Publié par : gperra | 17 février 2012

Vers une nouvelle affirmation de la place du théâtre des étudiants à l’Université… (paru dans Registre)

COMITÉ ÉTUDIANT

 

 

I – Vers une nouvelle affirmation de la place du théâtre des étudiants à l’Université…

 

1 – Une association théâtrale étudiante va naître : l’Association Théâtrale Étudiante

 

L’idée de donner naissance à une association théâtrale étudiante à Paris III a pu voir le jour grâce à l’espace de dialogue entre étudiants de l’U.F.R. Théâtre que constitue le Comité Théâtre des étudiants de Paris III. Elle est aussi issue d’une volonté d’expérimentation concrète, durant plus d’un an, d’une pratique théâtrale des étudiants à l’Université, notamment avec le groupe de travail du Comité « Textes sans avenir », de la présentation en fin d’année de certains travaux issu des U.V. de pratique théâtrale des étudiants en Licence de l’I.E.T. et d’autres initiatives étudiantes. Ces initiatives ont en commun de s’être posé la question du sens du théâtre étudiant à l’Université, d’avoir tenter de mettre en place des pratiques de gestion spécifiquement universitaire de leurs projets et d’avoir eu à coeur de répéter et jouer à l’Université, pour l’Université. C’est donc de cette libre discussion et de ces expérimentations d’une pratique théâtrale étudiante qu’est issu ce projet d’association, destiné à faire vivre la spécificité de notre pratique théâtrale d’étudiants au sein de l’Université.

2 – Comment faire vivre le théâtre étudiant à l’Université ?

L’Association Théâtrale Étudiante a pour but la promotion du théâtre des étudiants et du spectacle vivant sous toutes ses formes. Elle revendique l’aspect formateur à part entière du théâtre à l’Université, théâtre dont elle s’est donné pour mission d’approfondir, de rechercher et d’affirmer la spécificité. Elle se propose de devenir l’instrument d’une mise en commun des projets et des désirs de théâtre des étudiants et des associations afin de favoriser une dynamique étudiante commune. Elle se donne enfin la tâche, en partenariat avec l’U.F.R. Théâtre et les instances de l’Université, de concevoir, formuler et gérer les moyens techniques, logistiques ou financiers que l’Université pourrait octroyer par ce biais aux initiatives théâtrales étudiantes afin, non pas de supplanter les fonctions d’un service culturel, mais de permettre une responsabilisation et un apprentissage étudiant autonome des moyens mis à sa disposition pour la création théâtrale.

Le désir des étudiants en théâtre qui ont constitué ce projet d’Association Théâtrale Étudiante, trouve son origine dans le constat suivant : il existe à Paris III un nombre considérable de projets théâtraux et associations théâtrales d’étudiants, mais aucun lieu ni aucune structure qui leur permettent de se réunir, se connaître, se rassembler. Malgré les subventions importantes que le Service Culturel ou le FAVE peuvent attribuer aux projets théâtraux étudiants, la vie théâtrale étudiante est une vie socialement éclatée, fragmentée, atomisée. Ce morcellement finit par nuire à la dynamique théâtrale étudiante elle-même. C’est pourquoi nous avons voulu constituer une structure associative qui favoriserait la rencontre, le dialogue ou l’union des étudiants, ou des associations étudiantes en théâtre afin de pouvoir :

• se connaître les uns les autres ;

• faire des projets communs (par exemple un festival universitaire) ;

• obtenir et gérer des moyens communs ;

• se donner ensemble les moyens de rendre visible et présente, pour les étudiants et l’Université, cette intense vie théâtrale étudiante qui ne parvient que peu à apparaître au grand jour ;

C’est pourquoi l’objectif de l’association est de constituer une maison, un foyer, un lieu de rencontre pour un collectif des projets et des associations théâtrales étudiantes : une Maison Universitaire du Théâtre des Étudiants. Son objectif n’est en aucun cas de subventionner tel ou tel projet particulier, doublant ainsi les fonctions du Service Culturel, mais de revendiquer et mettre en oeuvre des moyens communs.

