Publié par : gperra | 20 février 2012

Fiche de lecture de « Berkeley » par Roselyne Dégremont, collection Ellipes

Berkeley

par Roselyne Dégremont

Les langues

1 – « Exister, c’est être perçu ou percevoir »

Obéissance aux puissances religieuses et politiques.

Nous ne somme jamais moraux que par intérêt.

Critique de la physique de Newton concernant le temps, l’espace, le mouvement absolu, l’éther.

2 – Il commence son œuvre par une théorie de la vision. Analyse de la différence et des relations de ces sens hétérogènes que sont la

vue et le toucher.

Que verrais un aveugle qui recouvrerait la vue ?

Il va falloir à la personne opérée interpréter ces lumières et couleurs, les traiter comme des signes visibles antérieurement identifié par attouchement. C’est un langage visualo/tactile. Pour Berkeley, c’est la langue de Dieu, antérieure à toute langue humaine exprimée à haute voix. Le signe est une perception qui ne se dit pas encore grâce à une perception.

Mais c’est une langue car il faut du temps pour l’apprendre. Et c’est difficile, même avec la faculté de raisonnement.

3 – Sa théorie est une nouvelle théorie de la vision au profit du toucher. La vue réduite à elle seule n’est pas la source de notre savoir. La seule vision ne nous permet pas d’avoir une idée de la distance ou du champs visuel, de la profondeur de l’espace devant nous. C’est notre corps qui nous apprends cela car il est orienté dans un espace tridimensionnel.

Seule la vision éduquée nous apprends ces choses. Nous rapportons l’extériorité à la vue alors que c’est le registre du tangible qui en est le

maître. Nous sommes oublieux de notre incarnation.

Erreur épistémologique : la géométrie ne se rapporte pas à la vision mais au tangible. Un pur esprit, qui seulement verrait, serait incapable de géométrie.

Les choses éloignées comme les plus proches sembleraient être dans son œil, ou plutôt dans son esprit. On ne voit donc pas par contact.

4 – Qu’est-ce que le sens du toucher pour Berkeley ?

La saisie par la main. Les mouvements de notre corps sont la mesure des distances.

Le toucher fait percevoir : le dur, le mou, le chaud, le froid, le rugueux ou le lisse.

Les mouvements du corps : la distance, la figure tangible et la solidité.

L’étendue tangible est orienté haut/bas, droite/gauche.

Tandis que le visible est dit dans les yeux et même dans l’esprit, le tangible est hors de l’esprit. C’est l’étendue, la corporéïté, et les qualités comme le lisse, le rugueux, etc. et la grandeur.

Nous nous intéressons plus aux qualités tangibles qu’aux qualités visibles des objets car les premières ont une utilité pratique.

5 – Pour Berkeley, l’homme est une âme dans un corps. Il ne comprends pas « l’intellect pur ». Les valeurs pratiques sont premières. Le sujet berkelien est incarné, pratique, réaliste. Les corps existent, puisqu’il peut les toucher. C’est le tangible qui a éduqué la vision. Même l’optique nous informe sur le tangible.

6 – Opposition radicale entre le visible et le tangible. L’image est tangible et la peinture est visible. Peinture : lumière, ombres, couleurs. Images : ce qui est projeté sur la rétine, image ayant quelque ressemblance avec les objets tangibles dont les rayons sont issus.

Il y a relation de proportion avec l’objet lui-même. C’est le

principe de ressemblance.

Les images ne sont pas des fictions ou des hallucinations visuelles.

On doit donc éliminer du registre du visible la ressemblance, la représentation de quelque chose. L’image rétinienne, fait de l’œil tangible, n’est pas l’objet immédiat de la vue.

Nos sensations sont donc radicalement hétérogènes.

Mais y-a-t-il quelque de commun entre elles ? Une liaison ? Nous ne vivons que dans un monde et non 5.

