Publié par : gperra | 18 février 2012

Deuxième Fête Théâtrale Étudiante en Mars 1998

L’Association Théâtrale Étudiante

Comité des étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III

Secrétariat de l’U.F.R. Théâtre

13, rue de Santeuil

75005 Paris

 

 

 

Demande d’aide financière au FAVE et au Service Culturel de Censier

 

 

 

Deuxième Fête Théâtrale Étudiante

 

en Mars 1998

 

 

 

1/ Les onbjectifs et les motivations de cette manifestation :

L’année derniére, l’Association Théâtrale Étudiante a donné naissance au premier festival universitaire de Censier. Au regard du squccès rencontrer l’aénnée dernière auprès du public étudiant et du dynamisme collectif qui s’est constitué depuis entre les compagnies étudiantes de Paris III et Nanterre autour d’un tel projet, nous souhaitons poursuivre, avec l’aide de notre Université, cette initiative afin de lui donner une continuité et une perrenité.

Cette manifestation festive se composera de spectacles, lectures, contes, expositions, parades ou spectacles d’animation, débats,etc.

Tout d’abord de créer un espace de rencontre, à travers ce premier projet commun, pour les associations en théâtre des étudiants. Il ne s’agit pas seulement pour nous de faire un festival au sens où nous nous contenterions de regrouper un certains nombre de spectacles dans un laps de temps restreint déterminé : nous voulons que cette élaboration commune d’un moment commun de présentation de nôtre théâtre d’étudiants soit un travail destiné à briser l’isolement des projets et des envies de faire du théâtre à l’Université.

Ensuite, ce festival aurait pour but de montrer et rendre visible la pratique théâtrale des étudiants pour l’ensemble de l’Université. Ce festival ne se composera pas que de spectacles aboutis mais aussi de lectures, de répétitions ouvertes, de parades, etc. Car nous tenons à montrer le processus de création théâtral bien plus que le résultat de ce processus.

Cependant la gratuité des spectacles est impérative pour que se mette à fonctionner ce processus.

La mise en oeuvre de ce processus revient à considérer l’Université non pas comme un lieu de représentation ordinaire mais comme un lieu de constitution d’un public. L’Université et l’existence de notre festival en son sein peut avoir l’utilité de permettre aux diverses troupes et compagnies de se forger un public, de travailler également sur son rapport au public, bref de s’essayer et de se former dans sa relation aux spectateurs. En ce sens l’Université peut être un lieu de travail en amont, un nid très propice au travail théâtral des jeunes compagnies étudiantes.

Notre envie de jouer à et d’entreprendre une action culturelle à l’Université tient à ce que l’Université a d’unique (et qui ne fait pas encore l’objet d’une considération suffisante). L’Université est un lieu unique pour la vie associative créatrice et culturelle parce qu’il y règne un climat de recherche. Ce climat de recherche, perceptible dans les enseignements et dans l’attitude intérieure des enseignants qui – pour beaucoup encore – travaillent et forment à partir de cet état de recherche, est présent au delà des enseignements et serait susceptible d’ensemencer une vie culturelle et créatrice forte, vivante et communicable à l’ensemble de la société. Celle-ci l’accueillerait alors comme un élément de renouvellement de sa propre entité. Et l’Université ne serait plus cette citadelle imprenable et lointaine du savoir théorique mais un foyer chaleureux de création, de rencontres, d’expériences humaines et artistiques.

Plus proche de nous, l’illustration que cette dynamique est déjà présente, quoique souterraine, se concrétise dans ces tracts de compagnies théâtrales qui, ayant vue le jour par le jeu des rencontres d’étudiants pendant leur cursus, tiennent plusieurs années après à signaler leur lieu de naissance et d’origine : Université Paris III, U.F.R. Théâtre, etc. L’Université est une matrice de vie et de création culturelle. C’est une mère en perpétuel travail d’enfantement d’associations. Mais faute de le savoir elle-même, ou de vouloir le savoir et le considérer comme un élément essentiel de sa propre vie, elle est bien plus souvent une matrone et/ou une mère-poule qu’une véritable mère pour ce que la richesse de son propre climat a enfanté.

