut cependant établir la manière dont chacun peut influencer les autres dans le monde sensible, un accord sur les droits de chacun. Un contrat social, un État. L’existence au sein d’une communauté politique me permet de présumer de la volonté d’autrui, ne serait-ce que par son silence. Je dois respecter la volonté générale en présumant qu’elle est bien la volonté de chacun. Mais cette distance pose quand même un doute sur la justice et la rationalité de l’État. Il faut donc transformer l’État de nécessité en État de raison. Il y a donc une perfectibilité de l’État et de la nature humaine commandée par la loi morale.

Dans une Église, on est ainsi contraint de réduire le symbole au minimum pour constituer le point de départ du rapport de chaque individu à la communauté. Par exemple, l’existence d’un suprasensible.

Mais il faut partir du symbole et non de ma conviction privée. Et en plus il y a le commandement contradictoire qui m’impose de former ma conviction en la communiquant à d’autres.

Il faut une société restreinte, forum pour une conscience commune, dans laquelle, tout en obéissant matériellement à l’Église ou à l’État, personne ne doit conférer formellement d’autorité à leurs fondements, de manière à pouvoir en effectuer la critique.

Troisième section. La doctrine des devoirs proprement dite

Je suis moyen pour la loi morale. Il existe donc des devoirs que l’on ne peut appeler « devoirs envers soi-même » mais « devoirs médiats et conditionnés »

Les devoirs conditionnés universels : devoir d’auto-conservation car je suis

l’instrument de la loi.

• Les devoirs conditionnés particuliers : ce sont les devoirs me concernant en tant qu’individu devant prendre une place dans la société.

etc.

Fichte bannit radicalement l’utilisation de la tendance naturelle dans l’éducation. On ne peut chercher qu’à susciter le respect pour développer la moralité d’autrui, d’où le devoir du bon exemple.

Dans le couple, la femme, portée par l’amour, sauve l’homme de l’égoïsme naturel. Leur union est alors conçue comme un devoir.

Les devoirs du savant : lie à la connaissance la nécessité d’un progrès de cette connaissance.

Les devoirs des instituteurs du peuple : éduquer moralement par le bon exemple.

Les devoirs de l’artiste : unissant entendement et volonté, l’art renvoie l’homme à lui-même

Les devoirs du fonctionnaire supérieur : respecter la constitution, connaître le droit, ne promulguer des lois que si elles seront durablement voulues par les intéressés.

On doit aussi pouvoir changer de condition : nécessité de la plasticité du politique.

Le fonctionnaire subalterne doit être assujetti à la lettre de la loi.

Ensuite il y a la classe productrice qui doit obéit et perfectionner son industrie.

Une société très hiérarchisée.

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