7 – Les sensibles hétérogènes n’ont d’autres lien que celui du signe à la chose signifiée. Contre l’idée aristotélicienne d’un sens commun aux 5 sens. Pas de lien par l’idée de genre ou d’espèce.

Le signe visualisé-tactile comporte de l’arbitraire en soi. Mais il y a une correspondance réglée entre les quatre côtés vus et le carré touché.

Le sens du visible, c’est uniquement l’attouchement particulier de ce carré ou de ce cercle sans concept. Berkeley envisage une pensée

sans mots. Il faut donc débarrasser les premiers principes de la connaissance de l’illusion des mots pour retrouver ses propres idées mises à nu qui sont du pur tangible.

8 – La part non arbitraire du signe est du côté de la structure du vu, ou de l’étendu, ou du toucher : il est un, composé de tant de parties.

Cela n’implique-t-il pas que le nombre est antérieure à la saisie conceptuelle ?

La langue naturelle : union du visible et du tangible qui nous donne les idées de distances,, corps, figures dès que nous ouvrons les yeux. Sa fonction est la préservation de la vie. Elle est universel, un don de Dieu bon.

Le minimum visible est le point visible le plus petit possible. Pour Berkeley, ce minimum est constant chez toutes les créatures.

Ce minimum existe-t-il dans le tangible ?

Notre corps perçoit de manière assez grossière par le toucher.

Seul le tangible donne l’étendue. La vision éduquée croit voir l’étendue est estimer distances et grandeurs. L’étendue visible n’est que de l’étendue tangible signifiée.

Il n’y a donc pas de symétrie entre étendue visible et étendue tangible. Il n’y a d’étendue à strictement parler que tangible, et de minimum que visible

Le minimum visible n’existe pas hors de l’esprit. Il est sans partie. C’est pourquoi il est le même chez l’homme comme chez l’animal.

Il n’y a donc pas de bonnes raisons théoriques à la justesse d’un signe de la langue visualisé-tactile C’est Dieu qui fait en sorte que cette langue se constitue dans les premiers temps d’un vivant, adaptée à son activité, pour poursuivre son plaisir et fuir sa peine.

9 – Une suite de thèse considérées comme évidentes à tout esprit qui réfléchit sur sa propre expérience :

a) On atteste l’existence de l’esprit par le fait que nous pensons. On ne connaît le sujet qui pense que par ses actions dont seules

nous avons conscience

L’esprit est un conglomérat de perceptions. Ôtez les perceptions et vous ôtez l’esprit. Posez les perceptions et vous posez l’esprit.

b) Deux existants :

L’un perçoit : esprit.

L’autre est perçu : idées ou choses.

L’esprit n’est jamais perçu (inconnu).

Les idées sont les objets de notre connaissance.

C’est un monisme : existe une seule opération, celle d’un sujet vers un objet.

c) Cette simplicité de la perception comme relation de l’esprit au monde est d’emblée pourtant éclatée en cinq mondes sensoriels hétérogènes.

Il ne vient à bout de cette hétérogénéité radicale que par sa capacité à constituer des relations arbitraires entre des sensations hétérogènes.

L’esprit à la faculté de percevoir et vouloir, recevoir des idées particulières et d’en forger lui-même. Mais l’esprit a aussi la faculté de langage, la constitution de système de signes. Sans cette faculté l’esprit ne percevrait pas.

Pour percevoir une idée, il faut le signe de la présence tangible, le signe qui anticipe la vision.

Toute sensation est une idée particulière cantonnée à son genre.

Toute perception est un signe qui associe deux sensations hétérogène.

10 – Une sensation comme telle est juste ce qu’elle est, elle n’est l’image de rien. Elle ne ressemble pas à la rose ni ne la représente. Pas d’imagination dans la langue naturelle.

Mais l’esprit n’en reste pas là.