Nous ne voulons pas devenir comme tous ceux qui organisent aujourd’hui des festivals universitaires ou autre : une simple organisation administrative dispensant des créneaux horaires et des heures de représentation. Nous ne voulons pas de cette esthétique et de cet esprit des festivals que nous retrouvons sur leurs programmes au papier glacé et coloré !

Donc, si nous nous refusons à ce qu’il n’y ait aucun critère de sélection au niveau esthétique des spectacles, nous affirmons le fait que l’Association Théâtrale Étudiante donnera toujours la priorité du jeu et de la représentation à ceux qui s’impliqueront dans la préparation et l’organisation du festival.

S’il est nécessaire de constituer une équipe et un esprit d’équipe, ainsi que, dans une certaine mesure, une répartition des tâches, il n’est pas question de créer une structure administrative hiérarchisée et institutionnalisée. Certes la nuance est difficile à tenir et l’on glisse très facilement malgré soi de l’un vers l’autre, mais il s’agit d’un tout autre esprit et d’un tout autre souffle qui animerait alors notre association.

Nous nous opposons ainsi à ce statut dominant de l’artiste dont le seul rôle est de se produire. Nous nous opposons également à la dichotomie actuelle que nous pouvons observer dans tous les théâtres et dans tous les centres culturels, à savoir la séparation totale entre une équipe administrative gestionnaire et bureaucratique et des acteurs/divas préoccupés uniquement d’esthétisme. Car cette situation est finalement excessivement nuisible au monde théâtrale dans son ensemble : c’est elle qui produit ce pouvoir absolu des administrations sur la création de ce pays, c’est elle qui produit au bout du compte cet asservissement de la culture au politique et au gouvernement puisque ce sont ces derniers qui financent et gèrent les structures administratives de la culture et du théâtre. C’est ce que nous avions dénoncé l’année dernière le 3 juin au Bouffes du Nord en proposant une remise en commun et une redistribution plus juste des subventions de toutes les structures théâtrales subventionnées par l’État. Nous ne prétendons pas contrecarrer cette tendance à la dichotomie administration/esthétisme par la simple organisation d’un petit festival universitaire, mais peut-être parviendrons-nous à faire ainsi sentir à quelques compagnies qui débutent qu’il y a une autre voie possible que celle par laquelle le théâtre est en train de perdre son âme.

Après tout ce que nous avons tenté de faire l’année dernière depuis les grèves de décembre, par des appels, des débats, des interventions publiques, pour faire sentir ce problème à la communauté théâtrale française, ce festival constitue ce que nous pouvons continuer à faire à notre niveau, c’est-à-dire de permettre à l’Université de devenir un lieu d’alternative pour la création théâtrale.

2/ L’absence grave de lieu de retrouvailles et de convivialité durant le festival :

Nous avons constaté l’année dernière que si notre objectif de création d’un lien entre les compagnies étudiantes a été partiellement atteint, c’est aussi et surtout parce qu’il manque à Censier un espace où nous aurions pu nous retrouver pour discuter et nous voir pendant toute la durée du festival.

Certains ont évoqué la présence de la cafétéria conçu justement par les dirigeants de l’Université de Censier comme un lieu de convivialité. Nous nous récrions contre cette dénomination qui montre bien que des graves confusions ont libre cours aujourd’hui : la cafétéria n’est en aucun cas un lieu de convivialité mais un lieu de consommation conviviale, ce qui n’est absolument pas la même chose.

