Publié par : gperra | 14 février 2012

Fiche de lecture de La République de Platon

Platon

La République

Livre I :

Céphale invite Socrate et lui parle de la vieillesse. Quand les désirs se calment, on est délivré de maîtres innombrables et furieux. Ce n’est pas la richesse qui lui fait percevoir agréable la vieillesse. À l’approche de la mort, Céphale a peur des fables sur l’Hadès et des châtiments encourus s’il a été injuste durant la vie. Avoir de l’argent lui a ainsi permis de ne pas avoir de dettes.

Première définition de la justice : dire la vérité et rendre ce que l’on a reçu.

Mais il ne faut pas rendre ses armes à un fou.

Deuxième définition : rendre à chacun ce qui lui convient. Aux amis on ne rends pas l’argent qu’ils ont donné, aux ennemis on rends le mal.

La guerre est ainsi le meilleur contexte ou peut s’exercer la justice. Mais alors celle-ci est-elle inutile en temps de paix ?

Pour Polémarque, le juste est utile en temps de paix dans les conventions commerciales. Mais le juste n’est pas le plus avisé pour dépenser l’argent. La justice serait utile quand l’argent reste inutile.

Quelle définition des amis? Ceux qui semblent honnêtes. Mais comme les gens se trompent il faut corriger la définition : qui semblent honnêtes et le sont.

Mais faire du mal aux ennemis méchant les rends pire dans leur vertu humaine. Or la justice ne peut consister à rendre injuste. C’est son contraire, l’injustice, qui rends les hommes injustes.

La première définition est donc fausse.

Intervention de Thrasymaque : le juste est l’avantageux au plus fort. dans la cité, le juste est ce qui est avantageux au gouvernement.

Objection de Socrate : La justice consiste, pour le gouverné, à obéir au gouvernant. Mais le gouvernant peut se tromper et prescrire des lois qui lui sont désavantageuses. Ainsi, la justice, pour le gouverné, serait de faire ce qui est désavantageux au plus fort.

Argument de Thrasymaque : Le gouvernant en tant que gouvernant ne peut pas se tromper : C’est quand sa science l’abandonne, donc quand il n’est plus lui même, qu’il se trompe.

Socrate : aucun art ni aucune science ne vise son propre avantage mais l’avantage du sujet auquel il s’applique. La médecine ce qui est avantageux pour le corps, etc. Donc le gouvernant ne vise pas son propre avantage mais celui des gouvernés. La justice serait donc ce qui est avantageux aux sujets gouvernés.

Thrasymaque : les gouvernants sont comme des bergers ; ils ne visent pas le bien être des moutons mais leur propre avantage. D’ailleurs, Thrasymaque remarque que, dans tous les domaines pratiques, le juste est moins habile que l’injuste qui, lui, parvient toujours à obtenir ce qui lui est avantageux.

Ainsi, comme le juste est celui qui se fait avoir au profit du plus fort, la justice est ce qui est avantageux au plus fort. Et l’injustice est ce qui est avantageux à soi-même.

Socrate : l’injustice est-elle vraiment plus profitable que la justice ? Et gouverner consiste-t-il vraiment à tirer son propre avantage ? Alors pourquoi ceux qui gouvernent veulent-ils être rétribuer pour cette tâche ?

Chaque art procure un bénéfice particulier. Mais ce n’est pas de l’art qu’il exerce que l’homme tire profit et salaire. On peut en effet exercer gratuitement et son art continue d’être bénéfique. Ainsi certains n’acceptent d’exercer le pouvoir que sous la contrainte. La justice n’est donc pas l’intérêt du plus fort.

Thrasymaque : La justice c’est de la naïveté, l’injustice de la prudence. Cette dernière n’est donc pas un vice mais une qualité.

Le juste ne l’emporte pas sur son semblable mais sur son contraire. L’injuste l’emporte sur son semblable et sur son contraire.