Si je parle du bleu la signification de ce mot est tantôt un bleu que je

vois et désigne, tantôt seulement l’image de cette couleur. Donc le signe ne fait pas que suggérer une autre sensation, il signifie à proprement parler quand il sollicite l’image mentale de cette sensation.

Bien que les objets particuliers de chaque sens soit strictement perçus par ce seul sens, ils peuvent pourtant être suggérés à l’imagination par quelque autre sens. L’imagination représente donc tous les objets sensibles.

Le rouge est premièrement l’objet de la vue, secondairement de l’imagination, mais pas celle de l’ouïe.

L’esprit ne peut donc fonctionner, c’est-à-dire quitter la prime association visuel/tangible, que grâce à l’imagination. Le signe associe plus souvent une présence et une absence ; un réel senti à l’image, mémorisée ou anticipée, de quelque chose qui n’est pas actuellement senti.

Percevoir ce n’est pas seulement se confronter à du réel mais à de l’imaginaire. L’odeur de roses signifie qu’il doit y avoir là des roses. L’imagination n’est donc pas un fantasme.

11 – L’imagination ne suffit pas pour que la langue soit. L’expérience et la raison interviennent aussi.

Notre esprit traite une sensation comme signe d’une autre sensation. Gaieté d’un regard, mais aussi la vision de la lumière et des couleurs sont arbitrairement associée à la gaieté, à la honte, ou à la distance et figures tangibles.

Mais seules les sensations visuelles s’organise en une vraie langue. Car ses signes restent arbitraires : seuls le temps et l’expérience nous les ont appris. Ex. : reconnaître que c’est la même tour de près et de loin.

Plus le raisonnement : voir la Lune comme un disque plat mais la savoir ronde.

Mais il y a une différence entre la langue visuelle et les langues sociales. L’une est universelle et juste, les autres sont diverses, collectives et introduisent un voile entre nous et le monde.

Nos langues nous éloignent de Dieu alors que la langue visuelle nous

fait sentir sa proximité.

12 – Trois sortes d’idées :

a) Une idée, par exemple la pomme, est un nom posé sur des sensations qui s’accompagnent les unes les autres : odeur, couleur, saveur, figure et consistance de la pomme.

L’esprit est récepteur, il ne fait qu’enregistrer des ensembles expérimentés.

b) Mais on perçoit aussi les passions et opérations de l’esprit : agréable, désagréable, amour, haine, joie, douleur, etc. Ce ne sont pas des idées mais des notions.

c) Mémoire et imagination sont très intimement liées dans la constitution des signes, puisque je ne peux parler de pomme que si j’ai la mémoire de paquets de sensations assez semblables pour que j’y voie le même genre de fruits.

Mais l’image mentale peut être modifiée en pensée. Par une séparation des sensations. C’est le pouvoir d’abstraire. Vider de tout contenu

sensorielle déterminé.

L’idée générale était encore l’extension de sensations données. l’idée générale abstraite devient aussi vide de sens (ex. : l’homme, l’être). La matière n’est également qu’une idée générale abstraite.

Les langues ordinaires introduisent donc des notions auxquelles plus aucune idée ne correspond.

13 – Avec l’habitude, nous pouvons croire qu’un mot a un sens parce qu’il nous est familier, sans pourtant savoir le définir.

Une proposition peut faire sens dans son ensemble sans que forcément tout mot en elle ait un sens.

Aristote a dit signifie :

– qu’Aristote a dit ou écrit quelque chose

– argument d’autorité

L’auditeur n’a pas besoin de se forger une idée précise du sens des mots pour se représenter ce que celui qui parle veut lui faire

ressentir.

Ce n’est qu’à la fin d’un discours que l’on transcrit en idées les propos échangés.

De même la géométrie ou les maths utilisent des langues symboliques dépourvues de sens mais efficaces.

14 – Les mathématiques : une langue faîte de purs signes dépourvus de sens. Les nombres ne sont rien que des noms, de simples mots.