Nous proposons donc une solution qui a été évoquée à de nombreuses reprises au cours de nos précédentes réunions : la possibilité de l’achat ou de la location par l’Université d’un grand marabout (sorte de tente-chapiteau ouverte) que nous installerions sur le parvis de Censier et qui servirait à la fois de lieu de retrouvailles, de convivialité, et aussi d’espace pour les contes. En effet, si le fait de dire des contes dans le hall des amphis en après-midi a relativement bien fonctionné puisque les conteurs ont eu la force de capter un public pendant plus d’une heure en plein lieu de passage des étudiants, cette situation demande un culot et une dépense d’énergie considérable. Un lieu plus adéquat comme un marabout permettrait ainsi aux contes et aux lectures de se produire dans un espace plus adapté au jeu tout en étant public. Il permettrait également la représentation de certains spectacles s’y prêtant en après-midi, ce qui n’a pas été possible en raison de l’occupation de toutes les salles de Censier jusqu’à 19 h. Or notre objectif étant d’animer l’Université au moment où les étudiants y sont présents, cette situation était très regrettable.

C’est pourquoi la principale demande que nous nous permettons d’adresser au Service Culturel et aux instances de l’Université pour la prochaine Fête Théâtrale Étudiante est l’achat ou la location d’un marabout que nous pourrions installer à proximité du parvis de Censier.

3/ Auto-évaluation et entrée libre :

Nous réaffirmons que la participation à ce festival ne se fera sur aucun critère esthétique, aucun jury, mais seulement sur l’envie de faire vivre d’une autre façon l’Université. Il y est donc absolument hors de question que s’institue quelque forme de concours ou de prime ou de reconnaissance de l’institution universitaire que ce soit !

Ce sont les compagnies étudiantes elles-mêmes qui devront juger si ce qu’elles veulent présenter au public est présentable ou non. Nous réaffirmons en ce sens que ce festival peut également se concevoir comme un festival des répétitions ouvertes, l’important n’étant pas tant de présenter un spectacle que le travail qui conduit à la production d’un spectacle.

Mais pour réaliser cet objectif, le fait que toutes les présentations ou représentations soient absolument gratuites est indispensable. Les acteurs jugent eux-mêmes de la présentabilité de leur spectacle et le spectateur ne s’engage à rien d’autre qu’à venir y assister et peut partir librement si cela ne lui convient pas.

4/ Le concept de co-présentation :

Dans le but de développer une atmosphère spécifique d’écoute et de favoriser les liens entre les compagnies théâtrales étudiantes, nous avons tenté de mettre en place des co-présentations.

La co-présentation est une conception mise en oeuvre cette année par la direction de l’U.F.R. Théâtre pour la présentation de ses travaux d’ateliers au sein du cursus. Tous les ateliers sont présents dans la même salle (le Théâtre du Lierre) au même moment et présentent à tour de rôle leur travail. Cette disposition a la particularité de créer une atmosphère d’écoute très forte puisque le public, ou une partie du public, est, a été ou sera à son tour sur la scène. Ainsi se trouve d’une certaine manière brisée, ou plus exactement intelligemment atténuée, la séparation bien souvent trop nette entre public et acteurs.

Nous avons voulu reprendre cette disposition organisationnelle à notre compte pour la Fête Théâtrale Étudiante. Le bilan en est mitigé mais plutôt positif. En effet, s’il est indéniable que ce procédé assure un public minimal à chaque spectacle ainsi qu’un minimum de rencontre entre les compagnies, cette situation a été parfois un peu contraignante pour le public extérieur venant pour un spectacle déterminé et non pour un autre. Nous lui avons d’une certaine manière forcé la main sur certains spectacles. Mais finalement personne ne s’en est plaint et chacun restait libre de partir à tout moment. Nous avons toutefois quelque peu regretté cette situation ou plusieurs spectacles se déroulaient en même temps dans plusieurs salles différentes, obligeant le public à faire des choix. Cette situation ne peut-être compensée que par la possibilité de faire jouer chaque spectacle au moins trois fois, mais pour cela il aurait fallu que l’Université nous en donne les moyens et le temps.

5/ Le budget de notre projet de fête théâtrale étudiante :

Pour les quelques frais qui ne manqueront pas d’être occasionnés par la préparation de ce festival, nous nous permettons d’adresser une demande d’aide financière de 10 000 F pour ce projet immédiat. Cette aide nous permettrait de couvrir les frais de publicité, d’information, et les frais divers des compagnies et associations théâtrales étudiantes qui s’investiront dans ce projet.