Socrate : l’homme sage et bon ne voudra pas l’emporter sur son semblable mais sur son contraire. Et l’homme méchant et ignorant voudra l’emporter sur son semblable et sur son contraire. Donc le juste est sage et bon et l’injuste méchant et ignorant.

L’injustice est-elle plus forte que l’injustice ?

Même une bande de brigands ou une cité injuste a besoin d’observer des règles pour mener à bien une entreprise. La justice crée donc l’harmonie entre les hommes et l’injustice des dissensions. L’injustice rends chaque sujet où elle apparaît incapable d’agir en accord avec lui-même.

La vie du juste est-elle plus heureuse que celle de l’injuste ?

Chaque chose a une fonction et une vertu. Privée de sa vertu, la chose exercera mal sa fonction. L’âme a des fonctions qui n’appartiennent qu’à elle, comme de commander, délibérer etc. La justice est une vertu de l’âme. Donc privée de la justice, l’âme exercera mal ses fonctions et l’injuste aura une vie malheureuse.

Mais on ne sait toujours pas ce qu’est la justice. Comment savoir alors si celle-ci rends heureux ou malheureux ?

Livre II :

Nous aimons certains biens pour eux mêmes, comme la joie et la jouissances. Nous aimons aussi certains bien pour eux-mêmes et pour leurs suites : la vue, la santé, etc. Et il y a une troisième sorte que nous ne recherchons pas pour eux-mêmes car ils sont difficiles mais pour leurs conséquences : la gymnastique, la musique, etc.

Généralement, on range la justice dans la troisième catégorie. Mais Glaucon la met dans la deuxième et voudrait savoir en quoi la justice est un bien en elle-même et pour elle-même.

Glaucon défends l’injustice : L’origine de l’injustice viendrait d’un moyen terme entre le plus grand bien (commettre impunément l’injustice) et le plus grand mal (souffrir l’injustice). La justice serait une impuissance à commettre l’injustice, la contrainte de la légalité. Anneau de Gygès : le juste se comporterait alors comme l’injuste s’il avait le pouvoir d’invisibilité. La justice est une question d’apparence. Du moment qu’il peut se faire passer pour juste, l’injuste sera impuni. Alors que le juste qui veut être et non paraître bon sera empalé. Autre opinion, celui des poètes qui parlent de la facilité du vice mais qui disent que l’on peut être purifié de ses crimes par des sacrifices et des incantations. L’apparence est maîtresse du bonheur et fait violence à la vérité. Même les dieux se laissent fléchir par les prières. Personne n’est juste volontairement.

Socrate va prendre l’exemple de la cité, car la situation du juste y est plus visible que pour l’individu. Ce qui donne naissance à une cité, c’est l’impuissance de l’individu de se suffire à lui-même. Il est impossible à un homme d’exercer convenablement plusieurs métiers. Description de la genèse d’une cité jusqu’au moment où apparaissent le luxe, les arts et la guerre. Le gardien (ou guerrier) doit avoir l’âme irascible pour avoir du courage. Le naturel philosophe du chien : il aime celui qu’il connaît et déteste celui qu’il ne connaît pas.

Mais comment éduquer le gardien pour lui donner cette nature philosophe, irascible et forte ? Musique, gymnastique. Avant cela il faut veiller sur les diseurs de fables qui modèlent l’âme des enfants. Ne pas raconter la fable de la castration d’Ouranos. Et les guerres entre les dieux

Modèle des bonnes fables : des dieux bons. Le bien n’est pas la cause de toutes choses mais de ce qui est bon et non de ce qui est mauvais. Les dieux ne changent pas de formes car ils ne mentent pas.

Livre III :

Question de l’éducation dans la cité idéale. Il faut imiter certaines formes artistiques qui forment certaines qualités de comportement et répudier d’autres qui conduisent à la lâcheté, par exemple. Ainsi les mythes qui montrent des dieux avec des comportements caractériels.

Chaque homme doit se consacrer à son métier et non à plusieurs car sinon ils deviennent des hommes doubles, voire multiples.