Un mot devient général de par le fait qu’il est le signe, non pas d’une idée générale et abstraite, mais de plusieurs idées particulières dont il suggère indifféremment à l’esprit n’importe laquelle.

Ex. : l’idée de triangle est absurde car elle comprends à la fois les triangles oblique, rectangle, équilatère, isocèle, scalène, etc.

Exister étant être perçu, il n’est d’idée que d’un être perçu ou à la rigueur représenté en image

Un mot abstrait est un signe du signe dont l’usage est artificiel. La

langue mathématique est auto-référée.

15 – L’espèce humaine a reçu de Dieu la faculté de langage en général, mais aussi toute la langue visualo-tactile, coordination de la vision et du toucher que nous installons dans notre prime enfance, avant même l’accès à la parole.

Dieu est l’auteur de la nature.

Exister, c’est être perçu ou percevoir. Si les choses sensibles ont bien une existence réelle, elles sont nécessairement perçues par un esprit infini, Dieu. Puisqu’elles ne dépendent pas de ma pensée.

La vision montre a elle seule que Dieu nous parle. Elle est le témoin de sa présence. Car il assure la médiation sensible des signes arbitraires sans aucune ressemblance ni lien avec les choses signifiées.

16 – Les langues humaines portent la marque des activités de l’esprit humain : division, imagination, esprit méthodique. L’entendement qui suit ses propres tendances surenchérit à l’infini

ses propres opérations sur ses propres objets.

C’est le péché de l’esprit humain. il faut revenir à une vision simple des choses, ouvrir les yeux.

TEXTES COMMENTÉS

1 – L’immatérialisme et le test de l’expérience en pensée

Ni un son, ni une couleur, ni une figure ne peuvent exister hors de l’esprit.

On peut imaginer des arbres dans un parc sans personne pour les percevoir. Mais quand on fait cela, on s’imagine aussi quelqu’un qui les perçoit. Et on les perçoit nous-mêmes.

Pour concevoir que les objets existent hors de notre esprit, il faudrait concevoir qu’il puisse exister sans être perçus ni pensés, ce qui est contradictoire.

Concevoir des choses en soi, c’est oublier l’opération de notre propre esprit. C’est une preuve contre l’existence des choses matérielles.

Commentaire

Étant des êtres pensant, la seule expérience que nous puisions faire est une expérience en pensée. Une idée est un fait de l’esprit.

Berkeley fait équivaloir percevoir et penser, penser et imaginer. Il refuse deux distinguer deux instances : la forme pensée et la référence à une information reçue d’un objet.

L’idée perçue de l’arbre et l’idée imaginée de l’arbre sont tout autant dans l’esprit.

2 – De la différence entre le réel et l’imaginaire

Quelle est leur différence, puisqu’elle sont tout autant dans l’esprit ?

Les images réelles sont claires et distinctes.

Les imaginations sont pâles et indistinctes et dépendent de notre volonté.

Les premières sont imprimées dans notre esprit par un esprit distinct de nous.

Les images du rêve peuvent être claires et vivent, mais elles ne sont pas connectées entre elles et avec les événements antérieures et postérieures de notre vie.

C’est seulement une différence perçue qui permet de distinguer les choses des chimères.

Commentaire

S’il n’y avait pas de différence entre le réel et l’imaginaire, chacun vivrait dans un monde imaginaire dont Dieu serait absent.

On fait la distinction :

a) Grâce aux qualités internes des idées qui sont dans l’esprit. Faiblesse de l’image par rapport à la perception.

b) Différence entre une raison humaine et une raison divine pour l’idée. Ou bien l’idée s’est imposée à mon esprit, ou bien l’idée s’est forgée à ma guise.

Mais il y a aussi des visions du rêves qui peuvent donner l’impression de s’être imposées à moi. Il y a donc un troisième critère : L’ordre et la connexion.