Nous tenons, à ce propos, à vous spécifier que, conformément au projet général de l’Association Théâtrale Étudiante, le théâtre universitaire étudiant que nous revendiquons est un théâtre qui ne saurait être que gratuit. Il est strictement hors de question pour nous de faire payer les spectateurs ou de demander une participation, même symbolique, aux frais. Nous préférerions ne rien faire plutôt que de déroger à cette règle de pratique théâtrale universitaire que nous nous sommes fixé. C’est pourquoi nous vous remercions par avance de bien vouloir nous aider en nous donnant les moyens de tenir cette éthique morale et pratique sans laquelle il ne saurait être question pour nous de théâtre étudiant.

Nous aurions préféré que l’Université octroie à l’Association Théâtrale Étudiante, ainsi qu’aux autres associations d’ailleurs, des avantages en nature plutôt qu’un budget conséquent. Par exemple l’accès au service de la reprographie, au matériel informatique, aux salles de répétitions de l’Université plutôt qu’un budget sous forme de fonds. Cette disposition garantirait notre indépendance tout en permettant de considérables économies.

Cependant, étant donné les difficultés d’accès rencontrées actuellement par les étudiants et associations étudiantes dans l’accès à ces services, est évoqué le fait que nous aurions quand même besoin d’un petit budget de fonctionnement.

Le fait que l’Association Théâtrale Étudiante ait besoin également d’un minimum de fonds non pas pour rétribuer, ce qui serait contraire à nos principes, mais pour défrayer les compagnies théâtrales étudiantes venant jouer pour le festival a été évoqué. Ces fonds n’ont pas nécessairement besoin d’être importants pour tout ce qui concerne les compagnies étudiantes de Paris III, mais ils deviennent en revanche indispensables lorsqu’il s’agit d’élargir notre action aux autres Universités, notamment des autres pays. C’est ainsi que nous avons dû décliner les propositions de venir jouer à Censier de compagnies théâtrales étudiantes des Universités de Prague, Varsovie, et Pondicheri en Inde. Pourtant ces compagnies ne demandaient qu’une très petite aide pour venir jouer en France.

BUDGET PRÉVISIONNEL :

Défraiement des compagnies étudiantes : 3000 F

Frais de communication : 2000 F

Presse et publicité ; 2500 F

Location d’un marabout : 3000 F

Divers : 500 F

TOTAL : 10 000 F

En ce qui concerne tout ce qui est d’ordre annexe et périphérique à l’organisation du festival, nous tenons également à réaffirmer notre volonté que cela soit fait avec des moyens spécifiquement étudiants. Par exemple, en aucun cas l’affiche du festival ne doit être réalisé par un professionnel mais doit être réalisée par les étudiants avec des moyens étudiants. Et tant pis s’ils ne payent pas de mine, ce qui reste d’ailleurs à voir. Nous jugeons mille fois plus intéressant que les étudiants dessinent leur propre affiche, quitte à créer pour cela des liens avec des étudiants en arts plastiques de l’Université de Saint Denis, que de faire réaliser une affiche quadrichromée par un professionnel à prix coûtant. De même pour la plaquette, la mise en page, les lumières, la sonorisation, etc.

6/ Notre association et l’institution universitaire :

Si nous souhaitons que l’institution universitaire de Paris III soit davantage sensible à la création culturelle étudiante qui tente de voir le jour au sein de son Université plutôt qu’en dehors, nous nous opposons en revanche catégoriquement à ce que la participation à notre festival ait quelque caractère obligatoire institutionnel que ce soit.