Livre IV :

La cité juste ne vise pas le bonheur de l’une de ses composantes mais celui de la cité toute entière. Le bonheur des gardiens est ce qui leur permet de bien effectuer leur fonction, d’être ce qu’ils sont.

Les ennemis du bonheur dans la cité sont la richesse et la pauvreté qui corrompent les individus (par paresse ou bassesse). La cité idéale devra interdire de posséder des richesses. Une cité est souvent divisée en deux, les pauvres et les riches, et chaque partie est à son tour divisée en plusieurs.

La cité idéale peut s’étendre seulement jusqu’au point où son unité est maintenue. C’est le soucis de la bonne éducation qui permettra à la cité de s’agrandir en conservant son unité, comme un cercle.

Le désordre pénètre en premier lieu les moeurs par les dérèglements de la musique.

Si ces règles de base sont respectées, le reste de la réglementation sociale ira de soi, sinon, aucune réforme ne pourra remédier à la situation.

La cité idéale est sage, courageuse, tempérante et juste.

La sagesse est la science de la bonne délibération possédée par les gardiens. Le courage est la science des guerriers et la sauvegarde de l’opinion que les lois ont mise en nous sur ce qui est dangereux ou non. La tempérance, c’est quand la partie supérieure est maîtresse de la partie inférieure (de la cité). C’est une harmonie qui s’étend à l’ensemble de l’État.

(Socrate et Glaucon vont chercher la justice comme ils iraient à la chasse.)

La justice est la force qui contient chaque citoyen à l’intérieur de sa propre tâche et ne se mêle pas de celles d’autrui.

Il y a dans l’âme deux sortes de principes, l’un rationnel, l’autre désirant et irrationnel (concupiscible). Entre les deux, la colère peut être raisonnable ou déraisonnable. La cité se compose de trois éléments : gens d’affaires, auxiliaires et classe délibérante. De même l’âme se compose d’un principe rationnel, d’un principe irrationnel et d’un principe irascible, auxiliaire naturel de la raison quand il n’est pas corrompu par une mauvaise éducation.

La justice est que les trois classes s’occupent chacune de ses affaires.

Dans l’homme, l’alliance de la raison et de la colère permettra de commander à l’élément concupiscible.

Raison := classe délibérante = sagesse

Colère = auxiliaires = courage

Tempérance = quand les deux sont en harmonie

Partie concupiscible = gens d’affaires

La justice dans la cité est la force qui fait que chacun accompli sa tâche propre et, dans l’âme, ce par quoi l’homme s’occupe de ce qui le concerne réellement, ses affaires intérieures et non ses affaires extérieures. Un accord dans les trois parties de son âme.

Injustice = sédition entre les trois parties de l’âme, usurpation de leurs tâches respectives.

Livre V :

Rôle des femmes dans la cité. Les aptitudes naturelles sont également réparties entre les deux sexes mais en général l’homme l’emporte dans tous les travaux. Dans la cité idéale, on pourra assigner aux femmes les mêmes fonctions que les hommes, même celle de gardien, mais en leur confiant les taches les moins pénibles en raison de leur faiblesse.

La propriété, les femmes et les enfants seront communes. La procréation sera réglementer comme dans un troupeau afin que ne se reproduisent que les meilleurs sujets et que la cité ne croisse ni ne diminue (avec tirage au sort falsifié). Les enfants ne doivent pas pouvoir être reconnu par leurs parents et inversement.

La communauté des plaisirs et des peines est ce qui rendra la cité une. Car les hommes seront citoyens et non divisés en maîtres et esclaves.

Quelques règles pratiques :

– Les enfants des gardiens iront à la guerre avec leurs parents pour apprendre.

– Donner des privilèges et honorer les gardiens combattants.

– Ne pas combattre les autres cités grecques et prendre chez elles des esclave mais s’unir contre les barbares.

– Ne pas dépouiller les corps des ennemis.

Distinction de Socrate entre la discorde et la guerre :

Discorde : conflit dans la famille.