Avec les moyens que nous avions, nous avons commencer à mettre en place cette rencontre depuis maintenant un an. Par ce dialogue permanent entre les étudiants, les projets théâtraux et les associations théâtrales s’est dessiné une certaine idée, ou tout au moins pratique commune, du théâtre universitaire étudiant.

Nous voulons réfléchir à la spécificité du théâtre étudiant et nous donner les moyens de le mettre en oeuvre. L’Association Théâtrale Étudiante a donc un double objectif : constituer un espace commun aux associations et projets théâtraux des étudiants et défendre et promouvoir une certaine spécificité du théâtre étudiant.

3 – Existe-t-il un théâtre universitaire étudiant ?

Tenter aujourd’hui de revendiquer un théâtre universitaire n’est pas sans poser d’immenses problèmes de définition, surtout au regard de ce que fut il n’y a encore pas si longtemps le théâtre universitaire. L’émergence des cours pratiques dans les Instituts d’Études Théâtrales a certainement contribué a bouleverser la réalité du théâtre universitaire. En fait, nous nous trouvons dans une situation où plusieurs formes de théâtre s’entrecroisent et s’interpénètrent au sein de l’Université, se nourrissant ou non l’un de l’autre, s’ignorant souvent :

Il y a tout d’abord la pratique théâtrale issue des ateliers pédagogiques de pratique, dits U.V. pratique ou théorico-pratique. Cette forme de théâtre universitaire apporte beaucoup et a certainement beaucoup encore à apporter à l’avenir au monde théâtral car elle permet le développement d’un théâtre qui tente de penser sa pratique et de pratiquer sa pensée, un théâtre dont l’objectif n’est pas tant la production d’une oeuvre que le chemin qui mène à sa création.

Il existe ensuite le théâtre des associations étudiantes, clubs ou autre structures reconnues. Elles sont relativement peu nombreuses.

Il existe surtout un grand nombre de groupement de fait, dont on ne saurait dire et qui ne sauraient dire d’eux-mêmes sans hésiter s’ils sont des groupements d’étudiants, mais qui se forment le plus souvent à l’Université, par les milles chemins des rencontres humaines et théâtrales que peut permettre l’existence d’un U.F.R. Théâtre au sein d’une Université, qui utilisent de façon plus ou moins formelle les moyens de l’Université mais qui, ne trouvant ni reconnaissance ni véritables moyens de s’affirmer et de se produire au sein de l’Université partent le plus souvent se produire au dehors. De combien de projets l’Université a-t-elle ainsi accouché sans jamais en connaître les visages, nul ne pourra le dire.

C’est seulement notre expérience d’étudiants qui nous a permis de constater ce foisonnement théâtral informel qui se développe ainsi dans l’ombre des U.F.R. Théâtre. Rien qu’à l’Institut d’Études Théâtrales, un recensement hâtif permettrait de dénombrer au moins une centaine de ces sortes de groupements, projets communs ou associations.

Pour la plupart de ces groupes, voir le jour à l’Université est loin d’être une circonstance fortuite mais tient au fait que l’Université et la proximité d’un U.F.R. Théâtre offre un climat intellectuel et artistique, des possibilités de rencontres, une conception même de l’apprentissage du théâtre qui ne se présentent presque jamais dans les écoles de théâtre ou les théâtres publics ou privés.

Cette atmosphère de liberté créatrice et associative informelle que trouvent, dans l’ombre de l’Université et à l’ombre de l’U.F.R. Théâtre, ceux qui veulent pratiquer autrement une autre forme de théâtre est ce que se propose de capter, d’amplifier et de répandre l’Association Théâtrale Étudiante. C’est de cette manière qu’elle conçoit sa défense et sa promotion du théâtre universitaire étudiant.

4 – L’objectif fédératif et « communautaire » de l’Association Théâtrale Étudiante

L’association que nous nous proposons de fonder n’est ni une troupe ni une compagnie ni un service culturel et son but n’est en aucun cas de le devenir. Son domaine d’intervention n’est ni la distribution de subventions aux différents projets théâtraux étudiants ni la constitution d’une compagnie théâtrale étudiante ayant son esthétique et ses projets de mise en scène. Le rôle de notre association est bien plutôt de réfléchir à la place et au sens du théâtre universitaire étudiant et à tout ce qu’une telle réflexion signifie et implique. Le théâtre universitaire étudiant se présente d’abord comme pluriel et disparate. C’est un théâtre-mosaïque dont l’unité serait dans la composition d’ensemble bien plus que dans les motifs communs.