Rendre obligatoire le jeu à l’Université des spectacles subventionnés par l’Université ne serait, étant donné l’état culturel et administratif actuel de cette Université, qu’une mesure administrative purement abstraite. En effet, il est encore tellement pénible d’organiser une manifestation culturelle à Censier et cela apporte encore si peu de reconnaissance tant au niveau du public que de la presse et des étudiants que l’on peut bien comprendre que nombre de compagnies théâtrales préfère aller se produire ailleurs. La contrainte ne changera rien à cet état de fait. Nous essayons de changer ce dernier en créant une dynamique théâtrale étudiante commune ainsi qu’en revendiquant et exploitant ce qui nous semble être la spécificité culturelle universitaire : c’est en donnant les moyens de voir le jour à cette initiative, ainsi qu’à des initiatives similaires, que l’institution universitaire aura une chance de changer son paysage culturel. Au delà de notre entreprise encore modeste, ce qui est important pour l’Université aujourd’hui en matière culturelle, ce n’est pas de l’imposer sur le campus par des décrets, mais de solliciter et encourager sa présence par la mise en place d’une importante infrastructure commune pour la création, la vie culturelle, la vie associative. Considérer l’Université comme étant autant un lieu d’enseignement que de création culturelle autonome des étudiants et non tolérer des activités reléguées aux simples activités extra-scolaires.

Ce n’est pas qu’une question d’ordre pédagogique (valider des activités culturelles associatives comme acquis du cursus universitaire est l’une des pires imbécillités anti-pédagogiques et, finalement, anti-culturelle et anti-associative que la Réforme Bayrou nous propose aujourd’hui) c’est une question de définition de l’Université et de sa vie.

Enfin, ce festival se déroulera comme un parcours, de lieux en lieux, de Paris III afin d’investir l’Université par la pratique théâtrale et la vie créatrice étudiante. Nous voulons que ce festival soit une occasion pour les spectateurs étudiants de découvrir ou redécouvrir leurs lieux universitaires. Nous croyons que les moments de rencontre autour d’un spectacle déploient mieux que d’autres moyens la possibilité d’habiter les lieux ou d’ordinaire on ne fait que passer.

Cette fête aurait donc lieu dans

• la salle 23

• la salle 25

• la salle 16

• l’amphithéâtre B

• le parvis de Censier

• le hall des amphithéâtres

Nous aurions également besoin d’un local permanent pour entreposer les décors.

Nous nous engageons par ailleurs à ne pas perturber les cours par l’utilisation de ces lieux mais juste à rendre présent le théâtre des étudiants à l’Université.

7/ Les membres :

 

L’idée de donner naissance à une association théâtrale étudiante à Paris III a pu voir le jour grâce à l’espace de dialogue entre étudiants de l’U.F.R. Théâtre que constitue le Comité Théâtre des étudiants de Paris III. Elle est aussi issue d’une volonté d’expérimentation concrète, durant plus d’un an, d’une pratique théâtrale des étudiants à l’Université, notamment avec le groupe de travail du Comité « Textes sans avenir », de la présentation en fin d’année de certains travaux issu des U.V. de pratique théâtrale des étudiants en Licence de l’I.E.T. et d’autres initiatives étudiantes. Ces initiatives ont en commun de s’être posé la question du sens du théâtre étudiant à l’Université, d’avoir tenter de mettre en place des pratiques de gestion spécifiquement universitaire de leurs projets et d’avoir eu à coeur de répéter et jouer à l’Université, pour l’Université. C’est donc de cette libre discussion et de ces expérimentations d’une pratique théâtrale étudiante qu’est issu ce projet d’association, destiné à faire vivre la spécificité de notre pratique théâtrale d’étudiants au sein de l’Université. Cette association se veut, autant que possible, être l’expression d’un besoin commun des étudiants en théâtre bien plutôt que le souhait personnel de quelques étudiants.