Guerre : conflit entre étrangers. La Grèce est une même famille. Quand deux cités grecque se font la guerre, c’est un état de maladie et de sédition. Il ne faut donc pas dévaster les terres et incendier les maisons.

Pour qu’une telle cité soit possible, le philosophe doit devenir roi ou le roi philosophe. Le Philosophe désire la sagesse toute entière et non une de ses parties.

Il faut distinguer entre ceux qui ressemblent aux philosophes parce qu’ils vont aux spectacles (Dionysies) et les vrais philosophes qui aiment le spectacle de la vérité.

Aimer la ressemblance d’une chose : rêver. opinion.

Aimer la chose elle-même : être éveillé. connaissance.

Le philosophe aime le Beau en soi et non les belles choses.

Être = connaissance.

Non-être = ignorance.

Intermédiaire = opinion. L’objet de l’opinion n’est ni l’être ni le non-être.

Elles roulent entre le néant et l’existence absolue. Ce sont des philodoxes.

Livre VI :

Les philosophes peuvent atteindre à la connaissance de l’immuable, les autres errent dans la multiplicité des objets changeants. Ils sont comme des aveugles qui ne peuvent contempler le vrai absolu et s’y reporter pour établir les lois du juste.

Les philosophes aiment toutes les sciences, sont sincères, délaissent les désirs du corps pour ceux de l’âme, ne craignent pas la mort car la vie humaine n’est pas pour eux quelque chose de grand, ce sont des esprits mesurés.

Objection d’Adimante : (Socrate et le trictrac) les philosophes sont des gens pervers et inutiles à la société.

Réponse de Socrate : métaphore du capitaine et des marins qui prennent sa place sans connaître l’art de la navigation. C’est l’état déplorable des États qui a pour conséquence le rejet des philosophes alors qu’ils en auraient bien besoin.

Chez la plupart, le naturel philosophe se corrompent et ils deviennent pervers, les autres sont les inutiles. Cette perversion vient d’une mauvaise éducation et par les sophistes qui les invitent à donner leur opinion sur tout et à suivre l’opinion de la multitude.

Les sophistes reproduisent les opinions de la foule (un grand animal). Il est impossible que le peuple (la multitude) puisse concevoir le beau en soi et soit philosophe.

Par leurs bonnes disposition naturelles, les philosophes attirent très tôt l’avidité des autres qui le gonfle d’orgueil.

La philosophie devient orpheline des vrais philosophes et approchées des faux qui en abusent.

Au sein des Constitutions actuelles, le naturel philosophe se perds, comme une plante exotique se transforme dans un sol étranger.

Quand la muse philosophique prendra possession d’une cité, elle créera une constitution telle que Socrate l’a décrite. En imitant le divin et l’ordre, le philosophe deviendra ordonné et divin. `

Éducation des philosophes : Problème car les hommes sont souvent scindés entre la fougue de leur corps et leurs dispositions intellectuelles.

La plus haute science est celle du bien. L’oeil est formé par le soleil, car c’est la lumière qui permet la vue. Ce que le soleil est dans domaine visible pour la vue, le Bien l’est dans le domaine intelligible pour la pensée. L’idée du Bien répand la lumière de la vérité sur les objets de la connaissance et confère au sujet le pouvoir de connaître. La science et la vérité sont semblables au Bien mais ne sont pas le Bien.

Monde intelligible Monde visible

Principes/Conclusions,

modèles des objets Animaux/objets Images/ombres

Idées en soi/Hypothèses, dialectique Art/ reflets

Intelligence/Connaissance discursive Foi/ Imagination

Livre VII :

Métaphore de la caverne :

– Les hommes enchaînés contemplent les ombres des objets sur les parois ;

– Un homme sort de la caverne, a mal aux yeux, regarde les reflets dans l’eau, puis les objets, puis les étoiles et la lune, puis le soleil, cause de tout.

– Il revient dans la caverne et ses yeux doivent s’habituer un long moment pendant lequel il est inutile, puis se fait tuer par les autres.