L’Association Théâtrale Étudiante n’est donc pas une association théâtrale de plus ayant en vue la réalisation de tel projet ou telle pièce mais une association qui veut être un point de rencontre pour tout ces projets et toutes ces associations, un lieu d’échanges et éventuellement de mise en commun.

L’Association Théâtrale Étudiante veut être un point de convergence, d’attraction et de rayonnement pour toute la nébuleuse théâtrale étudiante. C’est pour cette raison que l’association s’est dotée de statuts qui sont également ceux d’une fédération. C’est la raison pour laquelle les moyens que revendique l’association, qu’il soient financiers, logistiques ou administratifs, ne seront jamais employés pour la défense d’un projet particulier mais toujours dans un esprit de mise en commun des moyens et des locaux.

5 – Ce théâtre étudiant que nous voulons défendre

Au delà de ce théâtre informel et disparate de l’Université dont l’association souhaite être à l’écoute, nous voulons cependant affirmer une spécificité du théâtre universitaire étudiant, c’est-à-dire une identité qui réponde, dans une certaine mesure, à un certain « idéal » de la pratique théâtrale.

S’il est délicat de fixer de manière trop rigoureuse des critères qui pourraient apparaître comme sélectifs alors qu’ils sont bien plutôt des objectifs permettant d’atteindre cette idée d’un théâtre universitaire étudiant que nous voulons défendre, il est néanmoins absolument nécessaire de les évoquer ici. L’idée que nous nous faisons de la spécificité d’un théâtre universitaire étudiant repose sur une double définition :

C’est un théâtre de l’expérience.

L’introduction de la pratique au sein des activités pédagogiques des U.F.R. Théâtre a permis l’avènement d’une nouvelle forme de pratique théâtrale. Cette forme est celle d’un jeu et d’une mise en scène qui ne se soucient pas tant de la production d’une représentation que du chemin qui y mène. L’exercice du théâtre n’y est pas le spectacle mais la pratique elle-même. En ce sens nous pouvons le définir comme un théâtre de l’expérimentation ou de l’expérience. Nous voulons revendiquer comme spécificité du théâtre universitaire des étudiants ce concept et cette forme de pratique qui est celle du théâtre de l’expérience.

C’est un théâtre gratuit.

Le choix de la gratuité, c’est-à-dire de la non rémunération des « prestations théâtrales » (des représentations publiques) tient à plusieurs raisons. La première est que nous tenons à la gratuité parce que nous voulons refuser autant que possible un théâtre qui serait celui de la consommation et une attitude qui serait celle de la consommation du théâtre. Ensuite, nous tenons à la gratuité en raison de la forme unique de théâtre que la gratuité permet, c’est-à-dire un certain rapport au spectacle et au spectateur. Le souci de la rentabilité du spectacle dirige immanquablement l’attention et la préférence sur les effets de la représentation plutôt que sur le travail qui la produit, or un théâtre de l’expérience est ce théâtre qui n’a pas le souci exclusif de la représentation mais plutôt du chemin qui y conduit. Il existe dans le jeu gratuit tout une palette qu’il nous appartient d’explorer dans la relation entre l’acteur et le spectateur. Et nous pensons que seule l’Université peut nous permettre de déployer et d’approfondir le geste gratuit, car ni les théâtre publics ni les théâtres privés ni les écoles de théâtre ne le font véritablement. Cette pédagogie et ce sens du jeu gratuit est, croyons nous, l’une des principales forces de renouvellement que le théâtre universitaire étudiant peut apporter au monde théâtral d’aujourd’hui.

D’autre part, nous souhaitons que le théâtre universitaire étudiant puisse être un théâtre gratuit parce que nous voulons que l’institution universitaire assume ce qu’induit et implique ce choix de la gratuité : fournir les moyens d’une pratique théâtrale étudiante tout en respectant son autonomie, soutenir et financer cette pratique libre non rentable et à vocation culturelle publique.