Une sensation ou idée n’est pas produite par une chose extérieure, matérielle. Car elle n’en est pas distincte. L’être d’une idée est une chose passive, elle ne peut donc être produite par une activité.

Toute idée étant passive et inerte est produite par un esprit.

Être immatérialiste et être dans le bon sens, c’est la même chose, puisque c’est de la même manière qu’on fait la distinction entre rêve et réalité.

3 – L’étroitesse et la largeur d’esprit

Le libre penseur est comme une mouche qui ne verrait qu’une petite partie de la pierre de la cathédrale où il se trouve. Il ne voit pas l’harmonie de l’édifice mais les détails des aspérités de la pierre.

La largeur d’esprit est nécessaire pour un juste jugement des choses. Comment ouvrir l’esprit ?

La philosophie par ses vues générales.

Commentaire

La vraie philosophie est grande ; la libre pensée est toute petite.

L’étendue propre à une chose que je perçoit dans mon esprit fait l’étendue même de mon esprit. L’esprit n’est rien d’autre que ses pensées.

Il faut élargir l’esprit par une bonne éducation : La philosophie (élargit les opinions sur les affaires humaines), puis l’astronomie ((nos idées sur le monde), puis la religion chrétienne qui les étendra un degré plus loin que les lumière de la nature (jusqu’à Dieu).

Tant que l’ordre du monde n’est pas perçu par mon esprit, il doit être perçu et subsister dans l’esprit de quelque être éternel.

4 – De l’exposé problématique du « sens moral » de Shaftesbury

Il existe une idée de la beauté co-naturelle à l’esprit e l’homme. Le Beau frappe du premier regard et attire sans raison.

Il y a une beauté, un ordre dans le monde moral. L’esprit le perçoit grâce à un sens naturel. C’est un goût naturel qui existe en lui-même et qui n’a besoin d’aucun principe pour inviter les hommes à la vertu.

Tout les êtres rationnels sont sociaux par nature. C’est le sens moral qui fait en sorte que les divers parties de la société sont soudées les unes aux autres et se coordonnent mutuellement.

La contemplation de cette harmonie sociale nous fait accéder à l’idée de beauté

Ce n’est pas l’intérêt qui nous fait accéder à la vertu.

Commentaire

Berkeley expose ici l’idée de son adversaire, Shaftesbury. Il le présente sous la forme d’un exposé grandiloquent et miné par une quantité de petits travers.

a) un exposé d’aristocrate.

b) inverser l’ordre d’exposition. Pour S., la vertu d’un être vivant ne peut perdre sens qu’au sein d’un système du monde. Or Alciphron commence par la fin.

c) présentation dans un style platonicien de l’idée de beauté qui serait déjà dans notre esprit. Mais pour S., il y a une lente évolution de l’idée de beauté au sein d’un être vivant qui doit choisir à chaque moment entre le plaisir et la douleur

d) Idée d’un sens moral comme d’un certain sens intérieur. C’est présenté comme un bon goût aristocratique. fin et délicat qui suffirait à engendrer la vertu.

La morale de S. scandalise Berkeley car elle se forgerai de façon autonome au sein du sujet. Pour Berkeley, la morale est une fin qui l’impose à nous : l’intérêt.

5 – À rigoureusement parler, le sens ne connaît rien

La constance et l’uniformité es phénomènes est comme une grammaire qui permet de comprendre la nature.

On peut faire des prédictions car on peut lire le livre de la nature.

Ce que nous percevons, nous ne le comprenons pas car nous n’en connaissons pas la signification. Il faut prendre leurs connexions naturelles.

Commentaire

Pour Berkeley, nous percevons des corps, jamais la matière, puisqu’elle est définie comme le substrat insensible des corps

que nous percevons.

Tout sujet qui examine ses pensées y trouve les qualités senties des corps. Si je perçois, je pense, je suis.

Les sensations ou idées doivent donc suffire au savoir humain. On croyait que B. disait que les sensations suffisaient pour comprendre la nature et qu’elles étaient vraies. Mais ici il dit que les sens ne connaissent rien.