Les prisonniers sont en compétition pour juger les ombres.

Dans le monde intelligible, l’idée du bien est la cause de tout ce qu’il y a de droit et de beau en toutes choses. Elle a engendré la lumière et le soleil dans le monde visible. Elle dispense vérité et intelligence.

L’éducation ne doit pas être introduite dans l’âme mais éveillée dans l’âme où elle se trouve déjà, car chacun possède un organe capable de voir l’être et ce qu’il y a de plus lumineux dans l’être. L’âme est cependant mal tournée, elle ne regarde pas dans la bonne direction.

Les gens méchants ont une grande acuité de l’âme pour distinguer les objets.

Ensuite, il faudra obliger le philosophe à redescendre dans la caverne, car le bonheur n’est pas celui d’une petite partie mais de toute la société.

La cité où ceux qui doivent commander son les moins empressés à rechercher le pouvoir sera la mieux gouvernée et la moins sujette à la sédition. Ceux qui passent la majeur partie de leur temps dans la région de la pure lumière devront revenir car ce sont des hommes justes, mais ils ne viendront au pouvoir que par nécessité.

Éducation des philosophes :

– athlétisme guerrier

– science du nombre et du calcul.

Mais on utilise mal les maths.

Certains objets (les nombres) invitent l’âme à la réflexion, mais donnent lieu simultanément à deux sensations contraires. L’unité donnée par la vue et les sens n’est pas problématique, mais ça devient le cas quant l’entendement se réveille. et tourne l’âme vers la contemplation de l’être. Tout nombre est une unité ou une égalité qui ne peut être saisi que par la pensée. Et les mathématiques forment une certaine pénétration du jugement.

Malgré l’usage pratique que l’on fait de la géométrie (en particulier l’art de la guerre), celle-ci vise la connaissance des essences. « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. »

Après il y a la science des solides (géométrie des volumes).

Puis l’astronomie. Mais celle-ci ne fait pas user de sa raison en la tournant vers les choses d’en haut uniquement parce qu’on lève les yeux au ciel. Les cieux sont les plus parfaits objets du monde visible, mais ils ne sont qu’une image du monde intelligible. On doit donc étudier l’astronomie sous forme de problèmes à résoudre.

Mais toutes ces sciences ne peuvent rendre compte des principes dont elles sont issues. Elles sont donc hypothétiques alors que la dialectique est anhypothétique,

Si on ne connaît pas l’idée du Bien et qu’on ne peut en rendre compte, alors c’est comme si l’on passait sa vie sur terre à rêver avant de dormir de son dernier sommeil dans l’Hadès.

Sélection des dialecticiens : courageux, forts, patients, aimant le travail du corps et de l’âme, aimant la vérité et détestant les mensonges volontaires ou involontaires. Il faudra apprendre ces choses aux enfants, mais librement car l’homme libre ne doit rien apprendre en esclave.

Ceux qui ont une idée du Bien héritée de l’opinion sont un peu comme des enfants ayant des parents adoptifs. Ils les rejetterons plus tard en découvrant la supercherie, comme on rejette les principes moraux quand ceux-ci sont contredits par les sophistes, ceux qui font un mauvais usage de la dialectique.

Avant trente ans, les jeunes sont comme des chiots qui s’amusent à disputer de tout et finissent par ne croire plus à rien. Il faut attendre cet âge pour leur apprendre la dialectique par amour de la vérité.

À cinquante ans, après être revenus dans la caverne, avoir exercé des fonctions militaires ou politiques et résisté aux tentations, ont pourra les tourner vers le soleil du Bien dans l’Île des Bienheureux.

Voilà comment l’organisation de la cité fondée sur la justice est possible : quand un ou plusieurs philosophes seront devenus maîtres de l’État.

Livre VIII :

Les 4 maladies de l’État : timocratie (gouvernement de l’honneur), oligarchie, démocratie, tyrannie.