Enfin, le choix de la gratuité tient également à notre statut d’acteurs étudiants, c’est-à-dire de personnes ayant fait pour un temps – ou tout au moins dans un certain contexte – le choix de la « non professionnalisation » afin de pouvoir développer une certaine forme de théâtre.

C’est donc un théâtre qui a besoin de la gratuité des représentations, au moins au sein du campus universitaire. En ce qui concerne les spectacles à proprement parler, nous serions favorable à que la contribution soit symbolique ou la moins onéreuse possible, ou encore se présente comme une libre participation aux frais.

Nous ne prétendons pas que cette définition du théâtre étudiant tel que nous la proposons ici soit la seule valable, ni qu’elle soit destinée à supplanter, à l’avenir, les autres formes de pratiques théâtrales. Nous pensons cependant fermement qu’en l’état du monde théâtral, il est besoin d’un lieu où puisse se pratiquer autrement cette autre forme de théâtre afin que puisse exister un havre pour ceux qui sont en recherche d’autres voies, ou tout au moins un contrepoids à l’hégémonie de certaines formes théâtrales actuelles. Cette pratique autre peut être celle des étudiants et ce lieu peut être l’Université.

L’association Théâtrale Étudiante est donc une association à caractère fédératif des projets théâtraux et associations théâtrales des étudiants. Son but est la définition d’une identité du théâtre universitaire des étudiants afin de constituer une dynamique commune et un apprentissage étudiant autonome des moyens de production théâtrale. Sa fonction serait donc la gestion et l’organisation de moyens communs aux projets et associations théâtrales des étudiants, c’est-à-dire d’une infrastructure théâtrale intitulée Maison Universitaire du Théâtre des Étudiants.

L’Association Théâtrale Étudiante aurait donc pour fonction de gérer la Maison Universitaire du Théâtre des Étudiants.

II – Quel rapport à l’institution universitaire et quel foncionnemment démocratique pour une association théâtrale étudiante ?

1 – Remarque préliminaire concernant la structure associative Loi 1901

Nous nous devons de le dire : la décision de donner naissance à cette Association Théâtrale Étudiante s’accompagne d’un regret et d’une résignation. En effet, tant notre conception de la vie universitaire que notre idée de ce que peut et devrait être le rôle de l’étudiant au sein de cette institution, que notre sentiment de ce qu’y signifie l’action et l’engagement culturel, nous auraient fait préférer inscrire notre projet dans le cadre d’un nouveau type de structure associative qui soit « institutionnellement » étudiante. Cependant ce type de « structure associative étudiante » se rattachant institutionnellement à l’Université n’existe pas à l’heure actuelle. Si nous pensons que la nécessité de son existence se fera de plus en plus sentir à l’avenir en raison de l’évolution de l’implication étudiante au sein de l’Université, sa forme et ses statuts restent encore à concevoir. C’est pourquoi nous nous sommes résignés à intégrer notre association au sein des statuts d’une association Loi 1901 tout en souhaitant qu’une réflexion des instances et des acteurs de l’Université s’amorce dans le sens de l’innovation d’une telle structure associative étudiante interne à l’Université, reconnue par elle et prenant en compte le statut, la réalité et l’initiative autonome étudiante. Nous nous tenons volontiers à la disposition des acteurs de l’Université qui souhaiteraient engager une réflexion en ce sens et tenterons de la poursuivre et de la faire aboutir.`

Cependant, pour palier aux conséquences induites par l’esprit, les statuts et le mode de fonctionnement d’une association Loi 1901, nous voulons que le mode de fonctionnement de notre association prenne autant que faire se peut en compte cette réalité de l’évolution du rôle de l’étudiant au sein de l’Université et cette nécessité d’adapter les formes associatives étudiantes à la vie actuelle de l’Université.