Dans l’acceptation usuelle du verbe connaître, les sens connaissent.

Mais si connaître signifie interpréter ou dire la signification de quelque chose, , les sensations seules ne comprennent pas.

Pour comprendre, il faut faire des sensations des signes. Un aveugle qui recouvre la vision doit relier les tâches de couleurs à un interprétant tangible.

D’où l’idée des perceptions de la nature comme d’une grammaire. La physique est la grammaire de la nature.

Si Dieu n’existait pas, s’il n’était pas l’auteur de la nature, alors aucune sensation ne serait pour nous comprise

Vocabulaire

« Écarter le brouillard des mots qui a été occasion d’ignorance ou de confusion. »

Abstraction

1) Séparer une qualité d’un tout concret.

2) Rapprocher les qualités séparées par ce qu’elles auraient en commun.

Dans sa pensée on ne reçoit que des formes particulières. Les idées générales abstraites sont impossibles.

Seule une illusoire abstraction permet de penser qu’une chose puisse exister sans être perçue.

Archétype

1) Relation archétypale entre la chose matérielle et l’idée (Locke)

2) entre les idées divines incréées et les choses ou idées (Malebranche).

1) Pour Berkeley, il n’y a aucune relation d’archétype à copie entre la chose extérieure et ce que nous en percevons. Ce sont une seule et même chose.

2) Réticence à concevoir l’idée de chose-en-soi.

Mais il y a une relation de modèle/copie entre le idées des sens et celles de l’imagination.

Bermudes

Projet d’évangélisation à partir de cette îles des indiens d’Amérique.

Cause

Il n’y a pas de relation e cause à effet entre les phénomènes de la nature. Il y a une passivité entre une idée et une autre.

Seule la volonté est une causalité. Donc la cause de toutes les choses naturelles est Dieu. La logique de l’enchaînement des phénomènes est donc est donc celle d’un discours commandé par une

grammaire.

Chose

Des idées ou ce qui a des idées. Mais aussi ce qui a une volonté.

Mais pas une chose hors de l’esprit.

Corps

On a la preuve de l’existence des corps par le toucher. Le corps est un ensemble de qualités sensibles, sauf le mouvement.

Création

du monde par Dieu. Sa philosophie est en accord avec la Bible.

Dieu (existence de)

L’existence de Dieu est perçue par les effets de la Nature. Comme les choses sensibles ne peuvent exister ailleurs que dans un esprit et qu’elles ne dépendent pas de ma pensée, elles existent dans un autre esprit, Dieu.

Eau de goudron

C’était un remède qu’il avait commercialisé.

Esprit

Mind et Spirit. Mind est synonyme d’âme. Dans le second sens, il s’oppose à la matière.

Un esprit est un conglomérat d’idées, qui les perçoit (entendement), opère sur elles (volonté).

Nous n’avons de notre esprit qu’une connaissance médiate à travers celle de nos idées.

Éther

Pour Berkeley, l’idée antique ou newtonienne d’un éther est une hypothèse purement abstraite.

Rien ne nous oblige à penser un nouveau médium distinct de la lumière.

Étendue

Une idée abstraite. C’est une sensation, donc elle n’est pas hors de l’esprit. Elle est mêlée aux idées visibles et tangibles. C’est la coexistence des minimums visibles et tangibles. Il n’y a pas d’espace sans corps.

Exister

C’est être perçu ou percevoir. La table sur laquelle j’écris existe, c’est-à-dire que je la vois et je la touche.

Géométrie

Elle doit être pratique et non spéculative. Son objet est l’étendue, les figures et le mouvement tangibles, non les visibles.

Idée

Trois sortes :

1) celles réellement imprimées sur les organes des sens.