Avec la République (aristocratie), cela fait cinq types de cités qui doivent correspondre à cinq types d’hommes.

Le passage de l’aristocratie à la timocratie se produit quand il y a rupture cyclique de la génération où les races hésiodiques se mélangent et provoquent ainsi la discorde (on peut le prévoir par un calcul géométrique compliqué). On remet de l’ordre en divisant et partageant les biens et les terres mais ensuite les gardiens deviennent des maîtres alors qu’ils étaient des hommes libres, amis et nourriciers.

La Timocratie sera une société guerrière qui recherche les plaisirs et l’argent en secret car on les a éduqué par la contrainte et non la philosophie. L’élément irascible domine.

Le meilleur gardien de la vertu est la raison, aidée de la musique.

L’Oligarchie repose sur le système censitaire. Les riches commandent. La cité est divisée.

La Démocratie est l’état de chaos qui survient quand l’injustice criante de l’oligarchie provoque le ressentiment du peuple et une révolution. C’est un gouvernement où les hommes sont libres et sont donc très différents, comme un beau vêtement bigarré. C’est un bazar de constitutions.

La Tyrannie survient par réaction aux excès de la démocratie où personne n’accepte la moindre contrainte. Le peuple nomme un protecteur contre les oligarques qui veulent se défendre et celui-ci devient tyran (un loup-garou après avoir goûté de la chair de l’homme). Il provoque des guerres pour occuper l’esprit du peuple et renforcer son pouvoir.

Raison : aristocratie

Élément irascible : timocratie

Élément concupiscible raisonné (les meilleurs désirs maîtrisent les pires) : oligarchie

Les désirs ont tout envahis : démocratie

Livre IX :

Étude des désirs. Parmi les désirs non nécessaires, il y a des désirs légitimes et des désirs illégitimes.

Cas du somnambulisme : la partie bestiale est délivrée du contrôle de la raison. Elle fait les pires choses sans pudeur.

Cas de l’homme méditant qui apaise avant de s’endormir, par la raison, la partie irascible et la partie concupiscible de son âme. Il trouve la sagesse, a des visions et des songes.

L’homme tyrannique : il est possédé par l’amour, qui a implanté en lui l’aiguillon de l’envie, ce chef de l’âme, le tyran Éros. Pour satisfaire ses envies, l’homme tyrannique doit piller jusqu’à père et mère. Des hommes se mettent à son service et commettent des délits dans la ville en tant de paix. Le tyran se comporte à l’état de vieille comme le somnambule endormi. Le tyran est malheureux car, en vertu de la ressemblance entre homme et État, l’esclavage dans la cité tyrannique correspond à l’esclavage dans l’âme du tyran, soumis aux désirs et à des craintes de complots.

L’homme juste est heureux, l’homme injuste est malheureux.

Il y a trois sortes de désirs :

Le désir de connaissance ;

Le désir de colère ;

Les désirs de l’élément concupiscible : manger, boire, amour, argent; renommée,.

Il y a trois sortes d’hommes :

Le philosophe ;

L’ambitieux ;

L’intéressé.

Le philosophe est le seul qui a l’expérience des trois désirs, car il est le seul a avoir accès au désir de la vérité.

Hiérarchie :

Plaisir

État intermédiaire – Repos

Douleur – Mouvement

Quand la douleur cesse, on confond l’état intermédiaire avec le plaisir. Comme la plupart des hommes n’ont pas accès à aux plaisirs des essences, ils séjournent toute leur vie dans l’état intermédiaire, comme des bêtes la tête penchée vers la terre et la table. Ils poursuivent ainsi des plaisirs étrangers et faux à l’âme.

Une image de l’âme :

L’homme

Le lion

La bête multiforme;

Celui qui prétendait qu’il est avantageux d’être injuste du moment que l’on passe pour juste prétendrait qu’il est avantageux d’affaiblir l’homme et de laisser les deux bêtes s’entre-dévorer.

Être honnête : soumettre à l’homme (divin) la part bestiale de notre nature.