2 – La vie associative étudiante et l’Université

La naissance douloureuse, la vie difficile, la mort lente ou subite des associations étudiantes ne tient pas seulement à leurs difficultés financières ou à la discontinuité de la présence étudiante. Elle tient aussi beaucoup, croyons-nous, aux faits suivants : l’absence de reconnaissance de la part des structures dirigeantes de l’Université, le mode de fonctionnement et l’esprit de l’association Loi 1901 et son positionnement face à l’institution universitaire.

L’absence de reconnaissance de la vie associative étudiante de la part des instances universitaires ne s’explique pas seulement par des difficultés ou des priorités budgétaires : elle tient surtout, en amont, à une certaine conception du rôle et de la place de l’étudiant au sein de l’Université. En effet, pour ces instances, du simple enseignant jusqu’au ministre en passant par les représentants syndicaux, l’Université est malheureusement encore le plus souvent considérée comme le lieu de la transmission du savoir. Or cette définition est fondamentalement incomplète : si l’Université est effectivement le lieu de la transmission du savoir, elle est aussi celle de l’appropriation individuelle du savoir transmis. C’est le lieu où les étudiants, mais aussi les enseignants et les chercheurs, font leur le savoir. Sans ce complément de définition, pas de place pour la découverte ni pour la création ni pour l’initiative autonome. Pas de place donc non plus pour des structures institutionnelles qui rendent possibles cette appropriation individuelle du savoir, comme des moments, des lieux et des espaces de création libre. Car la création est le moyen par excellence de faire sien l’enseignement reçu, que ce soit à travers divers modes de prise en compte du travail hors cursus des étudiants, que de la façon d’envisager leur travail au sein-même du cursus, la conception de la notation, de l’évaluation, de la participation…etc.

La vie associative étudiante est naturellement la première victime de cette définition tronquée puisque l’initiative créatrice autonome étudiante, si l’on suit cette logique, ne peut qu’être facultative.

C’est un constat que de nombreux étudiants ont pu faire au cours de leurs études : si la structure hiérarchisée et directrice d’une association Loi 1901 facilite en apparence son fonctionnement interne et les formes de son action, elle ferme aussi dans une certaine mesure de fait toute association aux volontés extérieures, quelque soit le degré d’ouverture morale et de bonne volonté des membres qui animent et dirigent l’association. Car, vue de l’extérieur, une association part de projets déterminés et fige les modes de la participation. Une association paraît toujours « instituée ». C’est la raison pour laquelle toute association ne se présente le plus souvent que sous un double visage : celui d’une institution dispensatrice de services et celui d’une structure réclamant une participation sous forme de travail ou d’argent.

Aucun de ces visages ne saurait convenir à l’Association Théâtrale Étudiante. Mais pour que ni l’un ni l’autre ne s’y attache irrémédiablement, il nous est nécessaire de l’inscrire dans un champs d’action qui prenne en compte cette nécessité d’un « repositionnement » de l’étudiant par rapport à l’institution universitaire. Tant que l’étudiant sera considéré et se considérera lui-même comme un consommateur et non comme un acteur à part entière de la vie universitaire, aucune association étudiante ne pourra échapper au double masque du service et du bénévolat.

3 – L’Association Théâtrale Étudiante et le Comité des Étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III

La nécessité de constituer une association plutôt que de laisser le Comité des Étudiants en Théâtre prendre en charge et intégrer à ses fonctions celles que se propose d’assumer l’association tient à une raison majeure : en tant que structure ouverte à tout les étudiants, sans noyau dirigeant et sans ligne à suivre, le Comité ne pouvait désigner des personnes responsables ou des chargés de pouvoir sans être en contradiction avec lui-même, c’est-à-dire un espace de dialogue où personne n’a de pouvoir sur personne. Cependant le but que se propose d’atteindre l’Association Théâtrale Étudiante est impensable sans qu’existe ou que soit mis en place une structure de libre rencontre des projets ou des désirs théâtraux des étudiants. Car un tel espace au sein de l’institution universitaire est le seul qui permette à l’étudiant de repenser sa place face à l’institution et à l’intérieur de celle-ci afin de tenter de devenir acteur et non spectateur de sa vie.