La nécessité de constituer une association plutôt que de laisser le Comité des Étudiants en Théâtre prendre en charge et intégrer à ses fonctions celles que se propose d’assumer l’association tient à une raison majeure : en tant que structure ouverte à tout les étudiants, sans noyau dirigeant et sans ligne à suivre, le Comité ne pouvait désigner des personnes responsables ou des chargés de pouvoir sans être en contradiction avec lui-même, c’est-à-dire un espace de dialogue où personne n’a de pouvoir sur personne. C’est la raison pour laquelle certaines personnes, sensibles à la question du devenir du théâtre étudiant, se sont désignées pour devenir les responsables de l’organisation et de la gestion de cette association. Ces personnes sont :

Boris ALBRECHT, étudiant en deuxième année du Diplôme Universitaire de Théâtre,

Gabrielle CALDERONI, étudiante en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Aurélia GUILLET, étudiante en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Maud HUFNAGEL, étudiante en Licence d’Études Théâtrales à Paris III,

Célie PAUTHE, étudiante en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Grégoire PERRA, étudiant en Doctorat d’Études Théâtrales à Paris III,

Éric PINGAULT, étudiant en Licence d’Études Théâtrales à Paris III,

David PSALMON, étudiant en D.E.A. d’Études Théâtrales à Paris III,

François DUREGNE, étudiant en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Lionel MINOST, étudiant en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Chantal REGAIRAZ, étudiante en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris III,

Nadja RUBINSTEIN, étudiante en Licence d’Études Théâtrales à Paris III,

Isabelle CHARAUDEAU, étudiante en Licence d’Études Théâtrales à Paris III,

Camille SIROTA, étudiant en Maîtrise d’Études Théâtrales à Paris X.

8/ Buts de l’association : définition générale

L’Association Théâtrale Étudiante a pour but la promotion du théâtre des étudiants et du spectacle vivant sous toutes ses formes. Elle revendique l’aspect formateur à part entière du théâtre à l’Université, théâtre dont elle s’est donné pour mission d’approfondir, de rechercher et d’affirmer la spécificité.

Elle se propose de devenir l’instrument d’une mise en commun des projets et des désirs de théâtre des étudiants et des associations afin de favoriser une dynamique étudiante commune. Elle se donne enfin la tâche, en partenariat avec l’U.F.R. Théâtre et les instances de l’Université, de concevoir, formuler et gérer les moyens techniques, logistiques ou financiers que l’Université pourrait octroyer par ce biais aux initiatives théâtrales étudiantes afin, non pas de supplanter les fonctions d’un service culturel, mais de permettre une responsabilisation et un apprentissage étudiant autonome des moyens mis à sa disposition pour la création théâtrale.

Le désir des étudiants en théâtre qui ont constitué ce projet d’Association Théâtrale Étudiante, trouve son origine dans le constat suivant : il existe à Paris III un nombre considérable de projets théâtraux et associations théâtrales d’étudiants, mais aucun lieu ni aucune structure qui leur permettent de se réunir, se connaître, se rassembler.

Malgré les subventions importantes que le Service Culturel ou le FAVE peuvent attribuer aux projets théâtraux étudiants, la vie théâtrale étudiante est une vie socialement éclatée, fragmentée, atomisée. Ce morcellement finit par nuire à la dynamique théâtrale étudiante elle-même.

C’est pourquoi nous avons voulu constituer une structure associative qui favoriserait la rencontre, le dialogue ou l’union des étudiants, ou des associations étudiantes en théâtre afin de pouvoir :

• se connaître les uns les autres ;

• faire des projets communs (par exemple un festival universitaire) ;

• obtenir et gérer des moyens communs ;

• se donner ensemble les moyens de rendre visible et présente, pour les étudiants et l’Université, cette intense vie théâtrale étudiante qui ne parvient que peu à apparaître au grand jour ;

C’est pourquoi l’objectif de l’association est de constituer une maison, un foyer, un lieu de rencontre pour un collectif des projets et des associations théâtrales étudiantes. Son objectif n’est en aucun cas de subventionner tel ou tel projet particulier, doublant ainsi les fonctions du Service Culturel, mais de revendiquer et mettre en oeuvre des moyens communs.