Être malhonnête : asservir l’homme à la part bestiale de notre nature.

Excès de la bête multiforme : libertinage.

Excès du lion : arrogance et irritabilité.

Faiblesse du lion : lâcheté.

Il est plus avantageux pour l’homme d’avoir un maître divin et sage, soit de l’intérieur (ce qui est le mieux), soit de l’extérieur.

La cité idéale du philosophe n’existe pas sur terre, mais il en existe peut-être un modèle dans le ciel et c’est aux lois seules de cette cité que le philosophe doit obéir.

Livre X :

La poésie imitative ruine l’esprit si on n’a pas son antidote, la connaissance

Qu’est-ce que l’Imitation ?

Un groupe d’objet se réfère à une Forme particulière qui n’existe qu’en pensée.

Hypothèse d’un artisan divin qui aurait créé l’univers à partir des Formes.

Dieu crée l’essence du lit, le menuisier, à partir de celui-ci, crée le lit. Le peintre en revanche imite le lit. L’imitateur est l’auteur d’une production éloignée de la nature de trois degrés. En plus le peintre imite l’apparence

Le poète est un charlatan et un imitateur car il ne peut connaître réellement tout ce dont il parle. Ainsi Platon reproche à Homère de ne pas connaître l’art de la guerre, du gouvernement, de la technique. Si cela avait été le cas, on ne l’aurait pas laisser aller de villes en villes réciter ses vers. Les poètes ne connaissent pas la vérité.

Le fabricant connaît son objet par opinion. Son utilisateur le connaît par science. Ce n’est ni l’un ni l’autre pour l’imitateur. L’imitateur n’a aucune connaissance valable de ce qu’il imite.

Les illusions d’optique montrent que le monde des apparences est truffé d’illusions. Le calcul, produit par la raison, est le meilleur élément de notre âme : il corrige les illusions. L’imitation repose en revanche sur l’élément inférieur de nous-mêmes, le caractère irritable. Dans la douleur, nous sommes ainsi sujet à l’imitation des autres alors que la loi et la raison impose des comportements inimitables. D’où la condamnation de la poésie après celle de la peinture. La poésie, tragique ou comique, donne le mauvais exemple ou avive les mauvais penchants de l’âme. Il y a une dissidence ancienne entre philosophie et poésie. C’est un amour d’enfance qui peut nuire au gouvernement de l’âme et des cités.

Question de l’immortalité de l’âme. Le mal est ce qui détruit et corrompe, le bien ce qui conserve et profite. Il y a des maux propres aux objets et des maux indirects. L’injustice est le mal de l’âme. Comme les mourants ne deviennent pas plus injustes, ce n’est pas l’injustice qui provoque la mort. La mort n’est donc pas le mal de l’âme mais un mal indirect. L’âme est donc immortelle. Durant la vie, l’âme est comme un cadavre en mer : déformée et méconnaissable. Son amour de la vérité est ce qui fonde sa nature profonde. C’est pourquoi elle doit accomplir la justice, que l’on soit ou non invisible.

Dans l’âge mûr, la justice finie par triompher et l’injustice par être punie.

Après la mort : deux routes au ciel, deux routes sous la terre : entrée et sortie. Le voyage dure mille an. Des juges inscrivent sur un écriteau que les âmes portent leurs actions et leur indiquent la direction qu’ils doivent prendre. Les âmes trop corrompues, comme celle des tyrans, ne peuvent même pas sortir après mille ans et sont jetés au Tartare. Puis les âmes sorties parviennent à une colonne de lumière qui tient le ciel. Elle est reliée au fils de la Nécessité reliée aux fils des sept sirènes. Passé, Présent et Avenir chantent et accompagnent l’harmonie des sirènes. Ensuite les âmes apprennent qu’elles vont renaître et choisissent leur génie et leurs destinées. Puis boivent trop d’eau du Léthé et naissent.

Dieu n’est pas responsable, ce sont les âmes qui font le choix.

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