Un tel espace de dialogue et de rencontre, reconnu par l’U.F.R. Théâtre, existe actuellement à Censier sous la dénomination de Comité des Étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III. C’est seulement au sein d’une telle structure que l’action de notre association peut espérer se réaliser et avoir un sens.

C’est pourquoi l’Association Théâtrale Étudiante veut s’intégrer autant que possible aux actions et discussions du Comité des Étudiants de l’U.F.R. Théâtre de Paris III. Statutairement, elle aura pour le Comité le même statut que celui de l’un de ses groupes de travail tout en ayant les statuts officiels d’une association Loi 1901.

(Voir la Charte du Comité : paragraphe 3 – b : La structure du Comité.Le Comité est constitué d’étudiants ou d’anciens étudiants de l’U.F.R. Théâtre, voire d’étudiants d’autres U.F.R., désireux de s’investir dans les différentes fonctions du Comité de l’U.F.R. Théâtre sous forme de groupes de travail et de réflexion. Ces groupes de travail sont habilités à se coordonner entre Comités étudiants par U.F.R. et Comités Étudiants hors U.F.R., par affinités thématiques. Un Groupe de Coordination agréé par l’ensemble du Comité a pour charge d’assumer la cohésion des groupes et la permanence de la structure du Comité. Le Groupe de Coordination restreint n’est statutairement pas autre chose qu’un groupe de travail du Comité ayant une tâche particulière de coordination des autres groupes. Le Groupe de Coordination n’a aucun pouvoir de décision sur l’ensemble du Comité. Il n’est pas le noyau du Comité. Il n’aspire pas à être une délégation. Les membres du Groupe de Coordination ne sont pas des élus au sens d’une représentativité électorale, mais bien plutôt des personnes assumant la vie du Comité dans sa continuité et la coordination des groupes de travail.)

En tant que groupe de travail et de réflexion du Comité, l’Association Théâtrale Étudiante participe donc aux réunions, réflexions et actions du Comité avec l’esprit de rendre compte de l’ensemble de son travail et de ses réflexions à l’ensemble des étudiants et de leur permettre de s’y joindre. Il s’agit d’une obligation morale librement consentie de la part des membres et dirigeants de l’association mais non d’un contrat statutaire fixée entre l’Association et le Comité. Pour le reste, l’Association peut se gérer et fonctionner selon les modalités relatives à une association Loi 1901.

III – Les projets de l’Association

1 – Comment aider le théâtre des étudiant ?

De façon plus concrète, l’Association Théâtrale Étudiante se propose d’organiser et/ou favoriser l’organisation, de gérer et/ou favoriser la gestion, de fournir des moyens et/ou de favoriser l’obtention de moyens, techniques, logistiques ou financiers de diverses activités théâtrales :

Un accueil des ateliers inter-étudiants

L’association se donne pour objectif de favoriser, voire de solliciter, l’existence des divers ateliers inters étudiants qui naissent du climat de rencontres et de création régnant aux abords des U.F.R. Théâtre et aux franges de l’Université. Ces ateliers se constitueraient pour la majeure partie d’étudiants ayant la volonté de travailler en commun une matière ou un projet. Ce qui n’exclurait pas la présence d’animateurs ou de formateurs dans certains groupes. Le rôle de l’Association par rapport à ces ateliers ne peut être autre que celui d’être à l’écoute des initiatives individuelles de création, d’aider aux rencontres et de fournir les moyens d’un travail en commun. Son rôle n’est pas et ne saurait être d’organiser l’atelier inter-étudiants ou de diriger son travail. Ce souci de rencontre et d’accueil, en vue d’une éventuelle mise en commun, est une fonction propre à l’Association Théâtrale Étudiante qu’aucune instance universitaire – y compris le Service Culturel – ne prend en charge à l’heure actuelle, laissant dans l’éclatement et l’isolement le plus total les multiples projets qu’ils subventionnent.

Des projets inter-associatifs

L’association se propose également de favoriser et de gérer et/ou aider à la gestion de projets théâtraux inter-associatifs conçus entre des associations ou des compagnies théâtrales étudiantes. Notre première envie est d’organiser un rassemblement festif universitaire permettant de rendre visible, présente et vivante cette activité théâtrale informelle de l’Université.

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