Avec les moyens que nous avions, nous avons commencer à mettre en place cette rencontre depuis maintenant un an. Par ce dialogue permanent entre les étudiants, les projets théâtraux et les associations théâtrales s’est dessiné une certaine idée, ou tout au moins pratique commune, du théâtre universitaire étudiant. Cette idée, pour ne pas dire philosophie, d’une spécificité du théâtre étudiant est l’optique morale et organisationnelle dans laquelle ceux qui ont fondé cette association souhaitent travailler à la promotion du théâtre étudiant.

Nous voulons réfléchir à la spécificité du théâtre étudiant et nous donner les moyens de le mettre en oeuvre.

L’Association Théâtrale Étudiante a donc un double objectif : constituer un espace commun aux associations et projets théâtraux des étudiants et défendre et promouvoir une certaine spécificité du théâtre étudiant.

9/ La question d’un théâtre universitaire étudiant

Tenter aujourd’hui de revendiquer un théâtre universitaire n’est pas sans poser d’immenses problèmes de définition, surtout au regard de ce que fut il n’y a encore pas si longtemps le théâtre universitaire. L’émergence des cours pratiques dans les Instituts d’Études Théâtrales a certainement contribué a bouleverser la réalité du théâtre universitaire. En fait, nous nous trouvons dans une situation où plusieurs formes de théâtre s’entrecroisent et s’interpénètrent au sein de l’Université, se nourrissant ou non l’un de l’autre, s’ignorant souvent :

• il y a tout d’abord la pratique théâtrale issue des ateliers pédagogiques de pratique, dits U.V. pratique ou théorico-pratique. Cette forme de théâtre universitaire apporte beaucoup et a certainement beaucoup encore à apporter à l’avenir au monde théâtral car elle permet le développement d’un théâtre qui tente de penser sa pratique et de pratiquer sa pensée, un théâtre dont l’objectif n’est pas tant la production d’une oeuvre que le chemin qui mène à sa création.

• il existe ensuite le théâtre des associations étudiantes, clubs ou autre structures reconnues. Elles sont relativement peu nombreuses.

• il existe surtout un grand nombre de groupement de fait, dont on ne saurait dire et qui ne sauraient dire d’eux-mêmes sans hésiter s’ils sont des groupements d’étudiants, mais qui se forment le plus souvent à l’Université, par les milles chemins des rencontres humaines et théâtrales que peut permettre l’existence d’un U.F.R. Théâtre au sein d’une Université, qui utilisent de façon plus ou moins formelle les moyens de l’Université mais qui, ne trouvant ni reconnaissance ni véritables moyens de s’affirmer et de se produire au sein de l’Université partent le plus souvent se produire au dehors. De combien de projets l’Université a-t-elle ainsi accouché sans jamais en connaître les visages, nul ne pourra le dire.

C’est seulement notre expérience d’étudiants qui nous a permis de constater ce foisonnement théâtral informel qui se développe ainsi dans l’ombre des U.F.R. Théâtre. Rien qu’à l’Institut d’Études Théâtrales, un recensement hâtif permettrait de dénombrer au moins une centaine de ces sortes de groupements, projets communs ou associations.

Pour la plupart de ces groupes, voir le jour à l’Université est loin d’être une circonstance fortuite mais tient au fait que l’Université et la proximité d’un U.F.R. Théâtre offre un climat intellectuel et artistique, des possibilités de rencontres, une conception même de l’apprentissage du théâtre qui ne se présentent presque jamais dans les écoles de théâtre ou les théâtres publics ou privés.

Cette atmosphère de liberté créatrice et associative informelle que trouvent, dans l’ombre de l’Université et à l’ombre de l’U.F.R. Théâtre, ceux qui veulent pratiquer autrement une autre forme de théâtre est ce que se propose de capter, d’amplifier et de répandre l’Association Théâtrale Étudiante. C’est de cette manière qu’elle conçoit sa défense et sa promotion du théâtre universitaire étudiant.

Le 17/11/97, à Censier

L’Association Théâtrale Étudiante

Le Comité des Étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III

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