2) ce qui est perçu en faisant attention aux passions et opérations de l’esprit. (notion)

3) ce qui est formé à l’aide de la mémoire ou de l’imagination en composant, divisant ou représentant ce qui est perçu. (images, chimères, souvenirs, conceptions)

Une idée ne peut exister sans être perçue, elle est passive.

Imaginaire

Il y a une distinction entre le réel et l’imaginaire. Le premier a des

idées plus fortes, claires et distinctes, un ordre et cohérence qui ne dépendent pas de la volonté humaine.

Immatérialisme

On peut être soit matérialiste soit immatérialiste (Philonous).

Immédiat

Les idées sont immédiatement perçues. La peinture n’est pas la représentation médiate de quelque chose mais est connectée en mon esprit à une autre expérience qu’elle suggère.

Infini

Il n’y a pas d’idée de l’infinité. Pas non plus de divisibilité à l’infini.

Intérêt

On agit par intérêt. Ne pas prendre ce fait en considération est nuisible en morale.

Liberté

Un agent a le sentiment d’être libre au moment où il veut et agit.

C’est possible du point de vue théologique. C’est le sentiment intérieur qui en témoigne.

Contradiction des libres-penseurs qui défendent la nécessité.

Mathématiques

Méfiance vis-à-vis des maths. On doit les examiner avec le même scepticisme qu’ils examinent les mystères de la foi.

B. milite contre les divisions à l’infini car elles dépassent l’entendement humain. L’écriture mathématique n’a plus rien de pensable.

Matière

N’est pas une substance inerte et insensible existant séparément. Ce n’est pas un substrat de l’étendue.

Une fois la matière admise, je défie à quiconque de prouver que Dieu n’est pas une matière.

Le mot est dépourvu de sens.

Mouvement

Il n’y a pas de mouvement en général mais des choses en

mouvement. Le corps n’est pas le principe du mouvement. Seule l’âme et la volonté fait mouvoir.

Notion

Nous n’avons pas d’idée de l’esprit mais nous en avons des notions par conscience de nos opérations sur les idées.

Peine et plaisir

Une sensation n’est rien d’autre qu’une peine ou un plaisir ressenti. Le plaisir des sens est le souverain bien. Voilà le grand principe de la morale.

Phénomène

C’est ce qui nous apparaît. C’est donc l’idée. Connaître les phénomènes, c’est interpréter l’expérience sensible comme un ensemble de signes.

Principe

Il n’est pas possible que nos idées existent dans une chose qui ne perçoit pas.

Qualités

Il n’y a que des qualités sensibles. Illusion d’une distinction entre

qualité secondes et premières (étendue, mouvement, repos, solidité, impénétrabilité et nombre).

Questionneur

Intervention sur les affaires économiques et financières de l’Irlande de son temps. Contre ceux qui ne veulent rien faire par peur de la liberté.

Réalité

Les idées qui sont imprimées sur les sens par l’Auteur de la nature sont les choses réelles. Réel se distingue donc d’imaginaire, forgé par l’esprit humain.

Scepticisme

Celui qui doute de tout et de la vérité des choses sensibles.

Mais la méthode philosophique est une forme de scepticisme qui doit paradoxalement nous sortir du scepticisme.

Le scepticisme naît de la distinction entre la chose matérielle (inconnue) et les apparences que nos sens nous livrent.

Sens

Sans les sens, l’esprit n’aurait aucune pensée.

Bon sens

Bannir constamment la métaphysique.

Sens commun

L’immatérialisme doit être conforme au sens commun.

Siris

Livre sur l’eau de goudron. Enchaînement des réflexions qui mènent du goudron à la contemplation du divin. Nécessité d’être actif.

Substance

Il n’existe aucune autre substance que l’esprit ou ce qui perçoit. Pas de substrat qui soutiendrait les qualités et les accidents.

Volonté

Nul autre pouvoir actif que la volonté. Je n’ai pas l’idée d’une volition. La moralité est affaire de volition, non de principes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :