Publié par : gperra | 29 décembre 2010

Les cinq exercices de renforcement du corps éthérique/2

Dans notre précédent article, nous évoquions le premier des cinq exercices dits de renforcement du corps éthérique et les modalités de sa mise en pratique. On aura sans doute remarqué qu’il s’agit, somme toute, d’un type de procédé qui n’a rien d’extraordinaire, à première vue. En effet, les professions qui ont besoin d’ordre autour d’elles, comme les commerçants, pratiquent souvent par la force des choses cette visualisation mentale des objets qu’ils rangent à telles ou telles places, y adjoignant un petit monologue intérieur qui ressemble fort à ce que préconisait Rudolf Steiner.

Mais il y a toutefois une différence notable : le surcroît de conscience qui est sollicité dans l’exercice anthroposophique. En effet, la représentation mentale demandée doit être aussi précise que possible, c’est-à-dire bien supérieure aux simples nécessités de l’action. D’autre part, la conscience qu’en prononçant le petit mot « je », nous faisons intervenir dans l’existence, même de façon infime, notre entité spirituelle la plus sacrée, n’est pas non plus sans conséquence. Enfin, l’attention rétrospective que l’on tentera de porter aux courants de forces éthériques qui nous traversent alors de la tête jusqu’aux pieds est fondamentale, car il est nécessaire que notre pensée s’ouvre à ces phénomènes, même si elle ne doit pas non plus passer son temps à en jouir. Car cette conscience de l’éthérique lui fraie un passage plus facile et plus libre en nous, favorisant ainsi sa pénétration dans le corps.

Cependant, cet exercice seul serait insuffisant pour les besoins de notre époque, dont la tâche doit consister à libérer les forces éthériques de l’emprise ahrimanienne. Il constitue seulement un point d’accès, un lieu où le physique, l’éthérique et la conscience humaine peuvent commencer à entrer en contact. Sur cette base saine, il est possible de développer une conscience de l’éthérique qui ne nous éloigne pas de la vie et de notre corps, mais qui nous aide à nous éveiller au monde spirituel au sein même de notre existence. À partir de là, il faut pouvoir solliciter des forces plus grandes et plus pures.

La calligraphie et la modification consciente de son écriture

C’est ce que va permettre le second exercice. Il s’agira en effet de s’exercer à calligraphier certains mots, en modifiants légèrement tels ou tels aspects que nous accomplissant automatiquement, comme la position de la barre du T :

« Supposez qu’un pauvre diable ait vraiment ruiné sa santé au point d’agiter continuellement ses doigts avant de prendre son élan pour écrire une lettre quelconque de l’alphabet. (…) « Donne-toi la peine, sans trop t’y forcer – un quart d’heure ou une demi-heure par jour y suffisent – donne-toi la peine de prendre une autre écriture, de modifier tes signes, tes paraphes ; tu seras ainsi obligé de ne pas écrire mécaniquement comme jusqu’à présent, mais de fixer ton attention. » Disons lui : « Au lieu d’écrire le F de cette façon, écris-le plus vertical et d’une forme toute différente, de manière à être forcé de t’appliquer. Prends l’habitude de peindre tes lettres. » (…) Pour changer ainsi son écriture, on est forcé de s’appliquer à ce que l’on fait ; et c’est là, toujours, mettre le centre de son être en connexion intime avec l’objet1. »

On peut choisir chaque jour un mot ou un groupe de mots différents que l’on s’exerce à copier durant dix bonnes minutes. En ayant toujours sur soi un petit cahier, on saura ainsi profiter des moments de pause que nous offre la journée sans chercher à s’abstraire des nécessités du quotidien. Un problème pratique peut ici se poser du fait qu’en règle général, après les années soixante-dix, les générations d’écoliers n’ont plus eu accès à l’apprentissage de la calligraphie. On peut alors s’aider d’un livre tel qu’on en trouve un certain nombre dans le commerce : à condition cependant de ne pas prendre modèle sur des formes d’écriture trop raffinées ou éloignées de celle que nous utilisons pour la vie de tous les jours. Car l’exercice ne consiste pas à acquérir une forme d’écriture étrangère, mais à modifier celle que nous avons. On peut aussi plus simplement solliciter des personnes de notre entourage qui ont encore bénéficié de cet enseignement : l’immense joie que la plupart manifeste en se livrant à une pratique qu’elles avaient laissé dans l’oubli depuis des dizaines d’années est un indice sérieux de ce que quelque chose de profond se manifeste ici.

À défaut de modèle de référence, l’imagination peut aussi venir nous épauler dans cette entreprise : par exemple imaginer que le U est une belle coupe, le Y un croisement de chemin, le A une montagne traversé d’un sentier, le M une triple arche de pierre creusée dans la montagne, etc. L’important est que les images parviennent à guider notre main. Ceci sera bien évidemment plus facile si nous avons eu la chance de bénéficier d’une pédagogie Waldorf qui aura été attentive à nous faire vivre ces réalités de cette manière. Car en reliant l’imaginaire à l’apprentissage de l’alphabet et en prenant pour cela un temps qui aura pu sembler plus long que nécessaire aux esprits superficiels, cette pédagogie permet aux forces éthériques élevées de l’être humain de descendre dans l’organisation physique de l’enfant et de modeler son être en évitant le plus possible l’atteinte précoce des entités ahrimaniennes. Pouvoir s’appuyer ultérieurement sur une telle expérience facilite grandement les choses.

Effets de l’exercice proposé

Le corps éthérique entretient un certain rapport avec la mémoire et avec le temps. Aussi, on remarquera qu’en s’adonnant à cet exercice de manière régulière, quelque chose en nous est stimulé qui précisément nous ramène à ces moments de notre enfance où nous avons appris à former les lettres. Des souvenirs, que nous croyions complètement oubliés, refont surface, liés à cet apprentissage de l’écriture : nous nous souvenons des difficultés que nous avons pu rencontrer à former telle ou telle lettre, de la paresse ou de la décision qui nous a conduit à adopter telle ou telle forme, imparfaite mais plus à notre portée, etc. Nous revivons la genèse de notre forme d’écriture. Tout notre travail consistera à dénouer les nœuds qui se sont formés à l’époque et depuis, pour tenter de composer maintenant les plus belles lettres possibles, là où nous avions jadis abdiqué pour accepter les compromis et les imperfections que nous commandait notre nature. Car en vivant la vie des formes des lettres de l’alphabet, nous libérons ainsi des forces restées prisonnières de ce qui s’est figé progressivement par la suite. Les forces de l’enfance jaillissent des tréfonds de notre mémoire et irriguent l’être sclérosé que nous sommes devenus.

Le premier exercice éveillait un courant de forces qui traversaient le corps de haut en bas. Si nous sommes attentifs à l’effet produit par le second, nous remarquerons bientôt celui-ci fait surgir discrètement des profondeurs de la poitrine quelque chose de comparable à des flots de lumière et de vie bienfaisantes. La sphère de nos sentiments s’en trouve comme rajeunie et rafraîchie, nous restituant un cœur ouvert et disponible à l’approche des grands mystères du monde.

NOTES :

  1. Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, E.A.R., Genève, 1994, pages 51 à 52.

Contrat Creative Commons
Les cinq exercices de renforcement du corps éthérique/2 by Grégoire Perra est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France.

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